lundi 13 mars 2006


Le Nouveau Monde : Absence de Malick
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Le style ne fait pas tout ; je viens de l’apprendre à mes dépens. Fan absolu de La Ligne Rouge, et même de Badlands, j’attendais comme le messie le nouveau Terence Malick. Pourtant, ce film prouve que le cinéma pas une science, ni un art, mais fait bien partie des pratiques magiques. Avec les mêmes ingrédients (narration déstructurée, montage « musical », film choral avec multitude de personnages, beauté de la musique et de l’image), on obtient des résultats absolument inverses.

Pourtant c’est le même homme aux commandes, la technologie n’a pas changé, les thématiques Malickiennes sont toujours là, mais Le Nouveau Monde est un échec pour les mêmes raisons qui font de La Ligne Rouge un chef d’œuvre.

L’histoire, donc. Le capitaine John Smith découvre l’Amérique et Pocahontas, elle le sauve et tombe amoureuse de lui. Il l’en dissuade. Elle rencontre un autre, qu’elle n’est pas sure d’aimer. Y’avait il matière à faire un film ? Sûrement, Disney l’a fait avec les dégâts que l’on sait* mais ici, Terrence Malick ne va quand même pas s’abaisser à raconter une histoire… Non, il a des thèmes à évoquer, le panthéisme, la place de l’homme dans la nature, tout ça. Donc on ne saura rien des motivations des personnages, des débats qui agitent les indiens qui seront survolés par de belles images planantes et une voix off pénible « où suis-je ? » « que penses tu mon amour ? », le tout en filmant des arbres vus d’en dessous, de l’eau sur les pierres, des poissons. Bien sûr les indiens sont beaux et gentils, et Pocahontas a dégoté une très joli minijupe qui lui va fort bien. Par contre, les anglais sont sales, cannibales, et leurs femmes sont moches. Heureusement ces clichés vont disparaître à la moitié du film, quand arrive Christian Bale, le nouveau M. Pocahontas. Là, le film reprend un peu corps, une tension dramatique s’installe. Pourquoi ne l’aime-t-elle pas ? Retrouvera-t-elle John Smith ? Il faudra patienter jusqu’à un final splendide qui, malheureusement, ne sauve pas nos deux heures d’ennui…

Le style, qui enluminait la structure classique du film de guerre (avant la bataille, la bataille, après la bataille) ici plombent le film, parce qu’il n’y a pas cette structure « classique » qui sous-tend tout le reste. Quelques exemples : les faux raccords sont ici insupportables, la musique mange toute l’image, et particulièrement l’utilisation du concerto n°23 de Mozart, complètement anachronique. Les acteurs sont absents, et le manque d’histoire est flagrant.

La Ligne Rouge , ou Badlands, proposait avec le même style les qualités inverses. Il y a avait la même thématique, certes, les mêmes effets, mais l’histoire était suffisamment forte pour porter ces thèmes, nous amener à y réfléchir. Chaque personnage avait son histoire à raconter, son drame personnel, et la bataille y était un aboutissement, tandis que la scène finale avec Clooney, montrait qu’il n’y avait pas de happy end final mais que la guerre ne serait qu’un incessant recommencement…

Cela fait de la peine à voir chez quelqu’un comme Malick, mais ici, nulle histoire, que du thème, que du style. Malheureusement, c’est loin de faire un film ; nous ne sommes pas à la Géode ; des belles images peuvent amener la rêverie, mais guère plus…

* une enfant interrogée sur Europe 1 à la sortie du film avait adoré Pocahontas, parce que (sic), il montrait que les indiens et les êtres humains pouvaient s’aimer




dimanche 12 mars 2006


Bubba Ho-Tep
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

C’était tout d’abord le retour de deux anciens Don Coscarelli (Dar l’Invincible) et Bruce Campbell (L’armée des ténèbres.) Je sais, ça ne sonne pas comme le nouveau Terence Malick ou le retour de Greta Garbo, mais pour le cinefaster moyen, ça le fait…

L’histoire en deux mots : dans une maison de retraite texane, vit le vrai Elvis … car, le saviez vous, il a échangé sa vie dans les années 70 contre celle d’un de ses innombrables imitateurs qui sillonnent l’amérique. Et c’est cet imitateur qui bien sûr est mort à sa place. Il vit avec un vieux noir qui prétend être JFK… ces deux-là, presque impotents, vont devoir sauver leur collègues retraités d’une terrible menace, le retour de Ho-tep, une momie égyptienne qui aspire les âmes. Comme vous pouvez le voir, le pitch le fait grave !

