[ Les films ]



jeudi 9 septembre 2010


Tout Kubrick sur TCM
posté par Professor Ludovico

Payez 2,99€ et offrez-vous tout Stanley : c’est ce que nous offre TCM sur le câble la semaine prochaine. Grâce à notre agente au Kremlin, CineFast est en mesure de vous le révéler : l’intégrale Kubrick à la télé la semaine prochaine, dont une rareté (sacrilège !!) dont je n’avais pas entendu parler (The Seafarers, un doc en couleurs), mais aussi : ses deux premiers courts (Flying Padre et Day of the Fight), une version longue de Shining (kesako?), des documentaires (l’indispensable Stanley Kubrick, Archives d’une vie et le très dispensable post mortemLife in Pictures)…

Posez vos RTT…




dimanche 5 septembre 2010


La Ligne Rouge
posté par Professor Ludovico

45ème minute. Le premier coup de feu est tiré dans La Ligne Rouge, le (seul?) chef d’œuvre de Terrence Malick. Signe que La Ligne Rouge n’est pas un film de guerre, mais assurément bien plus que ça : un des plus grands (si ce n’est le plus grand) film de guerre de tous les temps. Autant Apocalypse Now, est rock, un feu d’artifice qui éclaire la face fun de la guerre, hélicos, explosions et ski nautique, autant La Ligne Rouge est un requiem, la face sombre : peur, fatalité et destin.
Le génie de La Ligne Rouge, c’est de refuser de sortir la guerre des activités humaines. La guerre n’est pas une parenthèse, un épiphénomène, une aberration. La guerre fait partie de l’humanité, de la vie de tous les jours. Pire, dans La Ligne Rouge, c’est le quotidien qui envahit la guerre. Pour certains, la guerre est un métier, une carrière (le magnifique double monologue Nick Nolte/John Travolta), pour d’autres c’est le prix à payer pour l’amour (Ben Chaplin, qui perd ses galons pour l’amour de sa femme, et qui hante ses visions au milieu même de l’assaut) Pour d’autres, la guerre est un acte de foi (le capitaine grec, formidable Elias Koteas) ou au contraire un bordel athée dont il faut se démerder (Sean Penn, dans l’un de ses plus grands rôles). On peut y être un saint (Jim Caviezel), une ordure (Nick Nolte), un fou (John Savage) ou simplement une bête apeurée (Adrian Brody).
Car le casting de La Ligne Rouge, c’est aussi la grande réussite de Malick : des stars, rien que des stars, et pourtant, pas une grosse tête à l’horizon (voir les vingt secondes de Clooney à la fin, par exemple).
L’autre réussite, c’est l’adaptation du roman de fleuve de James Jones, auquel Malick ajoute ses obsessions personnelles : la nature édenique, le Bon Sauvage, et la cohabitation du Bien et du Mal dans ce contexte. Il est remarquable d’ailleurs que ce mélange est ici parfaitement réussi, alors qu’il est poussif ailleurs (Les Moissons du Ciel ou Le Nouveau Monde).
Dans ces films, Malick reste confus, phénomène amplifié par les faux raccords*, sa figure de style favorite. Mais ici, la confusion sert le propos : quelle plus grand désordre que la guerre ? Les pensées s’entrechoquent en voix off, les couchers de soleil de cartes postales se superposent aux boucheries hallucinantes, filmées au plus près des combattants, dans le glissé parfait des steadycam… Avec cette perfection des plans, à ce refus de la caméra portée, Terrence Malick refuse les conventions habituelles du film de guerre (camera portée, plans large au-dessus de la bataille) ; c’est la Nature elle-même qui regarde, comme les varans, les perroquets, le Désastre en train de s’accomplir…
A la fin, pourtant, on n’aura pas perdu le fil (la ligne rouge ?) : ni les messages philosophiques, ni le destin, tragique ou pas, de cette cinquantaine de personnages…
Mieux, on aura compris toutes ces pulsions qui les habitent, et il ne sera donné raison ou tort à personne ; le colonel hystérique avait tort moralement, mais raison sur le fond : en manipulant ses soldats, il obtient d’eux de prendre la colline. Après avoir agoni le capitaine protecteur de ses soldats, il le relève de son commandement et le décore cyniquement, probablement pour acheter son silence ; mais la colline est prise, sans trop de pertes, et son avancement garanti. Sublime ironie, la colline est prise grâce au courage d’un ex-officier (Ben Chaplin, l’amoureux transi), au saint déserteur et pacifiste (Caviezel)… il n’y a aucune logique dans la guerre, aucun sacrifice expiatoire, aucun courage inné qui expliquerait tout… juste des situations, et du chaos.

