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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



jeudi 16 février 2012


The People vs George Lucas
posté par Professor Ludovico

Le titre est mensonger : The People vs George Lucas laisse entendre une gentille parodie de ces Class Actions qui ont fait les grandes heures du cinéma américain des années 80-90, Erin Brockovich, par exemple. Bref, en loi américaine, unir ses forces pour s’attaquer à une grosse multinationale.

C’est le cas ici : le Peuple Star Wars, avec leurs yeux de 7 ans (en 1977) attaque la Mega Corporation George Lucas Inc.

Les chefs d’accusation, vous les connaissez :

– Haute Trahison (modification des films initiaux en 2004 sous prétexte de les lifter graphiquement)
– Trafic de Drogue en Bande Organisée (pléthore de licences Star Wars, de la figurines en epoxy au slip D2R2 en coton, amenant les Fanboys à une dépendance heroïnomaniaque )
– Escroquerie Caractérisée (La Menace Fantôme, L’attaque des Clones, La Revanche des Sith)
– Atteinte à la Sûreté de l’Etat (Jar-Jar Binks)

Malheureusement, si The People vs George Lucas reste distrayant, il est aussi assez brouillon, monté façon Menace Fantôme (un plan par seconde), et ressemble à une seule et longue liste de récriminations. C’est dommage, car The People… aurait pu appliquer plus méthodiquement la méthode préconisée par son titre : le procès de George Lucas, avec un procureur, un avocat, des arguments à charge et à décharge.

Ce que le film fait, finalement, dans le désordre. De plus, il y a quelques bonnes idées, qui peinent à être développées : l’extraordinaire impact de la culture Star Wars sur les créateurs du monde entier (ciné, graphisme, musique…), et cette autre idée, défendue par son ex-ami Francis Ford Coppola : l’œuvre détruisant, à la manière de Frankestein, son Créateur*.

Moi, qui me tamponne de Star Wars comme de l’album Bretonne de Nolwenn Leroy, j’avoue avoir été ému à ce moment-là.

*Une thèse défendue par George Lucas lui même dans Time Magazine : « J’ai toujours eu un problème avec l’idée d’être George « Star Wars » Lucas. Je ne me suis jamais reconnu dans cette définition. Mais après toutes ces années, j’ai fini par m’y habituer : ce n’est pas si douloureux, finalement.»




dimanche 22 janvier 2012


Back at Twin Peaks
posté par Professor Ludovico

Il aura suffi que la musique retentisse, et que le visage de Laura Palmer apparaisse, pour que les larmes se mettent à couler. Bien sûr, Twin Peaks est un drame, et un mélo, mais c’est également une nostalgie. 1991, La Cinq, tous les lundis soir scotchés devant notre télé à écran pas plat, le répondeur débranché (pour les plus jeunes, le répondeur était une sorte de Facebook des nineties) et 50 mn de bonheur intégral, sans compter les heures de discussion le lendemain : qui a tué Laura Palmer ? Bobby ? Leo ? Josie Packard ? Catherine Martell ? Et qu’est-ce qu’il y a dans cet escalier à ventilateur ? Pourquoi les lampes clignotent ? Qu’y a-t-il exactement dans la Red Room ? Et quelle Twin Peaks girl préfères-tu ? Donna ? Audrey ? Norma ?

La professorinette a bientôt 16 ans : elle a l’âge de découvrir Twin Peaks. Une histoire d’ado, mais qui parle à tout le monde, n’est-ce pas la définition du chef d’œuvre ? En tout cas, le pilote est magnifique : la découverte du corps de Laura, et ce que cela implique pour toute un chacun, est une leçon de mise en place : ce moment crucial, qui en une heure, doit placer dans la tête du spectateur les enjeux principaux de la série, les personnages, les lieux, mais aussi le ton.

Le ton, c’est sûrement ce qui distingue Twin Peaks de tout ce qui suivra (X-Files, Lost…), car ce ton si particulier est placé sous l’influence géniale de David Lynch : un mélange inédit de drame et de comédie, de fantastique et de réalisme provincial, mélangeant, à l’instar de l’agent du FBI Dale Cooper, ironie et thriller dans la même phrase.

