[ Brèves de bobines ]

Petites réactions et conseils de sortie de salle



samedi 2 janvier 2010


Paranormal Activity
posté par Professor Ludovico

C’est le syndrome Blair Witch : on prend une caméra vidéo, et on fait un film en expliquant pourquoi c’est tourné en vidéo. Ça ne marchait pas dans Blair Witch (trop long, peu crédible), c’était incroyablement inventif dans Cloverfield, et ça marche plutôt pas mal dans Paranormal Activity..

Le pitch : un gentil petit couple (encore !) est ennuyé par des bruits dans leur nouvelle maison. Le mari achète une camera vidéo pour filmer leur nuits, « comme ça, on sera sûrs ! » le film commence donc à ce moment là… comme dans tous les films d’horreur, les failles du couple apparaissent au fur et à mesure, le mec est un gentil macho, il va le payer, la fille est une hystérie, bon c’est pas une surprise…

Pourquoi c’est bien, alors Paranormal Activity ? Eh bien parce que tout ça est fait plutôt en finesse, avec un sens du contretemps qui ne déparerait pas chez le Ridley Scott d’Alien… Tout ça a le bon goût de ne pas durer trop longtemps, et de terminer comme il faut, ce qui est parfait.




mercredi 30 décembre 2009


Tintin et le Lac aux Requins
posté par Professor Ludovico

Séquence nostalgie hier : voir enfin Tintin et le Lac aux Requins, trente ans après avoir lu la BD. Les puristes vous expliqueront que ce n’est pas un vrai Tintin, mais bien un simple projet, scénarisé par Greg, et validé par Hergé.

Mais autant la BD me terrifiait, autant le film est nul, mal dessiné, mal animé. Reste le plaisir de deviner, quelques secondes avant le Professorino, les rebondissements de l’intrigue. Lui a aimé, alors qu’il refuse de les lire, les Tintin ! Allez comprendre la jeunesse d’aujourd’hui !




vendredi 4 décembre 2009


Sur le chemin de La Route
posté par Professor Ludovico

Il y a des films qu’on attend, comme La Route, et ceux qu’on n’attend pas trop, comme Avatar.

La Route, on l’attend de pied ferme, car c’est l’adaptation éponyme du chef d’œuvre de Cormac McCarthy, l’un des plus beaux livres de ces dernières années. Mais nous l’attendons aussi avec un peu d’appréhension. Car qui dit adaptation dit trahison. Que restera-t-il de l’ambiance glaciale, silencieuse, barbare, du roman ? John Hillcoat, réalisateur dans les années 80 de Ghosts of the Civil Dead, osera-t-il le film quasi muet, quasi obscur que les lecteurs attendent ?

De l’autre coté, nous n’attendons rien d’Avatar, tant la bande annonce est déceptive.

Mais au final, c’est l’élément psychologique qui joue à plein : un film, ce n’est pas une œuvre figée dans l’absolu, c’est une rencontre, un moment dans le temps.

Attendant trop de La Route, nous seront très probablement déçus ; n’attendant rien d’Avatar, une bonne surprise n’est pas à exclure.

Il faudrait, en fait, voir les films au hasard, sans titre, sans bande-annonce, sans casting et sans affiche : l’histoire toute nue…




lundi 16 novembre 2009


2012 : les toilettes sont alignées
posté par Professor Ludovico

On sait qu’on devient vieux quand c’est votre propre fille, la Professorinette, qui vous conseille d’aller voir une GCA, 2012 pour ne pas la nommer. « Il faut que tu le vois Papa, c’est trop bien… Y’a des immeubles qui s’écroulent, et en plus les mayas l’avaient prédit ! » : deux raisons parfaitement cinefasteuses d’aller au cinéma pop-corn que nous défendons ici.

