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Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



mercredi 11 avril 2012


Inside Man
posté par Professor Ludovico

Depuis des années, ce film m’intriguait. Beaucoup d’amis m’avaient conseillé de le voir, mais personne ne m’abjurait de le voir. La différence est de taille, car en matière artistique, les gens sont rarement tièdes. « T’as vu The Artist ? C’est vraiment génial ! » Inside Man appartient à un autre territoire, sur la médiane : « Tu as vu Radiostars ? C’est paaas maaaaal !! » Notez qu’il faut bien faire trainer les A, pour prendre cette distance de sécurité indispensable, au cas où le film ne plairait pas au collègue-ami-voisin.

Eh ben voilà, merci TF1, le film de Spike Lee passe dimanche. Bon, rien de Spike Lee dans Inside Man, ni en bon ni en mauvais. Juste un petit film de commande pour faire bouillir la pasta…

Inside Man, c’est le bon film de braquage, ce sous-genre du polar comme le film de sous-marin l’est du film de guerre. Peu de violence, mais cette utopie bizarroïde du vol idéalisé, auréolé – on ne sait pourquoi – de nobles motivations. L’Affaire Thomas Crown, Le Cercle Rouge, tous ces films improbables sur des gangsters vus comme des seigneurs médiévaux.

Ici aussi, on cherche à comprendre ce qui se passe, comme nous l’exhorte Clive Owen dans les premières secondes du film, et c’est ce puzzle qui est plaisant.

Non, l’originalité du film de Spike Lee, c’est sa posture, sa distance. On n’est jamais proche du flic héros (pourtant c’est Denzel !), les méchants ne sont pas méchants (Clive Owen, Jodie Foster, volontairement castés chez les acteurs préférés du grand public), les situations tournent à la farce (la bimbo albanaise, le chewing gum) ; tout laisse à penser que personne ne croit vraiment à cette histoire.

C’est ce qui fait sa force, mais c’est aussi ce qui nous retient de l’aimer vraiment.




samedi 7 avril 2012


Pelletées de Titanic
posté par Professor Ludovico

Non seulement James Cameron ressort son paquebot en 3D, mais comme c’est le centième anniversaire du naufrage, les télés nous abreuvent de reconstitutions et autres docudramas. Dans le lot, nous héritons de deux films, deux fictions, toutes aussi intéressantes l’une que l’autre.

Titanic, de Herbert Selpin, est la version nazie de l’histoire. Tournée en 1943, il propose une explication intéressante du naufrage : les juifs anglo-saxons. Avides de profit comme chacun sait, les chantiers navals possédés par les juifs ont utilisé un acier de mauvaise qualité qui a évidemment mené au naufrage du bateau. Le réalisateur, qui trouvait qu’on poussait un peu mémère dans les orties, mourut opportunément en prison.

Mais la catastrophe était tellement réussie, que Goebbels craignit que l’on rapprochât la tragédie du transatlantique avec une autre catastrophe, en cours celle-là, le naufrage du III Reich, bien entamé au moment de la sortie en salle. Il fit finir le film par un cinéaste à sa botte, Werner Klinger. Le film est néanmoins réussi, et en plus c’est une rareté. A ne pas manquer donc.

Titanic
France 3
Dimanche 8, 0h15

Atlantique Latitude 41° (A Night to Remember, 1958) est une des version hollywoodienne de référence (avant celle de Cameron) Adapté DU livre éponyme sur la tragédie (de Walter Lord), Atlantique Latitude 41° de Roy Ward Baker est à voir également.

Atlantique Latitude 41°
Histoire
Jeudi 12 mars, 20h35

Et si vous tombez dessus, l’excellent Titanic de Jean Negulesco (1953) casting de star (Barbar Stanwyck, Clifton Webb), intrigue romanesque, c’est sûrement le meilleur Titanic « classique »…




samedi 31 mars 2012


La Chose d’un Autre Monde
posté par Professor Ludovico

On évite en général à CineFast d’utiliser le mot « séminal ». On va l’utiliser ici, parce qu’il est difficile de mieux définir The Thing from Another World autrement. Petit film (87 mn) de 1951, produit par Howard Hawks, probablement réalisé par lui (mais signé de son assistant, Christian Nyby), La Chose fait partie des films cultes. Il ne casse pourtant pas deux pattes à un canard : pas d’acteur connus, des effets spéciaux faméliques, une histoire pas franchement prise au sérieux. En deux mots : un truc (a thing) est tombée au pôle nord. Un aviateur décolle de l’Alaska pour enquêter à la base arctique. Il en profite pour dragouiller la séduisante secrétaire du Professeur Carrington*. Pendant ce temps, ils découvrent une soucoupe volante, la font malencontreusement sauter (et ça les fait plutôt rigoler !) mais ils récupèrent une créature (le pilote ?) à moitié congelée. La bête va se réveiller, bouloter deux ou trois militaires, apitoyer le Pr Carrington (tous des cocos inconscients, ces scientifiques !), puis être vaincue… On le voit, pas de pattes, mêmes issues d’un canard mutant, à casser…