Mélangeant cette efficacité toute Hollywoodienne avec l’ambition européenne du propos, La Ligne Rouge est le chef d’œuvre définitif de Malick, un des quelques films de guerre qui doivent absolument être vus, même si l’on n’est pas familier du genre.

*en collant par exemple bout à bout deux séquences tirées de la même scène, ce qui ne se fait pas normalement




mercredi 1 septembre 2010


Elitisme, Football, et CineFasterie
posté par Professor Ludovico

Cela n’a rien à voir avec le cinéma, et pourtant si.

Je viens de terminer le très court livre* de Jean-Claude Michéa (Les Intellectuels, le Peuple et le Ballon Rond). L’auteur y fustige le mépris des intellectuels pour le football. Par intellectuels, il comprend les quelques idéologues qui pérorent régulièrement à la télévision, mais aussi les cadres, la très vaste élite qui encadrent la classe moyenne au quotidien.

Bien sûr, le propos est un peu fort, un peu exagéré, mais la moindre conversation de bistrot vous prouvera qu’il suffit de cracher sur le foot pour se distinguer du vulgum pecus à peu de frais.

Le rapport avec CineFast ? Et bien c’est la même chose, ma bonne dame ! Encenser le dernier Blier, s’intéresser à la Palme d’Or, acheter le dernier Goncourt, préférer le rugby ou le tennis, voilà des attributs qui vous classent tout de suite dans la classe dirigeante.

S’intéresser à The Wire plutôt qu’à 36 Quai des Orfèvres, prétendre qu’il y a plus de scénaristes à la télé américaine que dans le cinéma français, préférer Seinfeld aux frères Dardenne, voilà qui ne vous aide pas à gravir l’échelle sociale.

Tant pis. Nous ferons avec.

* Extraits :

« [Ce livre] a toutes les chances d’apparaître comme une provocation déplacée à une époque où le mépris des sentiments et des passions populaires est devenu un métier, et passe pour une vertu.

Le public qui s’estime cultivé, – disons, pour fixer les idées, qui lit Télérama et regarde Nulle Part Ailleurs -, et prend au sérieux le Festival de Cannes – ne sait-il pas, d’avance, que le football est une activité parfaitement futile (22 individus en short qui courent après un ballon) et qu’il ne doit son regrettable succès qu’à sa fonction évidente de nouvel opium du peuple ?
(…)

Si les intellectuels haïssent le football, c’est que ce dernier incarne le sport populaire par excellence (…) Ces derniers ont en effet l’habitude, historiquement bien établie, de représenter l’activité dont ils vivent comme un combat, obstiné et épuisant de la Vérité (…) contre les illusions tenaces et toujours recommencées du « vulgaire » et du « sens commun »

Le « populisme » – ce pavillon commode suis lequel circulent les plus diverses marchandises – apparaît par conséquent comme l’ennemi métaphysique héréditaire de l’intellectuel dans la mesure même où celui-ci ne peut asseoir sa légitimité qu’en travaillant sans fin à se différencier des gens ordinaires. »

Les Intellectuels, le Peuple et le Ballon Rond, de Jean-Claude Michéa




dimanche 22 août 2010


Inception
posté par Professor Ludovico

Et voilà ! On part en vacances avec Inception dans la tête, et on oublie de faire la chronique. Après des vacances compliquées (pour faire simple, on dira que le Professore a fait à la fois Mort À Venise, 300, Le Grand Bleu, et Bosna!), il est temps de se remettre au travail.

Travail inutile, car, à l’heure qu’il est, vous avez déjà tous vu Inception, le nouveau pensum de Christopher Nolan.

