[ Les films ]



mardi 24 juillet 2012


Batman Begins
posté par Professor Ludovico

Bon alors, Batman commence… Dès le début, on est pris par ce sentiment ambivalent qui ne nous quittera plus, entre ce que Nolan a de bon (une très grande maîtrise technique) et de moins bon (ce sens du truc qui ne tient pas debout.)

Donc voilà notre Bruce Wayne qui a perdu ses parents à cause de sa phobie des chauves-souris. Il veut se venger, mais n’y arrive pas, alors il décide de devenir lui-même un bandit (J’avoue avoir lâché à cet endroit précis…) Bandit, oui, mais en Chine ??? Mais il est récupéré par Liam Neeson qui lui propose de rejoindre une secte Ninja, dont le but millénaire est de détruire les grandes cités corrompues (Babylone, Rome… Gotham), c’est bien, y’en a qui suivent !

Notre gars Bruce accepte, jusqu’au jour où on lui demande de prouver son courage en tuant de ses propres mains un assassin, mais là, Bruce Wayne, il est pas d’accord ! Il est très en colère, mais c’est dans le fond un américain humaniste. Bruce détruit Shangri-La et tous ces salopards de Ninjas et retourne gérer la boite à papa, dirigé par Rutger Hauer (ça sent l’embrouille). Mais Bruce rencontre un tas de gens sympas prêts à l’aider, en souvenir de papa Wayne, qui était une sorte de bienfaiteur de l’humanité des temps modernes. Du majordome (Michael Caine), au super ingénieur (Morgan Freeman), tout le monde aime Bruce.

Toute cette mise en place du mythe Batman est pas mal du tout, mais ça tourne vinaigre quand on passe aux scènes d’action : car les méchants débarquent, avec leur plan machiavélique : lancer une drogue de panique à travers toute la ville. Je vous la fait courte, Batman pétera la gueule à tout ce petit monde et ramènera l’ordre, non sans se poser quelques questions existentielles…

Où est la fameuse touche Nolan dans tout cela ? Eh bien, évidemment, dans cette couche philosophico-politique qu’il superpose aux trépidantes aventures de notre héros en collant noir. Et cette partie est tout à fait réussie : bien filmée, mise en scène parfaitement jouée par ce casting extraordinaire que la franchise a réussi à recruter. Autre apport : le scenario façon Nolan, c’est-à-dire tout emberlificoté dans ses fameux flash-backs, qui cachent un peu la misère.

Car pour le reste, non seulement les combats sont confus, et Christian Bale parfaitement ridicule avec sa grosse voix de Batman, mais ça reste du pur Batman, c’est à dire à dormir debout. Le Professore appelle ça du Cinéma de Petit Garçon : « On dirait que Batman il aurait été fait prisonnier par le Dr Crane, mais il arrive à s’échapper, sauf que sa Batmobile, elle a été sabotée !!! »

Bref, on rigole bien, mais il ne faut pas prendre les vessies du Professore pour une Laterna Magica.




mardi 24 juillet 2012


Batman begins, returns, rises
posté par Professor Ludovico

Ça y est je me suis lancé enfin dans la « Trilogie Nolan » ; j’ai vu Batman Begins, The Dark Knight, et bientôt en salle : The Dark Knight Rises.

En prolégomènes (ça fait toujours bien de dire « en prolégomènes »), je dirais ceci : on peut habiller une vache avec une robe de mariée, ça restera toujours une vache. Même quand Karl Lagerfeld s’appelle Christopher Nolan.

Car Batman, arrêtons ce relativisme geek et honteux, c’est quand même pas Dostoïevski ! Les comics, c’est pas Tintin ! C’est pas Moebius non plus… Si l’on extrait quelques œuvres marquantes (From Hell par exemple), le reste tient plus de la littérature jetable, certes parfois de qualité, mais jetable quand même.

Donc, quand Christopher Nolan joue l’ambition (« Vous allez voir ce que vous allez voir ! »), on peine à oublier la faiblesse du propos : des méchants sont en ville, ils ourdissent un plan capillo-tracté de domination mondiale et de destruction universelle, tandis que Batman se pose des questions métaphysico-existentielles, et finit par résoudre ces questionnements jungiens à coup de latte dans la gueule.

