[ Le Professor a toujours quelque chose à dire… ]

Le Professor vous apprend des choses utiles que vous ne connaissez pas sur le cinéma



vendredi 8 juin 2018


Blanche Gardin
posté par Professor Ludovico

Dans le monde du spectacle comique, apparaît de temps en temps une révolution : Fernand Raynaud, Coluche, Desproges, Gaspard Proust. Blanche Gardin est de celles-là. Son spectacle, qui passe en ce moment sur Canal+, ne ressemble à rien d’autre.

Vous la connaissez déjà ; elle a fait sensation aux Césars en osant se moquer de ce qui ne peut pas être moqué, c’est-à-dire #metoo*.

Son spectacle** est à l’avenant. Si Blanche Gardin narre les sempiternelles aventures d’une quadra dépressive, c’est-à-dire le moule d’à peu près tous les one man shows du monde, la différence est ailleurs. Pas dans le jeu de scène : il n’y en a pas. Debout sur scène, tenant son pied de micro à deux mains, Gardin se contente de hausser les sourcils et d’imiter quelques personnages. Une originalité, néanmoins : elle parle vraiment pendant 90mn, sans s’arrêter, même pour une punch line.

C’est le fond même du spectacle qui fait la différence ; ce que raconte Blanche Gardin est incroyablement intelligent (la demoiselle a un DEA de sociologie). Derrière le trash, derrière la vulgarité, elle dit des choses importantes sur ce que nous sommes en train de devenir.

À voir absolument, avant que Canal+ ne ferme.

* « Je suis à fond dans le mouvement. Y’en a marre du harcèlement. Mais j’ai une question… Pour les castings, est-ce que ça veut dire qu’il va falloir apprendre les textes ? »
** Je parle toute seule, sur Canal+




lundi 30 avril 2018


Rome
posté par Professor Ludovico

Quand on regarde une série, il ne faut jamais laisser trop de temps entre deux saisons. Normalement on patiente un an, et c’est déjà beaucoup.
J’ai vu Rome quand elle est sortie en 2005, et je regarde la deuxième et dernière saison cette année, 12 ans après.

Grave erreur !

Rome est-elle mauvaise parce que le temps a passé, et qu’on a vu beaucoup mieux depuis ? Ou était-ce mauvais tout court dès le début ? On sait que cette deuxième saison fut torpillée par la destruction totale des décors, suite à un incendie des studios de Cinecitta. La série coutait déjà fort cher, et comme il était hors de question de les reconstruire, Rome fut annulée.

La saison deux condense donc tout ce qu’il ne faut pas faire : des arcs narratifs tirés par les cheveux, et des personnages en carton qui changent d’avis comme de toge. On ne s’intéresse plus qu’à la grande Histoire, version Mankiewicz : Marc-Antoine, Octave, Cléopâtre…

Rome engendra en tout cas de beaux bébés ; HBO découvrit potentiel de la formule péplum + sexe ; elle devait faire florès quatre ans plus tard, sous une autre forme, celle du Trône de Fer.




dimanche 29 avril 2018


Godless
posté par Professor Ludovico

Le big sky. Ce n’est pas seulement le titre original de La Captive aux Yeux Clairs d’Howard Hawks, c’est la meilleure définition que l’on pourrait donner de la Terre des Fantasmes, quelques secondes après y avoir posé pour la première fois le pied. Quand on arrive aux États-Unis d’Amérique, c’est ce qui vous frappe en premier : le ciel. Un immense et bleu, devant, derrière, sur les côtés, sans limite. Un ciel de paradis, blanc comme les nuages qui y paressent… Un pays de géants, incroyablement beau.

C’est aussi ce qui frappe de prime abord dans Godless : la magnifique représentation – renouvelée – de cette immensité. Pourtant, elle n’a pas manqué de glorieux représentants dans le western classique, de la Monument Valley de John Ford, aux étendues neigeuses immaculées de Jeremiah Johnson. Mais c’est comme si Scott Frank avait su trouver pour Godless de nouveaux pinceaux, une nouvelle palette, pour filmer l’ouest, ses grandes plaines, ses déserts et ses forêts.

