[ A votre VOD ]

Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



vendredi 23 décembre 2016


La Dernière Séance
posté par Professor Ludovico

The Last Picture Show fait partie des films qu’on est censés avoir vu quand on se dit cinéphile. Surtout si on a lu la somme de Peter Biskind, Easy Rider, Raging Bulls, plus connu sous le titre Le Nouvel Hollywood. Cette expression, qui depuis a fait flores, est devenue le symbole du renouveau Hollywoodien des années 70. Ou comment quelques jeunes turcs (Hopper, Bogdanovich, De Palma, Lucas Spielberg, Scorsese) ont renversé le système à la papa des Warner, Paramount, etc.

Avec The Last Picture Show, Peter Bogdanovich, comme ses autres comparses, est tout à sa cinéphilie francophile (Godard, Truffaut, etc.) mais c’est sûrement ce film qui traduit le mieux l’influence des cinéastes français de la Nouvelle Vague. La parenté de La Dernière Séance avec Les Quatre Cent Coups est évidente : l’itinéraire de jeunes semi-rebelles, perdus dans une ville perdue dans l’est du Texas. Qui veulent du sexe, du billard, de l’amour, et qui le trouveront de très différentes façons pendant que le vieux cinéma local, métaphore de la ville, se meurt lentement, au milieu de tumbleweeds de western traversant la ville de part en part.

Avec ce film, plutôt ennuyeux aujourd’hui, Bogdanovich va contribuer à détruire et révolutionner le système des studios. Comme Easy Rider juste avant lui, il ne coûte rien à produire (1M$), il n’a pas besoin de stars, il est tourné en noir et blanc et en décors réels, et il va rapporter beaucoup d’argent (29M$). Comme c’est la seule chose qu’Hollywood comprend depuis toujours, la carrière de Bogdanovich est lancée. Elle n’ira pas bien loin.

Comme le raconte avec cruauté Peter Biskind, The Last Picture Show est aussi le résultat d’une travailleuse de l’ombre, Polly Platt, Mrs Bogdanovich dans le civil. Elle materne son mari, trouve les décors, organise la production de La Dernière Séance. Histoire classique : avec le succès, Bogdanovich la quitta pour une femme plus jeune et plus jolie.

Et n’eut plus jamais de succès.




mardi 15 novembre 2016


Sixteen Candles
posté par Professor Ludovico

Et il nous manquait un John Hughes, mais voilà c’est fait, nous avons vu Sixteen Candles. Bien sûr, Seize Bougies pour Sam a pris un coup de vieux, et les minauderies de Molly Ringwald, qui nous auraient enchanté en 1984, nous énervent aujourd’hui.

C’est pourtant le brouillon de l’œuvre de John Hughes. Une œuvre en devenir : le grand homme va donner dans les deux ans qui suivent Breakfast Club, Une Créature de Rêve et La Folle Journée de Ferris Bueller. Humour décomplexé, presque trash (petites culottes utilisées et tutti quanti), musique branchée, et un premier portrait empathique et compassionnel de l’adolescence avec ses joies, ses peines et ses difficultés.

On n’a pas fêté l’anniversaire de Sam, et pourtant c’est son seizième anniversaire. Ce n’est pas rien, seize ans, même quand on nait dans cette famille friquée du nord de Chicago. De cet argument chiche, John Hughes fait à la fois une comédie et un drame, car il saura – ici et plus tard – saisir à la perfection les désarrois, même minuscules, de l’adolescence.

Autre curiosité du film : derrière Ringwald, des acteurs en arrière-plan se découvrent, c’est eux qui feront une carrière, plus ou moins mouvementé : le brat pack est à naître : Anthony Michael Hall, John Cusack, Jami Gertz, Joan Cusack…




mardi 8 novembre 2016


Pas de Printemps pour Marnie
posté par Professor Ludovico

Pas de Printemps pour Marnie faisait partie des « gros » Hitchcock qui manquaient à la collection du Professore. C’est désormais chose faite avec une diffusion magnifique sur Arte, en une HD remasterisée qui fait péter en technicolor les rouges et les verts de Marnie, la beauté glaciale de Tippi Hedren, et la coolitude absolue de Sean Connery.

Il y a deux films dans Marnie. L’un est réussi, l’autre moins.

