dimanche 1 juillet 2007


Boulevard de la Mort
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Drôle. Délirant. Parodique. Distrayant. Long. Trop long. Perso. Trop perso.

Voilà ce qu’on peut dire du dernier Tarantino. Parce que Tarantino, on l’aime bien, même si contrairement à la hype, ce n’est pas un génie du cinéma. Tarantino fait des films rigolos, inclassables, « tarantinesques », mais c’est tout. C’est probablement le seul type de cette industrie qui est resté comme nous, comme vous. Il aime les films comme on les aime. Il est avant tout un passionné du cinéma, pas un type qui fait du cinéma.

Et ça, ça se voit à l’écran. Tarantino fait peu de films, et il est visible que ce qu’il fait l’amuse beaucoup, qu’il prend du plaisir. Il ne s’emmerde pas, contrairement à beaucoup à Hollywood, qui aimeraient tellement faire autre chose : d’autres films, de meilleurs films… Non Tarantino, il prend son temps, réunit une bande de potes et fait le film qu’il a envie de voir. La question, c’est est-ce que nous on encore envie de voir des films de Tarantino ?

Boulevard de la Mort pose la question. C’est un pastiche des films d’exploitation des années 70, de Point Limite Zero et La Course à la Mort de l’An 2000. Tarantino en respecte parfaitement le cahier des charges : filles, musique, dope, pas d’histoire, le tout bâti à la hâte, sans véritable dramaturgie. Bâti à la hâte, à l’époque. Car aujourd’hui, Tarantino a le temps, et le budget qui va bien. Mais non, il respecte la charte. La fin est volontairement bâclée, la poursuite irréaliste, mais QT ne manque pas de nous rappeler qu’on est là dans le second degré. Et de jouer constamment entre la référence 70’s et le fait que le film se passe bien aujourd’hui. Les filles écoutent Joe Turner sur un iPod, et – symbole parmi les symboles – la Dodge Challenger démolit méthodiquement les 4×4 du nouveau millénaire. Tarantino aime tellement cette époque qu’il se caste lui-même, en improbable barman.

Il n’empêche qu’on s’ennuie ferme, que le film est trop long*, et qu’il n’est sauvé que par la présence d’acteurs et d’actrices formidables, amoureusement filmé par Tarantino, mais autour d’un scénario trop creux et trop second degré pour qu’on s’y accroche. Quentin, please, retrouve toi un scénario ou un scénariste, vite !

* il semble qu’à l‘origine il devait sortir en double feature, c’est-à-dire le film de Rodriguez (Planet Terror) et Boulevard de la Mort




jeudi 28 juin 2007


L’avocat de la terreur
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Autre documentaire, franco-suisse, celui-là. Aux manettes, un grand pro, Barbet Schroeder (More, Tricheurs, La Vierge des Tueurs).

En deux heures quinze, Schroeder n’aura pas résolu l’énigme Vergès, mais il l’aura approché, et de très près. On passe ainsi de la guerre d’Algérie, à l’OLP, aux Fraction Armée Rouge, aux Khmers Rouges, aux attentats rue de Renne, et aux sales affaires des services secrets. Passionnant résumé de l’histoire contemporaine, de notre histoire contemporaine : autant on regarde avec une distance amusée la guerre d’Algérie, autant les années 80 font froid dans le dos ; mon père aurait sûrement la réaction inverse.

Le plus fascinant restant probablement de voir ces acteurs témoigner : anciens terroristes, anciennes tueuses de bidasses français devenues mère de famille ou ministre ou épicier. Comme si l’éternel mouvement de la vie finissait toujours par l’emporter.




jeudi 28 juin 2007


Kings of the world
posté par Professor Ludovico dans [ Documentaire -Les films ]

Splendide. Voilà un film qui fait honneur au cinéma français*, et au cinéma documentaire. Un film que devraient voir tous les anti-américanistes primaires, n’ayant que le mot « Bush » à la bouche, en évitant ainsi toute autocritique.