Mais ça s’arrête là, car nous pouvions avoir- au choix – une joyeuse parodie, un film d’horreur nanar tout à fait acceptable à la Arac Attack, mais il n’en est rien : le film est poussif, pas drôle, et ne fait évidemment pas peur…

Au final, un échec…

A moins que… dans mon sommeil m’est venu une autre analyse, plus personnelle celle-là : je pense que ce film ne marche pas, ne nous distrait pas, car il est aussi horrible que la Vérité. Aussi horrible que le vie elle-même…

Ne sommes nous pas condamnés, en effet, comme Elvis et JFK, à finir dans de sordides maisons de retraites, à se faire astiquer le pénis par des infirmières acariâtres au ton condescendant, pour de malheureuses raisons médicales ? N’avons-nous pas raté nos vies artistiques, et laissé en chemin nos idéaux ? N’avons nous pas raté, comme ces deux là, nos vies familiales ? Avons-nous aimé assez nos femmes et nos enfants ? Leur avons-nous dit ?

Au-delà, aucune happy end n’est possible : on ne triomphe pas de la mort, on peut juste espérer sauver son âme …




vendredi 10 mars 2006


Bravo Jean-Luc !
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Jean-Luc Morandini, qu’on a connu sous de pires auspices télévisuels, mène aujourd’hui sur Europe 1 une excellente émission sur les médias. Mieux, il se lance dans le combat du siècle : la diffusion dans l’ordre des séries télé !

Rejoignez ce combat juste et primordial sur son blog

Ou sur le site d’Europe 1




vendredi 3 mars 2006


Sheitan v/ Hostel
posté par FrameKeeper dans [ Les films ]

Et bien il n’y aura ni suspense ni photo…. Tarantino s’est en effet finalement convaincu de poursuivre en tant que producteur sa brillante nouvelle carrière « d’escroc cinématographique » commencée comme réalisateur avec Kill Bill 1+2 = -1. Mais au moins, lorsqu’il signe directement ses forfaits, il y met les formes et à défaut de pouvoir être suivis sans malaise au cinéma, les deux opus susvisés se laissent voir par courts extraits à la télé. Ce n’est pas le cas de Hostel qui est filmé avec les pieds (niveau « Coeur des hommes » pour situer), joué par des amateurs et surtout scénarisé par un recalé de chez Walt Disney.

Présenté comme un quasi snuff-movie, ce film est en réalité sur un pur plan sadique très loin derrière le moindre film de Rohmer, sans même pouvoir évoquer Assayas ou Doillon. Quant aux ténors du secteur ( cf. Kalifornia ou même Saw). ils sont évidemment hors d’atteinte.. Peckinpah peut dormir tranquille … (et si vous trouvez que la scène de viol d’Irréversible mérite une mention, regardez plutôt celle des Chiens de paille tournée 30 ans avant…)

Bref, encore un effort M. Tarantino, Kitano et de Palma sont à votre portée….

En ce qui me concerne, j’ai perdu 9,5 € et une deuxième partie de soirée mais en souvenir de Salma Hayek dans une nuit d’enfer, aucune autre plainte ne sera déposée…

Allez donc plutôt voir Sheitan qui démontre qu’à budget égal, les européens peuvent largement toller les ricains…

Biz

 

 




mardi 28 février 2006


Pile et face
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

J’ai vu, à deux semaines d’intervalles, deux films aux exacts opposés de la production cinématographique actuelle : Fauteuils d’Orchestre et Walk The Line. Pas de suspense inutile : deux échecs !

Mais deux échecs intéressants comme dirait Luc Besson, qui prétendaient à l’époque du Grand Bleu ne voir que des mauvais films, pour « apprendre ». La méthode ne me semble pas mauvaise et je vous incite donc à aller voir ces deux films, pour les raisons opposées ci-dessous.