Pour une fois nous allons faire chronique commune avec Planet Arrakis, le blog de jeu de rôle du Professore. Car par un effet de synchronicité typiquement Jungien, ce qui se passe dans la vie se passe dans la série, et inversement. Le Professore Ludovico anime depuis quelques mois une partie de jeux de rôle western baptisé La Nuit des Chasseurs*. L’un de ses joueurs, l’auguste Beresford, nous signale Godless, « une série qui va vous plaire », tant elle ressemble aux aventures qui nous occupent autour de la table de jeu. On regarde donc. Et on est fasciné par les ressemblances : la vieille mine, la ville du Wild West, son saloon et ses putes, les indiens qui rôdent, les soldats perdus de la Guerre de Sécession… Normal, dira-t-on : dans les deux cas, on fait appel aux clichés du western, mais cela va bien au-delà. Dans le jeu, Karl Ferenc (il y a beaucoup de Cinefasters, à commencer par Le Snake, autour de la table), tire dans le genou d’un journaliste pour lui apprendre la vie. Dans le film, la peintre tire dans le genou pour apprendre la vie à un Agent Pinkerton. Il y a un cercueil, bourré de dollars, qui traîne quelque part dans La Nuit des Chasseurs. Idem dans Godless. Et une ambiance fantastico-biblique pèse sur le fatum des deux fictions.

Les clichés, malgré leur mauvaise réputation, font le genre, au cinéma, en jeu de rôle, en littérature. Ils sont les piliers sur lesquels le public s’appuie pour s’aventurer en terrain connu, et connivent, avec l’auteur. Pas de film de zombie sans blonde hurlante, pas de film de guerre sans soldat héroïque, pas d’heroic fantasy sans princesse à sauver… Sans, vraiment ? Pourtant, pas de blonde hurlante dans Walking Dead, pas de soldat héroïque dans La Ligne Rouge, et pas de princesse à sauver (c’est plutôt le contraire !) dans Game of thrones

Car pour faire œuvre, il faut transcender les limites du genre, les respecter, les violer, bref, jouer avec. C’est exactement ce que fait Scott Frank dans Godless : plutôt que d’aligner ces clichés, il les transcende**, démontrant qu’avec du travail et du talent, on peut passer du produit commun de série B au pur chef d’œuvre. Car ce n’est pas un western normal, même si sa forme et son propos restent étonnamment classiques.

Godless est d’abord extraordinairement esthétique (ne ratez pas les vingt premières minutes, jamais on a filmé comme cela les grandes plaines sous l’orage). Mais ses histoires sont toutes simples, pour ne pas dire éternelles. Un outlaw sur la voie de la rédemption, un shérif veuf, inconsolable, et à la ramasse, une fermière mère courage, et un vieux gangster revenu de tout, godless, qui veut récupérer un magot et se venger.

Mais dans cette soupe de légumes classique, Scott Frank, scénariste averti d’Hollywood pour pointures 90’s (Branagh, Spielberg, Sonnenfeld, Soderbergh***) ajoute des épices tout à fait étonnantes. La ville est spéciale, peuplée quasi uniquement de femmes depuis l’effondrement de la mine qui a tué leurs maris. De cet événement quasi biblique, Scott Frank tire parti pour lancer l’idée d’une utopie féministe anachronique, à l’aube du XX° siècle. Et fait de ces femmes des personnages qui ont les clefs en mains : au-delà de la tragédie, voilà une incroyable opportunité de devenir maîtresse de son propre destin. On verra ainsi s’esquisser un personnage lesbien absolument pas ridicule (ce qu’il craignait fort d’être), des femmes fortes et de faibles femmes, des hommes forts qui se révèle faibles et vice versa…

De Titanic, on disait ici que c’était un film con, car les films cons osent tout, et c’est à ça qu’on les reconnaît. On pourrait dire la même chose de Godless, une série conne qui ose tout et réussit tout. Un film féminin et féministe, un western d’action et contemplatif, une histoire de rédemption et l’impossibilité de la rédemption, des histoires d’amour (qui finissent mal en général…) Tout en maintenant une tension érotique pendant six épisodes sans jamais succomber à la tentation d’en montrer plus…

Et ce n’est rien dire des grands acteurs qui transforment ces clichés en personnages de chair de et de sang, où même les pires ordures auront leur moment de gloire. Car Godless est peuplé de ces acteurs « B » dont personne (sauf les cinefasters) connaissent le nom : Jack O’Connell (Skins, ’71, HHhH), Michelle Dockery (Downtown Abbey), Scoot McNairy (Halt&Catch Fire, Monsters, Twelve years a Slave, Fargo), Merritt Wever (The Walking Dead), Thomas Brodie-Sangster (Le Labyrinthe, Game of Thrones), Sam Waterston (La Déchirure, The Newsroom), Jeff Daniels (Speed, The Newsroom, The Looming Tower) …

Si une série est capable de vous donner envie de dresser des étalons, que vous dire de plus ?

