[ A votre VOD ]

Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



mardi 11 septembre 2007


Lost… in translation
posté par Professor Ludovico

Hier, un événement majeur est passé totalement inaperçu des médias. Libération s’est excusé. Oui, relisez bien, le quotidien leader du marché sur la dictature du bon goût a reconnu son erreur. C’est incroyable mais vrai, c’est en page 37 dudit quotidien daté du lundi 10 septembre. C’est écrit petit, mais je cite : « Encore une faute professionnelle. Cet été nous écrivions que Lost était un tantinet essoufflé tandis que Heroes, youpi. Erreur , alors que Heroes se révélait de plus en plus barbant, Lost nous scotchait tout l’été devant TF1 »

L’erreur est humaine, et, il faut le reconnaître, le Professore lui-même n’était pas très chaud il y a deux ans devant le premier épisode du hamburger de monsieur Abrams. Mais patatras, la seconde saison se révélait addictogène, et cette saison 3 est tous simplement stratosphérique, un véritable rêve éveillé qui viole tous les principes dramaturgiques. Pire : elle en joue !

Ainsi, tandis que la série lambda (Heroes, pour ne pas la nommer) ânonne enjeux/résolutions d’enjeux, intrigues secondaires, metaplot et tutti quanti, Lost ridiculise ces efforts scolaires en se réinventant chaque semaine : vous vous posez des questions ? Vous voulez des réponses ? Vous aurez d’autres questions à la place ! Vous essayer de relier au moins quelques pièces du puzzle ? Un grand coup de vent vient tout emporter. Vous chercher au moins où sont les bons et les méchants ? Chaque personnage franchit allégrement la ligne rouge (l’enfer, c’est les Autres !!) A chaque fois qu’une situation semble apporter un début de réponse, le scénario fait coïtus interromptus : « Ah non, pas maintenant ! » ou mieux « Je vous dirais bien tout ce que je sais, mais ensuite vous me tueriez »… Le spectateur, est mis dans la position de nos héros, effleurant sans arrêt le Secret, sans jamais obtenir de réponse. Terrible frustration !

A cet égard, le final d’hier soir – que je ne dévoilerais pas par respect pour ceux qui peinent encore sur les DVD de la deuxième saison – propose l’un des plus formidables retournements de situation qu’il m’ait été donné de voir !

…Et dire que c’est reparti pour un an d’attente !




lundi 3 septembre 2007


Michael Collins
posté par Professor Ludovico

Il faut le reconnaître, c’est toujours un bonheur de voir les américains se planter comme nous ! Vieux réflexe de cour d’école j’imagine, quand le prof de sport se vautre lamentablement aux barres asymétriques…

C’est le cas ici de Michael Collins, biopic raplapla réalisé en 1996 par Neil Jordan (qu’on connu plus caustique), sur le célèbre révolutionnaire irlandais. Ce film pourrait aisément passer pour un téléfilm français, avec Victor Lanoux dans le rôle titre, et réalisé par la subtile et raffinée José Dayan.

Tous les poncifs sont là : enchaînement de moment-clés, mais sans progression dramaturgique, reconstitution soignée, mais au détriment d’un véritable scénario, casting de luxe (Liam Neeson, Alan Rickman, Julia Roberts), mais casting anachronique, essayant, dans un effort pitoyable, de prendre l’accent irlandais…

Le tout parfumée à une sauce moralement assez indigeste: les odieux militaires britanniques contre les gentils assassins de l’IRA… On aurait espéré un minimum de pédagogie ! Mais Michael Collins, c’est le reflet, une fois de plus, des comptes qui se règlent à distance entre l’Angleterre et son ancienne colonie.




dimanche 15 juillet 2007


Matewan
posté par Professor Ludovico

Sous ce nom bizarre se cache un des films du grand John Sayles, cinéaste peu connu mais indispensable du cinéma américain. Vous avez peut être vu un de ses films plus récents, comme les formidables Passion Fish, Lone Star ou City of Hope. Si ce n’est pas le cas, sachez qu’il est un des script doctors les plus reconnus du Hollywood, sur Apollo XIII, par exemple.

