mercredi 27 septembre 2006
Subventions
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Entendu ce matin sur Europe1*, le genre de chiffre qui réjouit le Pr Ludovico. Grâce aux subventions françaises, le cinéma africain peut exister. Que ferait ces pauvres africains sans nous ? Sans le Génie Français et notre formidable système qui protége l’Art et les Artistes ? Ainsi 10 films africains ont été soutenus, produits et sortis en salle en 2005. Pendant ce temps, le Zaïre, sans subventions, a produit … 200 films.
*dans le cadre d’une émission plus générale sur les clichés sur l’Afrique
lundi 25 septembre 2006
Miami Vice
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Qu’est-il arrivé à Michael Mann ? Où est passé le génie de Heat, le virtuose d’Ali et de Révélations ? La réponse est simple : il fait Chef Op’ de luxe pour Mann Michael, le scénariste tâcheron de Miami Vice.
Avant d’abattre le film à l’aide mon Glock de service, il faut dire que Miami Vice n’est pas un film sans qualités. D’abord, c’est d’une beauté à couper le souffle : le moindre plan de chargeur M-16, de soleil couchant ou de Ferrari est à couper le souffle. Le Mann est capable de filmer des cheveux mouillés sous la douche, caméra portée, avec autant d’élégance que les Falcon au milieu des nuages, ou le sombre éclat d’un gun dans la lumière glauque de Miami.
Ensuite, Mann invente carrément sous nos yeux un nouveau genre cinématographique : le cinéma-vérité-hollywoodien. Avec des caméras DV, nous voilà plongés au coeurr de l’action, d’un réalisme étouffant. Le film se promène de Miami à Ciudad del Este, plus vite qu’il n’en faut à Colin Farrell pour emmener Gong Li déguster un Mojitos à La Havane. Ce qui permet de donner au film une caution de quasi-reportage sur les banlieues crasseuses de Port Au Prince, les trailer parks de Miami, ou les chutes d’Iguacu.
Mais c’est aussi ce qui détruit le film. Derrière le réalisme outrancier, se cache un scénario parfaitement indigent. L’intrigue elle-même est déjà faiblarde (deux flics abandonnent une opération importante pour se porter immédiatement au secours d’un de leurs informateurs. Celui-ci se fait tuer, les deux flics se mettent au service du FBI pour retrouver qui l’a balancé… Ils deviennent instantanément des transporteurs de drogue crédibles, obtiennent la confiance du plus gros trafiquant de drogue de la planète, baisent sa femme, se font enlever leur copine, et dans la même demi-heure la sauve des griffes des Aryens qui contrôlent le trafic à Miami !)
Miami Vice est sûrement scénario plus ridicule de l’année ! On ne comprend rien à l’intrigue. Les personnages n’ont pas d’épaisseur (et on rarement vu des acteur de ce calibre jouer aussi mal). Les confrontations flics-bandits sont pathétiques. On se menace en roulant des gros yeux, comme dans la cour de l’école quand on joue aux gendarmes et aux voleurs. Il n’y a aucun enjeu derrière les personnages. On n’a pas peur une seule seconde qu’il leur arrive quelque chose. On aimerait bien qu’il leur arrive quelque chose !
Et comme on s’ennuie tellement, (ou on rigole, c’est selon), que l’on ne peut s’empêcher de faire les comparaisons qui tuent : Le deal qui tourne mal (tellement mieux fait chez le Scarface de De Palma)… le flic qui tombe amoureux de la femme du patron (tellement mieux fait chez le Scarface de De Palma)… Les troubles des flics undercover (tellement mieux fait dans Donnie Brasco)… la guerre des polices (tellement mieux fait dans Heat)… Etc. etc.