Mais prétentieux ne veut pas forcément dire ennuyeux, donc, dans le détail, ça commence juste en dessous.

Batman Begins
The Dark Knight
The Dark Knight Rises




lundi 23 juillet 2012


Le Joker, le retour du Refoulé
posté par Professor Ludovico

It’s the same old song, chanteraient les Four Tops. Batman, Aurora, James Holmes, et la machine médiatique repart à fond la caisse, comme une batmobile folle dans les rues de Gotham, sans pilote à son bord, si ce n’est la Bonne Conscience Populaire, déguisée en Justicier Masqué.

Haro donc sur les jeux de rôles, les jeux vidéo, le cinéma, et ces grands enfants américains, incapable de se débarrasser de leurs armes à feu.

Commençons par là, grande incompréhension française. A juste titre d’ailleurs, car le bilan est édifiant : 100 000 blessés par an et 35 000 morts. Rappelons pour un peu de modestie qu’il n’y a pas si longtemps (en 1981) la France, et ses cinquante millions d’habitants (5 fois moins, donc) tuait 12 000 personnes par an avec uniquement sa passion irraisonnée des voitures.

Mais revenons à des questions plus cinéfastiques, c’est à dire l’effet déplorable que produit Graine de violence (1955), Orange Mécanique (1971), The Dark Knight Rises (2012) sur les pauvres cerveaux influençables de notre jeunesse. Or cette question, mille fois posée, mille fois questionnée après chaque tuerie, après chaque évènement incompréhensible au monde occidental, restera tragiquement sans réponse ; les voies de la nature humaine sont impénétrables. Oui, on peut tuer brusquement 12 personnes dans un cinéma même si l’on est blanc, fils de bourgeois, et apparemment sans problème. Oui on trouvera toujours un film, un jeu vidéo, une bande dessinée « qui explique le geste ». Comme s’il était explicable de se teindre les chevaux en vert et tirer à l’arme automatique dans un cinéma…

La vraie question, derrière tout cela, c’est pourquoi un petit blanc américain commet un tel crime en se prenant pour le Joker, plutôt que d’invoquer quelque chose de supérieur : Dieu, le Diable, ou tous les saints ? C’est bien de la déchristianisation du monde occidental dont il s’agit. Quand un acte terroriste est accompli au Moyen Orient, il l’est souvent au nom de Dieu. Ici, au cœur du grand Ouest américain, c’est d’un personnage de BD qu’il s’agit. Quelle ironie !

Qu’est-ce que le Joker, si ce n’est la mauvaise conscience de l’Amérique ? Le Joker est tout ce que l’américain moyen n’est pas : un être sexué, grivois, obscène, qui dit des gros mots et crache sur le sacro-saint système américain (il bat les femmes, brûle de l’argent, menace des petits enfants blonds, et détruit la famille). Le Joker, c’est le Refoulé de l’Amérique puritaine.

Il fait ce que chacun rêve de faire, c’est à dire de s’affranchir de tout, de dire tout ce qui passe par la tête, et de montrer du doigt toutes les saloperies du système. Au travers du Joker, l’américain peut réaliser tout ce que l’Amérique interdit. Car la société US est à la fois très libre dans ses règles, mais très corsetée dans ses mœurs.

La question n’est donc pas de savoir si l’œuvre d’art influe sur les mœurs (car dans ce cas, décrochons tout de suite du Louvre toutes ces œuvres obscènes, sanglantes, qui font l’apologie de la violence et de la luxure). L’art reflète l’époque, un point c’est tout. Les jeux vidéos sont violents parce que l’époque l’est ; les jeux de rôles parlent de fées et de dragons parce que le merveilleux religieux a disparu en occident.

Quant au couple Batman/Joker, il n’est que l’imagerie naïve de notre rapport bizarre à la justice et à la vengeance.




mercredi 18 juillet 2012


Camping
posté par Professor Ludovico

Forcé par la vindicte populaire (portée elle-même par le sempiternel « comment peux-tu juger, puisque tu ne l’as pas vu ? », j’ai enfin vu Camping.