« Nous ne sommes pas ce que nous prétendons être » : Tout est dans l’affiche, et dans les cinq premières minutes du film. On y voit effectivement un texan débiter, dans une laverie, un condensé de tout ce qui nous fait détester l’Amérique : oui, heureusement que l’Amérique est là, oui, nous sommes la police du monde. Vous les européens, vous êtes bons pour critiquer, mais pour aller libérer l’Irak, y’a plus personne ! On se dit qu’il va être difficile de supporter ça pendant deux heures. Mais miracle, on n’est pas Michael Moore, c’est-à-dire pas dans la comédie, le plan coupé court, la chute façon sitcom. Non, ici on est chez Rivette, le plan séquence. Et le type continue à parler, pendant cinq minutes. Et ce qui est terrible, quand on laisse les gens s’expliquer, c’est qu’ils ont tout à coup un discours plus construit… Et si à la fin on n’est pas d’accord avec lui, il a exposé, un point de vue, qui, ma foi, se tient.

On n’est pas au bout de nos surprises : plan suivant, l’autoroute baigné de chaleur, de la Californie. A la radio, les news. Ca parle de quoi, les news ? De la mort de jacques Derrida. Et le speaker d’expliquer l’importance de Derrida, philosophe français, qui a si bien pensé les USA…Le film est lancé, et va alterner le chaud et le froid, « Amérique, terre de contrastes ! » Le film navigue ainsi, à l’occasion de la campagne Bush-kerry, dans l’Utah, le Nevada, la Californie. Paysages splendides, et rencontres : des mormons sexistes, un danseur, des intellos de gauche, des cowboys, des indiens…
Ou cet aumônier, vétéran des droits civiques, qui conclura de façon terrible : « J’aurais quand même voulu dire quelque chose de positif. Ce pays est grand. C’est très grand ! C’est très beau. C’est … dommage. »

Pour ne pas oublier qu’il existe un pays avec 125 millions d’opposants à Bush, et qui s’appelle les Etats-Unis. Le pays de The West Wing, The Wire, de Syriana à La Ligne Rouge, de Soderbergh et Clooney, Susan Sarandon et Tim Robbins, et Sean Penn.

* un film de Rémi Rozié, Valérie Mitteaux, et Anna Pitoun




mercredi 20 juin 2007


Une polémique, une !
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Un lecteur nous écrit, et il n’est pas content ! Comme cet avis est enterré au fin fond d’une vieille chronique de 2006, nous la republions ici, agrémenté de la réponse du Snake et du Professore Ludovico.

Voici ce que nous écrit Decker :

Mes pauvres petits, il vous faudrait des siècles pour assimiler un film tel que “Le Nouveau Monde?? ne vais pas me rabaisser à vous dire que j’ai aimé (c’est un euphémisme) ce film. Non, je vais vous répondre que vos petites existences (c’est aussi un euphémisme) sont bien moindres en comparaison du bonzomme qu’est T.Malick. J’ai beaucoup de peine quand je lis vos critiques car elles reposent sur le vide intergalactique de vos vies. Avez-seulement conscience de la portée de vos mots ? Avez-vous seulement conscience que vous êtes, la plupart condamnés à rester passifs et à critiquer tout ce qui passe à votre portée ? Jamais de votre vie, vous ne prendrez d’engagement aussi semblable que celui de s’engager dans la voie ultra-risquée de l’Art. Jamais vous ne direz : “Personne ne m’a cru capable de réussir à devenir acteur, cinéaste, scénariste; et j’ai réussi. J’ai brisé toutes les barrières !??r critiquer n’importe quel domaine; il FAUT FAIRE. C’est ce que vos petits esprits ne pourront jamais comprendre. Laissez les Magiciens FAIRE. Arrêtez de DISPOSER. Celui qui vous écrit est précisément un “acteur??sens propre comme au figuré. Il respecte les gens humbles de tous bords, pas les coloques de beaux-parleurs qui passent leur temps à tergiverser sur “la manière de??us allez me dire que les artistes dépendent de Nous, simples individus ? Vous avez raison. Mais ne les prenez pas en otage, car EUX, ont pris TOUS les risques pour Eclater au grand jour. EUX, ont pris des décisions viscérales et sacrificielles pour arriver à leur fin; décisions dont vous n’aurez jamais conscience. EUX, sont dans la lumière; pas Vous. Vous en serez toujours au même point dans les siècles à venir et disposerez toujours des mêmes formules ultra-galvaudées que vous aurez auparavant maintes fois entendus et les répèterez inlassablement. La différence majeure entre Vous et EUX; c’est qu’ils savent QUI ils sont, et ce pourquoi ils sont faits.

