lundi 24 juillet 2006
Fog of war
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Ce documentaire, sorti en 2003, vient d’être découvert en DVD par votre serviteur. Je ne saurais trop le recommander à tout ceux qui bêlent habituellement avec les loups, ou pleurent avec les moutons* : « la guerre c’est dégueulasse », « salaud de yankees », « salauds de russes », etc. Ces interjections diverses variant à chaque conflits (on pourrait mettre « salauds d’israéliens » en ce moment, par exemple.)
Pourtant, la Guerre est là, elle existe, c’est une variable incontournable de l’humanité. La question n’est pas de faire la « Dernière Guerre », comme l’espérait W. Wilson en 1918, mais bien -comme le dit si justement Robert Mc Namara- « quelle quantité de Mal est on prêt à faire, pour faire le Bien ».
C’est ainsi, en onze leçons documentées, de 1918 à aujourd’hui, en passant plus spécifiquement par les guerres « fréquentées » par Robert Mc Namara (Seconde Guerre Mondiale, mais surtout Crise des Missiles, Baie des Cochons et Guerre du Vietnam), que Fog of War se déroule, apportant les éclairages d’un acteur de l’intérieur, confronté à ses erreurs, à ses doutes, à ses propres contradictions. Et on voit, dans les larmes d’un homme de 90 ans, que faire le mal pour faire le bien, ce n’est pas facile tous les jours…
*n’est-ce pas M. Jeunet ?
dimanche 23 juillet 2006
Les Berkman se Séparent (comment je me suis divorcé, ma vie sexuelle)
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Ceux qui crachent sur le cinéma américain, symbole de grosse machines et autres films de super héros en collant rouge, eh bien ceux-là ne vont tout bonnement jamais au cinéma. Car le cinéma yankee produit aussi chaque année des petites merveilles à l’européenne (que le conseil d’administration de CineFast me pardonne cette incartade).
Les Berkman se Séparent font partie de celle-là. On dirait du Woody Allen, si celui-ci avait du talent. 4 personnages se déchirent en une heure vingt, au cœur de New York, en 1986. Pourquoi 1986 ? On ne le saura jamais, mais sûrement qu’il y a du vécu là-dedans. Les acteurs sont formidables : Jeff Daniels, en divorcé imbu de sa personnalité, et de son (maigre) talent d’écrivain, n’arrive pas à digérer que sa femme le quitte (et qu’en plus, elle ait du talent et se fasse publier). Dans cette dérive, il essaie d’emmener son aîné, son fils préféré (génial Jesse Eisenberg, qui suit le schéma paternel en essayant de faire croire au gala de l’école qu’il a écrit Hey You des Pink Floyd). En face, Laura Linney, la mère protège son cadet (Owen Kline), qui profite lui du divorce pour découvrir les clopes, l’alcool, et de manière un peu frénétique, la masturbation.
Le tout se terminera devant une pieuvre géante, sans explication inutile…
Bref, un film à voir absolument avant de divorcer.
*Pour l’anecdote, c’est produit par Wes Anderson (La vie Aquatique) la pieuvre ?
dimanche 23 juillet 2006
Vol 93
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
L’histoire est toujours plus émouvante que la fiction. L’adapter au cinéma, c’est une autre affaire. Pour quelques Titanic réussis (option love story prenant le contre-pied d’une histoire archi-connue), combien de biopics et de films de guerre ratés ?
Paul Greengrass, lui, a depuis longtemps pris une autre voie : celle du documentaire fictionnalisé. Ca avait donné un résultat assez flambant à Bloody Sunday, et ça marche à nouveau pour United 93.
Pourtant, cette fois ci le sujet est super casse-gueule. Un brit s’emparant d’un sujet ultra patriotique, dans des USA tendus jusqu’à la corde sur ce sujet, 11 septembre et terroristes musulmans. Il fallait une grosse paire de cojones pour s’y attaquer et… réussir.
Car en restant sur des principes intangibles : pas de psychologisation, pas de héros, pas de scènes d’exposition, pas de pathos (et notamment une fin exemplaire), il reste tout bonnement collé à son sujet et passionne de bout en bout.
Les terroristes ne sont pas d’affreux barbus, mais des types perdus dans une tourmente plus grande qu’eux. Les passagers ne sont pas héroïques mais courageux.
Courageux, parce qu’il n’y a tout simplement plus rien d’autre à faire.
mardi 18 juillet 2006
Qui m’aime me suive…
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Toutes proportions gardées, Qui M’aime Me Suive pose le même problème que La Colline A Des Yeux : A quel film avons nous affaire ? Une comédie, sur les émois d’un trentenaire chirurgien qui veut faire de la musique ? Un drame, sur les illusions perdues, sur l’impossibilité d’être ce que l’on sent, au fond de soi ?