C’est aussi une brochette de comédiens et de comédiennes tous plus sexy les uns que les autres, utile contrepoint à l’horreur qui rode (meurtre, drogue, prostitution et affairisme…) On reconnaîtra l’auteur de Blue Velvet précisément ici : sous les tulipes jaunes vif, une oreille coupée se fait dévorer par des fourmis…




mardi 17 janvier 2012


Fair Game
posté par Professor Ludovico

On oublie parfois à quel point Naomi Watts est une très grande actrice. Géniale dans Mulholland Drive, parfaite dans King Kong, elle vole ici la vedette à Sean Penn dans Fair Game, le film de Doug Liman sur l’affaire Valerie Plame.

On oublie (et on a eu du mal à s’en rendre compte à l’époque) à quel point cette affaire fut un des plus grands scandales de l’Amérique de Bush. Comment un gouvernement pouvait se permettre de dénoncer ses propres agents secrets, voilà qui était absolument inouï.

Mais en période de guerre, nos consciences s’étiolent. L’Amérique en en Irak, en Afghanistan… Les boys qui reviennent en body bags, et les irakiens qui meurent par dizaines de milliers… On ne va pas s’apitoyer sur une belle blonde qui perd son emploi !

Pourtant, l’affaire Plame reste une ignominie incroyable, même au sein de l’ère Bush. Des gouvernants ont souvent sacrifié leurs serviteurs, mais toujours au nom de la raison d’état, et souvent face à l’ennemi. Mais là, donner le nom d’un agent secret pour discréditer politiquement son mari démocrate, c’est inouï.

Rappelons les faits : le mari de Valerie Plame, Joseph Wilson, ancien ambassadeur des États-Unis, accepte une mission au Niger. Objectif : trouver les preuves d’un trafic de Yellowcake, un composant des bombes nucléaires. Il revient sans ces preuves, et la CIA fait son travail : elle le dit dans son rapport à l’administration Bush.

Mais celle-ci a tellement besoin d’une bonne raison d’envahir l’Irak qu’elle passe outre, et profite du caractère secret de ces rapports pour écrire sa propre version dans le discours du Président Bush sur l’état de l’Union, en janvier 2003. Le sénateur Wilson sort de ses gonds. Dans une interview au New York Times, il révèle être l’auteur de l’enquête au Niger, que celle-ci a fait chou-blanc, et donc que l’administration Bush se sert de mauvais prétextes pour envahir l’Irak. Les républicains contre attaquent par un déluge de calomnies, en révélant notamment l’identité de l’épouse de Wilson, Valerie Plame, et sous-entendant qu’elle a intrigué pour que l’on confie cette mission à son mari.

Beaucoup de biopics se sont cassés les dents sur ce genre de sujet, soit parce qu’ils étaient trop empathiques avec leur(s) sujet(s), soit parce qu’ils étaient lourdement démonstratifs. La force de Fair Game, c’est d’éviter ces deux écueils ; d’être submergé par une dramaturgie trop lourde, et d’éviter une empathie lourdingue en ayant deux comédiens subtils à sa disposition. Penn et Watts sont plein de légèreté, de finesse, ils ne sont pas parfaits (elle est engluée dans son respect de la parole donnée, il est incapable de faire des compromis), mais ils incarnent tous les deux cet idéal américain, pétri de patriotisme et de valeurs familiales, cette sainte horreur du mensonge.

Mais ils arrivent aussi à incarner une idée : la conviction américaine très forte : la Démocratie est l’œuvre de tous, et pas seulement des dirigeants, ou de l’opposition. Pour le rappeler, un très beau plan circulaire sur Sean Penn à bout de nerfs sortant d’un taxi, se termine sur le Sénat. The House on the Hill, cette Jérusalem céleste que les colons s’étaient jurés de ne pas bâtir au ciel, mais bien ici et maintenant, sur ce nouveau monde dont ils prenaient possession.




vendredi 13 janvier 2012


Generation Kill
posté par Professor Ludovico

Un jour, on parlera de la Décennie Simon : The Corner, Sur Écoute, Generation Kill, Treme. Un portrait en coupe, balzacien, de l’ère Bush. C’est la puissance des séries sur le cinéma : leur ampleur (à vue de nez, une centaine d’heures de fiction sur la période 2000-2010). En clair, se donner le temps d’aborder la drogue, la police, l’éducation, la politique, l’économie, la crise, Katerina, la Guerre en Irak… ce qu’aucun film ne peut réussir en un, ou même dix films.

