mardi 16 septembre 2014
Cloud Atlas
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Le Professore Ludovico n’a aucune passion pour les frères Wachowski, et s’il reconnaît l’impact de Matrix sur l’histoire du cinéma (CGI et tutti quanti), la trilogie reste un pensum philosophique pour ados, pas meilleur que le Dune de David Lynch. C’est dire.
Donc pas de Speed Racer, et pas de Cloud Atlas. Jusqu’à ce que Karl Ferenc, l’âme damnée du SPECTRE, n’oblige le Professore sous la menace de regarder cette Cartographie des Nuages.
Et là, surprise. Dès les premières minute, ces six histoires entremêlées sont un véritable tour de force, une valse virevoltante d’où l’on sort épuisé, mais satisfait.
On restera néanmoins un peu sur notre faim côté message. L’idée que le gène de la rébellion (ou de la soumission) se transmette à travers les âges laisse un peu pantois. Et on reste pour le moins étonné de l’obsession révolutionnaire constante des frères W. Toute leur œuvre semble marquée sous le sceau de la lutte contre l’oppression : celle des machine (Matrix) celle de la mafia ou des maris (l’excellent Bound), celle de l’état thatcherien (V for Vendetta).
On vous aime bien les gars, on a visiblement lu les mêmes livres, feuilleté les mêmes BD et probablement joué aux mêmes jeux de rôles. On a donc à peu près le même âge, et on voudrait juste que vous grandissiez un peu.
mardi 16 septembre 2014
Six Feet Under, bis
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Plus d’excuses, bis. Apres la rétro Whit Stillman, c’est au tour de nos croque-morts préférés de revenir dès jeudi pour une intégrale sur OCS City. Si vous avez raté ça dans les années 2000, il est encore temps de se refaire.
Avant de mourir.
Tous les jeudi
OCS City
20h40
lundi 8 septembre 2014
Game of Thrones saison 4
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Ça devait arriver : la meilleure série du moment a un petit coup de mou. Ou en tout cas, elle finit sur un petit coup de mou. Les fans, comme le Professore Ludovico, parleront de transition. Les autres prédiront la chute annoncée. Tous auront tort, car une série est un work in progress, et tant qu’on n’a pas vu le dernier épisode, difficile de crier au chef d’œuvre. Battlestar Galactica, Six Feet Under, A la Maison Blanche ont connu des passages à vide avant de finir en beauté.
Ce qui atteint Game of Thrones, c’est ce qu’on pourrait appeler le défaut congénital. La série repose sur une certain ADN, qui peut devenir fatal, si on en abuse.
Depuis le début, la série de David Benioff et D. B. Weiss s’est construite sur trois piliers : la violence, le sexe, et une assez grande fidélité au texte originel. C’est l’abondance de ces trois éléments qui gâche la fin de cette quatrième saison. Trop de morts, trop de gore, trop de prostituées, trop de personnages importants qui disparaissent pour respecter la timeline de George Martin.
On se lasse pourtant, pour la première fois, de ces rebondissements à répétition. Toute comme la supernova Lost s’est écroulé sous son propre poids de contraintes, la série qui a révolutionné la fantasy court le risque de devenir systématique, et donc, ennuyeuse.
GoT n’en est pas là, évidemment. Cette saison 4 était grandiose, mais elle n’était pas géniale. Des personnages ont eu leur heure de gloire (Oberyn, Arya, Joffrey). Les dialogues étaient toujours étincelants* sans parler des exceptionnelles (et pourtant habituelles) performances d’acteurs.
Il y a donc de la marge.
* – You can kill a king, lose a hand, fuck your sister, You’ll always be the golden son.
– Be careful. With the few that’s left.
dimanche 7 septembre 2014
Rétrospective Whit Stillman
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Plus d’excuses. Vous aviez raté les films de Whit Stillman – et pis c’est pas facile à voir en salles, et pis je trouve pas les DVD, alors la VOD n’en parlons pas ! – mais là, TOUS les films de Stillman sont disponibles EN SALLE grâce à une rétrospective magique*.