Après, viennent les grandes questions : « Pourquoi ils détruisent le grand bâtiment, à Rome, avec le Pape ? Pourquoi, maintenant, le pole sud, il est dans le Wisconsin ? » Il faut alors expliquer l’obsession du catholic bashing, le positionnement mental du dairy state dans l’imaginaire yankee (le Wisconsin étant leur équivalent de la Creuse)

Il resta néanmoins une interrogation à laquelle même le Professore ne put répondre : « Mais, Papa, pendant tout le film, il disent que la catastrophe, que les mayas avaient prédit, c’est parce qu’en 2012, les toilettes sont alignées ? Pourquoi il faut que les toilettes soient alignées ? »

Il faut que j’aille voir le film, ma chérie…




lundi 9 novembre 2009


Clones
posté par Professor Ludovico

Si le cinéma est une recette, y’a un problème dans le potage Clones. Trop de farine, trop de bouillon, trop de poireau, on ne sait.

On ne sait pas si Clones est une GCA* rigolote, ou un film de SF sérieuse. Dans les deux cas, c’est raté.

Pourtant, il y a tous les ingrédients pour que ça marche : de bons acteurs, un réalisateur pêchu, des moyens (80M$, tout de même), et une histoire un peu au-dessus de la moyenne. Dans un futur proche, les humains ne sortent plus de chez eux et envoient à leur place des clones (surrogates) qui les remplacent avantageusement : plus beaux, plus jeunes, plus forts.

Mais ce qui ne marche pas dans Clones, c’est le traitement ; Mostow n’assume jamais vraiment son film d’action avec le Bruce Willis pourtant en pleine forme. Mais en même temps, il n’ose pas faire le Blade Runner du XXIème siècle. Pas d’humour, et une histoire tarabiscotée à souhait qui finit d’achever le spectateur, qui a renonce depuis longtemps à comprendre qui voulait tuer qui et pourquoi.

Clones est un film vieux, en fait.

Une seule scène, digne de Shyamalan, montre ce que Clones aurait pu être : des clones déconnectés s’écroulent, et leurs propriétaires sortent de leur domicile, hagards, en short/T-Shirt, mal rasés, pas maquillés, et gras du bide. Une merveilleuse métaphore de l’Amérique, qui se veut toujours belle, forte, et en pleine forme, alors quelle n’est plus qu’une nation de nantis obèses, qui délègue au monde entier le travail manuel, et passe son temps devant les séries et les jeux vidéos…

*Grosse Connerie Américaine, un concept inventé par le Professore pour tout ce qui nous occupe ici.




samedi 7 novembre 2009


La Guerre des Mondes
posté par Professor Ludovico

Les cinq dernières minutes de La Guerre des Mondes qui passait lundi sur TMC, même en VF, même en basse définition, m’ont confirmé dans l’idée que l’adaptation de HG Wells est un chef d’œuvre méconnu de Steven Spielberg. Pourtant, ces cinq dernières minutes, c’est bien ce qu’on lui reproche : la happy end, la réconciliation familiale, Tom Cruise et tout le reste.

Pourtant le regard halluciné de Cruise, sur l’avant-dernier plan de film, son hallucination d’être vivant au milieu de cet holocauste, valent mieux que les jugements entendus à sa sortie.

On rendra grâce un jour au talent de Spielberg dans cette Guerre des Mondes-là : un grand film sur l’extermination, sur la fin de l’héroïsme US, sur la sauvagerie qui guette même les grandes nations démocratiques comme l’Amérique*. Il faut revoir d’urgence La Guerre des Mondes

*en attendant l’adaptation prochaine du chef d’œuvre de Cormac McCarthy, La Route.




mardi 22 septembre 2009


De l’esthétique au cinéma (Ou de l’impact d’une bande-annonce)
posté par Professor Ludovico

D’habitude, on défend ici que l’esthétique n’est que l’écume des choses D’où notre aversion pour le « cinéma de décorateur », professé par Ridley Scott, Jean-Pierre Jeunet, ou Jean-Jacques Annaud (il y en a bien d’autres, mais ce sont nos têtes de turc favorites)…

La bande-annonce d’Avatar, le nouveau « chef d’œuvre de James Cameron » (c’est ce que dit la pub, et comme chacun sait, la pub ne ment pas) nous ferait presque faire marche arrière. En creux.

