[ Les films ]



lundi 2 février 2015


Welcome to the jungle (of Endor)
posté par Professor Ludovico

On vous l’avait dit, le rachat de la licence Star Wars est une bonne nouvelle pour vous, les fans du space opera wagnérien de George Lucas, ses princesses en slip et ses épées qui brillent, ses combats au firmament, et ses amiraux de la flotte recrutés chez les escargots*…

Une bonne nouvelle, oui, parce que votre série fétiche est enfin entre les mains de professionnels : scénaristes, monteurs, réalisateurs diplômés.

Et qu’est-ce qu’on apprend cette semaine ? George « 12 milliards de dollars » est déçu. Oui, vexé, même. Disney n’aurait pas retenu ses idées. Il aurait volontiers réalisé Star Wars VII, et Disney a refusé. Eh oui, George, c’est des pro, on te dit ! Disney, ils savent faire des films. Et ils préfèrent confier la franchise à la pire feignasse d’Hollywood, J-J. « Je ne finis jamais un film » Abrams, plutôt que te faire travailler, toi.

Peut-être qu’ils ont regardé tes autres films avant de te répondre ? peut-être ont-ils essayé de lire les scenarios de la première trilogie ? peut-être n’ont ils pas été convaincus par ta direction d’acteur sur ces pauvres Liam Neeson et Ewan McGregor.

Désolé George. Welcome to the jungle.

*L’amiral Ackbar serait, selon nos informations, de la race des Helix Pomatia. Comment est-il arrivé de Bourgogne, nul ne le sait…




dimanche 25 janvier 2015


Les Quatre Cents Coups
posté par Professor Ludovico

Toutes les motivations sont bonnes pour regarder un film. Même les plus mauvaises. Je ne m’intéresse pas beaucoup – à tort – au cinéma de François Truffaut. J’en ai pourtant vu quelques-uns, et ils m’ont tous plu : La Femme d’à côté, Le Dernier Métro, La Mariée était en Noir, La Nuit Américaine

Mais là, c’est encore une fois l’écoute du fabuleux podcast des entretiens Hitchcock Truffaut qui m’incite à voir Les Quatre Cents Coups.

Truffaut y analyse, sous l’œil sévère du maître, le découpage de la scène où Antoine découvre l’adultère de sa mère.

Truffaut est fier, car pour la première fois, c’est Hitchcock qui s’intéresse à son travail et non l’inverse. Mais, las ! « J’aurais préféré que rien ne soit dit » : Truffaut fait dire aux personnages (cette maladie française) ce qui aurait du rester silencieusement filmé.

Peu importe, on regarde Les Quatre Cents Coups avec un grand plaisir, et on comprend l’influence qu’a pu avoir le film sur le Nouvel Hollywood. Filmé dans un style reportage (particulièrement instructif d’ailleurs sur les conditions de vie des enfants parisiens, et du niveau de vie des employés dans les années cinquante.)

Mais surtout, Les Quatre Cents Coups c’est une intense liberté scénaristique, à l’image du personnage fétiche de Truffaut, Antoine Doinel, cet autre lui-même qu’il promènera de film en film. Le film lancera la Nouvelle Vague, et changera le cinéma français à tout jamais, pour le meilleur et pour le pire.




mardi 20 janvier 2015


La Bataille de Rio de la Plata
posté par Professor Ludovico

Dans la collection seconde guerre mondiale du Professore Ludovico, qui compte bon nombre de perles, il manquait La Bataille de Rio de la Plata. Pour le béotien, rappelons qu’il s’agit de la poursuite et de la destruction par la Marine britanniques du Graf Spee, un cuirassé allemand aux premières heures de la guerre, le 13 décembre 1939. Et malgré son immense culture sur le sujet (Opérations Jupons, Torpilles sous l’Atlantique, Coulez le Bismarck !) le Professore n’avait jamais vu La Bataille de Rio de la Plata. Et surtout, il n’avait jamais vu ça.

Car cette Bataille est un drôle de film. Une sorte de tragi-comédie sur une bataille navale, qui alterne honneur militaire allemand et humour très british. On assistera ainsi à des choses très étonnantes. Deux mini intermèdes musicaux (les allemands qui chantent noël pour leurs prisonniers anglais, ou de la bossa nova à Montevideo). Un capitaine allemand qui dévoile toute la stratégie de la Kriegsmarine (au mépris de tout réalisme mais – cinématographiquement – une excellente introduction aux enjeux dramatiques du film). Ou encore l’alternance très incongrue de naturalisme maritime (et pour cause, ce sont les vrais bateaux qu’on voit dans le film) et de décors en carton tout à fait hollywoodiens.

