[ A votre VOD ]

Commentaires et/ou Conseils d’achat de DVD – Peut dégénérer en étude de fond d’un auteur



vendredi 25 mai 2018


Cold Hell
posté par Professor Ludovico

Conseillé par le Framekeeper, Cold Hell (Die Hölle) est un petit polar allemand mélangeant à la fois clichés et originalités. Clichés parce qu’il surfe sur la dynamique habituelle « serial killer + témoin qui a tout vu + flics blasé » et qu’il enchaîne les poncifs du genre, parfois à la limite du vraisemblable.

Mais l’intérêt est ailleurs, dans un contexte assez passionnant. L’héroïne, chauffeuse de taxi d’origine turque mais totalement intégrée, se voit régulièrement rappelée à ses origines, par les allemands de souche comme par les turcs. Se cache pourtant derrière tout cela tout un ensemble de subtilités que le spectateur sera amené à décrypter. Idem pour le flic qui gère l’enquête et montrera un autre visage au fur et à mesure que l’intrigue avance.

Cold Hell est assez gore et mais sa mise en scène est raffinée et inventive. Un petit bijou, donc, à découvrir dans les recoins de votre VOD.




lundi 26 mars 2018


Grave
posté par Professor Ludovico

Il existe encore des croyants dans le cinéma ; Julia Ducournau, réalisatrice de Grave, en fait partie. Et elle pose la question à laquelle bien peu savent répondre : comment rester un artiste tout en faisant un film de genre, malgré ses codes et ses clichés ? Bien peu ont su répondre correctement à cette question (le Kubrick de Shining, le Jonathan Glazer d’Under the Skin…). On le voit, la barre est haute.

Grave se présente comme une chronique naturaliste : l’entrée d’une jeune élève en école vétérinaire, avec son bizutage afférent.

Mais subrepticement, quelques indices montrent que le fantastique n’est pas loin… Ou pas. La future vétérinaire est végétarienne… comme toute la famille : père, mère, et grande sœur. Celle-ci est déjà à la fac. Si elle aide d’abord «la petite », elle se met ensuite à la bizuter méchamment.

On le voit, on entre progressivement sur des terrains sombres et troublants, où se mélange veganisme et bestialité, sexe et enjeux de pouvoir… On n’en dira pas plus car le plaisir est dans l’exploration de ces continents inconnus. C’est, de plus, formidablement bien filmé et bien joué.

Mais vous êtes encore devant CineFast ? Qu’est-ce que vous attendez ?




samedi 17 février 2018


Eve
posté par Professor Ludovico

All about Eve fait partie des chefs d’œuvre de Mankiewicz, non sans raison. La fin, avec ses dénouements imbriqués (le film n’est qu’un immense flash-back de deux heures), le scénario machiavélique qui y mène, le tout est une merveille d’horlogerie cinématographique.

Oui, à la fin, on saura tout d’Eve, qui est-elle, d’où vient-t-elle quelle réelles motivations la poussent… Mais surtout, All About Eve aura offert une étude glaciale des caractères humains, de la comédie qui s’y déroule, sur scène et hors scène, puisqu’on est au théâtre et que, bien sûr, there is no business like showbusiness…

Et on se dit que cette Eve doit avoir inspiré bien des cinéastes. Tiens, au hasard, Asghar Farhadi. On a beau être dans les années 50 à New York, les similitudes sont nombreuses. Les personnages d’Elly ou ceux d’Eve sont enfermés dans les carcans de leur système de valeurs, coincés dans leurs petites magouilles, obsédés par les mêmes choses, et tout aussi incapables de s’en sortir, malgré le désastre qui point.

Eve Harrigton (Anne Baxter) va recevoir un prix pour son interprétation théâtrale. On sait donc déjà comment cette histoire se termine, mais qui est cette Ève ? D’où vient-elle ? Le flashback commence, dans une ruelle de Broadway, près de la sortie des artistes : la gamine, passionnée de théâtre, qui vient tous les jours voir la même pièce jouée par la grande dame du théâtre Margo Channing (Bette Davis, qui semble se jouer elle-même) va-t-elle pouvoir enfin rencontrer son idole ?