Pourtant, l’héritage est immense : The Thing, de Carpenter, autrement plus psychotique (l’ennemi est intérieur !), mais aussi Alien (les couloirs, le compteur Geiger), X-Files, une flopée de films 50’s (Invasion Diverses de Profanateurs de Sépultures Venus du fond de l’Espace). Et une autre flopée de films arctiques : de pauvres humains coincés au pôle (Alien vs Predator, Whiteout, sans contact radio et servant de mangeaille à la vermine extraterrestre (le téléfilm A Cold Night’s Death, (Terreur dans la montagne) par exemple).

C’est aussi un plaisir personnel : revoir enfin cette scène qui me hante depuis 1980, quand la bête défonce la porte, et, arrosée d’essence, se met à  flamber…

*avec une petite scène SM, quand même : Margaret Sheridan attachant Kenneth Tobey et lui donnant à manger à la petite cuiller vaut le détour




jeudi 22 mars 2012


Harvey Milk
posté par Professor Ludovico

Quelle mouche a donc piqué Notre Agent au Kremlin ? Après avoir été retournée par les communistes (J. Edgar), la voila devenue passionaria de la cause homosexuelle. Ou partage-t-elle (honteusement, comme le Professore) une adoration sans faille pour Sean Penn ?

Car il faut l’aimer très fort notre Sean, pour se taper les 120 mn d’Harvey Milk ! 120 mn de propagande, de feelgood dégoulinant, d’images d’Epinal sur la cause homosexuelle, sans la moindre distance, le moindre humour…

Heureusement, il y a Sean Penn, impérial comme toujours, encore plus impérial que jamais, qui surnage au milieu de performances sans âme. Notre Sean à nous est là, omniprésent à l’écran, et c’est tant mieux.




lundi 19 mars 2012


Le Pont de la Rivière Kwai
posté par Professor Ludovico

Avec le temps, une GCA multi-oscarisée devient un film d’auteur. On se gargarise aujourd’hui avec David Lean, mais ses films étaient des superproductions Hollywoodiennes, les vrais auteurs de l’époque (Welles entre autres) essayaient d’imposer des films autrement plus difficiles.

Mais Le Pont de la Rivière Kwai, c’est justement l’exemple de la GCA qui a bien tourné, comme d’autres films le feront un jour, ceux de Spielberg par exemple.

Le revisionnage de cette madeleine familiale le confirme (Le Pont de la Rivière Kwai fait partie de la petite dizaine de films que j’ai pu voir en salle avant d’avoir 15 ans)

Ça commence comme une GCA, un film où l’héroïsme a le beau rôle, et le héros semble s’appeler Alec Guiness. Le colonel Nicholson, en effet, résiste au méchant colonel japonais Saïto, qui le détient prisonnier dans un camp de Birmanie. Saïto tue ses prisonniers à petit feu en leur imposant la construction d’une voie de chemin de fer, et d’un pont sur la rivière Kwai. Mais Nicholson (Guiness) ne fléchit pas : les officiers ne doivent pas travailler, la Convention de Genève l’exige.

En contrepoint, Shears, un capitaine de frégate américain, réussit à s’évader. Il manque de mourir mais finit par être recueilli par l’armée anglaise. Une fois sur pied, on lui demande de retourner sur la rivière Kwai, pour détruire le pont. Mais Shears est un lâche, il fait tout pour se soustraire à cette tâche, et pourtant, paradoxalement, devient le héros du Pont de la Rivière Kwai. Car entre temps, le colonel Nicholson a gagné, et pété les plombs. Non content d’avoir soustrait ses officiers au travail forcé, il veut donner une leçon à Saïto, sur la supériorité occidentale : il va bâtir le pont, et le bâtir bien. Malgré l’opposition de son médecin-chef, qui tente de lui faire prendre conscience du risque de collaboration avec l’ennemi.

