[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



mercredi 12 novembre 2014


The Affair
posté par Professor Ludovico

Si certains se posent encore des questions sur l’inventivité des séries, et leur capacité intense à émouvoir, ils feraient bien de regarder The Affair. Ce que Sarah Treem et Hagai Levi sont capables de faire avec une simple histoire d’adultère prouve l’incroyable puissance du média télévisuel.

A partir d’une trame archi usée (la naissance d’un adultère), le duo américano-israélien parvient à innover. Qu’on en juge : Noah est un homme comblé. Une belle femme, quatre enfants, un premier livre qui vient d’être publié, et riche. Ou plutôt, avec un beau-père riche, qui lui permet d’habiter cette magnifique maison brownstone dans la banlieue new yorkaise, ce que son modeste salaire de prof ne lui permet pas.

Nous voilà donc chez Chabrol, et déjà, plane ce désespoir quadra, ce sentiment diffus de n’avoir pas assez vécu, comme le sous-entend la première scène du pilote.

On retrouve notre anti-héros sur la route des vacances, vers la luxueuse demeure des beaux parents aux Hamptons. On déjeune sur la route, où officie une jolie serveuse un peu triste, Alison. Et là, c’est le coup de foudre.

Rien ne se passe pourtant, mais dans cette petite station balnéaire, impossible de ne pas se retomber dessus. Sur la plage, la nuit, par exemple. On dragouille donc, on se chauffe, et c’est là qu’intervient l’innovation de The Affair. Fondu au noir, et synthé : Part II, Alison.

On va alors reprendre l’histoire depuis le début. Certes, ce procédé est très artificiel, déjà vu, connu depuis Rashomon. Mais le génie de The Affair, c’est la subtilité. Les différences entre les deux histoires sont minimes, mais passionnantes : « C’est toi qui ma dragué ! Non c’est toi ! Tu voulais m’emmener chez toi ! Non, c’est toi qui m’a envoyé un texto ! »

Mais surtout, ce procédé permet de jouer avec la part d’ombre qui est en chacun de nous. Que sait-on réellement de son conjoint ? Que fait-il dans la journée ? Qui était-il/elle avant que je le/la rencontre ? Et quand on croit avoir épuisé ces questions, The Affair s’arrange pour devenir toujours plus passionnant. En rajoutant une voix off (un interrogatoire de police), la série s’offre brusquement un glaçant contrepoint, qui laisse entendre que cette aventure a eu des retombées bien plus graves qu’une simple coucherie. Et créé le désir très addictif de connaitre la suite.

Sobrement, mais magnifiquement filmé, The Affair se déploie aussi grâce à un scénario qui ne se contente pas de développer son intrigue mais qui, au contraire, s’attache à créer des intrigues secondaires multiples et solides.

La série est aussi portée par d’excellents comédiens, à commencer par Dominic West, notre MacNulty national dont le patron de la police de Baltimore est devenu, par ironie télévisuelle, son beau-père (après avoir fait le pape dans Borgia…)

Quant à Alison, elle est interprétée au bord du gouffre par Ruth Wilson (déjà vue dans Lone Ranger et Luther) et à qui l’on promet une longue carrière.




jeudi 30 octobre 2014


Bye bye Jimmy
posté par Professor Ludovico

C’est plein de tristesse que nous apprenons la fin de Canal Jimmy. Car c’est sur le câble, et sur cette chaîne, sous le précieux conseil de madame Dolly, que commençât notre passion des séries. C’était en 1992, et nous regardions Dream On, la Mère de toutes les Batailles. Dream On, dont les créateurs ne sont rien de moins que David Crane et Marta Kauffman, futurs auteurs de Friends. Dream On, l’histoire délirante d’un éditeur divorcé toujours amoureux de sa femme, mais tellement biberonné de télé qu’il pense littéralement avec des extraits de films (avec une petite fixette pour la filmographie de Ronald Reagan). Une thématique qui ne pouvait que nous toucher, nous qui parlons souvent comme Apocalypse Now ou Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?

Mais surtout Dream On – et Jimmy – furent l’impulsion initiale : après vinrent Seinfeld, Star Trek, Friends, Profit, Les Soprano et la première saison de Sur Ecoute

Jusqu’à ce que Canal+ réalise ce que nous avons déjà compris ; sa filiale était assise sur un tas d’or, ce magot des séries télévisées américaines, si incomprises, si méprisées dans l’hexagone. Elle rapatria Seinfeld sur Canal, et nous avec. Il ne restait plus qu’à la TNT d’achever les chaînes payantes, et à Jimmy de mourir avec.