Il y a de chaque côté les travers habituels de ces cinémas nationaux : le film français a un scénario mais c’est filmé en amateur. Le film américain est parfait techniquement, mais n’a pas de scénario.

Regardons cela en détail : dans Fauteuils d’orchestre, une jeune femme provinciale (Cécile de France, toujours aussi bien) va découvrir le petit milieu de l’avenue Montaigne. Coup de chapeau à Danielle Thompson : ce traitement d’un quartier au travers d’une galerie de personnages (le riche collectionneur, le pianiste dépressif, l’ouvreuse) comme celui-là aurait vite pu tourner à la farce UMP, ou à la caricature épaisse. Il n’en est rien. C’est un film choral, comme on dit, mais n’est pas Robert Altman qui veut. Si le propos est relativement subtil, la mise en scène ne l’est pas. C’est pas compliqué : y’en a pas ! Les acteurs ne sont pas dirigés (à cet égard, la contre performance de Dupontel est à mettre au débit de Mme Thompson ; il aurait pu faire des merveilles, si on l’avait dirigé). Mais ce n’est pas tout : ce n’est pas cadré, ce n’est pas monté, pour reprendre le mot de Tomer Sisley, c’est le cinéma français : « Coupez ! Coupez ! c’est de la merde , on la garde ! » Les acteurs font leur numéros : quand c’est bien casté (Brasseur, Rollin, de France), ça passe. Ils font leur show et ça correspond au personnage. Mais quand c’est le fils Thompson en jeune prof amoureux, ouille ouille ouille…

A l’exact opposé se trouve Walk the Line : filmé à la perfection par James Mangold (qu’on a connu plus inspiré sur Copland), l’objectif est d’enterrer avec les honneurs le Johnny Halliday ricain, à savoir Johnny Cash. Pour ceux, qui comme le professeur, goûtent les paroles salées de ce chanteur country, il y avait de quoi faire : cocaïnomane, dépressif, taulard, l’idéal. C’était sans compter le marketing et la légende qui entoure Cash depuis sa mort l’an dernier. Dès le générique, l’affaire est pliée : produit par son fils, basé sur son autobiographie, ça va pas casser des pattes à un canard déprimé par la grippe aviaire… On enfile donc les perles pendant deux heures, le tout n’étant que prétexte à lancer les chansons du maître : une scène résume le propos. Les acteurs sont très beaux, jouent très bien, l’Amérique des années 50-60 est rendu à la perfection, mais, malédiction du biopic, il n’y a rien pour nous faire frémir : on sait ce qui va se passer…

A quand Danièle Thompson sur la bio de Johnny ?




lundi 6 février 2006


Munich-Jarhead
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Un petit mot pour dire que le premier est excellent et que le deuxième ne vaut pas tripette. J’échange 3 Mendes contre un baril de Spielberg, même si c’est pas parfait. Le Steven se perd un peu un route son débat moral « Peut on tuer sans perdre ses valeurs », mais à part ça le niveau du débat pour un film américain d’entertainer comme Steven vaut le détour. Jarhead , au contraire, fait dans l’antimilitarisme primaire caché derrière un hommage à Apocalypse now et Full Metal jacket. Ca ne suffit pas bonhomme ! C’est beau mais c’est tout.

J’y reviendrais si j’ai le temps, mais ca me conforte que le Sam Mendes (American beauty, Les Sentiers De La Perdition, Jarhead)… est le plus bel enlumineur de bouse de West Hollywood…




dimanche 5 février 2006


Good night and Good Luck
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

L’enfer est pavé de bonnes intentions. On veut faire un film sur Mac Carthy, sur le journaliste que révérait son papa, un parallèle sur l’Amérique d’aujourd’hui … et on fait un docudrama incompréhensible…

George Clooney est respectable, multi respectable, même : acteur TV pour midinette devenu acteur sérieux, capable d’enchaîner du blockbuster et du film politique, beau gosse et pas con ; il a tout pour plaire, surtout quand il fait le producteur (Solaris, K Street, Syriana), et même son premier film (Confessions d’un homme dangereux>) était très bien.