Le début est parfait : une voleuse, Tippi Hedren, magnifique et kleptomane. Un riche héritier (Connery) qui le sait mais qui l’embauche quand même. Ce début parfaitement pervers, surveillé de surcroit par l’œil de de la belle-sœur (Diane Baker) va inspirer des générations de film à venir, Lynch en premier.

Puis le couple se marie, révèle à chacun ses traumatismes, ses frustrations, tout cela est un peu longuet, et l’histoire de Marnie se termine par un happy end, même s’il est ambigu, peu digne de Hitch.

Mais on n’oublie pas ces séquences mémorables, la course au renard, le viol marital, le gros plan sur le chignon, et ce travail sur les couleurs, entre le rouge (phobie de Marnie) et sa couleur complémentaire, le vert, qu’on trouve partout, sur les robes, la forêt, jusqu’au final à Baltimore.




samedi 5 novembre 2016


Shotgun Stories
posté par Professor Ludovico

Comme pour dire qu’on finit la collection Jeff Nichols, on regarde son premier film, Shotgun Stories.

C’est l’occasion de remarquer le chemin parcouru. Shotgun Stories est un premier film, avec les forces qui vont faire la carrière de Nichols, mais aussi les faiblesses qui seront corrigées ensuite. L’histoire est basique : l’éternelle vengeance des Atrides, au cœur de l’Arkansas. Comment des white trash (ces gitans de l’Amérique), vont se transmettre les rancunes de père en fils, jusqu’à l’absurde.

L’histoire est simpliste, peut être trop. Mais le talent de Michael Shannon se révèle là, lui qu’on avait jusque-là (dans notre cinéphilie sélective) cantonné dans rôles subalternes*: Pearl Harbor, Un Jour Sans Fin, Vanilla Sky, Bad Boys II. Pour Michael Shannon, il y a un avant et un après Shotgun Stories.


* comme on dit dans Drôles de Dames




mercredi 19 octobre 2016


Heat, La Grande Scène
posté par Professor Ludovico

Hier sur NRJ 12, c’était la Grande Scène de Heat. La scène du tunnel, où Neil (Robert De Niro), qui a tout réussi, après deux heures de trahisons, de flics pugnaces, d’ennemis implacables, et d’alliés éliminés, à garder néanmoins l’argent de son hold-up, à sauver une partie de son gang, et même à convaincre sa belle (Amy Brenneman) de partir avec lui en Nouvelle-Zélande pour oublier tout ça et bâtir une nouvelle vie. Le bonheur, enfin. La paix. Mais Neil va, contre toute attente, retarder son départ pour se venger. Un choix fatal qui va se terminer en tragédie. Car la définition de la tragédie, c’est bien quand le héros agit – en toute irrationalité – contre son intérêt.

C’est sublimement filmé. Neil est dans sa voiture. Il roule dans un océan de lumières qui s’appelle Los Angeles. Neil appelle une dernière fois son mentor (Jon Voight) qui lui confirme que tout est bien qui finit bien ; un avion l’attend, il est dans les temps « So, so long, brother. You take it easy. You’re home free ». Mais qui lui dit aussi, parce que c’est le code de l’honneur du Milieu, qui lui dit que l’objet de sa vengeance, le néonazi Waingro, le traitre qui a planté le gang depuis le début, est à l’hôtel Marquis, pas loin de l’Aéroport. Il lui dit parce qu’il serait impardonnable que cela ne soit pas dit. Mais bien sûr, ajoute-t-il, c’est trop tard. Oui, dit Neil, c’est trop tard. Il raccroche. Il sourit.

Ce moment-là, Michael Mann ne le filme pas n’importe comment, il le filme de manière irréelle. Magique. Parce que ce moment-là, c’est le destin. Le moment où la vie bascule. La voiture entre dans un tunnel éclairé d’une lumière blanche, sépulcrale, intense. Puis on passe au bleu, qui est la couleur de Heat. De Niro sourit, Brenneman sourit. Et le sourire de De Niro se fige. Les spectateurs ont déjà compris ; il va faire demi-tour, se venger, parce que la vengeance est inéluctable, elle est dans les gènes du personnage depuis le début. Et évidemment mourir. La tragédie à l’état pur.