Le tout dans des couleurs sucrées, très Michael Powell. Et pour cause, c’est lui qui réalise la film avec son compère Emeric Pressburger…

Une curiosité, donc.




mercredi 14 janvier 2015


Sin City : J’ai Tué pour Elle
posté par Professor Ludovico

Après avoir regardé Sin City dans l’unique but de voir celui-ci, et l’avoir trouvé très bien, il était intéressant de voir ce quoi s’était passé avec la licence en dix ans.

Bonne nouvelle : rien. C’est comme si les deux films sortaient à la suite, les acteurs n’ayant même pas vieilli. On pourrait donc décalquer la critique de l’autre Sin City : les deux sont aussi bons dans l’esthétique, l’hommage au film noir, le Gore mi-rigolo mi-tragique.

On est toujours loin du chef d’œuvre mais suffisamment près de ce qu’on attend d’une couple d’heure au cinéma, en résumant la phrase de David Lynch : partir, rêver, mourir et revenir.

Et c’est déjà pas mal.




lundi 12 janvier 2015


20 000 Jours sur Terre
posté par Professor Ludovico

Oui. Bon. Bof. Ici, on aime beaucoup Nick Cave, mais ces 20 000 Jours sur Terre (piqué à Maurice Genevoix ou à Françoiz Breut ?) auraient pu être mieux.

On vous l’accorde, l’idée est intéressante : faire un documentaire qui ne serait pas un documentaire. Une sorte de performance : moitié doc, moitié fiction. Le vingt millième jour sur terre de monsieur Nick Cave. Ce qui aurait pu être l’exploration du monde onirique foisonnant des Bad Seeds, ses tueurs en série romantiques, ses éclairs de tonnerre bibliques au-dessus de Tupelo, ses chants de marins morts

Mais ça ne marche pas, quelque part à cause de Nick Cave lui-même. Héros de son film, il parle trop. La séquence chez le psy est rigolote, mais trop longue. Les interviews croisées dans la voiture sont sympas, mais trop convenus.

Il y a une idée au début du film qui dit ce qu’aurait pu être 20 000 Jours sur Terre : Nick Cave entre dans sa voiture, et l’autoradio se met en route : « Can’t get you out of my head, lalala, la-la-la.. ». Le chanteur des Bad Seeds éteint la radio d’un air rageur.

Et là le spectateur se met à gamberger. Est-ce une blague, les goûts musicaux de Cave étant assez éloignés de Kylie Minogue? Ou Nick Cave est-il en froid avec celle qui lui permit pourtant de décrocher son unique n°1 ? Ou encore, est-ce la réaction d’un amant frustré, la blonde l’ayant quitté ?

C’est ça la force de la fiction, et c’est à ça que nous, nous aurions aimé jouer.

* ou le jour où nous nous rencontrâmes, sur une route tortueuse de montagne, au détour de l’épisode Duane Barry des X-Files




samedi 10 janvier 2015


A Most Violent Year
posté par Professor Ludovico

Après les vampires de la finance, les porte-containers, les mafieux… JC Chandor poursuit son exploration du capitalisme et des tréfonds de l’âme humaine. Pour lui, aujourd’hui, ces deux-là ne font qu’un. Qui suis-je dans ce monde de compétition féroce ? Qu’est-ce que je peux faire ? Comment survivre au naufrage quand on est dans le bateau (Margin Call) ? Quand on est LE bateau (All is Lost) ? Ou qu’on croit être le seul capitaine de ce bateau (A Most Violent Year) ?

Même si Margin call reste de la preuve la plus évidente du talent et du génie de JC Chandor, cette année très violente n’est pas mal non plus.

Pendant longtemps, on croit avoir affaire avec un de ces merveilleux films sur la mafia dont nous a gratifié le cinéma US depuis les années 70 : Le Parrain, les Affranchis, Scarface, Les Sopranos. Des hommes qui essaient d’échapper à leur destin criminel, mais qui sont condamnés à la violence.