Au fond, Benoît Cohen voudrait bien mettre un peu de tout ça, sans vraiment choisir. Mais c’est pas possible, ça. Il faut choisir, au bout d’un moment !
On ne saura jamais quel film Qui m’aime me suive… aurait pu être, parce que Benoît Cohen ne mettra jamais les curseurs à fond sur l’une ou l‘autre de ces possibilités scénaristiques. C’est dommage, parce qu’il il y avait la possibilité de faire les deux, … mais pas en même temps !
Il reste des moments sympas, un casting de copains qui avait fait le charme de Nos Enfants Chéris. Mais c’était une comédie, certes douce-amère, mais clairement une comédie.
lundi 17 juillet 2006
Le retour des disparus (Lost)
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
C’est reparti pour une vingtaine d’heures d’angoisse… C’est pas tant qu’on s’inquiète du sort de nos chers disparus (prévoyez un mort, tout de même, c’est le minimum syndical), mais c’est plutôt une histoire d’angoisse existentielle : Mais Où Sont-Ils Donc Tombés ?, Mais Qui Est Donc Ce… ? Que Vont-Ils Découvrir Dans ?
Et surtout : Mais Pourquoi ?
Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi le numéro gagnant du loto est le même que sur le caisson de quarantaine ? Pourquoi Jack ne couche pas avec Kate ? Oui, Pourquoi ???
Mais l’angoisse, c’est surtout que, si on s’intéresse un tant soit peu à la production hollywoodienne, on sait qu’il n’y a pas de réponse à cette question ! A l’instar de la fin de 24 heures (trois fins avaient été tournées), des X-Files (une fin remplissage-synthèse-bouche-trou), on sait que les télés s’en foutent ; Et que pour une fin géniale (Six Feet Under), on endurera le pire sur nos séries préférées…
Donc on imagine déjà la scène : JJ Abrahams pitchant Lost pour ABC :
– « Bon ben voilà c’est quarante gus qu’on survécu à un accident d’avion. Mais y’a des bestioles sur l’île, et puis une vieille folle très inquiétante… y’aura des histoires d’amours entre les persos, et surtout on découvrira dans chaque épisode la vie antérieure de nos personnages, qui ont des indices troublants sur ce qui se passe sur l’île… »
Au fond de la salle du comité de lecture, un gros ponte d’ABC se réveille :
– « Ah bon… c’est pas mal ça ! Ca nous fait quarante épisodes, alors ? »
Jay, Jay, tout content :
– « Ben, oui ! »
Le gros ponte :
– « Et, au fait pourquoi donc ils sont tous là ? C’est le Purgatoire ? Un rêve ? Une expérience extraterrestre ? »
Jay Jay, ménageant ses effets, tout en tirant une bouffée sur son Montecristo :
– « En fait, boss, j’en sais diantre rien… Et je vais vous dire la vérité : on s’en fout ! Quand il faudra écrire la suite, je serais barré depuis longtemps… Et vous aussi ! Et pis de toutes façons la part de marché sera à 7%, alors, la fin, vraiment, on s’en balance !! Faudra faire vite et pas cher ! »
dimanche 16 juillet 2006
Le retour de l’homme sur la lune ?
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Ne ratez pas dès demain, la énième mais formidable rediffusion de l’excellente série de Tom Hanks, De la Terre à la Lune. Excellente car à la fois pédagogique, didactique, formidablement scénarisée, la série produite par HBO s’attache non pas à Neil Armstrong et consorts, mais surtout aux personnages secondaires : un épisode est consacré à l’ingénieur qui conçoit le LEM, un autre au journaliste qui couvre la saga Apollo, etc. Un épisode est même entièrement consacré à Louis Lumière !
A ne pas rater, donc.
Paris Première, 22h45 (deux épisodes)
mercredi 12 juillet 2006
Tournage dans un jardin anglais
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Il y a un genre qui marche presque à tous les coups, c’est le film sur le cinéma : Sunset Boulevard, Ca Tourne A Manhattan, The Player, ça donne toujours d’excellents films, comme si Hollywood avait toujours plein de choses (intéressantes) à raconter sur le sujet.
Ici, c’est l’anglais Michael Winterbottom qui s’y colle. N’étant pas un spécialiste de l’œuvre Winterbottomienne, je sais juste que c’est un garçon assez protéiforme, capable du pire comme du meilleur, du brûlot docu-drama (le récent Road To Guantanamo), du porno soft et rock (9 Songs) et du docu-fiction déjanté (le seul que j’ai vu, à savoir 24hr Party People). En tout cas, il y avait une patte dans 24hr, et j’y suis allé globalement pour ces raisons-là : la présence de Steve Coogan, (prodigieux dans 24hr), un casting british de haute tenue (un acteur de Black Books (série culte), Gillian Anderson), et enfin l’assurance que ca allait partir en free style.
