[ Les films ]



mardi 12 novembre 2013


Magic Mike
posté par Professor Ludovico

Steven Soderbergh est parfois traité de faiseur ; un cinéaste qui ferait des films sans chercher l’homogénéité d’une œuvre.

C’est tout le contraire : Soderbergh est quelqu’un qui tente, un expérimentateur : capable du classicisme télé le plus ennuyeux dans Ma Vie avec Liberace, grand expérimentateur dans Solaris ou Girlfriend Experience.

Ici, pas d’innovation extraordinaire, juste quelques bonnes idées de cadrage, et un joli travail sur les couleurs : jaune-rouge-bleu. On est à Tampa, en Floride, et il fait chaud : ceci expliquant cela. Mais plutôt une originalité globale qui donne un coup de frais dans le cinéma US actuel.

Depuis toujours, Soderbergh est un cinéaste engagé, du style qu’apprécie le plus le Professore : discret. La lutte contre la drogue (Traffic), la montée du Terrorisme (Syriana, qu’il a seulement produit mais dont la patte est toute soderberghienne), le capitalisme pollueur (Erin Brockovich) : chacun de ces thèmes a toujours été traité avec beaucoup de finesse et de distance.

Ici, l’auteur de Sexe Mensonges et Vidéo ne s’attaque à rien de moins que la crise de l’Amérique, habilement camouflée, mesdames, sous un film de chippendale. Oui, vous avez bien lu. Karl Marx meets The Full Monty. Habituellement, on reproche au cinéma d’action, au jeu vidéo, aux clips, une utilisation dégradante du corps de la femme. Magic Mike propose un pendant féminin : des corps de beaux mecs musclés, et c’est tout aussi dégradant, tout aussi putassier, et ça marche évidemment. Qui n’a pas envie de voir Channing Tatum à poil ? tapez dans Google, vous comprendrez pourquoi. Ou même Alex Pettyfer, l’acteur qui joue le Kid, un gamin qui cherche du travail, et qui en trouve, au black, dans le bâtiment. Première indication : on n’avait pas filmé des ouvriers exploités et des patrons tricheurs comme ça depuis les années 70, Cinq Pièces Faciles par exemple, de Bob Rafelson. Dans cette Amérique qui se délite, on triche sur les impôts, on paie les gens au noir, et on menace de les virer à la moindre incartade. Et pour grimper dans l’échelle sociale, on fait trois boulots à la fois : couvreur, décorateur d’intérieur et… Chippendale. C’est là que le Kid rencontre un autre ouvrier, beau, fort, musclé et sûr de lui : Magic Mike (Channing Tatum). Mike est chippendale la nuit dans le club de Dallas (extraordinaire performance de Matthew McConaughey) et lui propose d’arrondir ses fins de mois en participant au spectacle.

L’originalité de Magic Mike, le film, c’est de magnifier ces danses érotiques tout en suscitant un léger dégoût : au début c’est sympathique, mais paradoxalement, c’est à l’arrivée, après la première demi-heure du film, du personnage féminin (Brooke, la sœur du Kid) que le film bascule. Brooke est inquiète pour son frère, elle ne veut pas qu’il fasse ce job, il a déjà lâché un boulot prometteur. Magic Mike promet de le protéger, mais…

La moue boudeuse de Brooke (Cody Horn, à qui le Professore promet une belle carrière dans le cinéma) nous fait brusquement changer d’avis : ces danses, même dans le regard d’une femme ne sont que l’exploitation des corps, et ces chippendales ne valent pas mieux que des stripteaseuses. Ce n’est pas moins glauque qu’un peep show, et c’est la performance du film, de les présenter comme on présente habituellement le striptease féminin. Face à l’attendrissement ou l’amusement Full Monty, nous ressentons de la pitié, du rejet, du dégoût, comme pour les filles du Bada Bing, le strip club de Tony Soprano.