Autant Heat était réussi, autant Miami Vice est un ratage complet. On y retrouve pourtant les obsessions du réalisateur (l’amitié virile, la frontière ténue entre flic et voyou, les femmes qui viennent compliquer tout ça…) Mais cette fois-ci, ça ne marche plus. Et ça confirme l’option d’un Michael Mann en roue libre, déjà aperçue dans Collateral, film qu’on avait cru pouvoir habiller du manteau du « bel exercice formel autour du film de genre »… mais déjà pointait un certain ennui, et une fainéantise scénaristique évidente. Défauts qui ne pouvait que donner naissance à Miami Vice.
vendredi 22 septembre 2006
rottentomatoes.com
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Un site de cinéma que je viens de découvrir, pas mal du tout : http://www.rottentomatoes.com/
Des critiques, un forum, le box office… à ajouter immédiatement dans vos signets !
samedi 5 août 2006
Salo ou les 120 Journées de Sodome
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
En plein désert aoûtien, je révise mes classiques, et vais souvent voir ce que j’appelle les films Officiel des Spectacles ; à savoir les films qui sont depuis 20 ans à l’affiche, dans une salle pourrie du V°, et draine des aficionados tous aussi bizarre les uns que les autres. Il y a le Rocky, bien sûr, mais aussi Chronique d’Anna Magdelana Bach, et autres Contes de la Lune Vague après la Pluie… Les pasoliniens ont leur cinéma, l’Accatone. Je suis donc allé voir le dernier film du maître, précédé de sa réputation sulfureuse : horreurs et orgies, derniers jours du fascisme, derniers jours de Pasolini (il mourra assassiné juste après la Première).
Eh bien, cette réputation n’est pas galvaudée. Ce film est horrible. Métaphore ou pas du fascisme (il ne s’est semble-t-il pas passé grand’chose dans la République de Salo). Mais pour Pasolini, c’est juste un prétexte pour régler ses comptes avec le mariage, les prêtres, les fascistes, l’argent, la société de consommation. Est-ce suffisant ? Car le film, outre être mal joué, mal doublé, long et pénible, ne fait aujourd’hui plus beaucoup d’effet. On voit des mecs s’enculer ? On voit des types se faire torturer ? On voit des filles nues manger leur caca ? Et alors ? On sent tellement que Pasolini s’amuse derrière la caméra, qu’il veut choquer le bourgeois, que l’exercice devient vite fastidieux. Aujourd’hui, ce n’est plus regardable.
samedi 5 août 2006
Full Metal Jacket
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Il faut regarder régulièrement les Kubrick, simplement pour remettre les compteurs à jours. Un documentaire sur John Wayne m’a donné envie de revoir l’opus vietnamien du Maître. Je me rappelle très bien ma première vision, en VF, quand j’étais à l’armée en 1987. Et de ma déception aussi. Je m’attendais à un truc énorme sur le Vietnam, et que nous avait concocté Mister K ? Un huis clos, puis un anti-film du Vietnam, sans jungle ? sans palmiers ? sans hélico ?
Mais je sais aussi que les génies ne sont pas destinés à être compris immédiatement (on encense seulement maintenant Heat, et Eyes Wide Shut). J’attendis donc. Evidemment, la lumière vint. Ce n’était pas un film sur le Vietnam, mais un film sur la Guerre, et sur ce qu’elle nous fait : c’est-à-dire plaisir ! Car comme le disait Coppola à l’occasion d’Apocalypse Now, « Si la guerre était aussi dégueulasse, on ne trouverait pas autant d’hommes pour la faire ! ».
Full Metal Jacket montre donc cet effet décérébrant, au travers de Matthew Modine, branleur génial, jamais vraiment là, mais qui tient tête à son instructeur puis finit par parler comme lui, qui porte un casque « Born to Kill », et le « Peace symbol » en même temps, le tout pour symboliser la « dualité de l’homme ». Derrière la boutade, tout est là. On veut la paix, mais on prépare la guerre. On ne veut pas de guerre en Irak, mais on veut continuer de trouver de l’essence bon marché pour mettre dans nos 4×4. On ne veut pas de guerre au Liban, mais on ne veut pas d’avion dans nos tours.
Ce film, vingt ans après, reste minéral, impeccable, parfait. Il a même perdu sa connotation Vietnam. On pourrait être en Irak, au Liban, les hommes restent les mêmes, perdus dans le septième cercle de l’enfer, mais chantant toujours « Mickey Mouse, Mickey Mouse » …
Paint it, black.
vendredi 4 août 2006
Le Caïman
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
J’aime Moretti. On me le reproche souvent à CineFast, toujours un peu chatouilleux dès qu’on sort un cinéaste qui ne travaille pas à Burbank, California. Mais je réalise avec Le Caïman que j’aime Moretti acteur. Que ses films sont bons quand il est dedans, car il fournit un argument comique implacable. Ici, il est dedans, mais tout à fait minoritairement. Le film (comme le film dans le film, sur Berlusconi), avance tout doucement. Trop doucement. Et quand ça s’accélère, on ne comprend pas ce qui s’est passé, et c’est fini.