Ses films sont toujours très orienté sur les personnages, plein d’humanité et de situations réalistes, peu commune dans le cinéma américain. Lone Star s’intéresse par exemple au wetbacks, à la frontière du Texas, et les lâches ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Dans Matewan, il est aussi question de lâcheté entre mineurs en grève en Virginie Occidentale et milices de la Pinkerton agency, et du socialisme naissant. C’est très engagé, mais jamais too much. Et avec le casting qui tue (Chris Cooper, James Earl Jones, Mary McDonnell, Will Oldham), et des performances d’acteurs comme s’il en pleuvait !

A glisser dans le DVD un de ces jours…




jeudi 12 juillet 2007


Flyboys
posté par Professor Ludovico

Petite surprise que ce film, sorti directement sur Canal+ et en DVD. Un bon petit film d’avion, sur un thème rare : la première guerre mondiale, et l’escadrille Lafayette en particulier. Pas de star, à part notre Jean Reno national, mais de bons acteurs, comme l’excellent James Franco (le fils du Bouffon Vert). Au final, un film distrayant avec de zolis combat aériens un tantinet irréaliste, beaucoup de bons sentiments et une trame archi-éculée : une bande de militaires mal dégrossis va devenir une bande d’amis unis par un idéal commun.

Mais intéressant néanmoins, grâce à quelques variations subtiles sur ces thèmes : la love story finit mal, l’héroïsme ne sert à rien : « cette guerre finira un jour, et elle n’aura servi à rien ». Ce qui explique probablement l’échec du film aux Etats-Unis…




lundi 13 novembre 2006


Mon Voisin Totoro
posté par Professor Ludovico

J’ai eu la chance de revoir ce Miyazaki avec la maternelle de mon fils. Voilà un film qui fait plaisir. Outre sa beauté plastique, Mon Voisin Totoro est un film qui donne tout simplement espoir dans le cinéma. Miyazaki ne s’embête pas avec le scénario : deux enfants et leur père vont vivre à la campagne pour se rapprocher de leur mère, malade. Les dialogues sont assez consternants : « Oh ma maman chérie, comme tu es belle aujourd’hui », etc.

Mais Miyazaki s’en fout : il a confiance dans le cinéma, il a confiance dans SON cinéma. Pas de cadrage délirant, pas d’image de synthèse, pas d’effets spéciaux. Un montage tout bête, un changement de musique, puis du silence… En un plan, Miyazaki bascule de la chronique champêtre dans le film fantastique puis dans la féerie, ou (la fameuse scène sous la pluie) dans la poésie pure…

Les enfants, qu’on dit drogués à la télé, ne s’y sont pas trompés… ça ne mouftait pas !


A noter qu’il ressort en DVD, en coffret avec Porco Rosso, pour la modique somme de 30 Euros…




samedi 5 août 2006


Full Metal Jacket
posté par Professor Ludovico

Il faut regarder régulièrement les Kubrick, simplement pour remettre les compteurs à jours. Un documentaire sur John Wayne m’a donné envie de revoir l’opus vietnamien du Maître. Je me rappelle très bien ma première vision, en VF, quand j’étais à l’armée en 1987. Et de ma déception aussi. Je m’attendais à un truc énorme sur le Vietnam, et que nous avait concocté Mister K ? Un huis clos, puis un anti-film du Vietnam, sans jungle ? sans palmiers ? sans hélico ?

Mais je sais aussi que les génies ne sont pas destinés à être compris immédiatement (on encense seulement maintenant Heat, et Eyes Wide Shut). J’attendis donc. Evidemment, la lumière vint. Ce n’était pas un film sur le Vietnam, mais un film sur la Guerre, et sur ce qu’elle nous fait : c’est-à-dire plaisir ! Car comme le disait Coppola à l’occasion d’Apocalypse Now, « Si la guerre était aussi dégueulasse, on ne trouverait pas autant d’hommes pour la faire ! ».

Full Metal Jacket montre donc cet effet décérébrant, au travers de Matthew Modine, branleur génial, jamais vraiment là, mais qui tient tête à son instructeur puis finit par parler comme lui, qui porte un casque « Born to Kill », et le « Peace symbol » en même temps, le tout pour symboliser la « dualité de l’homme ». Derrière la boutade, tout est là. On veut la paix, mais on prépare la guerre. On ne veut pas de guerre en Irak, mais on veut continuer de trouver de l’essence bon marché pour mettre dans nos 4×4. On ne veut pas de guerre au Liban, mais on ne veut pas d’avion dans nos tours.