* La Nuit des Chasseurs, par Yno, disponible ici
** La Nuit des Chasseurs, aussi, même si cette transcendance reste entièrement aux mains des joueurs et du Maitre de Jeu
*** qui coproduit Godless




lundi 16 avril 2018


RIP R. Lee Ermey
posté par Professor Ludovico

« If you ladies leave my island, if you survive recruit training, you will be a weapon. You will be a minister of death praying for war. But until that day you are pukes. You are the lowest form of life on Earth. You are not even human fucking beings. You are nothing but unorganized grabastic pieces of amphibian shit! Because I am hard, you will not like me. But the more you hate me, the more you will learn. I am hard but I am fair. There is no racial bigotry here. I do not look down on niggers, kikes, wops or greasers. Here you are all equally worthless. And my orders are to weed out all non-hackers who do not pack the gear to serve in my beloved Corps. Do you maggots understand that? »

Le Sergent instructeur Hartmann est au paradis des Marines, maintenant, parce que Dieu bande pour les Marines, tout simplement : « He plays His games, we play ours! To show our appreciation for so much power, we keep heaven packed with fresh souls! »




samedi 17 février 2018


La roue tourne (Wonder Wheel)
posté par Professor Ludovico

Depuis cinquante ans, la critique française est emplie d’admiration pour Woody Allen. Chaque année, on salue le dernier chef-d’œuvre du maître.

Certes, depuis quelques années, avec le renouvellement de la critique, on s’est progressivement mis à questionner la Grande Œuvre. Et on découvre que tous les Woody Allen n’étaient pas bons. Normal que le réalisateur de 54 films n’ait pas fait des grands films… Dans le même temps, des faits dans la vie privée ont commencé à écorner la statue, notamment quant fut révélé sa relation avec Soon-Yi, la fille de Mia Farrow.

Mais voilà l’affaire Weinstein et forcément, le retour des vieilles polémiques. Le gratin de Hollywood, jamais à l’abri d’une hypocrisie*, le lâchent tout aussi brutalement qu’ils se ruaient auparavant pour être dans « le dernier chef d’œuvre de Woody Allen », en renonçant à leur cachet. Babylone vit depuis toujours de ce mouvement de va-et-vient, le scandale et la pudibonderie, l’un relançant l’autre sur la balançoire du business.

Libération, pas le dernier à avoir encensé le new-yorkais, se lâche dans sa chronique de Wonder Wheel*. Mais c’est une phrase en particulier qui a attiré l’attention du CineFaster « son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent ». Etrange. CineFast a toujours considéré que c’était l’âme du réalisateur (Woody Allen ou Michael Bay) qui s’imprimait sur la pellicule. Mais c’est comme si, tout à coup, la critique qui a supporté le cinéaste new-yorkais avait décidé d’oublier son âme (et donc son œuvre) pour le lâcher en rase campagne. Soudainement, Woody Allen est devenu infréquentable.

Pourtant les rumeurs sur lui sont connues depuis longtemps. Et il suffit de voir ses films pour comprendre que c’est un obsédé sexuel, comme bien d’autres.

Mais voilà, les gens sont ce qu’ils sont, « ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, fuyards devant les périls et avides de gains. Tant que tu fais leur bien, ils sont tout à toi, ils t’offrent leur sang, leur vie, leurs enfants […,] mais dès que le besoin s’approche, ils se détournent… »

Citation de Machiavel, critique cinéma des Médicis.

