On aimait plus trop le joueur, depuis qu’il était passé au distributeur automatique de billets Qatari et n’avait pas démontré grand-chose, sinon ramasser sa paye. On se réjouissait à l’avance d’une revanche France-Argentine où Emiliano Martínez et ses petits copains rendraient gorge.
Entre temps, la France a pris une leçon de FIFA 12 dans une soirée à oublier… La pause estivale footballistique était donc décrétée, jusqu’à PSG-Rennes.
Et puis voilà Angleterre-Argentine à la télé. On arrive au bord de la deuxième mi-temps, 0-0, les commentateurs dans les bras de Morphée. Sauf que c’est là que le match commence, les joueurs attendant, en toute modestie, l’arrivée du Professore. But de Gordon à la 55ème, et padlock de Tuchel (le nom anglais du catenaccio.)
Mais serrer les boulons, ça ne marche pas de contre une équipe aussi folle, aussi courageuse, aussi déterminée, aussi déchainée que l’Argentine de Messi. La Pulga régale une fois de plus de ses entrechats et de ses centres millimétrés. Et le miracle se produit, on se plait à changer d’avis, à vouloir voir gagner ces courageux sud-américains.
Magie du football, magie du spectacle … Si le prestidigitateur est bon, il retourne le public. Et on est saisi par l’émotion. Les dernières minutes de ce magicien de génie qu’a été Lionel Andrés Messi pendant vingt ans, ça ne peut pas finir comme ça. 1-0, en demi-finale, même si elle a été obtenue ric-rac.
Et les dieux du foot exaucent le spectateur… Boum ! Boum ! Le HMS Sheffield est touché par deux exocets. Deux buts dans les dernières minutes, totalement mérités, le beau football qui punit le cynisme stratégique…
Parfois, le foot est un sport juste.