Là, tout est bon (castings, direction d’acteurs, acteurs) mais le film est chiant…




dimanche 5 février 2006


Sideways, l’escroquerie critique
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Bon c’est pas un mauvais film. C’est un road movie sur les quadra plutôt sympathique, avec quelques bonnes scènes. Ca se laisse voir, donc !

Mais dire que c’est meilleur film indépendant de 2005 !!!

Studio Magazine – Thierry Cheze
« Payne a bâti, avec application, une fable légère et totalement jubilatoire. (…) Sa mise en scène sait se faire discrète pour laisser place aux mots. (…) Sideways est tout le contraire d’une oeuvre mortifère. Porté par un formidable quatuor d’acteurs, dont la virtuosité n’a d’égale que la profondeur de jeu, il se déguste comme l’on boit un grand millésime. avec respect, envie, et un plaisir infini. A votre santé ! « 

Ciné Live – Philippe Paumier
« L’Amérique telle qu’on oubliait de l’aimer, fantasque et sentimentale, embrassée par la délicatesse d’Alexander Payne: c’est l’une des plus divines déclarations d’amour à l’humain, c’est une déchirante histoire d’amour tout court. A la santé du quatuor vedette ! »

Elle – Elisabeth Quin
« Un road-movie au charme fou, très drôle. (…) Boire, parler, et encore boire, avec des rencontres de passage. Depuis quand ca suffit à faire un très bon film américain, subtilement politique ? Depuis Alexander Payne, qui dose admirablement la comédie de moeurs, la satire et la romance. « 

Le Figaroscope – Jean-Luc WACHTHAUSEN
« Avec quatre acteurs méconnus et une intrigue toute simple, Payne développe un propos humaniste, épicurien et, par chance, il évite l’écueil du vin triste dans lequel se glisse juste un peu d’amertume. Message reçu aux Etat-Unis où Sideways est devenu le film phénomène  »

Heureusement, il y a les Cahiers du Cinéma – Charlotte Garson : « Aimanté par le tourisme beauf qu’il chatouille, Alexander Payne chemine mollement sur l’autoroute du Buddy Movie initiatique aux gags poussifs. « 




jeudi 26 janvier 2006


From Hell
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Par des effets dont le hasard a le secret, me voilà replongé dans Jack L’Eventreur. Mon beauf, fou de BD, m’a offert From Hell de Alan Moore il y a deux ans. Je l’ai lu, je suis poli, c’est mon beauf. En fait c’est pas vrai, j’avais vraiment envie de le lire. Mais ca ne m’a pas plu. Faussement intello dans le dessin, vraiment intello dans le scénar. Incompréhensible. Je vois le film, From Hell, objet de cette chronique (ça vient, ça vient…) : nul. Simpliste. BD. Cliché. Anti-Hitchcokien.

Mais quand même ça me traîne dans la tête. Je m’achète un jeu, London 1888, sur le même thème. Ca me donne envie de la relire, cette BD. Que je trouve géniale cette fois-ci (sauf le dessin). Et puis, pourquoi pas revoir le film ? C’est fait depuis ce soir. J’avoue qu’il remonte un peu dans mon estime, parce que je l’ai vu d’un autre œil. Attention, la chronique commence là :

En fait, c’est le même problème que le Seigneur des Anneaux. Si on juge comme un film lambda, c’est nul. Si on accepte de voir l’immensité de la tâche que ça représente, le résultat est acceptable (voire plutôt réussi pour le SDA).

Dans From Hell, BD multi-acclamée par la critique, il y 500 pages ; on parle de Whitechapel, du socialisme, des Francs Maçons, de l’histoire de Londres, de la Reine Victoria, de la vie du flic qui enquête, Abberline. Et surtout, on hitchcockise : dès le départ, on sait qui est Jack. Comme dirait Alfred, on s’en fout de savoir qui c’est, on veut juste savoir s’il va se faire prendre.

Dans un film hollywoodien d’une heure trente dont le but avoué est de toucher les kids US qui jouent à Vampire, Le jeu de Rôle, et à tous les fans de musique gothique, c’est pas si facile. On vulgarise. Et c’est là que From Hell, le film devient intéressant, parce qu’américain. Je précise qu’Alan Moore est anglais.