Vous vouliez tout savoir du désarroi de la jeunesse dorée de la Côte Est (Metropolitan), suivre leurs aventures d’expat’ dans la vieille Europe (Barcelona), vous souvenir des Derniers Jours Du Disco, ou fondre d’amour devant Greta Gerwig, Damsel in distress, tout en attendant la série TV du Maître (The Cosmopolitans) ?
As I said : no more excuses.
* L’Archipel – Paris Ciné
17 bd de Strasbourg
75010 Paris
jeudi 4 septembre 2014
Les Combattants, le retour
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Il aura fallu une rencontre de trois minutes avec la Jennifer Garner de la Rue des Boulets pour que nous soyons illuminés de la lumière divine. Oui, il y avait un sens à la tragi-comédie survivaliste de Thomas Cailley, Oui, il y avait un message.
Solidarité.
Les Combattants est un film sur la solidarité, la nécessité de la solidarité. En fait, cette idée irrigue toute le film, et le Professore ne l’avait pas vu.
Dès le début des Combattants, les fils Labarède se serrent les coudes : hors de question de mettre ce charpentier dans un cercueil en mélaminé, on lui fera un cercueil nous-même. Et on va se mettre au travail tous les deux pour maintenir l’entreprise à flot. Plus tard, on reproche à un copain de nous laisser planter là, pour aller draguer. Puis à l’armée, il y ceux qui veulent passer la fosse du parcours du combattant tout seul, et ceux qui s’entraident.
C’est en fait la première indication de Thomas Cailley sur l’éventail des possibles : Madeleine veut le faire toute seule (contre le système) et y arrive, à la force des poignets. Arnaud aide les autres, et il sera bientôt récompensé : on lui donne le commandement de la section. Car le système qu’est l’armée repose entièrement là-dessus ; pas par la performance unique, mais bien par la force du collectif. Et tout le travail des classes (coupage de cheveux, uniforme, marche au pas) est bien la destruction systématique de l’individualisme au profit de la création d’un esprit de corps.
L’épisode de la grenade est tout aussi symbolique. Le lieutenant explique que lorsqu’une grenade explose, quelqu’un doit se jeter dessus : il faut qu’un périsse pour que tous survivent. Madeleine raille l’idée : qui serait assez bête pour faire cela ? Quand on veut survivre à tout prix, c’est la logique même. Mais si l’on veut survivre en tant que civilisation* (et c’est bien l’enjeu traditionnel de la guerre : conserver sa liberté, son territoire, son mode de vie), c’est le groupe qui doit survivre, et pas un seul. L’anecdote, filmée sur le ton de la comédie, semble anodine. Quelques minutes plus tard, trois conscrits se jettent sur la fausse grenade pour faire plaisir au lieutenant. Mais dans les vrais guerres, c’est un fait connu : les hommes se sacrifient, non pas pour l’honneur du drapeau, mais pour le copain d’à côté, comme dans la formidable scène de Woody Harrelson dans La Ligne Rouge.
C’est ainsi, sous la grâce d’une solidarité personnifiée par Arnaud, que Madeleine va s’ouvrir petit à petit. Via l’amour (cet abandon à l’autre), et via une scène apparemment anodine avec des aiguilles de pin, où le garçon soigne l’hyperactivité de la fille en lui apprenant l’ennui.
A la fin du film, réunis tous les deux dans un même plan inondé de soleil, Arnaud et Madeleine ont grandi, et sont prêts face à l’adversité. Les survivante sont devenus des combattants.
*Dans un mouvement semblable, La Route, le chef d’oeuvre de Cormack McCarthy, le père apprend au fils à survivre dans un monde post apocalyptique. A survivre, mais pas à n’importe quel prix. Renoncer à la dignité, à la décence, oui. Mais pas à l’humanité. Il expliquera à son fils de sept ans comment le tuer puis à se suicider si jamais il venait à être pris par deux qui justement ont renoncé à cette humanité. Le fils tentera, lui, de lui apprendre la confiance, en vain.
jeudi 4 septembre 2014
Cinéphilie 80’s
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Ce sont des petits signes, qui n’ont l’air de rien, mais qui ont le goût et l’odeur du changement. Passant ce matin devant l’Action Ecoles, le temple de la cinéphilie du Quartier Latin, où l’on adore quotidiennement les dieux anciens du cinéma américain (Borzage, Lubitsch, Hitchcock, Michael Curtiz, Fritz lang et bien d’autres), quel ne fut pas mon étonnement de voir l’affiche de… Die Hard.
