[ Séries TV ]

Il n’y pas que le Cinéma dans la vie.. y’a aussi quelques séries TV…



dimanche 3 avril 2016


Newsroom, saison 2
posté par Professor Ludovico


Le Professore Ludovico, dont la rigueur n’est pas la première qualité, découvre avec effroi qu’il avait rédigé une chronique de Newsroom, saison 2, en 2015… et qu’il n’a pas publié ! la voici donc…

Le Professore Ludovico aime bien critiquer, c’est plus rigolo que de dire du bien. Il abreuve la plupart du temps ces colonnes de commentaires acerbes sur le montage, le scénario, et la dramaturgie bancale des films et séries qui ont le malheur de croiser son œil acerbe.

Mais si on veut prendre une leçon, il suffit de regarder The Newsroom. Une dizaine de personnages principaux. Des intrigues multiples et emmêlées. Des personnages hauts en couleur, drôles et émouvants. Et des sujets faciles, comme le nombre de langues parlées en Afrique, la com de l’armée américaine, le gaz sarin au Peshawar, la vie sexuelle compliquée des journalistes suivant la campagne du républicain Mitt Romney, le type de médicament à prendre en cas de forte dépression, le manque criant de leaders d’Occupy Wall Street. Le tout évidemment en un seul épisode*. En cinquante-deux minutes.

Vous l’aurez compris, ce genre de bijou sort forcement de la Cristallerie Royale de Monsieur Sorkin, garantie de qualité depuis 1992.

Bien sûr, on dira que c’est très américain, gentillet, el toutim. Mais qu’attendent les scénaristes pour faire une version dure, ou française, des œuvres de Mr Sorkin ? Il y a une version noire, c’est House of Cards. C’est plaisant, accrocheur, fincherien en diable, mais un peu putassier aussi. Ça accroche le spectateur par ses plus mauvais sentiments : ces méchants qui nous gouvernent, Washington qui complote sur le dos des contribuables, etc.

Aaron Sorkin est un libéral engagé. Il défend quelques idées simples, (et françaises, ce me semble) comme la démocratie, la liberté d’expression, et énonce les outils pour maintenir ces libertés durement acquises : l’armée, la police, les médias, les gouvernements, les parlements. Sous une coque feelgood, Aaron Sorkin défend ses idées âprement.

Mais surtout, on ne peut que s’émerveiller devant cette magnifique technique d’écriture, ces intrigues compliquées au début et merveilleusement limpides à la fin, ces dialogues brillants, pédagogiques et drôles. On ne savait pas, avant lui, que tout cela pouvait exister.

Il y a quelques années, une pub Nike vantait les mérites d’une chaussure tout terrain avec un footballeur américain qui jouait aussi bien au Baseball, Bo Jackson : « Bo knows football. Bo knows baseball. BO knows basket ball…”

Comme Bo, Aaron Sorkin sait tout faire.

*The Newsroom S02e04




jeudi 24 mars 2016


The Newsroom, season finale
posté par Professor Ludovico

Nous avons eu peur. Peur en effet que The Newsroom ne soit pas une grande série d’Aaron Sorkin… Peur qu’on ne soit pas dans la bonne veine Sorkinienne : plutôt La Guerre selon Charlie Wilson que Des Hommes d’Honneur, Steve Jobs que Social Network

Aaron Sorkin, le Janus de la télé américaine (démocrate feelgood bon teint et fumeur de crack en rehab), nous présentait en effet un bien mauvais visage dans la première saison de The Newsroom : le gentil idéaliste pontifiant, et évidemment démocrate. Une leçon de morale assez insupportable, à l’image de MacKenzie McHale (Emily Mortimer), la très énervante rédac’ chef angliche d’une rédaction boboifiée à l’extrême (composée uniqument de jeunes garçons et filles intelligents, sympas comme tout, et même un indien rescapé de Slumdog Millionnaire)… La coupe était pleine. Nous étions prêts à sauver Jeff Daniels, le seul réac de l’affaire, républicain, buveur, fumeur et womanizer … Mais avec Sorkin il faut être patient, et écoutant les sages conseils du Prince d’Avalon, nous patientâmes…

En effet, The Newsroom décolla, malgré sa grosse surcharge de bon sentiments, vers la fin de la saison 1.

Pour patienter, outre la contemplation furtive d’Olivia Munn*, nous avions le savoir-faire habituel des usines Sorkin : scénarios brillants, intrigues architecturales et dialogues fuselées…

Puis la saison deux représenta une immense avancée. Elle noirci le propos, et notamment plusieurs de ses personnages, elle gagna en réalisme, elle nuança son discours.

