[ Les gens ]



vendredi 20 janvier 2017


Miguel Ferrer
posté par Professor Ludovico

Il avait traîné sa carcasse de ci de là dans un paquet des films et des séries que nous aimions, de Robocop à Magnum en passant par Traffic. Récemment, il jouait dans quelque chose moins à notre goût : NCIS, Los Angeles.

Mais ce que nous n’oublierons pas, ce sont ses apparitions mémorables en Albert Rosenfield, collègue du FBI de l’agent Cooper, et notamment cet échange culte avec le shérif Truman. Après avoir copieusement insulté les bouseux de Twin Peaks, il fait au sherif, qui menace de le frapper pour de bon, cette étrange profession de foi :

I choose to live my life in the company of Gandhi and King. My concerns are global. I reject absolutely revenge, aggression, and retaliation. The foundation of such a method… is love.




mercredi 28 décembre 2016


Carrie Fisher
posté par Professor Ludovico

Je ne suis pas fan de Star Wars. Je n’ai jamais fantasmé sur la Princesse Leia en Bikini, contrairement à certains Friends. Carrie Fisher n’était pas une grande actrice, c’était une fille de star (Debbie Reynolds) qui, comme beaucoup, a vu une partie de sa vie détruite par les lumières du stardom.

Pourquoi être si triste, alors ? Peut-être parce que le personnage de Leïa Organa était très proche de la femme Carrie Fisher ; une princesse, oui, mais une princesse qui disait aux petites filles, n’attends pas le Prince Charmant, et ne demande pas aux hommes de sauver la Rébellion ! Prends un pistolaser et fais-le toi-même ! Et si tu es amoureuse d’un grand malotru parce qu’il a une veste en cuir, ne le laisse pas te marcher sur les pieds.

Au milieu d’un film basé sur des archétypes (le héros blond au cœur pur, le grand méchant vêtu de noir, le malandrin au grand cœur), Carrie Fisher créait un personnage comme on n’en avait rarement vu dans les contes de fée.

Adieu donc, Princesse, and may the force be with us.




dimanche 18 décembre 2016


The People vs OJ Simpson : American Crime Story
posté par Professor Ludovico

On s’était trompé sur The People vs OJ Simpson. Même si certains défauts, envisagés au départ, se sont confirmés par la suite, comme cette volonté trop pédagogique de faire endosser au dialogue certaines explications nébuleuses, on ne peut cacher une incommensurable fascination pour la série, et l’envie – malgré la fatwa du Professore contre le binge watching – de la grignoter en un seul morceau.

Comment ne pas se passionner pour cette affaire ? Comment ne pas tomber amoureux devant la terrible frustration sexuelle de la procureure Marcia Clarke (Sarah Paulson) ? Ou de son amoureux transi Christopher Darden (Sterling K. Brown) ? Comment ne pas éclater de rire devant la prestation de Travolta en Shapiro ? Comment ne pas avoir envie de cogner sur OJ (Cuba Gooding Jr) et ses mensonges à répétition ?

La grande qualité de The People vs OJ Simpson, c’est de nous remettre totalement dans le contexte plombé du Los Angeles des années 90, post Rodney King et pré Affaire Rampart/Suge Knight. Une ville où la police est corrompue depuis toujours (relire James Ellroy) et où il ne fait pas bon être noir… ou pauvre. Ou comment le Procès du Siècle, le Procès qui ne Pouvait Etre Perdu, fut gâché parce qu’OJ était noir, parce que OJ était riche, et parce que la ville était au bord de l’implosion.

Ce que montre aussi The People, c’est comment cet évènement a bâti, ou portait pour le moins, les racines du monde actuel : l’infotainment 24 heures sur 24 (cette course-poursuite échevelée dans Los Angeles), l’affrontement des minorités transféré dans les médias, et le rapport douteux que nous entretenons avec la célébrité, quel que soit les délits dont les celebs se rendent coupables (Nabila, Polanski, etc.).