* Notamment notre chouchoute décevante Greta Gerwig, affirmant : « Si j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas joué dans le film. Je n’ai plus travaillé pour lui depuis et je ne travaillerai plus pour lui ». Ma chérie, il faut lire autre chose que Variety…
** « Il y a longtemps que le cinéma de Woody Allen assume son propre déphasage : excepté lors d’escapades en des destinations européennes de carte postale (Match Point, Vicky Cristina Barcelona ou Midnight in Paris), plus propices à la revitalisation de ses obsessions, le cinéaste n’a guère dévié, au fil des décennies, de son système ronronnant. Et peu importe que rien n’y varie ou ne s’y actualise depuis une éternité des situations qu’il dépeint, des personnages qu’il y fait s’agiter ou de la vivacité oratoire qu’il leur prête, perlée de gags mécaniques et de références aux livres de chevet de l’intello new-yorkais des Trente Glorieuses, puisque cette petite musique jouée avec l’expressivité d’un piano mécanique continue de bercer un public fervent, quand bien même plus grand-chose n’y ferait signe au monde qui la réceptionne. Etrangement, c’est alors même que le faisceau d’ambiguïtés et de controverses dont il fait l’objet depuis plus de vingt-cinq ans le rattrape que son cinéma semble se resynchroniser à sa manière étrange avec le présent. »




lundi 22 janvier 2018


Topten 2017
posté par Professor Ludovico

Celui qui ne répond pas aux invitations du Prince d’Avallon peut se retrouver coincé pour l’éternité dans ses brumes. Malgré mes faibles dénégations, je fus donc obligé d’honorer le rite annuel du Topten-Galette. Voici donc le résultat de ce rachitique Topten 2017, transformé en Top5 et Bottom3 :

TOPFIVE 2017
1 Certaines Femmes
2 Get Out
3 Dunkerque
4 Une Vie Violente
5 La La Land

BOTTOMTHREE
1 Nocturnal Animals
2 Tombé du Ciel
3 Alien:Covenant

Quant à mes petits camarades, ils ont classé les films comme suit :

TOPTEN 2017
1 La La Land
2 Le sens de la Fête
3 Coco
ex aequo avec
4 Le Caire Confidentiel
5 Detroit
ex aequo avec
6 Get Out
7 Au-revoir Là-haut
8 Nocturnal Animals
9 Dunkerque
10 Faute d’Amour

BOTTOMTHREE
1 Nocturnal Animals
2 Marie Francine

3 …et pleins d’autres films ex aequo

Pour la première fois, un film est dans le Topten et le Bottom : Nocturnal Animals. Mais c’est exactement ce que le film mérite !

A l’année prochaine ?




lundi 15 janvier 2018


Catherine Deneuve
posté par Professor Ludovico

« Oui, j’aime la liberté. Je n’aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, de condamner. Une époque où de simples dénonciations sur réseaux sociaux engendrent punition, démission, et parfois et souvent lynchage médiatique. Un acteur peut être effacé numériquement d’un film, le directeur d’une grande institution new-yorkaise peut être amené à démissionner pour des mains aux fesses mises il y a trente ans sans autre forme de procès. Je n’excuse rien. Je ne tranche pas sur la culpabilité de ces hommes car je ne suis pas qualifiée pour. Et peu le sont.» […]

« Non, je n’aime pas ces effets de meute, trop communs aujourd’hui ». […]

« J’ai enfin signé ce texte pour une raison qui, à mes yeux, est essentielle : le danger des nettoyages dans les arts. Va-t-on brûler Sade en Pléiade ? Désigner Léonard de Vinci comme un artiste pédophile et effacer ses toiles ? Décrocher les Gauguin des musées ? Détruire les dessins d’Egon Schiele ? Interdire les disques de Phil Spector ? Ce climat de censure me laisse sans voix et inquiète pour l’avenir de nos sociétés. »

Dans Libération, aujourd’hui




lundi 1 janvier 2018


Topten 2017
posté par Professor Ludovico

Cette année est tragique. Comment faire l’habituel Topten alors qu’on a vu 20 films cette année? Et que dans ces vingt films, on a revu deux films (Orange Mécanique, Mulholland Drive), vu un chef d’œuvre de… 1940 (La Dame du Vendredi) ? Que dans ces 20 films, on en a détesté cordialement 6 (Nocturnal Animals, Tombé du Ciel, Hhhh, Blade Runner 2049, Les Derniers Jedi, Alien:Covenant) ?

La conclusion est simple : le Professore Ludovico n’aime plus le cinéma. En tout cas, le cinéma qui sort en salles en ce moment…

C’est tout simplement cette franchise fatigue décrite par les médias américains, le ras-le-bol de ce cinéma en collants nylon, en dessin animés moralisateurs, en franchises interminables, dont toute originalité est bannie (normal, quand on y investit deux cent millions).