Nous sommes nombreux à attendre le successeur de Titanic, mais contrairement à ce que pensent certains, je ne pense pas que Cameron soit un génie. Il a fait un très bon film (Abyss), de bons films (Aliens, Terminator 2), et un chef d’œuvre du cinéma populaire, Titanic. Mais je crains un peu Avatar. Je ne me suis pas rué sur la bande-annonce. Mais voilà, maintenant, je l’ai vu, et… hmmm… (Petits sourires contrits devant l’ordinateur). On rembobine pour vérifier : oui, Avatar a l’air très moche. On ne peut pas encore juger l’histoire (de la SF assez basique, visiblement), mais bon, le look de schtroumpf des créatures extraterrestres m’a nettement refroidi.

Comme quoi l’esthétique, si elle n’est pas tout, elle reste la surface des choses et peut tout aussi bien servir de repoussoir…

PS : à l’inverse, la bande-annonce hyper-vendeuse de Star Trek version Abrams était parfaitement mensongère. Le relookage complet de l’Enterprise attendra.




mardi 8 septembre 2009


Deux Sœurs pour un Roi
posté par Professor Ludovico


Refusant d’aller le voir, pour cause de spoiler, pendant la diffusion des Tudors, j’ai enfin regardé
Deux Soeurs pour un Roi, la version Hollywoodienne de la tragédie de la petite Boleyn.

Malheureusement, malgré le casting Ferrari (Portman-Johansson-Bana, que demander de mieux ?), malgré une version alternative de l’histoire (pas le père, mais l’oncle), Deux Sœurs pour un Roi ne vaut pas tripette.

C’est beau, comme les Tudors, mais dans un autre genre : plus sombre, plus sale. Plus ramassé aussi, pas besoin d’allonger la sauce sur 13 épisodes : les personnages secondaires (Kristin Scott Thomas, très bien) sont moins nombreux. Mais surtout, comme tout BOATS qui se respecte, Deux Sœurs pour un Roi se contente d’enchaîner les événements connus (la rencontre, les accouchements, la décapitation), tout en évitant soigneusement ce qui intéresse les spectateurs (suspense, enjeux, personnages).

Un écueil qu’évitait en grande partie les Tudors…




lundi 7 septembre 2009


Les Dents de la Nuit
posté par Professor Ludovico

L’humour c’est vraiment une question de génération. Je suppose que si j’avais vingt ou trente ans, Les Dents de la Nuit me ferait rire. Mais je trouve les comédiens mauvais, les gags ressassés, seulement sauvés par quelques minuscules inventions scénaristiques.

On s’ennuie, et comme il a déjà été dit, l’ennui, au cinéma, c’est interdit. On pourrait même étendre ça à tous les arts, en précisant que « l’ennui » n’est pas lié à l’idée galvaudée de « divertissement ». Certains s’ennuient à 2001, chez Haneke, en écoutant Ligeti, moi pas. Mais je m’ennuie chez Woody Allen, le cinéma iranien, ou Oasis… Il est tout aussi facile de s’ennuyer chez Christian Clavier ou chez Alain Chabat.

Ce doit être le critère numéro un en sortant du théâtre, en éteignant l’iPod, en sortant du Gaumont…




mercredi 5 août 2009


The Reader
posté par Professor Ludovico

Il y a un truc qui cloche dans The Reader, et c’est difficile de dire quoi. On pourrait arguer qu’on n’est pas attiré par les personnages, mais c’est fait exprès. Derrière cette contrôleuse de bus sexy (Kate Winslet) se cache une ancienne gardienne d’Auschwitz, ça calme. Et le jeune berlinois, qui découvre ses premiers émois sexuels avec elle, découvrira aussi la Shoah, dix ans plus tard, lors de son procès, ça calme aussi.

Les comédiens sont excellents (Winslet, Fiennes, le jeune David Kross, et la montagne Bruno Ganz), mais bon ça ne décolle pas. Le message est là, très fort : c’est un film intelligent, qui donne à réfléchir, et propose un point de vue, un angle intéressant sur le sujet…

Mais pour ma part, j’ai trouve le film imbu de lui-même, le mélo à oscar dont les frères Weinstein se sont fait une spécialité, surligné au stabilo rose par l’énervante petite musique de chambre de Monsieur Nico Muhly. Madame la Professore, elle, a été scotchée par tout exactement le contraire, la retenue et l’extraordinaire sobriété du film.

A vous de voir…




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