La Guerre en Irak est l’objet de Generation Kill, une mini-série en 7 épisodes. Une compagnie de reconnaissance des Marines, va participer à la grande œuvre militaire de George Bush Jr, la destruction massive des armes de destruction massive. Ça commence comme Full Metal Jacket (mystique, esprit de corps, dialogues orduriers façons Lee Ermey…), mais ça n’y ressemble pas du tout.

D’abord parce qu’il y a peu de combats. Même en pointe de l’offensive sur Bagdad, le First Reconnaissance Battalion rencontre une très faible opposition. Ensuite parce qu’à l’instar des autres œuvres de David Simon et Ed Burns, Generation Kill est une œuvre chorale, avec une trentaine de personnages, qu’on a, au début du moins, du mal à identifier. Du sergent taiseux, au lieutenant idéaliste, de Captain America l’officier pistonné, à Ray le conducteur fan de country, de Godfather le général ambigu, à Evan le journaliste embedded*, tout le monde finit par se ressembler. Mais c’est la technique Sur Écoute, déstabilisant au début, mais on s’y fait. On s’attache, au contraire, à ces hommes qui n’ont pourtant rien d’idéalisé : racistes, homophobes, paumés, ils sont le soldat de base, le grunt, perdu en Irak pour de mauvaises raisons (décrocher la nationalité américaine, par exemple, ou oublier les soucis du pays natal…)

Cet étalage de caractères finit par tourner à la comédie : personne n’est tué, et les péripéties s’enchaînent. C’est à ce moment précis, au milieu de la série, que Generation Kill vous prend à la gorge. Car si les Marines ne meurent pas, les irakiens si. Victimes des bombardements très lourds, opérés sans le moindre discernement, victimes de l’arbitraire des décisions, ou des hasards de la guerre, les civils meurent les uns après les autres** devant les yeux décillés de nos antihéros. Qui réagissent chacun à leur manière : passivité, fatalisme, fascination, indignation.

C’est à ce moment que Generation Kill bascule dans l’exceptionnel, parce qu’il sort de tous les chemins balisés du film de guerre : pas d’exploit héroïques, pas de gloire acquise dans la douleur, pas d’explication finale du sens de la vie, pas de rédemption. Juste des problèmes de logistiques, d’huile et graissage qui manque, et de ferme bombardée avec femmes et enfants…

Autre innovation, Generation Kill filme, au plus près des visages, mais sans chichi et sans pathos, l’effet de la guerre sur ces garçons de vingt ans qui partent, fleur au fusil, et chansons rap dans la tête, et prennent en pleine figure la réalité de la guerre. Comme l’explique Maurice Genevoix « La guerre est une expérience incommunicable, car si elle l’était, il n’y aurait plus jamais de guerre. » C’est probablement pourquoi Generation Kill n’a pas de générique, ou de musique** : il n’y a pas à guider le spectateur dans ce qu’il va voir et chacun se fera sa propre opinion.

*Generation Kill est basé sur le livre d’Evan Wright, journaliste à Rolling Stone.
** 4800 morts côté coalition, 165 000 morts irakiens
***Juste une seule, magnifique, à la fin du dernier épisode : The Man Comes Around, de Johnny Cash. Pourtant, le Caporal Colbert avait prévenu : No country !

« Hear the trumpets, hear the pipers.
One hundred million angels singin’.
Multitudes are marching to the big kettle drum.
Voices callin’, voices cryin’.
Some are born an’ some are dyin’.
It’s Alpha’s and Omega’s Kingdom come. »




jeudi 12 janvier 2012


Fanboys
posté par Professor Ludovico

Fanboys a tout pour réussir, mais pourtant déçoit. Il repose pourtant sur une idée de départ formidable : en 1998, un geek fan de Star Wars, est atteint d’une maladie incurable. Il n’a que trois mois à vivre, ce qui va l’empêcher de voir le nouvel opus de Georges Lucas,La Menace Fantôme, que la planète Star Wars attend depuis Le Retour du Jedi. Ses amis décident de l’emmener en Californie, de s’introduire dans le Skywalker Ranch, et de dérober une copie du Graal Jediesque à l’ermite barbu créateur de wookies.