J’aime beaucoup la phrase de mon ami Philippe, qui disait – à propos d’un autre film, Dans la Peau de John Malkovitch – que c’était « un film qui avait une tête, mais qui n’avait pas de cœur ».

On peut dire la même chose d’Inception. C’est un film brillant, intelligent, passionnant. Trois raisons d’aller au cinéma, trois qualités qui ne courent pas les rues des films Hollywoodiens aujourd’hui.

Mais, pour ma part, j’ai eu du mal à me passionner pour les aventures de nos amis explorateurs de rêves, et de leur chef (Di Caprio), en premier. Sa tragédie personnelle, censée emporter notre adhésion, ne marche pas. En tout cas, moi, je ne marche pas.

Ce qui n’était pas le cas de la salle, qui réagissait au quart de tour…

Inception est de toutes façons un film incontournable, le film qu’il faudra avoir vu à l’heure du bilan 2010. Je ne saurais trop donc vous conseiller d’aller le voir. Ne serait-ce que pour l’exercice pyrotechnique, qui, lui, est parfaitement réussi.




vendredi 30 juillet 2010


Millenium 2
posté par Professor Ludovico

Millenium, c’est une sorte d’inverse de James Bond, un film d’action (mais de gauche), un truc de blondes, (mais pour brunes), une Grosse Connerie Américaine (mais Suédoise).

Millenium, c’est comme toute cette vague de polar « de gauche », qui essaie de faire du Manchette sans jamais y parvenir, qui prétend dénoncer plein de trucs super dégueulasses, comme la corruption, les sales magouilles des services d’espionnage, ou les violences faites aux femmes. Mais au final, tout ça n’est qu’un alibi.

Car, comme je l’ai déjà expliqué ici avec 24, ces films font preuve d’une grande complaisance vis-à-vis de ce qu’ils prétendent dénoncer.

Dans Millenium 2, par exemple, on dénonce le viol (mais on remontre deux fois la scène de l’épisode 1), on dénonce la corruption des riches, et leurs fantasmes sexuels débridés (mais on filme à nouveau une scène de sexe bondage), on dénonce la violence, mais on filme de la baston, de la baston, de la baston. Mais de gauche.

Tant pis si c’est complètement irréaliste, si on a du mal à comprendre les motivations de Lisbeth Salander, si le sempiternel refrain de la police-incompétente-et-corrompue semble un peu passée d’âge, on y retourne.

Je sais pourquoi je n’ai pas voulu lire les bouquins, je ne sais pas pourquoi je vais voir les films…




jeudi 29 juillet 2010


Les Beaux Gosses
posté par Professor Ludovico

Les Jeunes. A-t-on jamais vu minorité plus maltraitée au cinéma ? Entre la vision idyllique, Spielbergienne, de l’enfant-roi, et la caricature façon American Pie, il y a pourtant de la marge. On compte sur les doigts d’une main les bons films sur l’adolescence. Quelques Truffaut, les films de Larry Clark ou Gus Van Sant (et encore, pas tous), les John Hughes…

Et aujourd’hui, Les Beaux Gosses ! Riad Sattouf réussit à maintenir l’équilibre, probablement parce qu’il est suffisamment empathique, suffisamment proche de ses personnages, pour ne pas être dans l’approbation totale. Ses ados sont montrés tel quels : boutonneux, racistes, violents, bêtes et moches… Mais on les aime quand même !! Parce qu’on les voit, à la fois avec le regard des adolescents que nous fûmes, et celui des parents d’ados que nous sommes devenus.

Ses héros sont réalistes (fringues, musique, tics de langage), donc ils sont émouvants, face à l’immuabilité de l’expérience humaine : le premier amour, l’expérience de la sexualité, la séparation nécessaire avec les parents…

Derrière la comédie, derrière un apparent amateurisme, Riad Sattouf dit des choses profondes et vraies.




jeudi 29 juillet 2010


Paradoxal progrès
posté par Professor Ludovico

Certes, nous avons la full HD, un écran plat king size, un magnétoscope numérique, un disque dur 80Go, la VOD, la catch TV, Canal+ Décalé.

