[ Brèves de bobines ]

Petites réactions et conseils de sortie de salle



jeudi 30 avril 2009


OSS 117 Rio ne Répond Plus
posté par Professor Ludovico

La foudre ne frappe jamais au même endroit ; la magie n’opère pas à nouveau. Même très biens, Retour vers le Futur 2 et 3 ne seront jamais la claque du premier.

C’était donc le destin attendu de Rio ne Répond Plus, mais on peut dire que c’est pire que prévu. On s’ennuie pendant le film, et pour une ou deux bonnes blagues, la recette est trop photocopiée pour passer la barre.

Il y a de l’envie, de l’énergie, du talent, mais pas suffisamment pour permettre au poussif 707 de décoller de la piste. Dommage.




samedi 25 avril 2009


Ponyo sur la Falaise
posté par Professor Ludovico

La vérité sort de la bouche des enfants : « un film c’est d’abord raconter une histoire », selon le Professorino, 7 ans : bon sang ne saurait mentir.

Mais Ponyo pose problème ; celui de la magie Miyasaki. Après une virée familiale (13 personnes, 9 enfants, 4 adultes, de 5 à 44 ans), un constat s’impose : c’est bien mais on n’a rien compris. Le vieux sage japonais sucre les fraises, mélange ses thématiques habituelles (La Sorcière, la Pollution, la Petite Fille, la Mère Nature), mais on ne comprend rien, sans parler du paquet d’invraisemblances (des histoires de niveaux d’inondation dont on vous évitera le détail).

Mais à la fin, on est quand même conquis. C’est beau à en pleurer (même si c’est très en dessous des standards habituels), et une seul plan suffit à vous remuer la moelle épinière (le chalut qui racle le fond de la mer, les bateaux la nuit sur la ligne d’horizon…)

Miyasaki, l’homme qui fait le plus pour le développement durable et la promotion du tourisme au Japon…




samedi 4 avril 2009


La Première Étoile / Panique à Hollywood
posté par Professor Ludovico

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, voilà coup sur coup deux films qui illustrent les paradoxes franco-américains. D’un côté Panique à Hollywood, le travail de qualité made in Sunset Boulevard : casting d’enfer, comédiens magnifiques, musique splendide, et montage aux petits oignons, pour un résultat finalement décevant. En face, La Première Étoile, le prototype du film franchouillard, écrit, mais pas suffisamment réécrit, mal joué, mal casté, mal filmé, mais dont on ressort le sourire aux lèvres, ne serait-ce parce qu’il a, lui, quelque chose à offrir.

Hollywood qui parle d’Hollywood, ça fait toujours des étincelles : Sunset Boulevard, The Player, Swiming with Sharks, Get Shorty : ça marche à tous les coups. Ici, quand on aligne en plus Bob de Niro en producteur trouillard (sic !), Sean Penn en acteur de blockbuster (re-sic), John Turturro en agent procrastinateur, Bruce Willis qui refuse de se raser la barbe, et la toujours splendide Catherine Keener en directrice de studio implacable, aucun risque de s’ennuyer… Mais à part ça… c’est tout ! Intrigue faiblarde, fin queue de poisson, ça se laisse regarder, mais c’est tout. Et uniquement sur Canal+, puisque Hollywood n’a pas daigné le sortir en France, c’est dire…

La Première Étoile, c’est tout le contraire : un histoire touchante d’Antillais pauvres qui veulent aller au ski… La comedie sociale à la française. Et même si ce n’est pas très bien fait, ça marche : c’est gentil, c’est drôle, c’est pas fin mais pas caricatural non plus, bref c’est à voir…




vendredi 27 mars 2009


Les Passagers
posté par Professor Ludovico

Difficile de parler d’un film, dont l’intrigue, conspirationniste, empêche d’en dire plus. On dira juste que Anne Hathaway ne casse toujours pas des briques, que le film est moyen mais…. qu’il mérite absolument d’être vu !!!

Les Passagers fait partie de ces surprises qui émaillent l’année d’un CineFaster.