Dans le même souci d’inversion, Soderbergh filme l’histoire d’amour qui nait entre Brooke, cette fille toute simple, jolie, sans plus, et Magic Mike, bombasse mâle apparemment inaccessible, objet sexuel à qui pas grand monde ne résiste. C’est pourtant Mike qui va ramer, avec un réalisme et une légèreté qui fait beaucoup de bien dans le cinéma américain.

Du cinéma de faiseur comme celui-là, Ludovico veut bien en manger tous les jours…




dimanche 10 novembre 2013


Fétichisme
posté par Professor Ludovico

Nous sommes tous des fétichistes, et les cinéphiles font partie des pires, mais là n’est pas le propos.

Le fétichisme, c’est croire doté de pouvoirs magiques ce qui ne l’est pas, et Télérama, dans son édition du 9 novembre, tombe dans le panneau.

Michael Ardnt, annonce le magazine, a quitté le navire Star Wars VII. Ce n’est donc pas le scénariste du surévalué Little Miss Sunshine qui écrira la suite des aventures de Luke Skywalker. Qui donc, alors ?

Et Télérama de s’enthousiasmer : JJ Abrams et… Lawrence « L’Empire Contre Attaque » Kasdan. Magie de la marque. Kasdan a fait le meilleur Star Wars, il va bien nous pondre un bon épisode 7.

C’est oublier que Kasdan, cinéaste adulé du Professore (Les Copains d’abord, Grand Canyon, La Fièvre au Corps), est à la ramasse depuis 1991. Avoir été bon dans les années 1980 ne veut pas dire être bon aujourd’hui. Kasdan a changé (il a 64 ans aujourd’hui), le public de la saga a changé, et nous avons changé, nous aussi.

Mais bon, voilà les fétichistes de Star Wars rassurés…




samedi 9 novembre 2013


« J’ai de la peine pour mes personnages »
posté par Professor Ludovico

Picoré ce matin dans le podcast conseillé par le Professor Mortimer de Mantes-La-Ville « Pendant les travaux le cinéma reste ouvert », sur France Inter, cette petite citation de Martin Scorsese.

L’auteur des Affranchis vient de voir Reservoir Dogs et on lui demande son avis.

– « Moi, J’ai de la peine pour mes personnages, et je crois que Quentin n’a pas de peine… »

Quelle meilleure définition du cinéma vide de QT ? A part l’excellent Jackie Brown (qui démontre en creux cette théorie), Tarantino n’a pas de personnages, il a des jouets et il les filme. Gangsters, grosses voitures, esclaves noirs ou soldats US, Barbie Mariée et Barbie Karateka : ses personnages ne sont pas de personnages, mais des poupées GI Joe qu’il met en scène avec un talent certain.

Mais sans âme.

A contrario, le cinéma de Scorsese, tout aussi violent, propose systématiquement un point de vue. A l’époque de Casino, le réalisateur expliquait que les scènes de violence inouïes du film étaient nécessaires parce qu’elles correspondaient à la réalité de la mafia, mais qu’elles devaient aussi provoquer le dégoût du spectateur, sans quoi son film serait raté.

Tout le contraire d’un film de Tarantino, en somme.




jeudi 7 novembre 2013


Rush
posté par Professor Ludovico

Et c’est reparti pour le biopic, version Formule 1, le grand duel 1976 Nikki Lauda-James Hunt.

Sincèrement, j’avais 11 ans, et je ne me rappelle plus. Mais je me rappelle de Lauda, son visage brûlé à la télé, et je me rappelle la F1, cette corrida à essence où l’on espère voir les toreros se faire encorner par leurs McLaren.

Évidemment, le biopic, ça ne marche pas. On a beau ne pas se souvenir, Ron Howard (qu’on a connu plus inspiré) est obligé de faire ce cinéma pédagogique inhérent au genre. Les courses auto, c’est chiant, même bien filmé. Donc on rajoute par exemple une voix off (cette défaire du cinéma) censée faire le boulot de la dramaturgie : « Hunt double Jacques Laffitte, il est cinquième ! Encore une place et il sera sacré CHAMPIOOOOON DU MONDE !! »

Pareil pour les à-côtés : Hunt devient un sale con avec sa femme top model ? Une scène suffit : Hunt boit, Hunt fume, Hunt fait la gueule, elle fait la moue, elle a compris.