Et de rappeler qu’en Amérique ce ne sont pas les blancs qui gagnent, mais tout simplement les riches.




dimanche 18 décembre 2016


Gotlib
posté par Professor Ludovico

Mâtin, quelle tristesse ! Nous sommes un peu en retard, mais il fallait rendre hommage à Gotlib. Il n’était pas à proprement parler dans la sphère cinématographique, mais nous avons appris la cinéphilie avec lui. Décoder Melville dans Rubrique à Brac, se moquer des poses de Delon (déjà pénible dans les années 70), ou les enquêtes de Bougret et Charolles, « Bon sang mais c’est bien sûr ! » façon Cinq Dernières Minutes, c’était une façon d’exercer notre œil sans forcément avoir vu les films.

Merci monsieur Gotlib…




samedi 10 décembre 2016


Kirk Douglas, 100 ans de cinéma
posté par Professor Ludovico

Spartacus, le Colonel Dax, Vincent van Gogh, Patton, Jack Andrus, Einar, Doc Holliday, Capitaine Matthew Yelland, Ned Land, Jim Deakins, Georges Phipps, Whit, ce sont les mutiples rôles endossés depuis 1947 par cette légende vivante du cinéma qu’est Kirk Douglas dans des films aussi différents que Spartacus, Les Sentiers de la Gloire, La Vie passionnée de Vincent van Gogh, Paris Brûle-t-il, Quinze jours ailleurs, Les Vikings, Règlement de comptes à OK Corral, Nimitz retour vers l’enfer, 20000 lieues sous les mers, La Captive aux Yeux Clairs, Chaînes Conjugales, La Griffe du passé…

Certes, Gotlieb est mort, mais Kirk Douglas est toujours vivant…




mardi 22 novembre 2016


Le Dormeur doit se Réveiller
posté par Professor Ludovico

C’est la meilleure nouvelle de la journée, de la semaine, du 21ème siècle ? La famille Herbert vient de trouver un accord avec Legendary Pictures pour une (des) adaptations de la (des) séries Dune! C’est à dire adapter à la télé ou au cinéma les livres de Frank Herbert mais aussi ceux du fiston avec Kevin Anderson…

Legendary Pictures, c’est la maison qui produit les DC comics (Batman, Superman), celle de Christopher Nolan (Interstellar, Inception), de 300 , Very Bad Trip, ou The Town, bref, y a du bon et du moins bon, mais c’est une excellente nouvelle quoi qu’il arrive…




samedi 8 octobre 2016


Tchernia
posté par Professor Ludovico

On attendait la nouvelle depuis longtemps, puisqu’on ne voyait plus passer son petit sourire en coin chez Arthur. L’animateur, souvent insupportable, avait eu le mérite de payer hommage à ces pionniers de la télé ; Tchernia, ou Bellemarre. Mais voilà, Pierre Tchernia vient de mourir, et notre petit cœur se pince. Pour les quinquas, Pierre Tchernia c’est avant tout Monsieur Cinéma, émission de jeu pour cinéphiles avec 23 000 questions sur le sujet (merci Wikipedia) et bien sûr, les Fiches de Monsieur Cinéma, achetables dans votre presse la plus proche ; la version cinéphile en somme des figurines Panini.

Plus tard, nous apprimes que Pierre avait eu une vie avant nous, celle des pionniers de la télé, Discorama et Cinq Colonnes à la Une. Mieux, il avait réalisé des films très drôles, comme Le Viager ou Les Gaspards, qui inspira une vocation de catacombiste à certains… Sans parler des adaptations d’Asterix au cinéma…

Mais on ne retiendra finalement qu’une chose de Pierre Tchernia, ce petit éclat humide au coin de l’œil, ce mélange de finesse sarcastique et de franche gentillesse.

Adieu Pierre.




samedi 9 juillet 2016


Jacques Rouffio
posté par Professor Ludovico

Jacques Rouffio faisait partie de ces artisans méconnus du cinéma ; un simple coup d’œil à IMdB nous permet d’estimer la perte qu’il représente pour le cinéma français.