Mais ici, c’est plutôt le dilemme d’un Macbeth hispanique et new-yorkais. Abel Morales (Oscar Isaac) n’est pas encore le Thane de Brooklyn, mais il est sur un gros coup. Il est sur le point d’acquérir le terminal pétrolier au bord de l’East river, qui lui permettra de développer son entreprise de fioul livré aux particuliers. Mais voilà, nous sommes en 1981, a most violent year in New-York, et ses camions se font régulièrement agresser et dévaliser, probablement par la concurrence.

Pressés par sa femme, une Lady Macbeth frustrée (Jessica Chastain), et ses créanciers, Abel basculera-t-il dans l’illégalité ? C’est à ce cliché du film mafieux que s’attaque JC Chandor. Il préfère proposer un personnage qui veut à tout prix atteindre la réussite par le rêve américain, alliance de travail, de succès, et d’honnêteté. Mais autour, les autres immigrés (juifs, noirs et irlandais) semblent susurrer à l’oreille de ce Macbeth moderne, la leçon coppolio-scorsesienne : ce pays s’est construit dans le sang et la violence.

Si le film a tout pour être magistral (couple Davis-Chastain en or massif, les nouveaux Pacino-Pfeiffer, images sublimes, musique subtile), il manque juste le peu de muscle qui faisait la perfection de Margin Call.

Mais Chandor a tout d’un grand.




dimanche 4 janvier 2015


L’Evadé d’Alcatraz
posté par Professor Ludovico

Voilà des années que je voulais voir L’Evadé d’Alcatraz, multi rediffusé à la télé, souvent le signe d’un bon film, ou au moins d’un film dont le succès ne se dément pas, c’est-à-dire, d’un bon film.

Et puis, L’Evadé d’Alcatraz, ça sent bon la GCA, style années soixante… Années soixante ? Après un petit tour sur IMDB, le Professore s’est bien emmêlé les crayons : le film se passe en 1962 et est sorti en 1979. Il faut dire qu’on croit toujours Clint Eastwood très vieux (il a 49 ans quand il joue et produit L’Evadé d’Alcatraz).

Mais surtout, le film lui aussi est horriblement daté. L’action avance à deux à l’heure avec des scènes très nunuches (le peintre)… heureusement qu’il y a Patrick McGoohan*…

Et ce que Wikipedia nous apprend (merci Internet !), c’est que L’Evadé d’Alcatraz, c’est un… biopic : la seule véritable évasion réussie d’Alcatraz. Enfin, on n’a pas retrouvé les évadés, donc réussie, on ne sait pas vraiment.

Bref, je vais aller me refaire The Rock, je crois.

* A chaque fois qu’il y avait une scène avec lui, je repassais en VF pour entendre la douce voix du Prisonnier




vendredi 2 janvier 2015


Bilan 2014 – Perspectives 2015
posté par Professor Ludovico

En début d’année, les entreprises réunissent leur personnel pour tirer le bilan de l’année passée et tracer les grandes lignes et les objectifs de l’année suivante. CineFast peinant à réunir ses 10 000 collaborateurs éparpillés à travers le monde, c’est par ce blog qu’il tente l’exercice. Et à vrai dire, c’est un triste bilan qu’il tire de 2014 : Le Professore n’aime plus le cinéma américain.

Ou plutôt, il n’aime plus la GCA. Ou plutôt encore, il n’a plus tant que ça envie – ou de bonnes raisons – d’aller au cinéma. Il reste les mauvaises raisons : illuminer les yeux du Professorino à coups d’Interstellar, ou aller jouer au script doctor sur Whiplash. Mais le vrai, véritable et sincère amour du cinéma a disparu. Le cinéma ne donne plus envie d’aller au cinéma.

Mélancolie de fin d’année ? Probablement pas, les chiffres de cette année sont cruels : Ludovico n’a vu que 3 films du Top20 France et en a descendu 2 (et il n’a même pas vu Transformers 4 !)

1. Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?
2. Supercondriaque
3. Lucy
4. La Planète des Singes L’affrontement
5. Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées
6. Dragons 2
7. X Men Days of Future Past
8. Rio 2
9. Le Labyrinthe
10. Samba
11. Hunger Games – La Révolte : Partie 1
12. Interstellar
13. Astérix Le Domaine des Dieux
14. Les Vacances du Petit Nicolas
15. Les Gardiens de la Galaxie
16. Babysitting
17. Transformers 4 L’âge de l’extinction
18. The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros
19. Les 3 Frères Le retour
20. Maléfique

Pire, il n’a vu que trois films du boxoffice US (les mêmes, mais l’un d’entre eux sera peut au Topten du Professore)

1. Les Gardiens de la Galaxie
2. Hunger Games – La Révolte : Partie 1
3. Captain America Le Soldat de l’Hiver
4. La Grande Aventure Lego
5. Transformers : l’âge de l’extinction
6. Maléfique
7. X Men Days of Future Past
8. La Planète des singes : l’affrontement
9. The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros
10. Godzilla
11. Les Nouveaux Héros
12. 22 Jump Street
13. Ninja Turtles
14. Interstellar
15. Dragons 2
16. Le Hobbit La Bataille des Cinq Armées
17. Gone Girl
18. Divergente
19. Nos Pires Voisins
20. Mise à l’épreuve

Mais le pire n’est pas là. Le pire, c’est quil a vu (et apprécié) 5 films du Top15 des lecteurs de Télérama

1. Mommy
2. The Grand Budapest Hotel 3. Winter Sleep
4. Ida
5. 12 Years a Slave
6. Gone Girl
7. Hippocrate
8. Les Combattants
9. Saint Laurent
10. Deux jours, une nuit
11. Magic in the Moonlight
12. Jimmy’s Hall
13. Léviathan
14. Une nouvelle amie
15. Bird People

…Et il serait bien aller voir 5 films du Top15 de la rédaction de Télérama

1. Winter Sleep
2. Mommy
3. Saint Laurent
4. Ida
5. The Grand Budapest Hotel
6. Only Lovers Left Alive
7. Bande de filles
8. Léviathan
9. Dans la cour
10. Eastern Boys
11. Eden
12. Une nouvelle amie
13. Under the Skin
14. Hippocrate
15. Au bord du monde

A vrai dire cette tendance n’est pas nouvelle ; je regarde plus en plus de films à la télé (43 films cette années, contre 30 en salles, c’était largement l’inverse avant) ; je regarde encore plus de séries. Cette année, Mad Men, Un village Français, Game of Thrones, et les petits nouveaux Friday Night Lights, True Detective, Girls, The Newsroom, Halt and Catch Fire, The Affair, soit plus d’une centaine d’heure de visionnage…

Quels objectifs, dès lors, se fixer pour 2015 ? le cinéma américain ne va pas changer pour le Professore. Il va s’universaliser encore plus (et donc perdre sa spécificité américaine), raconter encore plus d’histoires universelles qui pourront plaire aux chinois sans déplaire au moyen orient. Seule la télé aura encore quelque chose à raconter sur l’Amérique. Sur la Silicon Valley (Halt and Catch Fire), le couple (The Affair) ou le rock, via le fameux projet Scorcese Jagger pour HBO. Et le Trône de Fer, qui reste peut être la meilleure allégorie de cette amérique inquiète de son propre destin : un trône (un leadership) vacant, l’hiver (climatique) qui approche, et les barbares (arabes, chinois, et autres sauvageons) aux portes…

On restera donc bien au chaud devant la télé, à guetter la perle rare en salle…




mercredi 31 décembre 2014


Whiplash
posté par Professor Ludovico

On cherchait encore la définition de « gentillet ». Peut-être l’a-t-on trouvé avec Whiplash, le chef d’œuvre autoproclamé des fêtes de noël.

Gentillet, c’est tout simplement quand le spectateur, au lieu d’adopter le point de vue du « héros », ou au moins du personnage principal, préfère se ranger du côté du méchant.

Dans 2012, grand film gentillet par excellence, on est du côté d’Hades, le méchant conseiller de la Maison Blanche. Nous pensons comme lui qu’ « il y a un problème » quand le héros préfère sacrifier la vie de dizaines de milliers de personnes pour sauver un pauvre type coincé sur un engrenage.

Dans Whiplash, c’est pareil, on est du côté du méchant. D’autant que c’est J. K. Simmons, le prof de batterie, déjà génial et terrifiant Vernon Schillinger dans Oz. Le « gentil », le « héros », c’est Andrew (Miles Teller), un jeune batteur doué qui a intégré le prestigieux conservatoire Shaffer. Va commencer un terrifiant face à face entre le batteur et son mentor, qui le pousse dans ses derniers retranchements, humiliations comprises, pour l’amener à l’excellence.