On est déjà, finalement, dans l’affaire Weinstein, pour la bonne raison qu’on y a toujours été : comment accède-t-on aux marches du pouvoir ? Comment grimpe-t-on en haut de l’affiche ? Comment y reste-t-on ? Le prix sexuel à payer, pour les femmes comme pour les hommes, est toujours le même. Bette Davis en cougar de quarante ans cherchant désespérément à garder son homme de trente ans, est incroyable dans cette partition-là. Mais tous les autres personnages le sont aussi ; ceux qui cherchent une compagne, ou veulent garder leur mari, ou leur situation, ou les deux…

Le propos de Mankiewicz est implacable, et il n’est pas atténué par le monde corseté de l’après-guerre. Malgré la bienséance très british de ce petit monde du théâtre, chacun usera de toutes les armes possibles ; acteurs, scénaristes, critiques, hommes et femmes, jeunes et vieux, personnes n’échappera au microscope Mankiewiczien

Chacun sombrera, même la plus gentille des femmes. Et tel Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, l’histoire se préparera immédiatement à recommencer…




dimanche 4 février 2018


El Bar
posté par Professor Ludovico

Le pitch d’El Bar est simple et rigolo : des gens que tout oppose se retrouvent enfermés dans un bar populaire de Madrid. Le hipster barbu et branché, et la pépète sexy qui va à un rancard, la vieille joueuse de loto, etc. Enfermés pourquoi ? On ne le dira pas, parce que le film tutoye plusieurs genres à la fois.

Mais à partir de cette situation de départ minuscule, Iglesia lance son train fantôme à toute berzingue. Rebondissements à la chaîne et répliques cultes s’entrechoquent. Mais deux choses viennent amoindrir ce beau programme : un manque de confiance dans le cinéma. Tout est dit, répété ; il y a beaucoup trop de dialogues. Iglesia est très habile de sa caméra*, et pourtant beaucoup plus pourrait être dit cinématographiquement. En fait l’ennui point, car on perd vite intérêt pour ce babillage, même brillamment écrit, même brillamment filmé.

Deuxièmement, si El Bar démarre très fort (par un très beau plan séquence d’exposition), une fois les personnages rassemblés, l’explication est vite connue. Or on est habitués, dans ce genre de films, à plusieurs rebondissements, à plusieurs twists. Donc on guette jusqu’à la fin une autre explication qui ne viendra pas.

Ce n’est pas très grave car El Bar est un joyeux divertissement, et c’est déjà pas mal…

* On comprend alors ce qui a plu au seigneur Ostarc, toujours avide d’images bien léchées et de film bien foutu, et qui nous avait fortement incité à voir El Bar. A moins que ce ne soit la passion de Bianca Suarez pour l’huile d’olive ?




mardi 30 janvier 2018


La Femme au Tableau
posté par Professor Ludovico

La Femme au Tableau est un film sur un sujet compliqué : la restitution des objets dérobés par les nazis pendant la guerre. Compliqué parce que malgré ce qu’on dit en général, et malgré l’horreur de la seconde guerre mondiale, la phrase suivante est difficile à formuler : il est bizarre de vouloir rendre ce qui été volé.

Pourquoi ? Parce que l’histoire de l’humanité est entièrement faite de cela. Il suffit d’aller au Louvre pour comprendre qu’il y aurait beaucoup de choses restituer, et à beaucoup de gens. On pourrait commencer par l’obélisque de la Concorde. Et ce serait sans fin : restituer aux espagnols des objets volés par Napoléon, fabriqués dans l’or volé aux Aztèques ayant eux-mêmes pillé les toltèques ?

Les Américains, qui se préparent très certainement à rendre toutes les terres qu’ils ont dérobées aux indiens, n’hésitent pas à faire la morale au monde entier sur ce sujet. Et Hollywood est en première ligne, notamment via cette Femme au Tableau.