Bye bye Jimmy… Thanks again.




vendredi 17 octobre 2014


Un Village Français en novembre
posté par Professor Ludovico

C’est la news du jour : Villeneuve is back ! La meilleure série française (depuis très longtemps) s’acharne à singer les pratiques US en matière de série (ateliers d’écriture et tutti quanti) et CineFast la félicite pour ça.

Cette fois ci, nos franchouillards Croix de Lorraine & Francisque pompent Mad Men : 2 demi-séries de 6 épisodes : première partie en novembre, deuxième partie en 2015.
Excellente nouvelle. Ça nous reposera de la fastidieuse dernière saison des Borgia.




samedi 4 octobre 2014


Là, c’est un grand épisode, non ?
posté par Professor Ludovico

Le temps est venu pour le Professorino de découvrir – selon les propres mots de son créateur – le Géant Endormi -, Battlestar Galactica.

Le Professorino, prêt à entrer à UCLA, demande au paternel la note attribuée à la série de monsieur Moore. Quand on vous dit que la cinéphilie est une maladie contagieuse qui se transmet de père en fils, de père en fille ! Quinze sur vingt, répond le maniaco-dépressif Professore Ludovico. C’est pour comparer, dit le petit, avec Friday Night Lights. Seize sur vingt.

Ah, alors, c’est une très bonne série alors, Battlestar Galactica ?

Oui, mais pontife-t-on, attention avec BSG : y’a du bon et du mauvais. Une fois t’auras un chef d’œuvre, et pis le coup d’après, de la connerie incommensurable en paquets de vingt. Fais gaffe, mon fils…

Là, nous sommes dans l’épisode s01e03 « Révolution », avec l’arrivée de Tom Zarek, le contestataire de l’ordre Adama-Roslynesque. En posant au passage un petit débat – comme ça, au débotté – sur la nécessité de discuter avec les terroristes, et de voter, oui, de voter, en pleine guerre, pour vérifier qu’on est restés des êtres humains. Car si on ne vote plus, et qu’on perd ce gouvernement of the people, by the people, for the people, vaut-on mieux que les machines cylons que l’on combat ?

Là, papa, c’est un grand épisode, non ?

Brave petit.




samedi 20 septembre 2014


Generation Kill, bis
posté par Professor Ludovico

Plus d’excuses, again. Apres la retro Whit Stillman, après Six Feet Under, c’est au tour des grunts de David Simon, Monsieur The Corner, The Wire, et Treme de revenir sur OCS. L’histoire d’une patrouille de reconnaissance en pleine guerre d’Irak, où on ne tirera pas beaucoup de coups de canon, mais qui est un éclairage extraordinaire sur cette Amérique des années 2000, en guerre pour une cause qui n’est pas la leur. Generation Kill.

A voir ou à revoir.




mardi 16 septembre 2014


Six Feet Under, bis
posté par Professor Ludovico

Plus d’excuses, bis. Apres la rétro Whit Stillman, c’est au tour de nos croque-morts préférés de revenir dès jeudi pour une intégrale sur OCS City. Si vous avez raté ça dans les années 2000, il est encore temps de se refaire.

Avant de mourir.

Tous les jeudi
OCS City
20h40




lundi 8 septembre 2014


Game of Thrones saison 4
posté par Professor Ludovico

Ça devait arriver : la meilleure série du moment a un petit coup de mou. Ou en tout cas, elle finit sur un petit coup de mou. Les fans, comme le Professore Ludovico, parleront de transition. Les autres prédiront la chute annoncée. Tous auront tort, car une série est un work in progress, et tant qu’on n’a pas vu le dernier épisode, difficile de crier au chef d’œuvre. Battlestar Galactica, Six Feet Under, A la Maison Blanche ont connu des passages à vide avant de finir en beauté.

Ce qui atteint Game of Thrones, c’est ce qu’on pourrait appeler le défaut congénital. La série repose sur une certain ADN, qui peut devenir fatal, si on en abuse.

Depuis le début, la série de David Benioff et D. B. Weiss s’est construite sur trois piliers : la violence, le sexe, et une assez grande fidélité au texte originel. C’est l’abondance de ces trois éléments qui gâche la fin de cette quatrième saison. Trop de morts, trop de gore, trop de prostituées, trop de personnages importants qui disparaissent pour respecter la timeline de George Martin.