C’est là le génie du film de David Lean. Il réussit quelque chose de rare ; nous faire changer de point de vue au milieu du film. Tandis que Shears apparaît de plus en plus héroïque, Nicholson incarne l’absurdité de la guerre, et également, l’absurdité anglaise. Car évidemment, comme dans toute bonne GCA, les « méchants » sont anglais, et les « gentils » sont américains (Shears), écossais (le medecin-chef) ou canadiens (le jeune commando héroïque). Une vérification supplémentaire du brit-bashing en vigueur à Hollywood.

La scène de fin est de toute beauté, vingt minutes de silence absolu pendant le sabotage du pont, une technique osée mais qui nous met dans l’eau, avec les commandos. Et un final ambigu, qui laisse la part belle à l’interprétation : rédemption du colonel Nicholson ou simple hasard ? En tout cas le pont saute et tout le monde meurt.

« Madness ! Madness! » Le film s’achève comme il avait commencé, par un oiseau, et des morts.




vendredi 16 mars 2012


Jurassic Park 2, Le Monde Perdu
posté par Professor Ludovico

S’il devait rester un seul film pour démontrer le génie de Steven Spielberg, ce serait sûrement celui-là. Car Jurassic Park, 2ème du nom, n’a a priori rien pour lui : pas de background historique qui vous pose un homme (La Liste Schindler, Amistad, Munich), pas d’acteur-phare consensuel (Tom Hanks dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan), pas de concept-hero qui déchire (Indiana Jones), ou de magie de l’enfance (E.T.), pas de suburb américaine (La Guerre des Mondes) ou de monstres captivants (Rencontres du 3ème Type), pas de révolution technologique (la 3D de Jurassic Park) ; non, Le Monde Perdu n’a rien pour lui. Juste une volonté : faire du pognon, vendre des jouets, sucer la moelle de la franchise jusqu’à l’os.

C’est là que l’incroyable talent de Spielberg se manifeste, en magnifiant cette feuille de route vaste comme un ticket de métro. Un talent omniprésent, de la mise en scène au scénario (signé David Koepp), des acteurs principaux (Jeff Goldblum) aux seconds rôles (Julianne Moore, Pete Postlethwaite, Peter Stormare…)

Commençons justement par les acteurs. Dans Jurassic Park, Goldblum jouait le rôle du sidekick de luxe. Dans Le Monde Perdu, il devient le héros, doté lui-même d’une sidekick, son improbable fillette, noire (Vanessa Lee Chester), d’une épouse (Julianne Moore, qu’il n’embrassera pas une seule fois, Spielberg a décidément un problème avec le sexe), d’un reporter de guerre activiste écologique (sic, Vince Vaughn dans un de ses premiers blockbusters), et d’un scientifique craintif (Richard Schiff, pas encore notre Toby A La Maison Blanche).

Goldblum est parfait, comme d’habitude, mais il est parfaitement parfait dans ce Jurassic Park-là ; car il faut toute sa décontraction classieuse pour participer à cet horrible projet de sequel et s’en moquer en même temps. Ainsi selon l’une de ses premières répliques, Spielberg parle en direct au spectateur. « Je sais que tu es venu voir encore des dinos, semble nous dire le réalisateur, des types qui se font bouffer, des gamins qui hurlent et des bagnoles qui explosent ; ne t’inquiètes pas, j’ai tout ça dans ma besace ! » À un personnage qui s’extasie devant les premiers gentils stégosaures, Jeff Goldblum se fait alors le porte-parole du programme Spielbergien : « Oooh! Ahhh! That’s how it always starts. Then later there’s running, and screaming… »

Ce programme va être déroulé pendant deux heures à un rythme de plus en plus soutenu, entièrement basé sur le principe hitchcockien de l’ironie dramatique (les spectateurs savent, et nos héros ne savent pas), et enchaîner perf sur perf : la scène du camping-car, le safari, la pause pipi, la poursuite dans la brousse, la scène finale à San Diego. Pas une minute, Spielberg ne lâchera le morceau : du hamburger, mais cuit à la bonne température, avec juste ce qu’il faut de ketchup et de cheddar. C’est bien pour ça qu’on retourne chez McDo, non ? Retrouver toujours le même BigMac.