On se met à regretter les scènes de courses de Michel Vaillant, sur l’élégiaque musique de Archive.

Bref, regardez plutôt Senna : en matière de biopic, rien ne vaut la vraie vie.




lundi 4 novembre 2013


Prisoners
posté par Professor Ludovico

Prisoners, c’est un rêve de cinéma, ce que le 7ème art devrait être tous les jours : la perfection scénaristique, le talent des comédiens, la mise en scène au service l’histoire, mais qui n’oublie pas toute ambition graphique.

Prisoners est d’autant plus fort qu’il met ce talent non pas au service d’une œuvre à visée intellectuelle, comme peut l’être Cogan, mais bien d’un pur produit de divertissement, le thriller.

2 petites filles ont disparu. Un père fou de douleur (Hugh Jackman), va s’opposer à un flic taciturne (Jake Gyllenhaal, extraordinaire comme d’habitude) pour retrouver les enfants.

Voilà pour l’argument « Silence des Agneaux ». Mais Denis Villeneuve propose une expérience radicalement différente du thriller US habituel : un film d’auteur maquillé en thriller. Le réalisateur canadien assèche littéralement le genre, en en enlevant toute la moelle qui en fait d’habitude les délices mais aussi les clichés. Pas de courses-poursuites échevelées, pas de portes fracassées, pas de patrouilles d’hélicoptère et de mère en larmes… Non, l’horrible réalité. L’espoir qui disparaît. Le désir de vengeance qui occulte tout. Les conflits internes, minuscules, de la police, qui ralentissent l’enquête. Et surtout, le caractère de chacun, notre âme, le principal obstacle de nos vies.

Car – c’est le titre – nous sommes tous des prisonniers. Prisonniers de la douleur, prisonniers de la vengeance, prisonniers de notre passé. Policier, serial killer, pédophile, père de famille ou mère éplorée, nous sommes les prisonniers des valeurs que nous nous sommes données, des conduites que nous nous sommes dictées.

C’est tout à l’honneur de Denis Villeneuve de décrire cette Amérique survivaliste, fondamentaliste chrétienne, sans tomber dans le piège de Seven/Le Silence des Agneaux. Le traitement clinique qu’applique Prisoners ne juge pas, il montre.




samedi 2 novembre 2013


Gatsby le Magnifique
posté par Professor Ludovico

Baz Luhrman a toutes les cartes en main pour tenter, après 4 tentatives (dont une avec Robert Redford dans le rôle-titre), d’adapter l’inadaptable, à savoir le chef d’œuvre maudit de Scott Fitzgerald : The Great Gatsby. 100M$ de budget, 3 super-acteurs (Di Caprio, Maguire, Mulligan), une chef déco qui a dû vivre dans les années 20 (Catherine Martin, aka Mme Baz Luhrman), un producteur plein aux as et teen credible (JayZ), et Sim City 1925 pour récréer le Long Island des Années Folles.

Dès le départ, Baz Luhrman marque déjà un point : son Gatsby est compréhensible. Après avoir lu le livre, et vu le film de Redford, il m’a fallu enfin celui-là pour comprendre l’intrigue de Gatsby le Magnifique. Certes, celle-ci est écrite au crayon gras et surligné au stabilo rose par le cinéaste australien ; c’est lourdement pédagogique, signifiant et sursignifiant. Au cas où vous n’auriez pas tout assimilé, Carraway (Tobey Maguire) vous explique en voix off ce qu’il y a à comprendre : « Là, Gatsby est triste, et là, ma cousine est triste aussi. » Mais comme chacun sait, Baz est un athée du cinéma ; il ne croit pas que le cinéma ou les comédiens peuvent dire des choses en silence dans un plan fixe de plusieurs secondes, et il cache donc son manque de foi derrière un montage saccadé estampillé djeune.