La troisième saison, raccourcie**, ne fit que confirmer. De vrais rebondissements, un peu plus d’innovations dramaturgiques : The Newsroom pouvait intégrer les plus hautes marches du Panthéon télévisuel.

Mais elle confirme également la règle qui veut qu’une bonne fin vaut mieux qu’une mauvaise saison. Car les derniers épisodes de The Newsroom sont extraordinaires, tant du point de vue de la forme que celui du fond.

Certes, on aura un peu grossi le trait ici, et un peu trop affiné le trait là. On nous aura un peu trop bassinés sur l’idéal journalistique, son impérieuse nécessité démocratique, et sur la mauvaise foi du fric qui finance ces Don Quichotte modernes. On aura frôlé la ringardise sur la critique d’Internet. Mais avec son final grandiose, digne de celui d’A la Maison-Blanche, Sorkin nous scotche une fois de plus devant notre téléviseur.

The Newsroom est une très grande série, et Aaron Sorkin est son prophète.

* The most beautiful and funny woman in the world, so far.
**Malgré les progrès, HBO a jeté l’éponge.




dimanche 13 mars 2016


The Newsroom, saison 3
posté par Professor Ludovico

Pendant qu’Orange is the New Black se casse la gueule, une autre série relève la tête. On a regardé le pilote de la saison trois de The Newsroom et on s’est d’abord trouvé consterné – comme d’habitude, direz-vous – par la gentillesse dégoulinante de l’usine à Marshmallow Sorkin.

Évidemment au bout de cinquante minutes, on était totalement conquis et prêt à partir pour six épisodes. Ce qu’on va faire dès ce week-end.




vendredi 11 mars 2016


Orange is the New Black, saison 3
posté par Professor Ludovico

Quoi de pire que l’agonie d’une série, si tant est qu’on l’ait beaucoup aimée ? Orange is the New Black est en train de mourir sous nos yeux, dans une agonie de treize heures, lors de cette troisième saison interminable. Le Professorino et la Professorina, complètement scotchés devant les prisonnières de Lichtfield, tentent d’expliquer qu’une série est condamnée naturellement à décliner. C’est tout simplement qu’ils n’ont pas encore vu une Grande Série.

Tout ce qui faisait le talent de la première saison a disparu : cette finesse féministe, des intrigues fortes, et des personnages passionnants, notamment via ces flashbacks, principe tiré directement de Lost, qui amenait le spectateur à tout vouloir savoir du passé de ces femmes.

Mais arrivés en saison 3, Orange is the New Black a succombé à la drogue fatale des séries : les rebondissements. En supprimant quelques personnages attachants, en transformant bizarrement son personnage principal (même si la cause de cette transformation est réaliste), Orange is the New Black s’est perdu en chemin. Cliffhanguer à tout va, c’est se retrouvé dans le vide, accroché à la falaise. La série est aujourd’hui bien en peine de trouver de nouveaux personnages, et de nouvelles intrigues.

Son propos est la plupart du temps affligeant (le roman de Crazy Eyes, le théâtre d’improvisation), ou étendus à l’extrême, comme le rachat par le groupe privé MCC. Ou encore cette histoire d’adoption de bébé : le talent de la comédienne (qui est immense), ne suffit pas à masquer la vacuité de ces rebondissements artificiels.

On a la désagréable impression – comme dans les dernières saisons de Lost – qu’Orange is the New Black a été confié des scénaristes juniors, pendant que Jenji Kohan encaisse l’argent aux Bahamas et prépare sa nouvelle série. Bizarre, car on vient d’apprendre que c’est re-signé pour trois ans de plus.

Pas sûr qu’on les regarde.




mardi 15 décembre 2015


Un Village Français, Saison 6, finale
posté par Professor Ludovico

C’est la fin des classes à Villeneuve. Après cinq trimestres décevants, UVF s’en tire enfin avec une bonne note pour sa dernière rédaction, sur le thème de la Libération. « A travers votre récit, illustrez les faillites de la Libération de la France, et de l’épuration, la fin de la Résistance et l’émergence du communisme et du gaullisme. Vous avez six heures, mais vous ne devez pas abuser des dialogues. »

A l’école, on nous a appris qu’une bonne conclusion pouvait sauver une rédaction. C’est ce que tente Emmanuel Daucé dans ce dernier épisode, celui des désillusions. La politique reprend ses droits, dans une France meurtrie et au bord du chaos. Les communistes veulent la mairie de Villeneuve. Les gaullistes n’ont pas l’intention de leur laisser. L’union de la Résistance est terminée, c’est l’heure du réalisme, et tous les coups bas sont permis. Parmi les personnages, il y a ceux qui comprennent, et ceux qui ne comprennent pas.