Spielberg se paie même le luxe d’ajouter quelques subtilités (dialogues understatement, personnage atypique du chasseur malheureux, et cet aveu, tellement gros qu’on ne peut imaginer une seule seconde qu’il ne soit pas autobiographique, issu de la bouche de la fille de Jeff Goldblum : « Tu aimes les enfants mais tu n’aimes pas être avec eux ! »

Ce Spielberg sarcastique, nous l’avons malheureusement perdu de vue depuis ses « grands films ». On aimerait retrouver ce Spielberg-là, dans un projet léger, fun, une nouvelle franchise à deux balles, et pas dans Cheval de Guerre ou Terra Nova, dont on est sûr qu’il n’a écrit aucune ligne…




jeudi 8 mars 2012


Network
posté par Professor Ludovico

Ça faisait très longtemps que je voulais voir Network, après l’avoir raté lors de ses multiples rediffusions télé. Mais grâce à TCM, le paradis du cinéphile, c’est chose faite. J’ai enfin vu le brûlot anti media de Sidney Lumet.

Le pitch : dans les années 70, le présentateur vedette de la chaîne UBS est remercié. Lors de son dernier 20h, il annonce qu’il va se donner la mort. Cynique, le dirigeant du groupe audiovisuel UBS (Robert Duvall) et une jeune directrice des programmes (Faye Dunaway), décide d’exploiter le filon et le laisse à l’antenne. Carton d’audience, évidemment. Malgré les appels à la prudence du directeur de l’information (William Holden), le show va dégénérer en téléréalité délirante, allant jusqu’à intégrer The Mao Tse Tung show, qui diffuse des images d’actions terroristes.

Même si le film est très marqué 70’s (acteurs hystériques, contexte politique post-68, et sexualité omniprésente alors que l’intrigue ne le réclame pas,..) Network est très réussi. Critiquant la société américaine et ses outrances (les TV people cyniques y sont renvoyés dos à dos des spectateurs bovins, dépourvus de tout discernement), et mettant en parallèle, les grandes corporations et les organisations terroristes : AT&T ou l’Armée Œcuménique de Libération, c’est du pareil au même.




jeudi 1 mars 2012


Kick-Ass
posté par Professor Ludovico

« Faire les choses sérieuses avec légèreté, et les choses légères avec le plus grand sérieux » : voilà une profession de foi qui me convient.

Elle semble convenir parfaitement à Kick-Ass, un film important déguisé en pochade pour ado.

Je n’aime pas les films de super héros, mais je dois convenir qu’une vague de modernisation de ce concept souffle depuis quelques années. BD d’Alan Moore (Watchmen, Promethea, Topten), films déconstructivistes (Incassable, Hancock, Spiderman) et maintenant, Kick-Ass.

Le film part d’une idée simple : comment apparaissant les super héros ? Probablement du cerveau d’un ado puceau, fan de comics, rêvant de vivre les aventures pour de vrai, et d’émerveiller ainsi une petite amie potentielle… Un tour chez Mr Bricolage, et voilà un joli costume jaune et vert, du meilleur effet. Ajoutez-là une (vaine) tentative d’interposition lors d’une bagarre, filmée évidemment sur Smartphone par la foule en délire (qui ne vient pas à l’aide de notre infortuné héros , scène-clef du film), puis Twitto-Facebookée, et voilà notre héros mondialement connu. Malin, Matthew Vaughn joue la carte de la dérision sur ce versant-ci : pas besoin d’une mère tuée par quelque gangster, ou d’une enfance sur Krypton, ou d’une araignée radioactive pour devenir super héros. Mais Vaughn ajoute bientôt un autre versant, où il reprend toute cette thématique, au sérieux cette fois-ci. Big Daddy et Hit Girl, le père et la fille, sont des vigilantes plus traditionnels ; leur femme/mère a été tuée par le parrain local, et ils veulent se venger. Bientôt les deux intrigues vont se lier, pour le plus grand bonheur du spectateur. Car le film mélange avec soin la parodie (Nick Cage en Batman, père de famille modèle et fan de la NRA), la tragédie (le fils du parrain qui veut devenir parrain mais n’en a pas réellement les « qualités »), la love story teen movie (et son lot de problématiques crypto-gays), les références pop (« This Town Ain’t Big Enough for Both of Us » des Sparks, Lost, Batman, Superman…), le film d’action (des fusillades à couper le souffle), le tout dans un New York nimbé de lumière, mi-réaliste, mi-fictionnel.

Et sous cette couche d’entertainement, coule une rivière glacée, politique, un portrait en creux d’une Amérique surarmée, fascinée par le pouvoir des armes et la violence, en quête d’un homme providentiel pour la sauver, plutôt que de faire le premier geste civil qui pourrait tous nous sauver.