Mais aussi, derrière tout ca, l’idée tenace que la qualité télé est moins bonne qu’avant.

Je sais. C’est péché que de dire ça, d’aller ainsi à contre courant du discours dominant, des pub Free, Canal+ ou Sony : « qualité exceptionnelle », « réception full HD », « millions de couleurs… »

Mais la réalité, selon moi, est toute autre…

La qualité de réception télé est de mauvaise qualité, et pas du tout homogène sur le territoire ; et ce n’est plus, comme au temps du hertzien, un combat entre grandes métropoles et bled du fin fond du calvados. Aujourd’hui, les parisiens peuvent par exemple profiter d’une HD correcte via l’ADSL, tandis qu’à Vincennes ou à Suresnes, le débit est trop faible pour espérer regarder un programme correctement. Et même avec un debit correct, cette réception reste aléatoire : son haché, pixels, image figée. Ce n’est pas spécifique à l’ADSL. La TNT, le satellite génère les mêmes soucis. Les perfectionnistes d’antan ne pourraient pas enregistrer un film aujourd’hui pour le conserver précisément dans sa vidéothèque*.

Mais surtout, il y a mensonge sur la marchandise : peu de programmes sont réellement en HD : à part TF1, France 2, M6, Direct 8, BFM TV, NRJ 12, les autres chaînes diffusent en définition standard. Le pire, c’est probablement Canal+, qui devrait être le navire amiral de la révolution numérique, mais qui fait payer 10€ la possibilité de regarder… une seule de ses chaînes en HD !

Et, à l’intérieur même des programmes, tout n’est pas en HD : dans le journal de 20h, par exemple, seule Pujadas est en HD, les reportages étant le plus souvent filmé en résolution standard.

Les raisons sont compréhensibles : les coûts de tournage sont plus importants, les matériels coûtent chers, il faut renumeriser les films, et la HD pose beaucoup de problèmes techniques (essayez par exemple de garder un bon maquillage en HD, alors que le moindre défaut se voit !)

Matière à réflexion, peut-être, quand tout le monde vous exhorte à acheter une télé 3D…

*Mais est-ce le problème ? Les clients sont les premiers inconséquents : aujourd’hui, on se vante d’avoir Shrek4 avant sa sortie en salles, peut importe la qualité de cette copie, même si l’on a acheté un Mac grand écran pour la « perfection » dudit écran.




jeudi 29 juillet 2010


La dernière séance
posté par Professor Ludovico

L’été, c’est aussi l’occasion de fréquenter les petites salles, un sport que je ne pratique plus depuis l’apparition des multiplexes, garantie d’une projection de qualité et de fauteuils confortables.

Mais voilà, c’est l’été, séance de rattrapage tous les soirs, dans les salles qui projettent encore le film qu’on avait raté trois mois plus tôt : Tournée au MK2 Bastille (la salle où l’on entend le métro, les gens qui passent dans la rue, ou les deux, n’est-ce pas, James ?), Dans ses Yeux au Gaumont Alesia (salle minuscule, écran à l’échelle), et ce soir, Millenium 2 au Saint Lambert Nouvelle Version (rue Peclet, et pas à Balard, pour les nostalgiques). L’ambiance est donnée dès l’entrée : les sièges sont à vendre ! (En fait, ils sont déjà vendus, 15€ pièce).

Pas d’inquiétude, le Saint Lambert est en rénovation, il rouvrira à la rentrée. Il n’empêche que dans la salle, couleur rouge vif, stuc fifties, on croirait entendre Eddy Mitchell.

Je vous laisse, car les lumières viennent de s’éteindre, et le film va commencer…




mercredi 28 juillet 2010


Requiem pour Un Massacre
posté par Professor Ludovico

Décidément, j’ai un problème avec le cinéma russe, ses outrances, ses excès, sa faconde un peu pénible. J’ai cru mourir au travelling final du Stalker de Tarkovski, et depuis, j’évite. Mais comment résister à Requiem pour un Massacre, sur les partisans biélorusses lors des exactions nazies ? C’est forcément un sujet pour Le Professore.