C’est précisément Là tout le secret.

La réponse du Snake :

Oh là là ! Un moment, j’ai cru que Dexter nous avait repéré.

Celle du Professore Ludovico :

Tout d’abord, bienvenue, cher Decker ; enfin un contradicteur, enfin une polémique ! Comme disait Cerdic, le saxon du Roi Arthur « enfin un adversaire à ma taille ! »

Je vais d’abord répondre à ta QUESTION, Homme-Aux-Majuscules : oui, nous sommes des intermittents du spectacle frustrés, oui, nous avons des projets de scénario sous le bras, oui, nous avons été refusés par des grandes chaînes de télévision, oui, nous rêvions d’être Spielberg ou Ozu ! Evidemment ! Bien sûr ! Quand on aime le cinéma à ce point là, on finit par avoir envie d’en faire, non ?

Mais nous n’en avons point fait. Il y a donc probablement une dose de frustration dans nos critiques.

Mais ton analyse, développée par d’autres signatures prestigieuses (Patrice Leconte, pour ne pas le nommer), est au fond extrêmement pernicieuse. Parce qu’au final, qu’est-ce que cela veut dire ? Si on n’a pas de talent, on n’a pas le droit de parler d’un film ? Pas de compétence pour avoir un avis de spectateur ? Pas le droit d’avoir un goût ? D’aimer ceci et de détester cela ?

Toi-même, cher Decker, ne fais-tu pas la différence entre Terrence Malick et Max Pecas ? Pourtant, à ma connaissance, ta carrière me semble mois prestigieuse que celle de l’immortel auteur de On se Calme et on Boit Frais à Saint-Tropez. Est-ce à dire que tu n’aurais pas le droit de critiquer sa brillante et nombreuse filmographie ? Ne fais-tu pas la différence entre le Ridley Scott d’Alien et celui de GI Jane ? Entre le Malick des Moissons du Ciel et celui du Nouveau Monde ?

Pour ma part, j’ai adoré La Ligne Rouge et Badlands ; J’ai trouvé le Nouveau Monde faiblard. N’ai-je pas le droit de le dire ? Avec mon style, ma mauvaise foi ? Ne peut on dire que du bien des artistes ?

CineFast, c’est une bande de types qui ont chacun leur goût, chacun leur marotte, mais qui partagent un certain idéal, celui du cinéma américain bien fait.

Et qui continueront à défendre leur droit de dire du mal de ce qui ne leur plait pas.

Never give up, never surrender.




dimanche 10 juin 2007


La Vie des Autres
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Pressé par les autres, justement, j’ai fini par voir le film dont tout le monde parle. Evidemment, comme je suis snob, je ne peux pas aimer ce que tout le monde a aimé. Là aussi, c’est pareil : voilà un film que j’ai vu trop tard. Essayons néanmoins de rester objectifs : c’est un bon film, l’intrigue est superbement développée, les acteurs jouent très bien. Il y a juste un petit goût de pas assez… Voire d’un peu trop, comme la scène trop romantique –à mon goût- de la sonate pour piano, mais c’est tout à fait visible et hautement recommandable…




dimanche 10 juin 2007


Pirates Des Caraïbes -Jusqu’au Bout Du Monde
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Critique de cinéma à CineFast, ce n’est pas toujours une sinécure. Preuve en est le visionnage douloureux du dernier opus de la franchise de Jerry Bruckheimer, Pirates Des Caraïbes -Jusqu’au Bout Du Monde.
– « Comme l’Amérique au Vietnam, nous avions trop d’argent, nous consommions trop de drogues, nous étions perdus dans la jungle, nous sommes devenus fous » Comme le disais Francis Ford Coppola à la conférence de presse d’Apocalypse Now, trop d’argent, trop de pouvoir rend fou. La folie n’est pas négative ; elle peut faire sortir d’authentique chez d’œuvre hypertrophiés, comme d’Apocalypse Now ou Titanic. Quand c’est raté, la gloutonnerie rime avec bouffonnerie. Ici, comme dans le deuxième épisode, trop d’argent, trop d’effets spéciaux, trop d’intrigues, trop de personnages. C’est beau, ça s’agite, mais on ne comprend plus rien. Pour quoi sont ils là ? Qui complote avec qui ? ça bavasse, mais l’intrigue n’avance pas. Bien sûr, il y a de bonnes idées, des gags, mais de moins en moins drôles et plus en plus ralentisseurs d’action. A fuir, s’il est encore temps…




lundi 28 mai 2007


Titanic
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

La magie de la télé, c’est d’être là au bon moment. On a beau avoir le DVD prestige, les 130 heures de bonus, le commentaire du 3ème assistant réal’, quand ça passe sur TF1, même en VF, même avec les pubs, on regarde Titanic. Et le lendemain, on passe Céline Dion sur Europe 1.