De fait, il est plus simple de fournir la liste des films vus en 2017 :

1 Manchester by the Sea
2 Orange mecanique
3 La La land
4 Nocturnal animals
5 David lynch the art life
6 Certaines femmes
7 Tombé du ciel
8 Mulholland Drive
9 Get out
10 Hhhh
11 Dunkerque
12 Les Fantômes d’Ismaël
13 Le Caire Confidential
14 Que Dieu nous pardonne
15 Une vie violente
16 Blade Runner 2049
17 La Dame du Vendredi
18 Borg McEnroe
19 Star Wars les derniers Jedi
20 Alien Covenant

S’il fallait faire ressortir quelques bons films, il n’y a pas à chercher loin : Manchester by the Sea, Get Out, Dunkerque, Certaines Femmes, La La Land.

Mais en réalité j’ai plutôt regardé du cinéma… à la télévision :

1 The War Room
2 It Follows
3 Le Dernier Samaritain
4 Chaine Conjugales
5 La 317eme Section
6 Les Cavaliers
7 10, Cloverfield Lane
8 Wyatt Earp
9 The Bling Ring
10 That Thing You Do
11 La Rivière Rouge
12 Phase IV
13 Que La Fête Commence
14 The Neon Demon
15 Pulp A Film About Life
16 Full Metal Jacket
17 Heat
18 Vietnam Un Adroit Mensonge
19 Joan Didion : Le Centre Ne Tiendra Pas
20 Cuirasse Potemkine
21 Usual Suspects
22 Alamo
23 Touchez Pas Au Grisbi
24 Brick
25 Terre Des Pharaons
26 All About Eve

C’est là que j’ai vu les meilleurs films cette année (j’enlève les classiques) : It Follows et Brick

Mais c’est surtout des séries que j’ai regardées ; pas moins de 37 saisons, soit près de 400 heures de programme, l’équivalent de 200 films ! CQFD. Les voici :

1 Narcos
2 The Walking Dead saison 2
3 Show Me a Hero
4 Rocky Horror Picture Show – Lets Do The Time Warp Again
5 22.11.63
6 House Of Cards
7 Les Borgias
8 Legion
9 Stranger Things
10 Twin Peaks
11 Westworld
12 The Promise
13 The Night Of
14 Girls
15 The Leftovers
16 Missions
17 The Walking Dead Saison 3
18 The Walking Dead Saison 4
19 The Handmaid’s Tale
20 Game Of Thrones
21 Casual S3
22 Wolf Hall
23 The Wire saison 1
24 The State
25 Halt And Catch Fire
26 The Deuce
27 Vietnam
28 Curb You Enthusiasm saison 1
29 Corpus Christi
30 Stranger Things Saison 2
31 Cosmos S01
32 Curb You Enthusiasm Saison 2
33 The Wire Saison 2
34 Un Village Francais
35 Top Of The Lake
36 The Expanse
37 The Unbreakable Kimmy Schmidt

Tout n’est pas bon, mais il y a eu beaucoup de grands moments : l’évènement Westworld, les chefs d’œuvre The Night Of et Handmaid’s Tale, la dernière ligne droite Game of Thrones et Un Village Français, la fin émouvante de Halt&Catch Fire, et des surprises tardives comme Top of the Lake ou Wolf Hall

C’est ici désormais que se passe la fiction adulte, intéressante, avec des thématiques fortes, intelligentes, des personnages solides et émouvants, des intrigues passionnantes : bref l’émotion est là, sur le petit écran, accessible au bout de la télécommande, de la souris, n’importe où, n’importe quand, et n’importe comment…

C’est une guerre. Une guerre que le cinéma ne peut plus gagner.




vendredi 15 décembre 2017


Neutralité du net
posté par Professor Ludovico

On fait rarement de politique ici, ou alors pas directement. Mais là on est obligé. Bien sûr, la neutralité du net, ce n’est pas la faim dans le monde, le massacre des rohingyas, ou un accident routier de plus.

Pourtant, c’est un problème très important. Important pour vous, qui êtes en train de lire cette chronique.