Ce film, vingt ans après, reste minéral, impeccable, parfait. Il a même perdu sa connotation Vietnam. On pourrait être en Irak, au Liban, les hommes restent les mêmes, perdus dans le septième cercle de l’enfer, mais chantant toujours « Mickey Mouse, Mickey Mouse » …

Paint it, black.




vendredi 4 août 2006


La Chevauchée Fantastique (Stagecoach)
posté par Professor Ludovico

La canicule empêche de dormir. L’insomnie oblige à regarder la télé. Le magnétoscope vous rappelle qu’il reste plein de films à voir, stockés sur le disque dur, et qui bouffent du mégaoctet pour rien. Alors on se fade La Chevauchée Fantastique, histoire de pas avoir l’air trop bête à la Cinémathèque.

Et là, le choc ! J’ai toujours aimé les westerns, j’ai toujours adoré La Dernière Séance (des CineFasteurs avant l’heure), mais je ne me rappelais pas de La Chevauchée Fantastique !

Un scénario impeccable (chaque personnage a un enjeu bien défini au départ, forcément en conflit avec ceux des autres, la progression dramatique évolue avec le trajet de la diligence qui pour les uns est un espoir, pour les autres une menace), une image splendide (Monument Valley !), et John Wayne beau comme jamais !

Ne le ratez pas, si vous en avez l’occasion.




mercredi 2 août 2006


Hotel New Hampshire
posté par Professor Ludovico

Je m’étais toujours demandé pourquoi, ayant adoré Le Monde Selon Garp (le livre et le film), je n’avais jamais voulu lire un autre John Irving. J’avais probablement peur d’être déçu… Mais maintenant, après avoir vu Hotel New Hampshire, je crois savoir : l’univers de John Irving n’a ni queue ni tête ! Les scènes se suivent, s’enchaînent, sans que cela n’ait une quelconque influence sur la suite des véhéments. Une fille se balade déguisée en ours sans que ça ne choque personne ; Jodie Foster se fait violer, mais bon… La mère meurt, le grand père meurt, le chien meurt, tout ça passe comme une lettre à la poste… tout cet univers amoral, relativiste, finit par agacer franchement…

Et en plus, ça a horriblement mal vieilli…




lundi 24 juillet 2006


Fog of war
posté par Professor Ludovico

Ce documentaire, sorti en 2003, vient d’être découvert en DVD par votre serviteur. Je ne saurais trop le recommander à tout ceux qui bêlent habituellement avec les loups, ou pleurent avec les moutons* : « la guerre c’est dégueulasse », « salaud de yankees », « salauds de russes », etc. Ces interjections diverses variant à chaque conflits (on pourrait mettre « salauds d’israéliens » en ce moment, par exemple.)

Pourtant, la Guerre est là, elle existe, c’est une variable incontournable de l’humanité. La question n’est pas de faire la « Dernière Guerre », comme l’espérait W. Wilson en 1918, mais bien -comme le dit si justement Robert Mc Namara- « quelle quantité de Mal est on prêt à faire, pour faire le Bien ».

C’est ainsi, en onze leçons documentées, de 1918 à aujourd’hui, en passant plus spécifiquement par les guerres « fréquentées » par Robert Mc Namara (Seconde Guerre Mondiale, mais surtout Crise des Missiles, Baie des Cochons et Guerre du Vietnam), que Fog of War se déroule, apportant les éclairages d’un acteur de l’intérieur, confronté à ses erreurs, à ses doutes, à ses propres contradictions. Et on voit, dans les larmes d’un homme de 90 ans, que faire le mal pour faire le bien, ce n’est pas facile tous les jours…

*n’est-ce pas M. Jeunet ?




samedi 20 mai 2006


Star Wars vintage
posté par Professor Ludovico

Non, nous ne savons toujours pas who the fuck is The Corbeau, mais nous apprenons* que le dénommé George Lucas a décidé, devant la pression des fans, de ressortir en DVD un coffret de Star Wars Vintage !!! C’est-à-dire sans les effets spéciaux corrigés (re-!!!)

Ils seront mis en vente à partir du 13 septembre jusqu’au… 31 décembre ! Et dans un coffret avec les versions remastérisées (too bad pour ceux qui les ont déjà et les prêtent à leur filleul depuis 6 mois… gnark gnark…)

* information disponible dans le dernier supplément Ecrans de Libé, très bon magazine sur la TV, internet, DVD, jeux videos, etc.




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