Ce cinéma, notre cinéma – nous les quadra-quinquas, ados des eighties – enfin mis à l’honneur de la cinéphilie.
Confirmant là une intuition ce que j’ai depuis toujours : nous devons assumer notre cinéphilie. Nous devons être les exégètes de cette période. A nous d’être les Francois Truffaut de Michael Bay, les Jacques Rivette de David Lynch, les Godard de Peter Jackson.
C’est en tout cas pourquoi CineFast existe.
lundi 1 septembre 2014
Les Combattants
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
C’est la bonne surprise de l’été du cinéma français : Les Combattants est un film bien joué, bien filmé, et qui filme le peuple sans mépris. Trois qualités assez rares pour qu’on s’y attarde.
C’est l’histoire d’une jeune fille qui pense – comme le Professeur Philippulus – que la fin du monde est proche. La solution : s’engager dans l’armée pour y apprendre la survie, comment dépiauter un lapin avec les dents ou s’orienter au nord avec la mousse des arbres… C’est aussi l’histoire d’un garçon amoureux, un peu paumé, qui la suit.
La description de cet univers, c’est ce qui est très réussi dans Les Combattants. La jeunesse qui s’ennuie, le boulot qui manque, la crise, et l’armée comme dérivatif. On pense au Polichinelle de Pierrick Bailly, qui décrivait ces errances dans l’est de la France. Ici on est dans les Landes, mais l’ennui est le même.
La Préparation Militaire Spéciale, sorte de stage de sélection avant l’engagement définitif, occupe tout le milieu du film, et c’est son morceau de bravoure. A la fois réaliste et parodique, elle met les personnages principaux face à leurs contradictions. Madeleine (Adèle Haenel) et Arnaud (Kévin Azaïs) ne veulent pas vraiment s’engager dans l’armée, ils veulent seulement survivre.
Le dernier tiers est moins réussi, comme si Thomas Cailley ne savait pas trop quoi faire de son film, de ses personnages, ou de ses acteurs. Avec Haenel, il a une future grande comédienne, mais une fois qu’elle a joué toute sa gamme, où est la mélodie ? On peine à décrypter le message. Les jeunes d’aujourd’hui sont des survivants ? Ou des idiots ? Le film ne tranche pas. Reste la performance : comme disait la pub : Adèle Haenel, elle a tout d’une grande.
dimanche 31 août 2014
The Gospel According to Saint Alfred#8 : Save the long shot!
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
On dit en anglais qu’un plan large sert à établir (establish) une scène. C’est à comprendre dans le sens charpentier du terme. Un plan large de New York: on est à New York. Un plan d’un immeuble de nuit à New York, on est dans l’appartement des Friends. Mais pour Hitch, le plan large est là pour dramatiser. En élargissant la perspective, le plus souvent en la soulignant d’une musique un tant soit peu inquiétante, vous dramatisez, explique-t-il à Francois Truffaut. Et faut pas gâcher, ajouterait notre Guy Roux anglais du cinéma.
Prenez les films d’action par exemple. Première scène de Pacific Rim (c’est tout ce que j’ai vu) : après la grosse baston entre le kaiju et le jaeger, le dernier plan est un travelling qui part d’un gros plan sur un détail (la tête en sang d’un pilote de jaeger, en s’écartant doucement, puis en montant de plus en plus vite, pour aboutir à un plan large sur les deux carcasses qui enfin, nous donne la taille (gigantesque) des deux bestioles qui viennent de s’affronter, le tout sur une bonne musique pompière signée Ramin Djawadi. Vue d’ensemble sur le champ de bataille, et sentiment de désolation.
Dans le film d’horreur, c’est pareil. Quand tout danger semble écarté au milieu, ou à la fin du film, un plan large d’une petite rue résidentielle fait soudain craindre que Ghostface/Freddy/Jason rôde encore dans les parages. C’est d’ailleurs le dernier plan du Silence des Agneaux : Hannibal Lecter marchant à la suite de sa future victime, dans les rues d’une île des caraïbes.