Or From Hell, le film, aligne toutes les américaneries nécessaires.

J’ai une théorie, en effet. Pour les américains, l’ennemi, c’est l’anglais. Il suffit de voir le nombre d’anglais qui jouent les méchants dans les films américains. Alan Rickman dans Robin des Bois (alors que le reste du cast de Nottingham est US, il y a même Morgan Freeman), Alan Rickman dans Die Hard, Jeremy Irons dans Die Hard, Geoffrey Rush dans Pirates des Caraïbes, Kenneth Branagh dans Harry Potter, Ralph Fiennes dans La Liste de Schindler ou Dragon Rouge, Anthony Hopkins dans Le Silence des Agneaux, Ian Holm dans Alien, etc., etc. Si ce ne sont pas des anglais, ils prennent l’accent anglais…

Pourquoi ? C’est assez simple. Dans l’imaginaire américain, ce sont les colons, les Habits Rouges, les brits. Les vrais américains sont italiens, norvégiens, allemands ou… irlandais. Les autres ne sont que l’incarnation de la puissance occupante. (Voir également The Patriot, où les anglais sont traités comme des nazis…)

Et comme par hasard, dans From Hell, on retrouve ces éléments, extrêmement grossis par rapport à la BD, alors qu’ils ne sont que des détails dans cette dernière. Par exemple, l’aspect Irlandais de Marie Kelly devient très important dans le film. Jouée par une blonde (Heather Graham outrageusement teinte en rousse), Mary Kelly l’irlandaise est sauvée dans le film, alors qu’elle meurt (comme dans la réalité) dans la BD. Elle passe d’ailleurs du statut de victime anecdotique à un rôle de personnage principal, puisqu’une intrigue amoureuse la lie à Johnny Depp (Abberline). D’autres références à l’Irlande sont présentes : l’ami d’Abberline lance une fausse bombe en craint « Libérez l’Irlande !!!» pour détourner l’attention de la police qui le cherche. La fin du film, grandiloquente happy end à l’opposé de la BD, se déroule dans une Irlande de rêve, sur la côte verdoyante de l’atlantique (le côté qui regarde les Etats-Unis)

Autre point américain : la persécution des juifs est amplifiée dans le film (on sait l’identification très forte des américains au peuple hébreu, l’un des trois mythes fondateurs des Etats-Unis).

Ensuite, les frères Hughes qui réalisent ce film prennent un parti anti-hitchcokien : ils font un whodunit. Qui, effectivement, est Jack ? Ce parti-pris semble un peu ridicule puisqu’on a lu la BD ! Mais non, bêtes que nous sommes, le film ne s’adresse pas à nous ! On n’est pas en Europe ! On s’adresse à la masse des mangeurs de pop corn qui peuple les salles US. Pas le malheureux littéraire qui a lu le Da Vinci Code ! Donc on peut tout se permettre. Et, à la revoyure, ça marche pas mal. Des indices contradictoires sont glissés dans tout le film, qui peuvent suivre l’une ou l’autre des pistes. Ce suspens est finalement assez bien fait. Ensuite, on résume, on simplifie, on fait dans le cliché : WhiteChapel, c’est sale, on le montre. Pourtant les filles, présentées comme moches et bêtes dans le BD, sont plutôt bien maquillées dans le film. Elles ont des robes facilement reconnaissables : rouge pour l’une, verte pour l’autre, comme ça on peut pas se tromper. Elles ont un accent à couper au couteau, ça fait bien couleur locale. Les méchants ont des gueules de méchants. Les francs-maçons ont les cheveux blancs. Les gars de la haute sont insupportables. Facile. Efficace.