On se lasse pourtant, pour la première fois, de ces rebondissements à répétition. Toute comme la supernova Lost s’est écroulé sous son propre poids de contraintes, la série qui a révolutionné la fantasy court le risque de devenir systématique, et donc, ennuyeuse.

GoT n’en est pas là, évidemment. Cette saison 4 était grandiose, mais elle n’était pas géniale. Des personnages ont eu leur heure de gloire (Oberyn, Arya, Joffrey). Les dialogues étaient toujours étincelants* sans parler des exceptionnelles (et pourtant habituelles) performances d’acteurs.

Il y a donc de la marge.

* – You can kill a king, lose a hand, fuck your sister, You’ll always be the golden son.
– Be careful. With the few that’s left.




samedi 30 août 2014


Halt and Catch Fire
posté par Professor Ludovico

C’est l’heure du bilan pour Halt and Catch Fire. La série qui vise à remplacer Mad Men sur AMC a-t-elle réussi son départ ? Il semblerait que non, puisque AMC « réfléchit » à une seconde saison. Pourtant cette série ne manque pas d’intérêt. D’abord son sujet, l’éclosion de l’informatique personnelle dans au début des années 80. Et en particulier, l’arrivée des clones d’IBM PC qui va révolutionner l’industrie informatique (et nos vies, puisque vous êtes en train de lire cette chronique sur le petit-fils de ces machines). C’est le talent d’AMC, que de mettre en scène un sujet apparemment ridicule (la publicité) et d’en tirer une saga d’époque, profonde et riche.

La volonté ici est évidente : un Mad Men des années 80, la pub remplacée par l’informatique, les Directeurs Artistiques par des geeks, et Joe MacMillan en Dan Draper tout aussi mystérieux, mais écrit par Bret Easton Ellis… Et si l’argument est faible (une success story in the making), Halt and Catch Fire va s’attacher à en tirer une intrigue convenable sur la difficile mais nécessaire coopération entre les visionnaires du marketing et le cerveau des ingénieurs.

Mais ce qui les intéresse les créateurs de la série (Christopher Cantwell et Christopher C. Rogers, qui n’ont même pas une page Wikipedia, les pauvres), ce sont les personnages. Quelle motivation pousse trois personnes à affronter IBM ? Un ingénieur, qui a raté son premier PC et failli ruiner sa famille ? C’est le formidable Scoot McNairy (Monsters, Killing them Softly, 12 Years a Slave et Gone Girl, le prochain Fincher) qui l’interprète. Un beau ténébreux visionnaire et passionné, au passé trouble (Lee Pace, Lincoln, The Hobbit 2) ? Ou encore la femme du premier (formidable Kerry Bishé) ou la maitresse du second (Mackenzie Davis, excellente mais peu crédible en punkette-codeuse) ?
En tout cas, ce sont les personnages et leurs acteurs qui sont la grande réussite de Halt and Catch Fire. Il reste néanmoins qu’il manque un petit plus, qu’on aurait du mal à expliquer. Aux dernières nouvelles, AMC aurait signé pour une deuxième saison malgré des résultats faibles (500 000 spectateurs par épisode).

La saison 1 se suffit de toute façon à elle-même car elle a l’intelligence de fournir à la fois un cliffhanger pour une éventuelle saison 2 et une fin acceptable si jamais la série s’arrêtait. C’est-à-dire aucun regret à ceux qui auront le courage de regarder tout.

PS Le pilote (qui définit, comme chacun sait, l’esthétique d’une série pour toujours) est signé Juan José Campanella, l’immortel auteur de Dans Ses Yeux. Ceci expliquant cela : Halt and Catch Fire est aussi formidablement filmé dans une esthétique eighties, que l’était Mad Men dans ses sixties resplendissantes.




dimanche 24 août 2014


Game of Thrones, premier accroc
posté par Professor Ludovico

C’est un détail, mais c’est là parfois que le signe que les séries s’apprêtent à Jump the shark. Dans cet épisode de la saison 4, on voit un slogan révolutionnaire, peint sur un mur… en anglais ! tout d’un coup, nous voilà décrochés de Port Réal, Winterfell, et autres royaumes de Westeros. La magie disparait soudain, comme si le magicien venait de nous montrer l’as qui était dans sa manche.

