L’an dernier, il pleurait. Cette année, il est allé consoler son compatriote Gabriel immédiatement après son penalty raté, penalty qui permit au PSG de rester sur le piédestal de l’Europe du Football. Voilà des choses que la télé ne montre plus, toute concentrée qu’elle est sur la coupure pub, le journal de 20h ou que sais-je encore.
Instagram a pris ce rôle : montrer les coulisses, l’avant, l’après, le hors-champ. En scrollant, on a pu ainsi voir l’embrassade de Vitinha et de Pacho ou les larmes de Raya…
Pendant ce temps, la télé a quand même montré quelque chose d’intéressant, Captain Marquinhos parti chercher sa deuxième coupe. Plus de pleurs. Marqui arborait le sourire du guépard qui vient de dévorer sa proie. Et c’était bien de voir ça, plutôt que les discours lénifiants d’après-match marketés par le Qatar*.
Car oui, le sport est cruel, le sport est le spectacle de la cruauté. De toute éternité, l’humanité a besoin de sacrifice. Des gladiateurs aux corridas, on est passé à la NFL et à Roland Garros. Mais il y a toujours un matador, et une bête qui est tuée. Avant-hier c’était Djokovic, toréé pendant cinq sets par Fonseca, son élève. Djokovic vomissait aux changements de côté. Exsangue, il a fini par s’écrouler dans le sable brûlant de la Porte d’Auteuil, la bave aux lèvres.
Hier c’était Arsenal. Un combat serré, interminable, la plupart du temps sans intérêt. Puis, comme un pouce baissé par les Dieux, Gabriel rata son cinquième penalty.
Dans ce sport si injuste qu’est le football, on put y lire une forme de justice immanente. Arsenal, une fois son but marqué, avait refusé le combat pendant une heure. Espérant répéter le génial cattenaccio imposé par Mourinho à l’Inter en 2010, dans sa demi-finale gagnée contre le Barça. Un football moche mais efficace contre la maestria du FC Barcelone de Guardiola.
Mais cette fois-ci, ce fut le beau football de Luis Enrique, fait de pressing et de gestes techniques inouïs, qui l’emporta. L
Malheur aux vaincus.
* « Amusez-vous, mais avec modération ! » ; consigne respectée à la lettre par les émeutiers dans Paris…