Ne ratez pas les prochains films de Matthew Vaughn, ni de sa tripotée d’acteurs, tous aussi doués les uns que les autres…




jeudi 16 février 2012


The People vs George Lucas
posté par Professor Ludovico

Le titre est mensonger : The People vs George Lucas laisse entendre une gentille parodie de ces Class Actions qui ont fait les grandes heures du cinéma américain des années 80-90, Erin Brockovich, par exemple. Bref, en loi américaine, unir ses forces pour s’attaquer à une grosse multinationale.

C’est le cas ici : le Peuple Star Wars, avec leurs yeux de 7 ans (en 1977) attaque la Mega Corporation George Lucas Inc.

Les chefs d’accusation, vous les connaissez :

– Haute Trahison (modification des films initiaux en 2004 sous prétexte de les lifter graphiquement)
– Trafic de Drogue en Bande Organisée (pléthore de licences Star Wars, de la figurines en epoxy au slip D2R2 en coton, amenant les Fanboys à une dépendance heroïnomaniaque )
– Escroquerie Caractérisée (La Menace Fantôme, L’attaque des Clones, La Revanche des Sith)
– Atteinte à la Sûreté de l’Etat (Jar-Jar Binks)

Malheureusement, si The People vs George Lucas reste distrayant, il est aussi assez brouillon, monté façon Menace Fantôme (un plan par seconde), et ressemble à une seule et longue liste de récriminations. C’est dommage, car The People… aurait pu appliquer plus méthodiquement la méthode préconisée par son titre : le procès de George Lucas, avec un procureur, un avocat, des arguments à charge et à décharge.

Ce que le film fait, finalement, dans le désordre. De plus, il y a quelques bonnes idées, qui peinent à être développées : l’extraordinaire impact de la culture Star Wars sur les créateurs du monde entier (ciné, graphisme, musique…), et cette autre idée, défendue par son ex-ami Francis Ford Coppola : l’œuvre détruisant, à la manière de Frankestein, son Créateur*.

Moi, qui me tamponne de Star Wars comme de l’album Bretonne de Nolwenn Leroy, j’avoue avoir été ému à ce moment-là.

*Une thèse défendue par George Lucas lui même dans Time Magazine : « J’ai toujours eu un problème avec l’idée d’être George « Star Wars » Lucas. Je ne me suis jamais reconnu dans cette définition. Mais après toutes ces années, j’ai fini par m’y habituer : ce n’est pas si douloureux, finalement.»




dimanche 22 janvier 2012


Back at Twin Peaks
posté par Professor Ludovico

Il aura suffi que la musique retentisse, et que le visage de Laura Palmer apparaisse, pour que les larmes se mettent à couler. Bien sûr, Twin Peaks est un drame, et un mélo, mais c’est également une nostalgie. 1991, La Cinq, tous les lundis soir scotchés devant notre télé à écran pas plat, le répondeur débranché (pour les plus jeunes, le répondeur était une sorte de Facebook des nineties) et 50 mn de bonheur intégral, sans compter les heures de discussion le lendemain : qui a tué Laura Palmer ? Bobby ? Leo ? Josie Packard ? Catherine Martell ? Et qu’est-ce qu’il y a dans cet escalier à ventilateur ? Pourquoi les lampes clignotent ? Qu’y a-t-il exactement dans la Red Room ? Et quelle Twin Peaks girl préfères-tu ? Donna ? Audrey ? Norma ?

La professorinette a bientôt 16 ans : elle a l’âge de découvrir Twin Peaks. Une histoire d’ado, mais qui parle à tout le monde, n’est-ce pas la définition du chef d’œuvre ? En tout cas, le pilote est magnifique : la découverte du corps de Laura, et ce que cela implique pour toute un chacun, est une leçon de mise en place : ce moment crucial, qui en une heure, doit placer dans la tête du spectateur les enjeux principaux de la série, les personnages, les lieux, mais aussi le ton.

Le ton, c’est sûrement ce qui distingue Twin Peaks de tout ce qui suivra (X-Files, Lost…), car ce ton si particulier est placé sous l’influence géniale de David Lynch : un mélange inédit de drame et de comédie, de fantastique et de réalisme provincial, mélangeant, à l’instar de l’agent du FBI Dale Cooper, ironie et thriller dans la même phrase.

C’est aussi une brochette de comédiens et de comédiennes tous plus sexy les uns que les autres, utile contrepoint à l’horreur qui rode (meurtre, drogue, prostitution et affairisme…) On reconnaîtra l’auteur de Blue Velvet précisément ici : sous les tulipes jaunes vif, une oreille coupée se fait dévorer par des fourmis…




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