La femme, c’est Adele Bloch-Bauer, peinte par Klimt dans le célèbre tableau La Dame en Or. L’héroïne, c’est Maria Altmann (Helen Mirren), sa nièce. Réfugiée aux Etats-Unis, elle va se battre dans les années 2000 pour récupérer auprès du gouvernement autrichien les peintures possédées par sa famille.

Dans le film, on lui conseille un lointain cousin, avocat falot parfaitement interprété par Ryan Reynolds. Qui refuse au début, puis, évidemment, finit par y aller. Le film entremêle le combat juridique d’aujourd’hui avec la reconstitution de l’époque, des premières persécutions des juifs, à l’exil final. A l’évidence, c’est la partie la plus mal faite du film, qui cherche à provoquer les larmes sans s’en donner vraiment les moyens.

Quand on rentre par la suite dans le film de procès, le couple improbable de la vieille dame et de son cousin se met à gagner des batailles, la dramaturgie décolle, et l’on est emportés par les deux excellents comédiens, dans un film pourtant très faible.




samedi 27 janvier 2018


L’Ultime Razzia
posté par Professor Ludovico

L’Ultime Razzia est en salle, c’est un Kubrick, ça ne se refuse pas.

Un des personnages dit dans le film, de façon prémonitoire « On attend la même chose des gangsters et des artistes : qu’ils se plantent ».

Je n’avais pas été impressionné à mon premier visionnage de L’Ultime Razzia ; et je ne le suis toujours pas. Certes, les innovations Kubrickiennes se mettent en place, tout comme quelques thématiques (le masque, les femmes fatales, le couple dysfonctionnel) mais dans l’ensemble, L’Ultime Razzia est un polar traditionnel. Et Kubrick n’a pas encore très confiance dans son art. Une voix off vient raconter ce qui s’est passé avant, mais pourquoi ne pas le montrer ?

L’histoire est assez originale, un casse sur hippodrome, mais un peu alambiqué : tuer un cheval pour créer une bagarre qui distraira l’attention des flics et permettra de s’emparer de l’argent…

Depuis néanmoins certaines scènes ont fait école : les billets qui s’envolent à la fin ressemblent à la fin de Panic Room, le fatum général peut se retrouver dans Heat, etc. Mais il y a d’autres Kubrick plus urgents à voir et à revoir…




samedi 20 janvier 2018


Full Metal Jacket
posté par Professor Ludovico

Quand Kubrick, en 1987, lance Full Metal Jacket, il est auréolé du succès de Shining. Pourtant, tout le monde pense qu’il arrive bien trop tard. La vague Vietnam, lancé en 1978 par Le Retour, de Hal Ashby, est en fin de cycle ; tous les grands sont passés par là et ont signé des chefs-d’œuvre : Oliver Stone, Francis Ford Coppola, Michael Cimino.

Comme tous les Kubrick, Full Metal Jacket déçoit donc de prime abord. Pas de jungle, pas d’hélico en furie sur du Wagner, pas de questionnement Nietzschéen, pas de soldat en détresse prisonnier du Viêt-minh. Au contraire, Full Metal Jacket se passe en ville (la bataille de Hue, en 1968) et est bizarrement structuré en deux parties ; une qui suit les huit semaines de classe des Marines, et l’autre où l’on retrouve deux protagonistes au Vietnam, pendant cette offensive du Têt.

Car Kubrick as une idée particulière à l’esprit ; il a détesté Officier et Gentleman, la bluette militaro-romantique de Taylor Hackford et en particulier son sergent dur mais juste. Full Metal Jacket doit régler son sort à cette mythologie.

Sa première mission va être de trouver un acteur crédible dans le rôle. Il a engagé comme consultant un vrai sergent instructeur, R. Lee Ermey, mais celui-ci ne se prive pas de dire qu’aucun des acteurs ne tient la route. D’ailleurs, il pourrait le faire, lui. Selon la légende, Kubrick lui répond gentiment non. Celui-ci lui claque alors un garde-à-vous, hurlant , que quand on parle au Drill Instructor, on se tient debout ! Kubrick, en un réflexe, s’exécute… et le recrute. Il ne le regrettera pas : Ermey est extraordinaire dans le rôle, et prouvera ensuite qu’il est capable de jouer ailleurs (Seven, Meurtres à Alcatraz, Mississipi Burning, Dead Man Walking, Toy Story !)