Réalisateur et scénariste de L’Orchestre Rouge, La Passante du Sans-Souci, Le Sucre, 7 Morts sur Ordonnance. Il avait commencé comme assistant dans les années cinquante pour Georges Franju, Henri Verneuil, Gilles Grangier : Le Gentleman d’Epsom, Le Rouge Est Mis, La Tête contre les Murs, Des Gens sans Importance

Ses films étaient simples et bons, bâtis sur des scénarios solides, écrits avec Georges Conchon (scénariste de L’Etat sauvage de Francis Girod, notamment)… et avec des personnages consistants, interprétés par le gratin du cinéma français : Jacques Rouffio a travaillé avec Romy Schneider, Jacques Dutronc, Jean Gabin, Louis de Funès, Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Michel Serrault … une paille !




mardi 5 juillet 2016


Michael Cimino vs Abbas Kiarostami
posté par Professor Ludovico

Les deux viennent de mourir, mais tout les oppose dans le cœur du CineFaster. On a vu (presque*) tous les films du premier, certains plusieurs fois. On n’a vu qu’un seul du deuxième, Au Travers des Oliviers**, et ça nous a largement suffi.

L’un était un rebelle de la génération Nouvel Hollywood, un chien fou dans un jeu de quilles, mais qui faisait des films d’architecte d’abbayes romanes (pas un gemme de graisse, tout dans les fondations) ; l’autre travaillait à plein temps comme metteur en scène de festival (75 récompenses sur Wikipédia, soit bien plus de statuettes à poser sur la cheminée que de passages télé). On ne s’attardera donc pas sur Kiarostami, qui nous a dégoûté du cinéma iranien pendant vingt ans, avant qu’Asghar Farhadi nous y ramène avec des films de plus belle facture.

On pleurera Cimino, pas l’artiste maudit qui a tué United Artists***, ni le cinéaste moyen de la fin (1987-1996 : Le Sicilien, La Maison des Otages, The Sunchaser). Non, on pleurera le génie de deux films, Voyage au bout de l’Enfer, trois heures de perfection absolue, et L’Année du Dragon, l’apex de Mickey Rourke, tous les problèmes de l’Amérique concentrés en deux heures.

Ces films-là, on les chérit tendrement, parce que Cimino prenait le temps de bâtir des personnages complexes qu’on ne pourrait oublier**** : Linda et Steve, le couple maudit par une goutte de vin au mariage ukrainien du Voyage au bout de l’enfer, la folie de Nick et l’humanité de Mike, le chasseur de cerfs qui ne voulait plus tuer. Et dans L’Année du Dragon, un flic odieux, Stanley White, capable de fêlures, opposé à un séduisant gangster, implacable mais trop rigide pour gagner (John Lone).

Symptomatiquement, ces deux acteurs n’ont jamais retrouvé aucun rôle à leur démesure…

* Sauf Le Canardeur
** A cause d’Olivier, d’ailleurs…
*** Tout simplement parce qu’on s’est bien ennuyé pendant Les Portes du Paradis.
**** « Ce ne sont pas tellement les événements qui importent, mais les personnages »




samedi 23 avril 2016


Prince
posté par Professor Ludovico

Nous n’avons vu aucun de ses films. Purple Rain, Under the Cherry Moon, Sign o’ the Times, Graffiti Bridge ne méritent probablement pas d’entrer dans une chronique CineFast. Nous n’avons écouté que cinq de ses cinquante albums (1999, Purple Rain, Around the World in a Day, Parade, Sign o’ the Times). Mais le Petit Prince de Minneapolis nous manque déjà.

Nous l’avons rencontré en même temps que la Duchesse de Suède. Elle était là, avec une amie, à danser en 1988 dans une boîte improbable de Montparnasse sur un autre chanteur mort : INXS. Très probablement Need you tonight. Elle accrocha l’œil expert d’A.G. Beresford, mais – pour son grand malheur – la Duchesse avait déjà un homme dans sa vie. Roger Nelson, de Minneapolis. Et nous, nous étions suffisamment sûrs de notre virilité pour ne pas nous intéresser à ce farfadet pourpre cryptogay ; nous aimions en effet les Rolling Stones, David Bowie, et le Rocky Horror Picture Show. Pas grave, nous dit-elle en substance : vous verrez la lumière, un jour.