Fabien Onteniente, plein de pseudo-compassion pour la France des beaufs, ou plein de distanciation parigote sur la province qui part en vacances dans les Landes, s’est intéressé à ce sujet vulgaire qu’est le camping – pour en tirer une comédie : Camping. Mission : faire rire et attendrir en même temps. Malheureusement, il ne suffit pas de décider pour faire.

Camping est donc mal fait, pas drôle, mal joué, affreusement écrit, et ne sait pas décider s’il est gentiment méchant (un film italien) ou méchamment gentil (un film américain).

Car c’est là le ratage principal de Camping, hormis la fainéantise générale. Ça aurait pu être un film meilleur, si Onteniente et Dubosc (coscénariste) n’avaient pas lorgné si désespérément vers la feelgood comedy, avec rédemption du méchant riche à la fin (les riches sont toujours méchants, c’est ce que nous apprend – paradoxalement – le cinéma américain.) S’il avait été Dino Risi, Onteniente nous aurait fait Les Monstres au camping (concours de beauté, coucheries sur matelas pneumatiques, et lutte des classes autour du butagaz). S’il avait été Ken Loach, il nous aurait tracé le portrait de la France prolo, qui se lève tôt mais se couche tard au mois d’août à Arcachon. S’il avait été Lars von Trier, il aurait tout filmé en Super8.

Tout ça pour dire que la méchanceté caricaturale de Camping n’est pas le problème, c’est le manque de talent qui l’est.




mardi 17 juillet 2012


Le Prestige
posté par Professor Ludovico

Les circonstances étaient contre moi. J’avais vu L’illusionniste à la même période (LE mauvais film d’Edward Norton), et je n’avais pas la moindre envie de me retaper les aventures d’un magicien au XIXème siècle. Devant l’amicale pression de mes amis (et six ans d’attente…), j’ai cédé ce week-end en regardant enfin Le Prestige, le chef d’œuvre de Christopher Nolan.

Ne mâchons pas nos mots : Le Prestige est formidablement écrit, filmé et (légèrement moins bien) joué. Comme d’habitude chez Nolan, le scénario est complexe : un flash-back en forme de double hélice qui se répond : Magicien A versus Magicien B, une complexité qui sert parfaitement le propos puisque justement, il s’agit de deux rois de l’illusion, lancés dans un combat à mort.

Il faudra un psy pour comprendre cette obsession du flash-back chez Nolan, tout comme cette manie des intrigues à tiroir (Inception, Memento). En attendant, si vous avez six ans de retard comme moi, vous pouvez vous régaler avec Le Prestige, et son casting all-stars (Hugh Jackman, Christian Bale, Michael Caine, Scarlett Johansson).

Abracadabra.




lundi 16 juillet 2012


Petite leçon de dramaturgie cycliste
posté par Professor Ludovico

Constat.

On se moque du Tour du France, mais il suffit que notre regard croise un téléviseur pour rester collés toute l’après-midi… D’où vient cette magie ? De la dramaturgie spécifique au cyclisme et particulièrement du Tour de France.

D’abord, les décors : quel plus bel écrin que la France rurale qui sert de support à cet événement planétaire ? Aucun Stade de France n’égalera jamais les pentes du Galibier, les plaines jaunes de la Beauce, ou les côtes déchiquetées du Finistère…

Ensuite, les acteurs : ils ne payent pas de mine, ont rarement un physique de Tom Cruise, leurs dialogues sont souvent pitoyables « Ma victoire prouve qu’un Tour propre est possible« , ça sonne faux à l’arrivée. Mais le reste du temps, quel génie ! Attaque, contre attaque, coups de vache en série (Froome, cette semaine, voulant abandonner son leader dans la dernière côte) : le Tour, c’est Dallas tous les jours.