Pourquoi re-regarder ? Comme pour les amours anciennes, il s’agit de vérifier que le cœur bat encore. Et il bat, c’est confirmé pour Titanic, le Cœur de l’Océan. En dix ans, le film a certes pris quelques rides, surtout du point de vue technique : on s’est habitué à la perfection en matière d’images de synthèse. Mais pour l’essentiel, Titanic reste ce chef d’œuvre populaire, notre Autant en Emporte le Vent de ces vingt dernières années. Perfection du scénario, perfection de l’adaptation de ce scénario à l’écran, Titanic brille d’autant plus qu’il est une accumulation de défis lancés par James Cameron, défis qu’il accomplit tous : film catastrophe, film romantique, film féministe, film social, film d’action. Tout y est, à sa juste mesure.

Mais pour l’anecdote il y a une autre chose qui m’a frappé hier. Titanic m’a conforté dans l‘hypothèse lancée dans ma chronique « Nice guy for a brit », à savoir la persistance du sentiment anti-anglais dans le cinéma américain. Dans Titanic, ça ne manque pas : les méchants (pourtant américains) sont de parfaits anglais, cul-serrés comme il faut. Ils se prennent « pour des rois », comme le dit Hockley, le futur mari de Rose. Des rois ? Une hérésie pour les américains, qui se sont débarrassés de la monarchie les premiers. A l’opposé, le héros vit à fond de cale, avec ses amis irlandais. La « vraie fête » à laquelle il invite Rose est une fête irlandaise, où l’on pratique un melting-pot et une ambiance décontractée, purement US, ce n’est pas les verres de Brandy qu’on déguste en première ! D’ailleurs nous rappelle-t-on, ce bateau est irlandais, construit à Belfast. Pendant le naufrage, un des amis de Jack insulte les stewards : « Salauds de britanniques ! ». Et la musique, si particulièrement mémorable : un thème irlandais omniprésent pendant tout le film.

Depuis, Cameron, tétanisé par le succès de son film, n’a plus fait que des documentaires, dont un sur le Bismarck. La thèse du documentaire était que le célèbre navire avait été sabordé par les allemands, et non coulé, ce dont s’enorgueillissait depuis 1941… les anglais.




mercredi 9 mai 2007


Sunshine
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Il y a une scène géniale dans The Player, de Robert Altman, très éclairante sur les mœurs hollywoodiennes en matière de scénario. Un jeune scénariste de talent obtient -enfin !- un rendez vous avec un ponte du Studio. Celui-ci lui demande de pitcher son film : « Tu as deux minutes ». Le scénariste pitche donc :
– « Vous avez aimé Alien ? Vous avez aimé Pretty Woman ? Imaginez l’histoire de Pretty Woman transportée dans l’univers d’Alien ! »

Au-delà de la blague, beaucoup de films peuvent être résumé à une simple équation. Et ce sont souvent de mauvais films, puisqu’ils ne sont que la somme de deux formules déjà rodées, et pas une nouvelle équation…

Sunshine peut se résumer ainsi :

Alien (8 astronautes, perdus dans l’espace, personne ne les entend crier)
+
2001 (ordinateur qui déraille, réalisme techno)
+
Solaris (version Soderbergh, pour l’esthétisme glacé)
=
Sunshine

Pourtant, Sunshine vaut mieux que ça, même s’il n’est pas exempt de défauts. D’abord c’est un film de SF sérieux. Rare. On y croit de bout en bout, alors que pourtant l’intrigue est un copier/coller de la production US : le soleil est entrain de mourir ; des astronautes doivent déposer une bombe nucléaire sur le soleil pour le faire « repartir ». Malgré cet argument scientifique épais comme une feuille de cigarette, bizarrement, on ne se pose pas la question de tout le film.