Pourquoi est-ce la Grande Scène ? Parce que si une grande scène définit un film ou un série, alors cette scène-là définit évidemment Heat, la grande tragédie grecque de Michael Mann. Ou plutôt un ensemble de tragédies grecques entrecroisées.

L’affrontement d’un gangster gentleman (De Niro) et d’un flic voyou (Al Pacino), la désespérance d’une gamine suicidaire (Natalie Portman) en quête d’un père de substitution (Pacino, encore), des couples qui se déchirent (Pacino/Venora ou Kilmer/Judd), la lutte implacable entre les voyous qui ont un code de l’honneur (la bande Neil) et ceux qui n’en ont pas (les autres).

Le génie de Michael Mann est bien sûr de mélanger tout cela, à l’instar de ce dernier acte où le réalisateur lie la tragédie de la belle fille de Vincent Hanna (Natalie Portman), et celle Neil, incapable de résister à l’appel de la vengeance.

Don’t tell. Show. Si quelqu’un sait faire cela, c’est bien le Michael Mann de Heat, qui, non content de déclamer la plus belle ode qui soit à Los Angeles, utilise toute la force du symbole pour raconter son histoire. Exemple parmi d’autres : De Niro chez lui, dans son appartement trop grand, qui regarde la tempête à l’extérieur, métaphore de la tempête intérieure qui l’habite. Ou encore la dernière scène des amoureux maudits (Chris/Charlene) où, d’un simple geste de la main, Ashley Judd (dans son plus beau rôle) quitte l’amour de sa vie, mais lui sauve la sienne.

C’est ça le cinéma. Un cinéma sans dialogue, la pure expression de l’image, de la musique, des visages des acteurs, des métaphores et des symboles. Quand, dans le dernier plan, De Niro mourant tend la main pour que Pacino y mette la sienne, c’est le Dieu et l’Adam de la Chapelle Sixtine. Et il devient évident que doit alors retentir le God Moving Over The Face Of The Waters de Moby. Qui est aussi le deuxième verset de la Genèse *

Dès cette image, Heat devint un classique.

*« La terre était informe et vide: Il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Genèse 1.2




dimanche 2 octobre 2016


De Battre mon Cœur s’est Arrêté
posté par Professor Ludovico

Il nous en manquait un, on l’a vu. De Battre mon Cœur s’est Arrêté était le seul Audiard qui nous manquait. Bon ça a un peu vieilli, et Romain Duris ne joue pas très bien. A-t-il bien joué un jour, on ne sait. En tout cas, c’est dans ce film là qu’il joue le mieux, et arrive à rendre crédible ce pianiste doué devenu petite frappe de l’immobilier. Mais Audiard reste cet élégant portraitiste de notre temps, le seul peut être capable de traduire ce qu’est la France d’aujourd’hui avec un tant soit peu de sérieux. Un cinéma politique sans être dogmatique.

C’est que De Battre mon Cœur s’est Arrêté, comme les autres Audiard, propose des personnages solides, sur une intrigue solide pourtant basée sur cet étrange polar mixant amour de Bach et spéculation immobilière.




vendredi 30 septembre 2016


Les Canons de Navarone
posté par Professor Ludovico

S’il y a une grande injustice dans CineFast, c’est bien celle-là. 1347 chroniques au compteur et toujours rien sur le chef d’œuvre GCA de J. Lee Thompson*. Le film qui enchanta notre enfance, vu et revu à Dourdan avec le paternel. Le Professore allait peu au cinéma, mais tous les films de guerre, il les a vus.

Celui-là a une qualité plastique particulière, qui a durablement impressionné nos esprits et façonné nos jeux d’enfants. Nous dessinions Les Canons de Navaronne, nous avons lu le livre d’Alistair McLean, nous les rejouions avec nos Lüger à pétard et nos pains de plastic en pâte à modeler, nous en reconstituions les grandes scènes avec nos Action Joe et nos figurines Atlantic.