Allez donc le voir… Et on reparlera !




dimanche 15 mars 2009


Stalingrad(s)
posté par Professor Ludovico

Sortant de l’excellent livre d’Anthony Beevor sur la bataille de Stalingrad, j’ai eu envie de me replonger dans Stalingrad, les films. L’occasion de les réévaluer, l’un à la baisse, l’autre à la hausse.

Stalingrad, de Joseph Wismaier
Sorti en 1993, ce film était déjà un petit événement en soi. Montrer, pour la première fois, le point de vue allemand sur une bataille devenue une image d’Épinal de la Seconde Guerre Mondiale. Montrer aussi la souffrance du soldat allemand, ce qui était révolutionnaire. Le début certainement d’une nouvelle génération d’allemands qui veulent sortir de la culpabilité automatique du nazisme (La Chute, par exemple). Quinze ans après, le film ne fait plus aussi forte impression. Certes, son point de vue est intéressant, mais il pêche par son manque de construction (on passe d’une scène à l’autre sans vraiment d’explication), et par sa naïveté : à force de montrer la souffrance des allemands, on finit par des scènes abracadabrantesques où les soldats se mettent à sauver des civils russes ! (Relire Beevor de toute urgence)

Enfin, un peu comme Dune, il fait partie des dernières superproductions sans effets spéciaux numériques : le film fait pauvre, avec ses trois T-34 et son Junker 52. Ce qui n’est évidemment pas le cas de Stalingrad, Ennemy at the Gates, qui nous en met plein les yeux…

Stalingrad, de Jean-Jacques Annaud
J.-J. Annaud, c’est tout ce que je déteste au cinéma : un pseudo concept, et pas de film derrière. Ce qui explique ma très mauvaise impression à la sortie de ce Stalingrad-là – très survendu comme d’habitude – et qui faisait à mes yeux pâle figure face à l’autre Stalingrad.

En changeant d’optique aujourd’hui, en regardant Ennemy at the Gates pour ce qu’il est – un film d’action et un mélo -, ça le fait. C’est bien filmé, bien construit, bien joué. Bon, c’est Hollywoodien en diable (le maquillage de Rachel Weisz, impeccable sous les obus de 88), c’est gentillet (les bons, les méchants), et ça va pas chier loin, mais on passe quand même un bon moment.

Mea culpa. Mea Maxima Culpa.

*Anthony Beevor, Stalingrad, Le Livre de Poche




mercredi 25 février 2009


Le Code A Changé
posté par Professor Ludovico

Danielle Thompson est douée, dommage qu’elle soit aussi fainéante. Scénariste sous-évaluée, dans un cinéma français qui surestime les réalisateurs, hait stupidement les producteurs, et ignore les scénaristes.

A 24 ans, Mlle Oury fille signait déjà La Grande Vadrouille avec papa, puis une trentaine de scénarios : La Folie des Grandeurs, Rabbi Jacob, La Boum, La Reine Margot, Ceux Qui m’Aiment Prendront le Train…
Récemment jetée dans le bain de la réalisation (La Bûche, 1999), elle n’a signé que quatre films (Fauteuils d’Orchestre, Décalage Horaire Le Code A Changé).

Ici, c’est un scénario qui part bien : Karine Viard, vibrionnante avocate, réunit dans un dîner très parisien amis, famille, relations plus ou moins proches. Thompson décrit lentement la catastrophe à venir, en filmant les icebergs en formation (l’amant qui s’incruste, la fille qui refuse de revoir le père, l’épouse qui ne veut pas venir). C’est lent, mais bien installé : la soirée Titanic va couler, aussi sur que deux et deux font quatre. Autre belle idée, on interrompt le dîner à mi-parcours, pour retrouver les mêmes un an après. Façon intelligente de montrer l’évolution des personnages, après l’impact du fameux dîner, tout en évitant des longueurs inutiles. Bref, les dialogues sont percutants, les situations « à la française » s’enchaienent comme au champ de tir, on passe un bon moment.

Ou est le problème alors ? Et bien, avec un peu de travail, ça serait beaucoup mieux. Le casting est un peu raté (Karine Viard avocate, bof !), les acteurs n’ont visiblement pas assez répété et assurent le service minimum (Emmanuelle Seigner et Patrick Bruel sont ceux qui s’en tirent le mieux, c’est dire). Les décors font cheap, c’est mal éclairé, la fin n’est pas assez travaillée, etc.