Et puis cette dramaturgie parfaite : une étape, contrairement à une Palme d’Or, c’est de plus en plus intéressant. Ennuyeux au début (train de sénateur, ravitaillement, etc.) Mais peu à peu, ça s’anime, et le final est toujours explosif.

Dépêchez vous, le Tour de France ne reste plus qu’une semaine en salles.




dimanche 15 juillet 2012


Hello, I’m Johnny Cash…
posté par Professor Ludovico

Ne ratez pas ce soir le documentaire sur la légende noire de la Country. Oubliez le dispensable Walk The Line. Oubliez Johnny Halliday, ses Harley et ses vestes à franges… Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur la country (camions, rodéos et petites pépés), et écoutez l’authentique blues blanc du fond de l’Amérique :

When I was just a baby,
My Mama told me, « Son,
Always be a good boy,
Don’t ever play with guns, »
But I shot a man in Reno,
Just to watch him die

Plongez-vous dans l’album mythique du Man in Black : Cash, sortant de la drogue, cherche sa rédemption en allant chanter dans l’une des pires prisons des Etats Unis, Folsom, près de Sacramento. Cash ne sait pas qu’il va y enregistrer le meilleur album de sa carrière, le Live At Folsom Prison.

Johnny Cash at Folsom Prison
Arte, 22h15




jeudi 12 juillet 2012


Mélancolie sans fin
posté par Professor Ludovico

Revoir des bouts de Melancholia, l’Armageddon wagnérien, le Festen HD de Lars von Trier, voilà un plaisir qui ne se boude pas.

Dans dix ans, quand les polémiques cannoises (consciencieusement entretenues par l’insane punk danois) se seront tues, on découvrira enfin le chef d’œuvre Melancholia.




mercredi 11 juillet 2012


Stand By Me
posté par Professor Ludovico

C’est dur de retourner sur les douces prairies de l’enfance. J’ai revu hier avec le Professorino Stand By Me.

Bon, bof.

Oui c’est bien, oui River Phoenix délivre une performance exceptionnelle. Mais est-ce la VF ? La mauvaise qualité de la copie ? Le film m’a semblé simplissime, avec cette voix off ultra-explicative, et les situations plutôt convenues…

Le temps passe, héhé…




lundi 9 juillet 2012


Adieu Berthe
posté par Professor Ludovico

Il ne faut pas négliger les circonstances extérieures précédant un film. C’est le cas avec Adieu Berthe, le nouveau film des frères Podalydès. Voulant boire, juste avant la séance de 22h, un café en face de mon MK2 favori (je dénonce pas, mais GoogleMaps c’est pas fait pour les chiens), l’aimable bistrotier me signifia qu’il ne servait que les gens qui avaient dîné dans leur gargote 3 étoiles. Vouant la profession aux gémonies de Starbucks et autres Columbus Café, et leur promettant tout autant de pourrir en enfer avec une TVA à 19,6%, je pris mon café au MK2. Mais c’est donc plein de haine pour les insuffisances francaises, et donc par sur le meilleur pied pour apprécier un petit film francais, que j’entrai dans la salle d’Adieu Berthe.

De fait, le film ne m’a laissé ni chaud ni froid, et c’est peut-être parce qu’il est très bon. On ne le saura jamais, à cause d’un maudit café diderotien.

Tentons donc un critique objectiviste, factuelle, d’Adieu Berthe. Comme d’habitude, chez les frangins Podalydès, la qualité est de mise. Petit film ou pas, ça bosse, on n’est pas chez les Dardenne. Chaque plan est millimétré, travaillé, tout comme les dialogues, ou le jeu des acteurs. Au-delà de la bande habituelle (Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Michel Vuillermoz, Bruno Podalydès), Valérie Lemercier fait un show d’enfer, et c’est la partie la plus drôle du film.

Le scénario est bien construit, et mené à son dénouement comme il convient, il porte les interrogations métaphysiques podalydèsiennes habituelles (la vie, la mort, l’amour, la famille), mais bizarrement, on ne rit pas suffisamment. Comme si tous les ingrédients étaient là, mais qu’on n’avait juste pas faim.

Maintenant, vu le contexte, c’est à vous de voir…




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