Certes, Luhrman s’est assagi par rapport au roller coaster Moulin Rouge, et il faut avouer que cette énergie convient ici parfaitement au propos swing du film et à ses héros surexcités de ces roaring twenties. Sex, whisky and jazz. Car c’est bien de cela dont parle Fitzgerald, cette jet set qui se défoule d’une Première Guerre Mondiale à laquelle – dans sa grande majorité – elle n’a pas participé. Sauf Gatsby, justement.

Luhrman aime filmer des fêtes orgiaques, et ça, il sait faire (Moulin Rouge). Il sait aussi coller de la musique actuelle (rap, funk, techno) sur ces fêtes jazz, et ça ne passe pas mal du tout.

Le design est parfait – comme d’habitude – mais oblige Luhrman à filmer chaque cafetière en gros plan, ce qui lui fait évidemment qu’il y a des personnages derrière ces tasses de café. Comme chez Ridley Scott deuxième période, ou chez Jean-Pierre Jeunet, autre accessoiriste maniaque, on est dans du cinéma de décorateur.

Que reprocher alors ? Le simple sentiment que le film ne m’est pas adressé. Une sorte de film pédagogique pour ado, Gatsby le Magnifique expliqué aux teenagers. Un film pour les écoles.




jeudi 31 octobre 2013


Gravity
posté par Professor Ludovico

C’est la critique casse-gueule pour le Professore : tout le monde est à genoux devant le nouveau film de Alfonso Cuarón, Libé fait trois pages dessus, Mr Fulci dit que c’est le meilleur film de l’année, et les autres d’enchaîner « Alors ? T’as vu Gravity ? » ; bref, la pression est immense. Dans ces cas-là, Ludovico botte en touche, méprise le bas peuple qui va pointer au chef d’œuvre, et déniche la petite perle du cinéma indépendant américain que personne n’a vue, et qui vaut bien la surbouse que nous vend Le Grand Journal.

Pas cette fois-ci, mes amis.

Cette fois-ci, it’s a hell of a ride, comme le dit le grand George. Une putain de ballade en orbite géostationnaire dans les mains de Monsieur Alfonso « le roi du plan séquence » Cuarón.

Certes, on pinaillera sur l’épaisseur du scénario (3 pages et demi, soit 3% de Space Cowboys), sur la subtile musique de Steven Price, qui sert plutôt à tester les woofers de l’UGC Ciné Cité Les Halles, sur les motivations psychologiques des personnages, qui feraient passer Boris Cyrulnik pour Sigmund Freud, car on peut toujours pinailler.

Mais cette fois ci, ça marche. Le film fait une heure trente, et s’arrête quand ça pourrait devenir lassant-répétitif-ridicule, cocher les mentions inutiles.

Alfonso, après ses grotesquesLes Fils de l’Homme a entendu la leçon; cette fois-ci il a un scénario, certes petit, mais crédible. Une idée, à laquelle il s’accroche, comme Sandra Bullock à sa space suit. Et dont il tire tout ce qu’il faut, une aventure épique qui correspond parfaitement à son cinéma d’esbroufe, là où Les Fils de l’Homme, film mytho, se cassait les dents.

Car un film comme Gravity, il n’y en a pas un par an, même pas un tous les trois ans, dans votre salle favorite : Avatar. Titanic. Watchmen. 300. King Kong. Jurassic Park… pas forcément des chef d’œuvres, mais des films qui renouent avec les origines du cinéma, le nickelodeon, le théâtre à 5 cts des fêtes foraines. Du grand spectacle. Du cirque. De la magie. Et nous, de nous extasier, comme des enfants devant le prestidigitateur…

A hell of a ride…




mardi 22 octobre 2013


The Gospel According to Saint Alfred #3 : « Ne dirige pas dans une langue que tu ne connais pas »
posté par Professor Ludovico