Bah, j’irais voir le prochain.
vendredi 4 août 2006
La Dernière Séance
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Anecdote glanée lors de l’émission (excellente) de Pierre Lescure et Dominique Besnehard sur les 80’s sur France 5 :
Quand Patrick Brion et Eddy Mitchell sont arrivés sur France 3 en 1983 (en plein contexte de désaméricanisation de la culture) pour faire La Dernière Séance, la présidence de FR3 leur a rappelé (sans rire) que La Dernière Séance devait contenir un quota de… productions françaises ! Consigne qui, bien sûr, ne fut jamais appliquée.
vendredi 4 août 2006
La Chevauchée Fantastique (Stagecoach)
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
La canicule empêche de dormir. L’insomnie oblige à regarder la télé. Le magnétoscope vous rappelle qu’il reste plein de films à voir, stockés sur le disque dur, et qui bouffent du mégaoctet pour rien. Alors on se fade La Chevauchée Fantastique, histoire de pas avoir l’air trop bête à la Cinémathèque.
Et là, le choc ! J’ai toujours aimé les westerns, j’ai toujours adoré La Dernière Séance (des CineFasteurs avant l’heure), mais je ne me rappelais pas de La Chevauchée Fantastique !
Un scénario impeccable (chaque personnage a un enjeu bien défini au départ, forcément en conflit avec ceux des autres, la progression dramatique évolue avec le trajet de la diligence qui pour les uns est un espoir, pour les autres une menace), une image splendide (Monument Valley !), et John Wayne beau comme jamais !
Ne le ratez pas, si vous en avez l’occasion.
vendredi 4 août 2006
Arrivederci Amore Ciaio
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Voilà un film mal vendu. On essaie de faire passer un pur polar, digne de Tarantino, pour un drame de la réhabilitation ! L’argument est basique : un ancien des Brigades Rouges, enfui en Amérique centrale, rentre au pays à la chute du Mur de Berlin. Il balance ses anciens amis contre sa réhabilitation. Il croit en avoir fini avec la Justice, mais le flic est pourri jusqu’à la moelle et lui demande service sur service. Arrivera-t-il à en finir réellement avec son passé ?
Présenté comme ça, ça aurait fait un beau drame de Francesco Rosi avec Gian Maria Volonte. C’est pas ça du tout ! Au contraire ça défouraille de tous les côtés (ça reste plus sobre que Quentin, on est européens, tout de même). Mais enfin : coke, sexe, et fusil à pompes, qui peut résister à ça ? Et surtout, le personnage, tout à fait immoral, finit par séduire le spectateur. Ca ressemble, par certains côtés, à Petits Meurtres entre Amis. Assez réjouissant donc.
vendredi 4 août 2006
Pirates des Caraïbes : le Coffre de l’Homme Mort
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Il y a peu de choses à en dire, car tout a été déjà dit dans la presse. Plus haut, plus loin, plus fort, semble être la devise de ce film bizarre, à la fois plaisant, mais un peu longuet et survitaminé. Je ne sais pourquoi, mais cela me fait penser au Toastissimo que l’on mange après, à l’UGC Ciné Cités ; trop de pain, trop de coppa, trop de mozarella.
J’ai adoré le premier Pirates des Caraïbes ; peut être sombrais-je dans le syndrome de La valse à 3 Temps ? Car le deuxième semble un peu fade. Johnny Depp a beau surjouer Keith Richards, qui depuis, est réellement tombé, lui, du cocotier, il y a trop de cascades, trop de gags, trop de monstres. Les effets spéciaux, qui amorçaient une révolution inouïe dans le premier opus – à savoir se faire DISCRETS !- reviennent en force dans le n°2. Enfin, c’est trop long et en plus, on annonce le 3 !
Ca reste néanmoins tout à fait visible et recommandable, les dialogues sont fins, la déco est incroyablement réussie, et les acteurs sympathiques. Et restez jusqu’au bout de l’interminable générique, y’a une surprise !