Ca commence par vingt minutes d’exposition sur la paysannerie russe, la vie des partisans dans la forêt (récurer le faitout, faire cuire la viande, se doucher sous les arbres…), le tout ponctué de bourrades slaves, de grands éclats de rire hystériques, et d’improbables plans face caméra… Du cinéma russe, donc.

Heureusement, les allemands ont le bon goût de commencer le bombardement à ce moment-là. On a rarement filmé un pilonnage d’artillerie de cette manière (et c’est un artilleur qui vous parle !) ; les arbres sont déchiquetés, le héros devient sourd, la terre soulevée recouvre tout…

On repart ensuite pour quelques aventures lourdement symboliques, comme le franchissement d’une tourbière, interminable (Stalker, part two). Puis des nazis encerclent le village et massacrent la population. C’est incroyablement bien filmé, mais toujours aussi hystérique. La vengeance, et le message final qui tombe comme un cheveu dans le bortsch (« tuer le Hitler qui est en nous ») ne réussiront pas à nous convaincre.

Si l’on intègre le fait que le film a un quart de siècle, on y trouvera quelques excuses, car il est formidablement réalisé, mais c’est tout.




mardi 27 juillet 2010


Haro sur la 3D
posté par Professor Ludovico

Au moment où sortent de nouveaux opus de Toy Story, de Shrek – en 3D évidemment -, où le producteur de l’ogre vert, Jeffrey Katzenberg, fanfaronne sur « le futur du cinéma », il est intéressant de se plonger dans la presse de la Mère-Patrie (Newsweek et le New York Times*), deux titres qui viennent de sortir des articles vengeurs sur le mythe de la 3D.

Celui qui s’attaque à cette nouvelle technologie n’est pas n’importe qui, c’est Roger Ebert lui-même. Roger Ebert, une icône populaire aux Etats Unis, qui a popularisé avec son compère Gene Siskel, l’expression « Two thumbs up! » : dans leurs émissions de télé, les deux chroniqueurs s’étripaient sur les films de la semaine. A la fin, à la romaine – pouce levé ou pouce baissé – les deux compères décidaient du sort du film. Deux pouces levés étaient rarissimes, signe d’un film immanquable*

Dans Newsweek, Ebert passe la 3D à la moulinette : ça fait mal aux yeux, c’est sombre, les lunettes diminuent le champ de vision, ça n’apporte rien à l’histoire, c’est cher pour le spectateur, c’est souvent de la fausse 3D (recollée en post-production comme dans Le Choc des Titans), et surtout, ce n’est pas adapté à tous les films « Irez-vous, ironise-t-il, voir le dernier Woody Allen, parce qu’il est en 3D ?»

Le New York Times reprend peu ou prou les mêmes arguments, y ajoutant le lobbying intensif des studios pour que les salles s’équipent. Car ce qu’il faut comprendre, c’est l’immense enjeu économique qui se cache derrière cette pseudo polémique « artistique » : pas moins d’un tiers du prix d’un billet de cinéma.

En effet, grosso modo, la moitié de votre billet va à la salle, et la moitié au distributeur. Il paye ses frais, prend sa marge, et rend ensuite le reste – le net – au producteur.

Car le distributeur a beaucoup de travail ; c’est lui, à ses frais, qui tire des copies du film pour qu’il soit diffusé dans les salles, qui assure les frais de marketing, d’affichage, de promotion. Le distributeur a la main sur le nombre de copies, la stratégie de distribution, et quelque part, la longévité du film en salles : c’est lui qui « dimensionne » le film : 10 copies (50 000 euros) ou 600 copies (4 millions d’euros)

D’où l’intérêt d’équiper les salles en numérique, ce qui est comme par hasard, indispensable pour la 3D. En supprimant la partie copie (qui pourrait être remplacé par la fibre optique et un gros disque dur dans la salle), l’industrie du cinéma se débarrasse donc d’un poste coûteux.

L’Ogre Shrek n’est pas celui qu’on croit.

*On les voit faire dans Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion

C’est là :
NYT du 7 mai 2010-07-11
Newsweek du 30 avril
Les Echos, de leur côté, se demandent le « Quels contenus pour la 3D ? »




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