samedi 5 août 2006


Salo ou les 120 Journées de Sodome
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

En plein désert aoûtien, je révise mes classiques, et vais souvent voir ce que j’appelle les films Officiel des Spectacles ; à savoir les films qui sont depuis 20 ans à l’affiche, dans une salle pourrie du V°, et draine des aficionados tous aussi bizarre les uns que les autres. Il y a le Rocky, bien sûr, mais aussi Chronique d’Anna Magdelana Bach, et autres Contes de la Lune Vague après la Pluie… Les pasoliniens ont leur cinéma, l’Accatone. Je suis donc allé voir le dernier film du maître, précédé de sa réputation sulfureuse : horreurs et orgies, derniers jours du fascisme, derniers jours de Pasolini (il mourra assassiné juste après la Première).

Eh bien, cette réputation n’est pas galvaudée. Ce film est horrible. Métaphore ou pas du fascisme (il ne s’est semble-t-il pas passé grand’chose dans la République de Salo). Mais pour Pasolini, c’est juste un prétexte pour régler ses comptes avec le mariage, les prêtres, les fascistes, l’argent, la société de consommation. Est-ce suffisant ? Car le film, outre être mal joué, mal doublé, long et pénible, ne fait aujourd’hui plus beaucoup d’effet. On voit des mecs s’enculer ? On voit des types se faire torturer ? On voit des filles nues manger leur caca ? Et alors ? On sent tellement que Pasolini s’amuse derrière la caméra, qu’il veut choquer le bourgeois, que l’exercice devient vite fastidieux. Aujourd’hui, ce n’est plus regardable.


2 commentaires à “Salo ou les 120 Journées de Sodome”

  1. James Malakansar écrit :

    Quelle symbiose (avec quelques années d’écart) j’étais moi-même allé voir ce film pour les mêmes raisons et avec la même motivation. Je suis globalement d’accord avec le Professour Ludovico (et oui tout arrive…)
    Je rajouterai juste une interrogation… Pourquoi ce film est-il toujours à l’affiche ? Si Pasolini s’amuse à choquer le bourgeois, le bourgeois lui, dans son voyeurisme latent, vient s’encanailler ou frissonner devant ce genre de films, qui sont encore précédés par une réputation sulfureuse plus vraiment d’actualité.
    James Malakansar

  2. Pr Ludovico écrit :

    J’ai calculé, cher james, le public présent à cette séance hebdomadaire. Nous étions 7 (d’ailleurs pour la plupart, des jeunes, plutôt peu bourgeois, ou bobos)

    7 à 7 euros la place, soit 49 euros de recette, 2548 euros de recette annuelle ! Le cinéma s’appelant l’Accatone, je pense que c’est un cinéma subventiontionné par l’IP, Internationnale Pasoliniste.

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