Car même si son argument est classique, Les Canons de Navarone est une GCA particulière. On y réunit un commando disparate et on lui confie la destruction de ces fameux canons, qui bloquent sur une île de la Mer Egée le passage de navires anglais. Cette bande mal assemblée (Antony Quinn veut tuer Gregory Peck dans la première scène) est la réussite initiale du film : le colonel vengeur (Anthony Quinn), le séduisant mais pourtant implacable capitaine Mallory (Gregory Peck), l’artificier couard et sarcastique (David Niven), le « Boucher » inquiétant, tueur au couteau (Stanley Baker), le Major anglais qui a une tête à se prendre une balle (et c’est ce qu’il va faire, Anthony Quayle) et le jeune et séduisant résistant grec (James Darren).

Dès le départ, la mission semble mal engagée, de par sa difficulté même, mais aussi par l’assemblage de ces personnalités encore plus violemment antagoniste que dans les autres films du genre (Les 12 salopards, Quand les Aigles attaquent, etc.) Mais, comme dans les autres films de genre, c’est évidemment l’adversité qui va unir l’équipe.

Or l’adversité de manque pas. Un contrôle de routine qui tourne au massacre, un accostage dantesque dans une crique aux récifs décharnés, qui va proposer la première Grande Scène du film, et l’inscrire dans le patrimoine cinématographique. Car cette scène de tempête, puis de naufrage, puis d’escalade, va être réalisée par J. Lee Thomson avec une grande économie de moyens, et sans le moindre dialogue. Seul le bruit des tonnes d’eau qui se déversent sur le pathétique bateau de pêche, celui du tonnerre et de la pluie qui ruisselle de la falaise, va servir de fond sonore.

Il y a là un souci de réalisme : impossible de se parler en pleine tempête, et interdiction de le faire pendant l’escalade, faute de surprendre les sentinelles allemandes. Mais d’autres films ont déjà emprunté ce chemin avec moins de subtilité. Ici, le spectateur est littéralement mis à la place de ces héros qu’il n’a pas encore commencé à aimer. Et le silence renforce cet effet, créant un huis clos paralysant, malgré des scènes en extérieurs.

Le film va se poursuivre avec quelques twists et d’autres rebondissements, plus traditionnels, mais on va retrouver ce motif à deux reprises ; une fête grecque où le silence s’impose soudain par l’arrivée de soldats allemands, et une dernière fois à la fin du film, le sabotage des canons, qui se fait également dans le plus grand silence. Quand les allemands pénètrent enfin dans la batterie des canons de Navarone, leurs dialogues en allemands, non traduits, non sous titrés, sonnent comme des bruitages, jusqu’au dénouement final. Dans ces trois cas, une merveille de cinéma.

Bien sûr, la fin de ces Canons est très conventionnelle. Mais il ne faut pas s’arrêter là.

Gregory Peck signe là un de ses plus grands rôles, courageux et ambigu, qui cache sous le James Bond en costume beurre frais du début une brute pragmatique, prête à tout pour réussir. Les autres sont évidemment des faire-valoir, mais le charme et l’originalité de cette proposition est toujours intacte.

* Auteur ensuite de GCA sixties : Les Nerfs à Vif, La Conquête de la Planète des Singes, La Bataille de la Planète des Singes, Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon…




mardi 27 septembre 2016


Brigadoon
posté par Professor Ludovico

Gene Kelly. Cyd Charisse. Vincente Minnelli. Le gratin de la comédie musicale, à son âge d’or, 1954, deux ans après Chantons sous la Pluie, avec à peu près les mêmes (Stanley Donen et Gene Kelly aux manettes.)

Minnelli, c’est quand même Un Américain à paris, Tous en Scène !, Quinze Jours Ailleurs ou Gigi. Et bien ça ne suffit pas à nous emporter dans Brigadoon, un conte fantastique cucul la praline où Gene Kelly, parti à la chasse dans les highlands, découvre en même temps le village très endormi de Brigadoon et les jambes très éveillées de Cyd Charisse. Heureusement qu’elles les a, ces jambes, pendant une séquence dansée de cueillette de bruyère (sic) parce qu’à part ça, le pont de pierre joue de façon plus expressive.

Suite à une ancienne promesse, Brigadoon dort dans les brumes du temps et se réveille une fois par siècle ; pas de bol, c’est le jour où on a enregistré le Cinéma de Minuit. Puis le village se rendort, sauf si quelqu’un de très amoureux – suivez mon regard – cherche éperdument – suivez mon regard – son amour perdu.

Les chansons sont nulles, les ballets, de parfait mauvais goût, et les Ecossais sont laids.