Cette histoire, qui peut se jouer à plein de niveaux ; mélo, nostalgie, clin d’œil, reste pourtant au raz des pâquerettes faute d’ambition, façon humour indé américain (Zack et Miri Tournent un Porno) ou American Pie. Les gags sont convenus, les dialogues et les situations sont manufacturées, et horriblement prévisibles : le malade reproche à son pote d’avoir abandonné ses rêves de jeunesse (la BD) pour travailler comme vendeur de voitures. Évidemment, le pote retournera, à la fin de Fanboys, à ses premières amours…

Il aurait fallu faire Fanboys plus sérieusement, comme un vrai mélo. Il aurait fallu une équipe plus sérieuse (Cameron Crowe (Almost famous) à la réalisation, des acteurs moins caricaturaux, et la finesse d’un John Hughes au scénario…

Il aurait fallu surtout, ne pas se moquer des trekkies !




jeudi 29 décembre 2011


Tron Legacy
posté par Professor Ludovico

Quel gâchis ! Assembler autant de talents : Jeff Bridges, Michael Sheen, Tron v.1.0, Daft Punk, des graphistes, des animateurs … Pour aboutir à une bouse pareille…

Incompréhensible scénario. Personnages inconsistants. Décalque, juste lifté, des éléments du décor 1.0.
Ne subsiste que des images splendides, des combats magnifiquement chorégraphiés, et l’excellente musique de nos deux Dafteurs, qui font même une apparition casquée…

Il y avait tellement à faire avec Tron, tellement à faire avec l’évolution des technologies, et du videogaming !

Disney avait raté Tron, elle se paye le luxe de rater le reboot.

Petit P.S. ironique et symbolique du déclin d’Hollywood : le jeu vidéo Tron 2.0 est sûrement le meilleur opus de la série. 




mercredi 21 décembre 2011


L.A. Takedown
posté par Professor Ludovico

Joli cadeau que m’a fait Ludo Fulci en me prêtant L.A. Takedown, téléfilm américain des années 80 que je cherchais en vain depuis longtemps. Rien de moins que la première version de Heat, le chef d’œuvre de Michael Mann. Ecrit et filmé par le même Mann, L.A. Takedown est le clone de son cadet : deux héros, un flic et un voyou, s’affrontent jusqu’à la tragédie. Mais il y a un nanar et un chef d’œuvre. L’exercice est donc passionnant, comme une expérience inédite de cinéphile de laboratoire. Même scénario, même réalisateur, même décor, la flamboyante Los Angeles. Même musique (synthé + guitare planante, reprise des Stones versus reprise de Joy Division)

Qu’est-ce qui cloche alors ? Le temps, l’argent et le talent. Michael Mann, dans le mini making of prévient d’emblée : les deux films de ne sont pas comparables (10 jours de préparation contre et 19 jours de tournage contre 109 jours pour l’affrontement de Niro – Pacino). Les acteurs n’ont pas pu se préparer comme les autres, faire ces « recherches » qu’affectionnent tant les scénaristes et les acteurs US. Les cadres sont systématiquement en gros plan, comme l’exige la télévision, et il n’y a pas de place pour l’architecture, comme le souligne Mann dans le Making of. Mais surtout, il manque de Niro & Pacino, et aussi la flopée de seconds rôles, qui sont tous parfaits dans Heat (Val Kilmer, Tom Sizemore, mais aussi les femmes : Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd et Natalie Portman.)

Un véritable exercice d’analyse cinématographique, si vous réussissez à tomber dessus…




dimanche 4 décembre 2011


Potiche
posté par Professor Ludovico

Je ne sais pas pourquoi, mais je vais rarement voir les films de François Ozon. Pourtant, j’ai adoré les deux que j’ai vus : Swimming Pool, Sous Le Sable. Et ce soir, Potiche.

Peut-être parce qu’Ozon fait des films de fille (ce que la gent féminine de la famille Professorale cherchait hier), et qu’aucun de ses sujets ne semble assez bankable à mes yeux.