Le film va néanmoins être un succès et, progressivement, comme les autres Kubrick, devenir un classique tandis que la concurrence s’efface progressivement (Platoon, pour ne pas le nommer). Car comme les autres œuvres, Full Metal Jacket est riche de thématiques fortes. Voir ci-dessous.

La patrouille perdue
C’est comme si, depuis le début, Kubrick faisait toujours le même film. Depuis Peur et Désir, le thème des soldats perdus irrigue son œuvre. Soit en majeur, la patrouille égarée étant le cœur de l’intrigue (Full Metal Jacket, Les Sentiers de la Gloire, Dr Folamour, et même, d’une certaine manière, l’errance d’Eyes Wide Shut …), soit en mineur (un épisode de Barry Lyndon, les astronautes perdus dans l’espace de 2001, les droogs perdus dans la campagne anglaise d’Orange Mécanique …) Mais le thème est là, toujours présent ; des hommes se perdent, au-delà de leur ligne de front, et retournent à la sauvagerie. En se trahissant eux-mêmes (Les Sentiers de la Gloire, Orange Mécanique), ou en se s’oubliant symboliquement (Bill Hartford ou Redmond Barry). Et souvent, le sexe n’est pas loin. Redmond Barry trouve l’amour auprès d’une jolie paysanne allemande, Bill Hartford expérimente sa sexualité, les soldats de 14 des Sentiers s’émeuvent devant le chant d’une prisonnière allemande. Ici, comme dans Peur et Désir, la patrouille s’égare vraiment, et finit dans les brouillards des fumigènes. Et ici aussi, on attaque et on détruit une femme, en une ultime et dérisoire incarnation de la virilité.

La femme violée
C’est présent dès le titre de Peur et Désir ! Et le thème du viol irrigue tout le film : on parle de prendre des femmes dans toute la première partie. Et pour cause : pas une femme à l’horizon dans le dortoir de Parris Island, et pour seul trou, comme le rappelle le Sgt Hartman (« l’Homme bien Dur« ), leur M-16 !*
Le thème revient au Vietnam avec les prostituées, dont l’une refuse de coucher avec un noir à cause de son trop gros sexe, mais qui est forcé d’accepter. Et l’idée revient dans la scène finale avec la sniper vietminh…

Le masque
Il y a beaucoup de masques chez Kubrick, mais ici, c’est au premier degré. Du sergent Hartman qui joue les terreurs, mais qui demande aussi, indice de son fonctionnement, au Soldat Guignol de lui montrer sa « war face », c’est à dire un visage et un cri de guerre. Un masque. La war face de Guignol n’est pas vraiment convaincante, mais elle fera pourtant l’affaire.
Un autre masque est là, c’est celui, beaucoup plus inquiétant du Soldat Baleine. Le « visage du mal » kubrickien, déjà présent dans Shining ou Orange mécanique, c’est ce regard diabolique, vu d’en-dessous, avec son petit sourire satanique. Baleine est passé dans de l’autre côté, il est déjà en enfer. Et porte sur lui le masque du diable.

L’enfer
Le final de Full Metal Jacket est dantesque, dans le sens littéral. Ce n’est pas l’apocalypse selon St Coppola ; quelques marines contre une seule sniper, mais filmé au milieu des flammes, comme si nos personnages débarquaient au beau milieu de la Divine Comédie. Métaphoriquement en enfer, ils vont presque mourir, puis avoir à prendre une décision hors de la vie, hors de la morale. Il est facile de tuer à 100m, au bout d’un fusil, mais achever quelqu’un à bout portant n’est pas aussi simple. Ce que va apprendre Guignol à ses dépens.

Paint it, black
La chanson finale des Rolling Stones n’est pas innocente. Kubrick expliquait à l’époque à Première, qu’il avait, comme dans ses autres films, traité très attentivement la musique et essayé d’éviter les anachronismes. C’est donc de la musique de 1968, de la chanson patriotique country Hello Vietnam au Paint it black final. Mais cette chanson est bien plus importante, tant elle s’applique à toute l’œuvre kubrickienne : peindre, mais en noir.