Dans Hitchcock/Truffaut, le Maître revient sur le tournage de Murder, le premier film qu’il tourna en anglais et en allemand. « J’avais travaillé en Allemagne, et je maîtrisais la langue. Je savais dire Achtung, Aufnahme, Los, je pensais pouvoir diriger. Mais en fait je n’avais pas l’oreille pour un dialogue que je ne comprenais pas, et ce fut un échec. Je ne veux pas vous décourager Monsieur Truffaut, mais c’est pour ça que Clair, Duvivier, Renoir n’ont pas réussi ici. »

Un phénomène que l’on peut observer de nos jours chez Haneke, dont l’œuvre autrichienne est immense, et la partie française plus faible. On voit qu’il ne sait pas diriger Binoche ou Auteuil (de grands comédiens par ailleurs) : il n’a tout simplement pas l’oreille. Pareil pour Farhadi, dont le film français Le Passé est inférieur au reste de sa carrière.

On pourrait faire la même remarque avec les acteurs qui se dirigent eux-mêmes : Dans Gazon Maudit, la seule actrice qui joue mal, c’est Josiane Balasko. Personne ne peut avoir l’oreille pour soi-même.




dimanche 20 octobre 2013


Cogan, deuxième
posté par Professor Ludovico

Cogan, Killing Them Softly passe en ce moment sur Canal+. Ce qui veut dire, en clair, que quand vous aurez fini d’admirer le PSG ridiculiser ses adversaires de Ligue2 à coup de d’ailes de pigeon Ibrahimoviciennes, vous avez pour mission de regarder le chef d’œuvre d’Andrew Dominik.

104 minutes de polar old school avec peu de coups de feu, mais ceux-ci, le Professore vous le garantit, seront intenses. 104 minutes de performance d’acteurs tous plus extraordinaires les uns que les autres, dont, tout particulièrement, celle de notre regretté James « Tony Soprano » Gandolfini. 104 minutes d’une mise en scène parfaite, esthétisante mais d’un classicisme extrême. 104 minutes sur fond d’élection d’Obama, pour comprendre ce qu’est l’Amérique, et ce qu’elle devient, pour le meilleur et pour le pire.




samedi 19 octobre 2013


The Gospel According to Saint Alfred #2: « N’adapte jamais un chef d’œuvre »
posté par Professor Ludovico

Suite des conseils de Maître Hitch, dans l’excellent podcast Hitchcock/Truffaut tiré du livre du même nom. Aujourd’hui, « N’adapte jamais un chef d’œuvre« .

Quand Truffaut lui pose la question, Hitchcock commence par éluder, à parler respect de l’écrivain, cet artiste qui travaille parfois toute une vie sur un livre, et voit son travail réduit à 2h de pellicule par un « simple artisan », selon les mots de Hitch. « Pour les Oiseaux, je n’ai lu la nouvelle de Daphné du Maurier qu’une fois, et je serais bien en peine de vous la raconter. Par contre, j’ai gardé l’idée. » « Pourtant vous pourriez faire un excellent Crime et Châtiment ! », lui dit Truffaut. « Oui, répond Hitch, mais c’est l’oeuvre de QUELQU’UN D’AUTRE ». Tout est dit : un grand maître ne se compare pas à un autre grand maître, fut-il d’un art différent.

C’est exactement ce que disait Kubrick, un peu méprisant à propos du Shining de Stephen King : « Il vaut mieux adapter de la littérature de gare ». Un chef d’œuvre, c’est d’abord un style, dirait King of Cote, c’est à dire quelque chose d’impossible à rendre au cinéma. Comment traduire les cut-up de Burroughs ? Les phrases magnifiques de Proust ? La simplicité de Carver ? Le cinéaste devient un pur illustrateur.

Et c’est sans parler de la communauté des admirateurs, ces gardiens du temple fanatiques qui gardent l’œuvre prisonnière. C’est le cas des adaptations du Seigneur des Anneaux, où Jackson déploie toute son énergie à rester dans les canons Tolkieniens, ce qui rend ses films le plus souvent fades.

Adapter Shining, c’est acheter de l’argile que l’on pourra sculpter comme on veut.




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