Mais là, 10mn après, je suis séduit, et 100 mn après, je suis conquis. Potiche est un pari dingue : adapter un classique du Boulevard, signé Barillet – Gredy, et le conserver tel quel : décor criard, jeu faux façon Au Théâtre Ce Soir, dialogues surannés. Il faut une grosse paire de cojones pour tenter le coup et des producteurs spécialistes de la chose (Eric et Nicolas Altmeyer (OSS 117, Brice de Nice…))

Il faut aussi des comédiens exceptionnels (Deneuve, qui fait une fin de carrière exemplaire, Gégé, qui signe son premier bon rôle depuis… depuis…, Judith Godrèche, fabuleuse en militante RPR, et Jérémie Renier en designer gay qui s’ignore, Luchini, Viartd, n’en jetez plus, la coupe est pleine ! L’intrigue a peu d’importance : un patron (Luchini) est obligé de laisser la gestion d’entreprise à sa potiche de femme (Deneuve), face au tout-puissant député-maire communiste (Depardieu), qui n’est autre qu’un ancien amant de la demoiselle. Vous l’aurez compris, on n’est pas chez les Dardenne, mais plutôt dans une jolie fable féministe, drôle et …couillue !

C’est promis, je vais voir le prochain Ozon !




dimanche 20 novembre 2011


Bus Palladium
posté par Professor Ludovico

Nous ne pensons pas grand bien de Christopher Thompson : acteur médiocre, le plus souvent cantonné à des rôles chez sa talentueuse mère (Danièle Thompson), il n’a pas vraiment impressionné la pellicule jusqu’ici.
Avec Bus Palladium, il signe son premier film, qui, loin d’être parfait, se révèle pourtant prometteur. Car s’il enchaîne les clichés plus rapidement que Desperate Housewives, Bus Palladium brille par son absolue sincérité.

Pour les moins de vingt ans, rappelons ce que fut le « Bus » : un club branché de la rue Fontaine, qui connut son heure de gloire dans les années 60, puis les années 80, en hébergeant la scène rock française. Thompson raconte l’odyssée d’un de ces groupes, et ça sent le vécu. On suivra ces quatre copains au travers de ce biopic rock classique : deux têtes pensantes (chant-guitare) qui se rencontrent, le copain sans talent qui s’improvise manager, les repets, les premiers contacts avec une maison de disque, la tournée, la drogue, etc.

Le premier coup de génie de Thompson est de suivre les théories de McKee, le ponte du scénario américain, et (et sûrement les conseils de sa mère), c’est à dire de ne partir que de son expérience personnelle, même si vous écrivez une histoire d’extraterrestres. Au lieu d’essayer de raconter Téléphone, Trust ou Taxi Girl, Thompson parle de Lust, un faux groupe, mais qui sonne vrai. L’histoire est bien bâtie, sur un traditionnel flashback, les comédiens sont excellents (Marc-André Grondin, Arthur Dupont,
Jules Pelissier, Abraham Belaga), jouent vraiment des instruments (ce qui apporte beaucoup à ce genre de film). On reprochera donc seulement au réalisateur ses scènes à l’emporte-pièce, ses emprunts grossiers (la cravate de The Big Chill, la citation de Jagger), l’irréelle maturité de ses personnages adolescents.

Mais à la fin du film, on en veut plus, ce qui est si rare au cinéma… On guettera donc la prochaine œuvre de Mr Thompson…




lundi 7 novembre 2011


Centurion
posté par Professor Ludovico

Le Théorème de Rabillon nous fait faire bien des bêtises. Regarder, par exemple, Centurion, sous prétexte qu’il y a des gars en jupettes qui appartiennent à la Neuvième Légion.

C’est pourtant un nanard d’une ringardise absolue, malgré la présence fugace de notre héros Dominic « McNulty » West. Héroïnes court vêtues (mais maquillées l’Oréal, qu’il neige ou qu’il vente), héros bourrus (mais courageux), casting politiquement correct (patrouille romaine avec un noir et un arabe ; je vous rassure, le traître est arabe), et répliques culte piquées à Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion? : « Pourquoi aller au nord, notre garnison est au sud ?? – parce que c’est justement ce à quoi ils s’attendent !! »

Rien à sauver donc, le Professore s’y est repris une dizaine de fois pour arriver au bout de Centurion

CinFast, sûrement, sinécure, sûrement pas…




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