Les auteurs d’Un Village Français, qui avaient stocké les quelques grammes de subtilité qui leur restaient, les ressortent comme un junkie en manque pour cette dernière ligne droite. Et notamment dans cette dernière scène, qui a du se dérouler dans bien des villages français, où un préfet rebaptise la place centrale au nom d’un illustre résistant. Une scène où tout passe par les regards (le rire désabusé du résistant paysan, les regards tristes échangés entre la militante communiste et le jeune gaulliste), alors que les mots sont vains (le discours ampoulé du Préfet), et qu’une Marseillaise de pacotille, chantée faux par les résistants de la dernière heure, résonne.

Comme si, enfin, ce que nous appelions de nos vœux était possible : raconter une histoire en peu de mots, faire confiance à l’intelligence du spectateur, croire au cinéma.

Il est trop tard, au sixième trimestre, pour rattraper sa moyenne. Un Village Français redouble donc, car nous avons appris (au détour de Télérama) qu’il restait encore une saison.

La saison de la rédemption ? En tout cas celle de l’épuration.




mercredi 25 novembre 2015


Un Village Français, la Der des Der
posté par Professor Ludovico

Il va falloir être résistant. C’est le slogan, très bien trouvé, de la fin annoncée de notre saga Plus Belle la Vie chez les Nazis. Nous sommes en septembre 44, et c’est la Libération, et bientôt l’Epuration. Une période passionnante à traiter, et en fait, on rêverait qu’Un Village Français ne s’arrête jamais, qu’il garde les personnages pour les faire évoluer sous René Coty puis De Gaulle, tant la France d’aujourd’hui est le produit de ces années-là. Mais ce n’est pas le projet de Frédéric Krivine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé, qui comptent bien arrêter au bout de ces six derniers épisodes.

Il est temps, peut-être, de s’arrêter, car les défauts de la première moitié de la saison six sont encore très présents dans ces deux premiers épisodes. A force d’avoir reproché aux auteurs leur manque de technique dramaturgique, ils se sont acheté un manuel de scénario*, et font depuis à peu près n’importe quoi.

On les a encore pris le doigt dans le pot de dramaturgie hier, où les rebondissements s’enchaînaient sans queue ni tête, par exemple, autour du sort des miliciens coincés dans Villeneuve. Avec toutes les astuces possibles (la bombe qui peut se déclencher, les conflits sur la conduite à tenir, l’arrivée mystère d’un personnage disparu depuis des mois, le cliffhanger final, etc.) mais tout ça était si convenu, si annoncé, si mal fait, qu’on avait du mal à reconnaître notre série fétiche. Par ailleurs, on enchaînait les tunnels de dialogue, censé rattraper le temps perdu : trois personnages expliquant dans un long monologue ce qu’ils avaient fait depuis qu’ils avaient disparu de la série, faute de l’avoir montré dans les saisons précédentes.

Pourtant, le propos était là ; raconter les affres de la reconstruction, la France au bord du chaos, sans ravitaillement, sans police, sans état. L’affrontement entre gaullistes et communistes. Tout cela reste comme d’habitude passionnant, et raconté avec subtilité. Dommage que ça ne soit pas le cas de l’intrigue.

A Villeneuve, on le voit, tout a changé, mais rien n’a changé.

* qu’ils exhibent à longueur de générique (Ateliers d’écriture, coordination du scénario, responsable des dialogues…)




vendredi 13 novembre 2015


The Affair, S02e03
posté par Professor Ludovico

On n’osait pas reprendre la saison 2 de The Affair. On avait tellement aimé la saison 1, qu’on se demandait comment Sarah Treem et Hagai Levi allait pouvoir à la fois surpasser cette saison-là, et lui trouver une suite correcte, tout en résolvant les mystères savamment entretenus de l’intrigue policière. Pour cela, nous renâclions tel un vulgaire jockey tombé à l’orée du rail ditch and fence du Grand Steeple Chase de Paris.

Mais Notre Agent au Kremlin nous ramena aux dures réalités cinefasteuses ; le premier épisode était très bien, et nous devions remonter sur notre monture. Une fois lancé, en effet, nous voilà incapable de nous arrêter de dévorer cette deuxième saison.