Des bas-fonds Angelinos de l’Ultime Razzia, aux désarrois sexuels de la haute bourgeoisie newyorkaise, de l’homme conquérantdans les espaces infinis, au roturier au coeur de la lutte des classes du XVIII°siècle, Kubrick n’aura fait que peindre l’humanité en noir. Son obscurité terrible (Shining), ses bassesses (Barry Lyndon), sa bêtise crasse (Dr Folamour), son absence de repères moraux (Orange Mécanique). Kubrick, c’est l’œuvre au noir. Comme il se plaisait à le dire, la vie n’est pas comme dans les films de Frank Capra.

L’Idiot
Il y a beaucoup d’idiots chez Kubrick : George Peatty, le cocu de l’Ultime Razzia, Humbert Humbert de Lolita, le Général Turgidson de Dr Folamour, ou les parents d’Alex dans Orange Mecanique. Mais Joker est une incarnation plus subtile de la bêtise, de l’inconscience humaine. Si Joker est le pire des idiots, c’est parce qu’il est avant tout un garçon intelligent et cultivé, qui s’engage librement là où tant d’autres sont obligés d’aller à la guerre. Par goût de l’aventure, lui qui veut – moitié sérieux, moitié provocateur – découvrir une grande civilisation et être le premier de son quartier à avoir un mort à son actif.**

Mais Full Metal Jacket peint aussi une forme de résilience amorale. Joker devra affronter la réalité lors de la scène finale, et sera rattrapé par sa bêtise, mais il n’en tirera aucune rédemption. C’est le miroir inversé de la scène de la jonque dans Apocalypse Now.

Willard est le chœur grec de la tragédie du Vietnam. En achèvant un blessé, à la stupéfaction des GIs qui l’accompagnent, il est l’acteur conscient du chaos mais il en tire pour autant une morale, à la fois pour euxJe vous avais bien dit de ne pas vous arrêter ») et pour le spectateur (« Je vous avais dit de ne pas vous engager dans cette guerre stupide»). Joker, lui, est l’idiot utile. Il voulait rester un observateur narquois et distant, mais voilà que ses hommes l’obligent à mettre les mains dans le merdier : il devra achever personnellement la sniper vietminh, aux dépens de sa santé mentale, mais sans en tirer un quelconque enseignement moral.

Et par conséquent, dans le final, dantesque lui aussi (des ombres marchent à la surface incendiée d’un monde détruit) Joker sera, tel l’Alex d’Orange Mécanique, guéri.

Retourné à l’âge d’enfant, il pourra chanter tel un boy scout, la marche de Mickey Mouse aux doubles sens guerriers***. Qu’est-ce que l’armée, qu’est-ce que la guerre, sinon l’autorisation donnée aux grands garçons de retourner à une forme de bêtise enfantine ?

Joker pourra désormais vivre « dans un monde de merde », mais il sera vivant.
Et il n’aura plus peur.

*« Tonight, you pukes will sleep with your rifles. You will give your rifle a girl’s name because this is the only pussy you people are going to get. »

** « I wanted to see exotic Vietnam… the crown jewel of Southeast Asia. I wanted to meet interesting and stimulating people of an ancient culture… and kill them. I wanted to be the first kid on my block to get a confirmed kill! »

*** « We’ll have fun, we’ll meet new faces.
We’ll do things and we’ll go places.
All around the world were marching.
Who’s the leader of the club,
That’s made for you and me?
M-I-C-K-E-Y M-O-you-S-E!
Forever man has held a banner
High, high, high. High! »




vendredi 19 janvier 2018


La Terre des Pharaons
posté par Professor Ludovico

Il faut bien l’admettre, La Terre des Pharaons, c’est Howard Hawks, et pourtant, c’est pas génial. D’ailleurs, ça n’a pas marché non plus en 1955. On voit bien que le film n’est qu’un prétexte pour aller tourner en Egypte aux frais de la Warner. L’anglais Jack Hawkins en pharaon Khéops est à peu près aussi crédible que si on castait Isabelle Huppert dans Les Hommes préfèrent les Blondes.