C’est d’autant plus étrange que la série s’est acharnée à créer des langues spécifiques, et que les comédiens rament pour assurer des scènes entières en dothraki sous-titrées (une hérésie outre-atlantique). Quelle mouche dornienne a donc piqué nos scénaristes pour commettre un tel impair ? L’abus de boissons, de décapitations et de scènes de fesses ?

On vous pardonne pour cette fois-ci, mais attention…




samedi 5 juillet 2014


Ce n’est pas du mouchoir que viennent les larmes (Friday Night Lights)
posté par Professor Ludovico

« La violence qui se déverse dans le football ne vient pas du football, de la même façon que ce n’est pas du mouchoir que viennent les larmes. »

Eduardo Galeano ne parlait pas de football américain dans son très beau livre, « Football, ombres et lumières ». L’auteur des Veines ouvertes de l’Amérique latine serait d’ailleurs sûrement choqué de se retrouver ici, cité comme témoin à décharge d’une série glorifiant l’Amérique et SON football. Pourtant il nous semble que Peter Berg ne fait qu’appliquer que le programme galeanien : le foot, US ou pas, n’est pas l’opium du peuple, mais plutôt l’inversion de la phrase de Marx : la religion laïque du peuple.

Des prolos, il y en a partout. Et que leur reste-t-il, une fois qu’on leur a tout enlevé, sinon la dignité ? Sinon le football ? Montrer qu’on vaut mieux que son statut social, sa couleur de peau, ce que pensent vos parents, le quartier de Dillon – West ou East – où vous habitez ? Ce programme, Peter Berg n’a eu de cesse de l’appliquer dans les 76 épisodes de Friday Night Lights.

Mieux, il a camouflé son questionnement derrière une ode sincère à l’Amérique, à ses valeurs, à son mode de vie. Si l’on s’arrête à cette écume, on ne comprendra rien à Friday Night Lights. Oui, l’auteur de Very Bad Things, du Royaume, d’Hancock, de Battleship, Du Sang et des Larmes aime l’Amérique, la religion, la famille, le Texas.

Mais il les aime comme Aaron Sorkin aime la république (A La Maison Blanche), le capitalisme (The Social Network), le baseball (Le Stratège), les journalistes (The Newsroom) et l’armée américaine (Des Hommes d’Honneur).

Aimer n’empêche pas de questionner les raisons de l’amour. Aimer n’empêche pas de chercher à comprendre ce que l’on n’aime pas.

Sous le couvert d’un drama familial, (mais à des années lumière de la médiocrité du genre), Friday Night Lights aura tout abordé, tout disséqué, tout questionné. Le racisme dans le football. Le dopage. Le hooliganisme. Les sponsors. La compétition à tout prix. La beauté du sport pour le sport. L’éducation à deux vitesses. La guerre en Irak. Le couple, la famille, les enfants. Qu’est-ce que c’est que d’être jeune. Que d’être adolescent. Que d’être vieux. Être le père de sa fille. Être la fille de son père. Être riche. Être pauvre. Être noir. Être blanc. Être un homme. Être une femme. Être texan. N’être d’aucun pays. Aimer sa terre plus que tout. Être capable de faire sa vie n’importe où.

C’est là le cœur secret de le cathédrale de Dillon : nous faire aimer tous ces personnages, a priori incompatibles, au sein du même amour : le mari macho et son épouse féministe, le running back noir et son antagonistes texan blanc, l’artiste et le sportif, la grand-mère et l’ado, la strip-teaseuse et la born again christian, le prolo et le concessionnaire auto, Dillon et Boston…

Certes, tout n’est pas parfait dans Friday Night Lights. Il y a des longueurs, des répétitions, des incohérences. Certains arcs narratifs sont sous-exploitées. D’autres le sont trop. Ce qui empêche FNL d’être une série premium, sans faute, avec la perfection implacable d’un Mad Men ou d’un Soprano.

Mais à dire vrai, il y avait longtemps qu’on n’avait pas autant pleuré devant son téléviseur, qu’on n’avait pas été aussi ému devant une fiction, et aussi déprimé à l’idée de quitter une telle galerie de personnages.

Il nous reste l’héritage de Friday Night Lights, la morale de l’histoire, la source d’inspiration qu’apporte toute véritable œuvre d’art : la vie est belle, et elle est un éternel recommencement. Si tu ne triomphes pas aujourd’hui, tu triompheras demain. Ainsi, les idées claires, et le cœur plein, nous ne perdrons jamais.




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