Ensuite c’est un film d’action sérieux. Moins rare, mais les rebondissements s’enchaînent avec plaisir, et on finit même par s’inquiéter pour eux.

Enfin, c’est un film européen (anglais pour être précis, dirigé par Danny Boyle), donc on nous épargne les traditionnels bons sentiments de rigueur dans ce genre d’entreprise.

Les acteurs sont bons, vus ailleurs : Michelle Yeoh (Tigre et dragon), Cillian Murphy (Red Eye), Chris Evans (4 fantastiques)

Un défaut néanmoins. Comme tous les réalisateurs de sa génération, Boyle est dépassé par sa tentation clipesque. Au bout d’un moment, ça suffit. Ca finit même par obscurcir l’intrigue. On ne voit plus rien, donc on ne comprend plus rien.

Mais pour le reste, c’est à voir…




mardi 1 mai 2007


Next
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

On est aussi dans le registre de la GCA (Grosse Connerie Américaine). Mais là, c’est très mauvais. Nicholas Cage est mauvais. (Et en plus il est moche, avec une perruque hallucinante). Julianne Moore est mauvaise. Le scénario ne tient pas debout (normal, on est chez Philip K. Dick, mais ses autres adaptateurs avaient fait au moins un effort de traduction)

Mais surtout, Next est incompréhensible : un groupe de terroristes français veulent faire sauter une bombe atomique à LA (on ne sait pas pourquoi). Julianne Moore, du FBI, veut engager un magicien qui voit le futur (2 minutes dans le futur, exactement). Lui refuse, et s’enfuie (on ne sait pas pourquoi). A la fin, il accepte de collaborer (on ne sait pas pourquoi).

Ce genre de film est toujours mystérieux à Hollywood. On a du mal à comprendre comment Next a pu passer à travers les mailles du filet – d’habitude ultra serré – de la production. Personne n’a vu qu’on allait dans le mur, dès le scénario ?

A voir uniquement pour le sourire de Jessica Biel.




mardi 1 mai 2007


Shooter (Spécial dédicace Virginia Tech)
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Hasard malheureux de la programmation, ce film sort au moment du massacre sur le campus américain. Pour tous ceux qui hurlent avec les loups, qui jubilent d’incompréhension devant le « lobby des armes aux USA », sans chercher à comprendre la profonde (et tragique) spécificité US dans ce domaine, ce film apportera un étonnant éclairage.

Disons-le tout de suite, Shooter poursuit la tendance du retour à la GCA, (Grosse Connerie Américaine). Et on est servi ! Mélange de Rambo, de Sniper, Commando, le scénario frôle le grotesque en permanence. En deux mots : Bob Lee Swagger, ancien sniper US qui a perdu son pote en Ethiopie (normal, il venait lui montrer la photo de sa fiancée, qui veut devenir infirmière (dans ces cas là, on se dit : « Toi mon pote, tu vas mourir dans les 30 secondes »)

Après ça Bob Lee Swagger démissionne de l’armée. Il vit dans son chalet au cœur de la montagne, avec son chien qui boit de la bière (authentique) qui s’appelle Sam (re-sic, Oncle SAM, vu l’allusion ?)

Mais il se retrouve mêlé à un assassinat du président des Etats-Unis. Immédiatement accusé, on tente de le tuer, il est blessé, et il se disculper avec l’aide d’un agent du FBI et l’ex-femme de son pote, (qui est infirmière, pour ceux qui ne suivent pas). Il se disculpera évidemment avec subtilité (à coup de chargeurs de 5.56mm et de pains de C4).

Ce qui est étonnant c’est que le film passe de l’extrême gauche (la dénonciation du pillage de l’Afrique, des politiciens véreux, des massacres dans les pays en développement cachés par l’administration US, à l’extrême droite (droit de porter une arme, de se faire justice soi-même, « tous pourris », etc.)

Vous l’aurez compris, c’est néanmoins assez réjouissant : scènes d’action rigolotes (hélicoptères, napalm, FBI) ; coups de feu dans tous les sens ; allusions (obligatoires) à l’assassinat JFK ; mais surtout dialogues cultes ! Avec probablement la meilleure réplique de l’année :
Viens, Bob, laisse tomber !
– Mais tu comprends pas, c’est sérieux ! ILS ONT TUE MON CHIEN !