Et le film met du temps à décoller car il ressemble – très en avance pour le coup – à un docudrama sur la construction des pyramides, avec la belle voix fifties du doublage français (« Mââââlheur à toââââa, reine d’Egyyyypte !!! »)

Mais voilà, la deuxième partie arrive et le film commence : une nouvelle épouse, un complot. Avec une jeune débutante, belle comme un astre, et méchante comme une pie : Joan Collins.

La princesse Nellifer veut l’or du pharaon ; le pharaon veut garder cet or pour l’au-delà. C’est-à-dire enterré avec dans sa tombe. Le complot est vite éventé et la vengeance sera terrible dans la dernière scène du film.

C’est à vrai dire le seul souvenir que j’avais la Terre des Pharaons version Eddy Mitchell / Dernière Séance. Et aussi une anecdote, qui vient probablement de l’excellent Hollywood sur le Nil, le récit du tournage par Noel Howard. Les soldats égyptiens, qui faisaient office de figurants, en avait marre de tracter des fausses pierres en chantant à la gloire de Pharaon sous 40° Celsius. Mais il fallait une phrase pour simuler le chant. « Fuck Warner Bros » fit rapidement l’unanimité…




dimanche 14 janvier 2018


Southland Tales
posté par Professor Ludovico

On se demandait pourquoi Southland Tales, le film du génie qui nous avait donné Donnie Darko et The Box, était resté lettre morte alors qu’il avait fait l’ouverture du Festival de Cannes. Il semble pourtant que le Snake nous avait alerté : simplement parce que Southland Tales n’est pas bon. Il a raison le Snake, le film est raté, complètement raté.

C’est intéressant a posteriori de voir ce genre de film pour comprendre que le nanar n’est jamais loin du chef-d’œuvre. Car l’ambition de Richard Kelly est immense, dans ce film ou ailleurs.

Dans Southland Tales, il veut raconter une histoire à la Philip K. Dick. Le temps a été déréglé par une nouvelle source d’énergie, et il est possible que deux avatars de votre petite personne en même temps. Kelly y agrège toutes les obsessions californiennes : fin du monde/porno/extrême droite.

Même si tout cela est très brillant, même si la fin fournit une forme de compréhension générale, le reste est bien trop abscons pour qu’on y prête attention. On saisit aussi l’intention humoristique, mais ça ne marche pas, car on n’arrive pas à s’accrocher à un personnage ou à une histoire.

On attend le prochain, Richard ?




dimanche 31 décembre 2017


Le Tigre du Bengale
posté par Professor Ludovico

Le syndrome du cinéphile est bien connu : c’est la manie du completiste. Je veux avoir vu tous les Hitchcock. Tous les Clouzot. Tous les Fritz Lang. Et c’est ça qui amène à regarder Le Tigre du Bengale (et d’autres fadaises), malgré les notes peu encourageantes de la Bible (Les Films de A à Z, de Jean Tulard)…

Ce Tigre est une curiosité : l’un des derniers films de Fritz Lang, tourné en 1959 en décors naturels (et ça donne envie d’aller en Inde !) mais avec des acteurs occidentaux pour jouer des Indiens… En allemand ! C’est tout simplement énorme.

Comme le scénario, un peu à l’eau de rose : un architecte allemand tombe amoureux d’une danseuse indienne convoitée par son maharadjah de commanditaire. Seetha va-t-elle s’enfuir avec lui ? Ou rester avec Chandrah ? On s’ennuie ferme à ce roman photo tout droit sorti de Femmes d’Aujourd’hui. Et en plus, il faut regarder Le Tombeau Hindou, pour connaitre la fin de ces trépidantes aventures.

Sauf à vrai dire pendant la danse traditionnelle (plutôt du modern jazz) interprétée par ladite Seetha. Debra Paget en collant chair, on ne s’en est pas remis.




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