Dommage (mais allez-y quand même)…




mercredi 25 février 2009


Les Noces Rebelles
posté par Professor Ludovico

Sam Mendes a un problème. Après American Beauty, il livre avec Les Noces Rebelles un nouveau brûlot anti-banlieue. On peine à comprendre pourquoi tant de haine, et c’est tout le problème de ce joli film.

Les acteurs (Di Caprio-Winslet) sont excellents. Le sujet (l’éclosion des droits des femmes, au coeur des années 50) est passionnant. Mais voilà : avec tout ça, le beau Sam ne sait que faire. La douleur de la vie de banlieue, on ne la comprend pas, car tout a l’air d’aller pour le mieux dans le meilleur de smondes. On peut comparer ça à Desperate Housewives, toute aussi haineuse sur la banlieue. Mais au moins, dans la série de Marc Cherry, on comprend (même si on est pas d’accord avec la caricature) : la banlieue, c’est un royaume des faux-semblants, des intrigues sordides et des coups bas entre pseudo-amies.

Ici, rien de tel : les voisins sont sympas, tout juste un peu neuneus. Kathy Bates, l’agent immobilière, est une mère pour eux*. Et surtout, on n’éprouve aucune compassion pour Kate Winslet, car on ne sait rien d’elle. Pire, on souhaite qu’il lui arrive enfin quelque chose, pour enfin s’apitoyer. Ce qui arrive finalement, mais trop tard.

*La dernière scène, qui inverse la personnalité de Bates, tombe complètement à côté de la plaque




mercredi 25 février 2009


Joy Division
posté par Professor Ludovico

Dans la famille Joy Division, y’a deux clans. Soit on est du côté de l’épouse du défunt (Deborah Curtis), c’est l’option Control, soit on est du côté de la maîtresse (Annik Honoré), c’est l’option Joy Division, le film.

Ici, contrairement à Control, on est dans le documentaire, et évidemment, c’est moins fort. Mais ça reste passionnant, tant du point de vue des témoignages (les membres du groupe sont sûrement les plus sincères de toute l’histoire de la rock music), que de la thèse (Joy Division aurait tout simplement permis à Manchester de se réinventer).

Alors évidemment, c’est plutôt réservé a ceux qui aiment le groupe, ou à ceux qui veulent découvrir un peu le groupe le plus mystérieux, le plus troublant dans l’histoire pourtant tourmentée du rock. Quand aux autres, – sait-on jamais – les chemins de traverse sont ceux qui mènent le mieux à la musique de Joy Division.




mercredi 25 février 2009


Fais pas la tête, David !
posté par Professor Ludovico

3 Oscars techniques ? Mais c’est une bénédiction ! C’est le sort réservé au grands : Welles, Kubrick ! 3 Oscars techniques, c’est ce qu’a eu Barry Lyndon ! Benjamin Button, ça sonne presque pareil… Allez, pour te consoler, j’irai voir ton film cette semaine…




dimanche 22 février 2009


Valkyrie
posté par Professor Ludovico

Sacré Tom Cruise. On ne peut pas dire qu’il fasse les choses à moitié ! Comme il l’a déclaré à l’autre limande de Laurent Weiss, Tom a exigé de voler dans des vrais Junker 52 dans le film, et c’est le « vrai bruit du moteur qu’en entend » !

Bon, mais à part ça, le cinéma, il est où ? A part ça, que dire du film ? Si vous aimez l’Histoire, avec un grand H, Valkyrie, c’est intéressant, mais si vous aimez le cinéma, c’est juste le Plat du Jour. Bien fait mais sans plus, le film sombre de toutes façons comme n’importe quel BOATS : on sait comment ça va finir !

Reste Tom Cruise, toujours aussi fascinant dans cette auto-détestation de lui-même.

Et autre chose : la preuve définitive que Bryan Singer n’était qu’un faiseur (mais un bon faiseur), puisqu’en s’adjoignant les services de son compère Christopher McQuarrie, ils ne retrouvent pas la magie de Usual Suspects.




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