Et Sa Parole s’accomplit.

Une compilation sur cassette (l’ancêtre du téléchargement illégal) en est encore le témoin : Raspberry Beret, Purple Rain, Around the World in a Day, Parade, Sign o’ the Times, Controversy, Girls & Boys, America, Little red corvette, Let’s go crazy, Anotherloverholenyohead, Sometimes It Snows In April …

Ce fut une révélation, en effet. Un chanteur noir qui avait réussi le crossover blanc, en intégrant à sa musique les canons du rock*, de la pop, ces musiques essentiellement blanches. Mais sans jamais oublier qu’il était noir : suivez mon regard. Là où Michael J. cherchait désespérément à se faire accepter par l’Amérique, puis par le monde entier, Prince ne se renierai jamais.

Nous avons donc choisi notre camp : le Prince contre l’Usurpateur, autoproclamé King of Pop***. La Rébellion, contre la Mièvrerie. Nous serions du côté de la musique, et du côté des textes (sulfureux). Nous serions dans le camp des minoritaires, car nous l’étions déjà. Nous serions du côté du diable, car nous l’étions déjà. Pendant que Jackson blanchirait sa peau pour ressembler un peu plus à un camionneur de l’Iowa, pendant qu’il sauverait l’Éthiopie et amènerait la paix dans le monde, Prince ferait de la musique. Rien que de la musique. Rien que sa musique. Prince ferait danser les garçons et les filles. Prince épuiserait son public sur scène jusqu’au bout de la nuit. Il parlerait de tout et de rien, de la masturbation et de Challenger, de l’inceste, du SIDA ou, ou la mort de son petit chien.

Et il écrirait la plus belle chanson de tous les temps, Sign o’ the Times***, pour dire tout cela. Et en tirerait un clip minimaliste, avec le seul texte, en Times New Roman, évidemment.

Puis le temps de son règne passa, après la B.O. du Batman de Tim Burton. Il se mit à faire d’autres musiques, toujours en avance, mais sans le succès. Nous nous détournâmes alors de lui. Il continua – contrairement à beaucoup d’autres – à faire la musique qu’il aimait, jazz, rap, funk, sans jamais produire rien de honteux. Là où d’autres auraient encaissé les bénéfices d’un nouveau Kiss, ad vitam aeternam, ou chanté Satisfaction sur une chaise roulante, Prince ne s’abaissa jamais. Et si, un peu comme Dylan, Prince pouvait enchaîner concert catastrophique et performance de génie**, c’est qu’il s’était juré – comme Dylan – de ne jamais jouer deux fois la même musique.

C’est pour ça, beaucoup plus que pour le reste, que la peine est immense.

* On oublie souvent de dire quel incroyable guitariste c’était, en plus d’être un multi-instrumentiste
** Nous l’avons vu dans ces deux cas de figure : un désastre d’une heure au Parc de Princes (si mal nommé) : Son Altesse quitta la scène furieuse. Puis un concert à Bercy, tout de jaune vêtu, et simplement extraordinaire…
*** Un documentaire passionnant raconte cette bataille homerique : Doctor Prince & Mister Jackson (il passe ce soir sur Arte ou est visible ici)
****In France, a skinny man died of a big disease with a little name
By chance his girlfriend came across a needle and soon she did the same
At home there are seventeen-year-old boys and their idea of fun
Is being in a gang called ‘The Disciples’
High on crack and totin’ a machine gun
Hurricane Annie ripped the ceiling of a church and killed everyone inside
You turn on the telly and every other story is tellin’ you somebody died
A sister killed her baby ’cause she couldn’t afford to feed it
And yet we’re sending people to the moon
In September, my cousin tried reefer for the very first time
Now he’s doing horse – it’s June, unh
It’s silly, no?
When a rocket ship explodes and everybody still wants to fly
But some say a man ain’t happy unless a man truly dies
Oh why?




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