D’ailleurs, film d’horreur ou pas, la grande majorité des films américains se termine ainsi : plan large d’une rue, la caméra s’élevant tandis que le générique débute.
Façon de dramatiser une dernière fois, et de laisser le spectateur dans l’émotion générale du film, que ce soit la peur, le mélo, ou l’action.
Comme tout plan élaboré dont on espère qu’il va marquer le spectateur, il faut en user avec parcimonie (n’est-ce pas monsieur Jeunet ?)
Sinon, c’est gâcher.
samedi 30 août 2014
Halt and Catch Fire
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
C’est l’heure du bilan pour Halt and Catch Fire. La série qui vise à remplacer Mad Men sur AMC a-t-elle réussi son départ ? Il semblerait que non, puisque AMC « réfléchit » à une seconde saison. Pourtant cette série ne manque pas d’intérêt. D’abord son sujet, l’éclosion de l’informatique personnelle dans au début des années 80. Et en particulier, l’arrivée des clones d’IBM PC qui va révolutionner l’industrie informatique (et nos vies, puisque vous êtes en train de lire cette chronique sur le petit-fils de ces machines). C’est le talent d’AMC, que de mettre en scène un sujet apparemment ridicule (la publicité) et d’en tirer une saga d’époque, profonde et riche.
La volonté ici est évidente : un Mad Men des années 80, la pub remplacée par l’informatique, les Directeurs Artistiques par des geeks, et Joe MacMillan en Dan Draper tout aussi mystérieux, mais écrit par Bret Easton Ellis… Et si l’argument est faible (une success story in the making), Halt and Catch Fire va s’attacher à en tirer une intrigue convenable sur la difficile mais nécessaire coopération entre les visionnaires du marketing et le cerveau des ingénieurs.
Mais ce qui les intéresse les créateurs de la série (Christopher Cantwell et Christopher C. Rogers, qui n’ont même pas une page Wikipedia, les pauvres), ce sont les personnages. Quelle motivation pousse trois personnes à affronter IBM ? Un ingénieur, qui a raté son premier PC et failli ruiner sa famille ? C’est le formidable Scoot McNairy (Monsters, Killing them Softly, 12 Years a Slave et Gone Girl, le prochain Fincher) qui l’interprète. Un beau ténébreux visionnaire et passionné, au passé trouble (Lee Pace, Lincoln, The Hobbit 2) ? Ou encore la femme du premier (formidable Kerry Bishé) ou la maitresse du second (Mackenzie Davis, excellente mais peu crédible en punkette-codeuse) ?
En tout cas, ce sont les personnages et leurs acteurs qui sont la grande réussite de Halt and Catch Fire. Il reste néanmoins qu’il manque un petit plus, qu’on aurait du mal à expliquer. Aux dernières nouvelles, AMC aurait signé pour une deuxième saison malgré des résultats faibles (500 000 spectateurs par épisode).
La saison 1 se suffit de toute façon à elle-même car elle a l’intelligence de fournir à la fois un cliffhanger pour une éventuelle saison 2 et une fin acceptable si jamais la série s’arrêtait. C’est-à-dire aucun regret à ceux qui auront le courage de regarder tout.
PS Le pilote (qui définit, comme chacun sait, l’esthétique d’une série pour toujours) est signé Juan José Campanella, l’immortel auteur de Dans Ses Yeux. Ceci expliquant cela : Halt and Catch Fire est aussi formidablement filmé dans une esthétique eighties, que l’était Mad Men dans ses sixties resplendissantes.
samedi 30 août 2014
Pop Rédemption sur Canal
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Séquence copinage bis : la comédie métalo-liverpudienne passe sur Canal+. Retrouvez nos Dead MaKabés (menés par Julien Doré, excellent) sur la route du Hellfest, contraints de reprendre des chansons des Beatles à la Fête de la Fraise à Saint-Peperac, alors qu’ils sont poursuivis par le meilleur de la Police Française (Alexandre Astier), et de la Gendarmerie Nationale (Audrey Fleurot)…