Car cette Affair est le parfaite antidote à la morosité cinématographique. Après avoir enfilé la même semaine Sicario, Everest, Seul sur Mars, tous mauvais pour des raisons différentes, un peu de cinéma – même sur un écran d’un seul mètre de large – satisfaisait nos besoins essentiels. Une histoire, des personnages, des enjeux. Nous n’en demandons pas plus, en vérité. Pas besoin de montagne à vaincre, de narcotrafiquant ou de martiens, le désastre d’un couple, la construction compliquée d’un autre, fournit plus de cinéma que les trois autres réunis…

Et c’est surtout dans cet épisode 3 que le génie de The Affair éclate de sa noire luminescence.

Si le procédé est désormais classique (la perception de l’homme (30mn), puis celui de la femme (30mn)). C’est la matrice de The Affair ; cela pourrait devenir artificiel, un peu répétitif. Non seulement les auteurs jouent avec cette contrainte, mais ils offrent au passage le plus beau cadeau que l’on puisse faire un acteur. D’abord lui donner des scènes longues, sans coupes, concentré sur le visage, pour exprimer l’étendue de son talent*. Et ensuite lui redonner l’opportunité de rejouer cette même scène, en proposant une deuxième version de soi-même : le fantasme absolu de l’acteur ! On verra ainsi un Noah tendre et généreux et un connard imbu de lui-même, une Helen sûre d’elle-même ou complètement à la ramasse, et une Alison (Ruth Wilson) psychotique ou amoureuse.

Les acteurs se régalent. Le spectateur aussi.

* Qui est immense : le mari, c’est Dominic West, notre tête brulée de de Mc Nulty de The Wire. Son épouse, c’est Maura Tierney qui brillait il y a vingt ans dans Urgences et qui ose ici exposer sa détresse (et son corps) de quinqua comme peu d’actrices en sont capables…




dimanche 18 octobre 2015


Orange is the New Black, saison 1
posté par Professor Ludovico

Si l’on cherche un exemple de tragi-comédie, Orange is the New Black fait très bien l’affaire. Le Cid (version lesbiennes en prison), on aurait bien aimé ça pour le bac français de 1982.

Qu’a-t-on appris de la tragi-comédie à Louis Bascan, Rambouillet,YV ? Ce qu’était une litote (« Va, je ne te hais point ! ») Mais encore ? Que la tragi-comédie, c’est une tragédie qui se termine bien. Comme le Cid. Pourtant, Orange is the New Black, ça commence mal, comme une mauvaise sitcom un peu niaise, avec petit couple sympa, et gentille blonde, conne de service.

Mais tout ça est fait exprès, une tactique pour tromper le pauvre spectateur : si tout est rose au début, c’est pour mieux voir comment la série vire au noir ensuite. Après le couple rose bonbon, la prison, le new black.

Ce splendide effet de contraste permet d’esquisser le propos d’Orange is the New Black ; la description d’un univers, la prison, sans en faire des tonnes. « On n’est pas dans Oz » prévient un des personnages dès le pilote*. La prison, ce n’est pas l’enfer, mais c’est un cauchemar. Le passage d’une vie normale (copain gentil, parents pas affectueux, courses bio) à l’univers carcéral (copines pas très sympas**, gardiens trop affectueux, jambon-purée)…

C’est ce qui est remarquablement rendu, notamment par Taylor Schilling qui joue l’héroïne WASP, gentille petite blanche moyenne qui tombe au milieu de cette triste réalité américaine où la plupart des détenus sont noirs.

Ensuite la deuxième couche d’Orange – et probablement la plus intéressante – c’est cette grande fresque de la féminité. La plupart des personnages sont féminins, les seuls hommes étant des gardiens et le chéri de l’héroïne.

Le portrait de ces femmes aux destins très divers – de la restauratrice russe à la transsexuelle noire -, montre la diversité de la population carcérale, du délit mineur (blanchiment) au crime le plus abject. Mais il montre aussi toutes les manières d’être une femme : précieuse, coquette, autoritaire, butchy, grosse, mince, effrayée, amoureuse, manipulatrice, patronne, servile, born again christian, bouddhiste, hétero, lesbienne, ou ne-sait-plus-trop…

Dans un univers souvent loin du test de bechdel et le plus souvent péniblement politiquement correct, ce simple portrait, cru et frontal, sérieux et drôle, et servi par des dialogues excellents, est extrêmement rafraîchissant …

* Une série qui cite Oz et Mad Men dans ses deux premiers épisodes ne peut pas être totalement mauvaise…
** Il y aussi le grand plaisir de retrouver Laura Prepon, la Donna de That 70’s Show




mercredi 30 septembre 2015


Utopia, saison 1
posté par Professor Ludovico

J’ai longtemps renâclé devant Utopia. Pourquoi ? Parce que le Professore Ludovico est raciste : il a un très fort préjugé contre les films esthétiques. La beauté formelle cache souvent le vide de la pensée. Or c’était l’argument principal de vente d’Utopia. De très belles images, aux couleurs acidulées, cadrées arty, et une ambiance à nulle autre pareille… Sous l’amicale pression de l’Homme à la Barbe, qui m’a d’abord laissé, tel le dealer lambda de The Wire, un échantillon de la came Utopia « Regarde juste un épisode, tu me diras si tu veux la suite… » Ah, le ladre !