En gros, les États-Unis viennent d’abolir un principe qui veut que tout contenu, quel qu’il soit, doit être acheminé de la même manière par les fournisseurs d’accès internet. La photo de votre grand-mère ou une pub Dior, la vidéo de votre témoin de mariage ou celle de Macron…

En supprimant cette neutralité, on instaure un internet à deux vitesses qui ne profite qu’aux riches. Pas aux utilisateurs riches (ça, ça existe déjà, entre la fibre et la mauvaise 3G) ; non, aux fournisseurs d’accès. Les FAI vont pouvoir commercialiser un internet qui va vite (et qu’ils vendront aux plus offrants (Dior et Macron)) et un internet qui va lentement (qu’ils vendront à votre grand-mère et votre témoin de mariage)…

Tout ça n’a pas l’air très grave. Pourtant, c’est une terrible atteinte à la liberté d’expression et la liberté d’entreprendre : tout simplement, à la démocratie. Ce qu’Internet a permis, c’est qu’un clampin comme le Professore Ludovico puisse donner son avis – comme un Michel Ciment moyen – sur le cinéma américain. Et qu’il soit lu partout dans le monde, par des milliers de lecteurs, lui qui, avant, n’avait qu’une demi-douzaine de copains pour auditoire.

Cette chronique, aujourd’hui, vous pouvez y accéder aussi rapidement qu’un article de lemonde.fr. Demain, Free, qui possède le journal Le Monde, pourra vous offrir (et il le fera, soyez-en sûrs !) un accès rapide à son site et un accès lent à CineFast et à tous les sites qui ne pourront pas payer le péage de l’autoroute à grande vitesse.

Il en va de même pour l’innovation. La garantie d’un internet neutre, c’est aussi la possibilité à trois guignols de la Silicon Valley de bâtir Google, parce que petite start-up, ils ont quand même eu accès à l’ensemble du web, avec immédiatement un potentiel de milliards de clients pour pouvoir se développer.

C’est pourquoi des mastodontes comme Google, Netflix, Apple, sont farouchement opposés à ce recul, et on ne peut pas dire que ce soit pas des philanthropes de la liberté d’expression.

C’est en fait la mort programmée de l’internet tel que nous le connaissons : un immense espace de liberté d’expression qui permet à tout un chacun de donner sa voix. Ce bouleversement civilisationnel, on a encore du mal à appréhender ; le renversement, en un mot, de la pyramide du savoir. La transition d’un monde élitiste où quelques sachants étaient seuls autorisés à transmettre la bonne parole, à une démocratie d’en bas (avec ses dérives, évidemment).

Aucun secteur n’y échappe : l’éducation (Wikipédia), le cinéma (IMdB), la médecine (Doctissimo), mais surtout l’entreprise, les medias, les gouvernements… l’élite est obligé de réviser son discours, d’être plus humble dans la connaissance, plus transparent, plus à l’écoute du public… en un mot, plus démocrate.

C’est pourquoi la neutralité du net est si importante.




jeudi 7 décembre 2017


Johnny Halliday, toute la musique que je n’aime pas…
posté par Professor Ludovico

On l’a déjà dit ici : il n’y a que deux sortes de légitimité artistique : la vôtre, et celle de la masse.

En gros, ce petit film islandais que vous avez tant aimé (mais que personne ne connait), et Bienvenue chez les Ch’tis. Votre panthéon personnel ou le box office + les rediffusions télé. Le reste ne vaut rien. Ni les récompenses de festival, ni les 1001 films qu’il faut avoir vu dans sa vie, ni les Topten, pourtant amusants, de l’ami Philippe of Avalon.

Je n’aimais pas Johnny Hallyday. Je pourrai passer ici quelques heures à vous démontrer qu’il n’a rien apporté à la musique française, écrit aucun texte qui se tienne, composé aucune musique au-delà du blues en 12 mesures. Il n’a fait que chanter, et la plupart du temps, des textes ridicules. Pour dire les choses, ce n’est pas Brel et ce n’est même pas Montand, qui, simple interprète, a su donner du sens à son œuvre. Ce ne sera jamais Lavilliers, Higelin, ou Téléphone.

Mais peu importe. Johnny Hallyday représentait indubitablement quelque chose pour une grande majorité de Français. Et ça, ça veut dire beaucoup. Il fait partie, qu’on le veuille ou non, de l’âme de la nation.

Le Professore n’y peut rien. Et vous non plus.




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