C’est là que le bât blesse car on peine à comprendre où va le scénario. Si l’objectif – affiché – est de faire d’Andrew le meilleur des batteurs, alors c’est la methode Fletcher qui est la bonne. Penser le contraire, c’est mal connaitre le monde artistique. Quiconque a, un jour, ambitionné de faire de la musique sait le niveau d’abnégation obsessionnelle qu’il faut pour atteindre les hautes sphères. Que l’on soit au Philarmonique de Berlin ou chez Oasis, quel que soit le niveau technique, il faut travailler beaucoup. A l’Opéra de Paris, on « casse » des générations entières de Petits Rats pour obtenir le meilleur ballet possible. Chez les Rolling Stones, on élimine les maillons faibles (Dick Taylor, Brian Jones, Mick Taylor, Bill Wyman, pas forcément les pires techniciens), tout simplement pour survivre.

C’est donc une illusion toute américaine que poursuit Whiplash. L’idée, séduisante, qu’il faut aider les enfants à grandir en étant uniquement bienveillants à leur égard. C’est ainsi que l’on éduque les enfants américains. Faites l’expérience : quand un enfant américain parle, les parents s’arrêtent et écoutent ce qu’il a à dire. Quand un enfant français parle, on lui apprend à ne pas interrompre les adultes*.

C’est cette idée un pêu gnangnan que refuse Terence Fletcher (J.K. Simmons) : ce n’est pas en tapotant Andrew dans le dos (avec un « good job ! » de circonstance) qu’il aidera son élève à devenir le nouveau Buddy Rich. Et malheureusement, le spectateur est un peu d’accord avec lui, d’autant que … ça marche !

Car dans un final abracadabrantesque, Damien Chazelle fait basculer son film dans le ridicule, pour le simple plaisir d’un twist totalement inattendu ; une épreuve supplémentaire qu’on inflige au héros et qui lui permet de prouver l’étendue de son talent. Une épreuve, un défi, qui démontre, par la plus grande absurdité possible, que la méthode Fletcher était la bonne.

Il est dommage que Damien Chazelle ait les idées si peu claires, car le reste de son cinéma est excellent : acteurs, mise en scène, façon de filmer la musique au plus près des instruments : Chazelle a tout d’un grand. Reste la bonne idée à incarner.

* A 18 ans, la tendance s’inverse, l’enfant américain est désormais responsable de son destin et doit remercier (en réussissant) les efforts de ses parents. En France, on continue à les aider longtemps après.




lundi 22 décembre 2014


Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées
posté par Professor Ludovico

Que dire ? Les bras nous en tombent. Nous sommes consternés, comme devant le PSG qatari qui fait match nul au Parc contre Montpellier… Autant d’argent, de talent, d’énergie, pour aboutir à un si petit résultat.

Dans La Bataille des Cinq Armées il y a tout, et il n’y a rien. Des armées d’orcs, d’elfes, de nains. Un dragon qui crache le feu. Une ville en ruine, une deuxième, une troisième. Des batailles interminables. Des duels interminables. Un méchant devenu une victime, censé apporter une touche comique, pas drôle du tout.

Et pas de mise en scène. Pas de dramaturgie. Pas d’actes. Pas d’enjeux. Pourtant, un enjeu magnifique, shakespearien en diable, traîne entre deux scènes : ce roi devenu fou par l’or des nains, et qui se retourne contre sa communauté. Mais l’acteur – Richard Armitage, excellent – ne peut rien quand le texte est mauvais.

Et l’on ne peut s’empêcher de penser que, comme les dialogues, tout sonne creux : ces pierres sont en polystyrène, ces épées en plastique et cette couronne en carton. Même les elfes ont des têtes d’acteurs de série télé (Halt & Catch Fire, Lost)…

On ressort épuisé de ces neuf heures de saga. Ce long roller coaster ininterrompu, cette reconstitution en stuc et en plastique, cette pornographie de la violence permanente, auront réussi à détruire l’œuvre de Peter Jackson : rendre plausible l’idée même d’heroic fantasy. Ce que Le Seigneur des Anneaux avait réussi, Le Hobbit le détruit en réduisant l’œuvre de Tolkien à un pitoyable péplum de série B condamné aux poubelles de l’histoire.




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