Mais, as I say, après avoir renâclé pendant des mois, j’ai fini par insérer le premier DVD dans le lecteur. Et là, surprise, surprise, Utopia est un délicieux mélange de terreur sucrée et d’humour glacé, le tout arrosé de la sauce à la menthe chilienne de Cristobal Tapia De Veer, dont le tango deep house sert de thème musical…

Le pitch, in two words : cinq personnes qui ne se connaissent absolument pas échangent sur un forum au sujet d’Utopia, leur bédé conspirationniste préférée (grippe aviaire et expériences génétiques), et la sortie imminente du tome 2 : un trader, un enfant pauvre, une jeune femme gironde, un survivaliste pakistanais et un timide informaticien. Mais cette BD a l’air toute particulière, car elle est aussi activement recherchée par un duo de tueurs étranges et ultraviolents : un rocker à chaussures bicolores qui semble sortir d’Eraserhead et un gros apathique informe (qui, lui, sort de Trainspotting) et ne fait que répéter la phrase culte : « Where is Jessica Hyde ? »

On le voit, on n’est pas dans Esprits Criminels, mais plutôt chez Twin Peaks et Danny Boyle, dans une Angleterre aux forts accents cockney. Mais avec une couche de Lost, car il y a non seulement une idée désopilante par plan, mais aussi un rebondissement énorme par épisode.

Et comme c’est court (2 saisons de 6 épisodes), on a non seulement pas le temps de s’ennuyer, mais encore moins de se poser les questions habituelles de réalisme qui plombent, au hasard, Wayward Pines.

Highly recommendable, donc, you fucking twats!




dimanche 20 septembre 2015


Wayward Pines, season finale
posté par Professor Ludovico

C’est l’heure de faire le point sur ces presque dix heures de Wayward Pines à l’heure où son producteur, M. Night Shyamalan, avoue n’être pas sûr qu’une saison 2 existe et qu’en même temps, la fin de la saison 1 laisse à croire qu’il y aura une suite. Ou pas.

C’est ça Wayward Pines, à moitié brillant et à moitié foiré et complètement à l’ouest. C’est réussi parce qu’il y a une vraie idée, très originale, derrière ce show et un sous-texte qui pose les bonnes questions : doit-on, pour son bien, cacher la vérité au peuple ? Toute forme de répression est-elle envisageable contre le terrorisme ? Et plutôt raté, parce que, comme d’habitude dans la SF US, littéraire ou cinématographique, les idées très originales ont du mal à tenir debout.

Sans rien révéler, on peut simplement se demander comment le postulat qui tient derrière le village de Wayward Pines peut simplement exister. Comment se ravitaille-t-on en essence, par exemple ? Comment répare-t-on les véhicules ? Et pourquoi cette petite banlieue américaine dans les circonstances où se déroule la série ? Est-ce possible techniquement ? Il est évident que non. Et c’est sur cet unique défaut que tout l’édifice Wayward Pines s’écroule.

Car malgré ce que dit Hitchcock sur ce qu’il appelle avec mépris « nos amis les vraisemblants », il ne faut pas interrompre dans une œuvre la suspension consentie de l’incrédulité, ce tour de magie qui permet au spectateur de croire aux hobbits ou à Mary Poppins.

Ici toute l’attention du spectateur était concentrée sur l’intrigue, les personnages ; là voilà soudain distraite par cette impossibilité ontologique. Une fois que le spectateur a compris, il ne pense plus qu’à cela : comment est-ce possible ? Et évidemment, si ce n’est pas possible, comment croire aux autres aspects de l’histoire, qu’ils soient d’ordre sentimental, familial ou social ?

C’est bien dommage car si les créateurs de la série ne s’étaient pas comportés comme des escrocs, en proposant par exemple une solution un peu plus réaliste, un peu plus cohérent avec le postulat de base, on se serait volontiers accroché.

En l’occurrence, c’est confirmé : il n’y aura pas de saison deux est notre prédiction initiale était exacte : si Canal programmait Wayward Pines à la fin de l’été, c’est que ça ne valait pas tripette, et il n’y avait pas que les français pour le penser…




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