Comme disait un ami, un gentleman, c’est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse et qui n’en joue pas.

Vincente Minnelli n’est pas un gentleman.




jeudi 15 septembre 2016


The Program
posté par Professor Ludovico

Pour avoir longtemps fréquenté le Tour de France de près – notamment pendant l’Age d’Or de Lance Armstrong -, pour tout simplement l’avoir regardé depuis ma plus tendre enfance, j’ai eu envie de regarder The Program.

Le film de Stephen Frears n’est pas si encourageant que ça ; on sait la difficulté d’aborder le sport au cinéma. Mais voilà, c’est l’été, pas de foot à la télé, et une indolence qui empêche, ou plutôt qui encourage, à regarder n’importe quoi. Donc The Program.

Et bien The Program, c’est pas mal du tout. Hormis la reconstitution cycliste assez faible (peu de moyens), mais ce n’est pas vraiment le sujet du film. On est plutôt à mi-chemin du film à thèse et du biopic. Les Hommes du Président meet Ali.

Première bonne idée : un point de vue, en la personne du journaliste David Walsh, auteur du livre LA Confidential et du scénario. On regarde Lance par ses yeux ; d’abord admiratif, puis suspicieux, avant d’être carrément excédé par le personnage. Reflet exact de ce qui est arrivé dans la réalité.

Deuxième bonne idée, c’est de faire non pas un personnage, mais deux. Le tricheur, Lance Armstrong, et le traitre, Floyd Landis. Tous deux également travaillés, ambigus, passionnants. La tragédie humaine d’un homme sorti du cancer qui veut tout gagner, contre la mort. Et celle tout aussi touchante, du petit amish qui ne peut plus continuer à mentir, d’autant plus qu’il se sent méprisé et floué. Les deux incarnés par deux grands comédiens, Ben Foster et Jesse Plemons.

Autre réussite, Le Programme est tout aussi fictionnant que réaliste : si ça n’avait pas été une histoire de gros sous (un assureur demandant le remboursement d’une prime versée pour ses Tours victorieux), Lance Armstrong n’aurait jamais perdu ses sept tours de France. Ce que le film montre très bien.




mardi 6 septembre 2016


Mission Impossible : Rogue Nation
posté par Professor Ludovico

Petit, on passait les mercredis après-midi à regarder Mission Impossible, puis à jouer à Mission Impossible. Dans la Rémarde, un fleuve de 3 m de large et de 20 cm de profondeur qui irrigue les vastes plaines du sud des Yvelines, on refaisait la mission en en dynamitant le pont, à l’aide de télécommande de train électrique comme détonateur, et de la pâte à modeler en guise de C4. Avec les talkies-walkies qu’on avait eus à Noël, et le télescope grossissement x60, on observait les allées et venues des voitures sur le parking, et on notait les plaques d’immatriculation. On ne sait jamais. C’était le temps de la Guerre Froide, une réalité tangible pour les enfants des années 70.

Quand le premier film Mission Impossible est sorti, ce fut une horrible déception, comme théorisé par El Baba : faire de Monsieur Phelps le grand méchant de l’histoire n’était pas juste une trahison, c’était empêcher la transmission de la série aux générations suivantes. Car quelqu’un qui découvre aujourd’hui Mission Impossible, la série, sait que le héros, Monsieur Phelps lui-même, va trahir, vingt ans plus tard, dans Mission Impossible, le film.

Si on oublie ça, il est toutefois possible de regarder la franchise. Ce dernier épisode, Rogue nation, est dans les standards : un James Bond amélioré, toujours plutôt bien fait. C’est agréable, peu crédible, mais on passe un bon moment.

Pourquoi ? Probablement parce que c’est drôle, toujours bien joué, ce qui fait oublier les rebondissements Bondesques (le fichier caché dans une clef USB au fond d’une centrale énergétique en Tunisie dans un bassin qu’on accède seulement par un ventilateur qui ne peut être coupé que…) et l’inanité du scénario (le Professore Ludovico est bien incapable d’en faire un résumé).

Mission Impossible faisait peur (nous étions enfants, en même temps), les films ne sont que distrayants. Est-ce nous ou Mission Impossible qui a changé ? Peu importe.




septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930