Au final, on est pas déçu du voyage, entre les prétentions des acteurs, la régisseuse fan de Fassbinder, la prod’ qui veut savoir où sont passés les sous, et les histoires de cul multiples du narrateur-star (ou co-star , that is the question) , le tout malignement entremêlé avec l’adaptation de Tristram Shandy, (semble-t-il une œuvre prestigieuse en Grande Bretagne)
Comme le disait un voisin sortant de l’UGC Odéon : y’a que les anglais qui savent faire ça…
mardi 4 juillet 2006
La Colline A Des Yeux
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Il y a deux films dans La Colline A Des Yeux, l’un raté, l’autre non.
Le film débute comme un film d’horreur classique : une famille type : le père « ronchon–républicain–RA », la fille « gentille », le gendre « démocrate-suspendu-à-son-portable, pro-gun control », la mère « coincée mais ex hippie », le petit jeune « nerveux ». Et puis il y a deux chiens… Très important, les animaux dans le film d’horreur : se rappeler le chat dans Alien, par exemple.
Malheureusement, c’est pas Ridley Scott derrière la caméra, c’est juste un élève de la Ridley’s School for Beginners. Alors, le petit Aja, il rate complètement son entrée : son suspense fait même pas peur (il nous prévient en SoundSurround que les mutants, y sont derrière le petit jeune, là, à gauche ! environ 15 secondes avant…
Et puis il sait pas jouer avec le cadre. Très important le cadre, il aurait du faire un stage chez Carpenter, période Vendredi 13. Parce que là, avec le cinémascope, le vieux il te fait recracher ton esquimau chocolat-noix de pécan.
Pourtant, il essaye, Aja, il balance la purée. Le père et le gendre partent chacun de leur côté chercher de l’aide… Le petit jeune part tout seul chercher les toutous qui se sont perdus… La fille se met à bronzer pour exciter les mutants… A croire qu’ils ont jamais vu Scream ???
Mais non, ça se traîne. On voit pas très bien où il veut en venir, le Aja. On sait pas si on doit rigoler ou avoir peur… Comble de l’hérésie, il nous montre même les méchants ! Qui sont moches mais intelligents, qu’ont même une stratégie pour se taper la petite famille : du grand n’importe quoi, vous dis-je !
Et puis au bout d’une bonne heure, ça commence à cogner, et là, là, on change de film, on passe au slasher.
Et là, c’est du tout bon. Parce que le film d’horreur, c’est un genre. Le slasher, c’est un autre genre. Et ça se respecte le film de genre ! C’est même là qu’on fait les meilleures soupes !
Mais pour ça, il faut respecter les Lois du Genre. Si tu fais de la sitcom, il faut respecter les règles de la sitcom. Si tu fais du film d’horreur, faut respecter les règles du film d’horreur. Et si tu fais dans le slasher, faut respecter les règles du slasher, hache dans la gueule, mutant transpercé à coup de drapeau américain, doigts coupés, je t’en passe et des meilleures. Et surtout passer en mode humour 35 000° degré!
Là, le petit Aja, il exprime enfin tout son talent. Ca y est, on sait où on est, on est rentrés à la maison !
dimanche 2 juillet 2006
Le Retour de la Bonne Nouvelle
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Les films ]
Clerks est de retour ! Clerks, pour les non initiés, c’est le premier film de Kevin Smith qui raconte les déboires hilarants d’une bandes de glandeurs qui travaillent dans un magasin vidéo.
Depuis, Monsieur Smith a alterné les chefs d’œuvres méconnus (Méprise Multiple) et les catastrophes artistiques et commerciales (Jersey Girl)
Que va donner la suite ? réponse à la fin de l’année, mais la bande annonce de Clerks 2 est là.
vendredi 30 juin 2006
Nouveau site internet pour la Bifi
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
La Bifi, c’est la Bibliothèque du film, qui regroupe tout ce qui s’écrit sur le cinéma. Sur son site, on trouve notamment :
– le catalogue des collections, répertoires documentaires, biblio-filmographies…
– L’actualité cinématographique avec, chaque mercredi des informations documentaires sur les films qui sortent en salle (génériques, affiches, photos, florilège et synthèse critiques, bientôt bandes-annonces), et chaque mois de la documentation pour accompagner les grandes rétrospectives de la Cinémathèque française.
– L’actualité patrimoniale avec des articles sur des documents tirés des collections conservées par la BiFi