Et au final, on realise qu’ils ont réussi à glisser pas mal d’idée de la BD dans le film. Même s’ils ont perdu l’esprit en route, comme dans le Seigneur des Anneaux…




mercredi 25 janvier 2006


Bon anniversaire !
posté par FrameKeeper dans [ A votre VOD -Pour en finir avec ... ]

Pour en finir avec la Tonton-mania

10 ans déjà… 10 ans que le héros d’une aventure commencée le 10 mai 1981 n’est plus. Bon on va pas vous faire le coup de « Tonton reviens ils sont devenus fous » ni celui de « Ah Mittrand .. oui je me souviens.. l’attentat de l’observatoire … et l’envoi des premières troupes en Algérie » … Cinéfast n’est pas un blog politique et n’ambitionne pas de l’être.. A Dieu ne plaise.. Du Cinéma rien que du Cinéma mais tout le Cinéma.

Simplement, force est de constater que, par comparaison, au hasard, avec la révolution bolchévique, la période mittérandienne n’aura pas inspiré au 7ème art les mêmes chefs-d’oeuvres.. question d’époque surement…

Je m’en tiendrais à deux exemples, qui symboliquement et commodément ont immortalisé le début et la fin du règne… Etat d’âmes donc pour la génèse de l’épopée et Le promeneur du Champ de Mars pour le chant crépusculaire..

Etat d’âmes, pour ne rien vous cacher, je ne l’ai pas vu depuis un moment et ma mémoire peut me trahir… mais c’est déjà une scène d’anthologie: le départ de Giscard qui effectivement, malgré sa cruauté qui lui vaudrait surement aujourd’hui une interdiction au moins de 16 ans (à côté Irréversible c’est un peu « l’enfance de Candy »), vaut son pesant de Curly.. c’est aussi une présentation « choralistique » avant la lettre de toute une génération de jeunes premiers bien sous tous rapports… Cluzet, Deluc, Renucci, Karyo et JP Bacri.. nobody’s perfect..

Il faudra un jour que le Cinéma français reconnaisse sa responsabilité dans le massacre de tant de jeunes talents.. et que l’on dresse un monument à ces Xavier D., Mevil P. , J. Bonnaffé et autres Nicolas Duvauchelle… Tchéky.. t’as bien fait de te barrer… Bacri.. tu peux dire merci à ta gonzesse..

Quant au « promeneur », il vaut.. par la performance de Michel BOUQUET of course (à côté Raging Bull c’est un peu « Fantomas en Ecosse ») et puis par..

Bon on est pas là non plus pour dire que du mal et puis sincèrement, tout le monde peut se louper (enfin là c’est quand même chaque plan, chaque prise, chaque cadrage.. à ce point là.. même en faisant exprès .. c’était pas gagné.. même dans le Coeur des Hommes y’a un ou deux plans … enfin au moins un, si je me souviens bien y’a une vue du sacré coeur qu’est pas mal du tout.. )

Plutôt que d’être bêtement négatif à la Libé ou à la Le Monde, je vous propose une expérience de physique amusante…

Réunissez-vous entre bons potes.. un soir … essayez un peu d’équilibrer entre les tontons maniacs, les pas trop, les amoureux de Cartier Bresson, ceux de David Hamilton, servez un peu d’alcool .. et lancez l’un des deux DVD… commencez quand même par le « Promeneur ».

Logiquement, après 5 mn de politesse (ce film est quand même classé dans le top ten des lecteurs de Télérama), y’en a bien un qui va remarquer que le cadrage ferait vomir un assistant des Frères Dardenne .. un autre, qui par exemple en hommage à Jean Yann, est en train de relire tout Peguy dans la Pléiade, va bien pouffer en entendant Mittrand s’extasier sur cet auteur injustement banni de nos bibliothèques.. un troisième, versé dans l’actor studio, va bien remarquer que Jalil Lesperts a décidemment tous les talents et qu’il pourrait parfaitement jouer le mur dans le Songe d’une nuit d’été.. (y’a photo avec Nicolas D.) on n’y verrait que du feu..

A partir de là, ne faites plus rien… lâchez vous …. c’est parti pour 1h50 de rire absolu et si ça n’est pas assez, regardez le bonus.. l’interview vérité de Guédiguian, qui ferait un Jean Schultès tout à fait crédible, c’est que du bonheur.. pour vous dire.. nous on n’a pas tenu jusqu’à la fin.. trop dangereux.. on était au bord du malaise… et puis faire venir SOS médecin en banlieue à minuit…

Allez essayez.. vous nous remercierez plus tard..

Biz