dimanche 18 mai 2008


Les Tudors
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Comme quoi la cinéphilie n’est pas une science exacte. Ma copine Alex n’arrête pas de me répéter que les Tudors, c’est quand même assez faible (et elle a bon goût, l’Alex : Six Feet Under, The Sopranos, The Wire, c’est plutôt la Premier League), eh bien ça ne m’empêche pas d’être accro à cette version actualisée et anglaise des Rois Maudits.

De quoi ça parle, les Tudors ? Evidemment de la vie d’Henri, « Monsieur Barbe Bleue » en personne, et comment les anglais renoncèrent au catholicisme pour une bête histoire de fesse…

Reconstitution minable (sauf les costumes, splendides), raccourcis historiquement faibles (un personnage se suicide, par exemple, parce que c’est plus chic que de mourir en carrosse), personnages glamourisés (Henri VIII, normalement, c’est plutôt Carlos que le supersexy Jonathan Rhys Meyers…) Etc., etc.

Mais, bon, il y a de la fesse (ce qui semble être la marque de fabrique de Showtime, producteur aussi de Californication), et surtout, c’est très pédagogique, on a envie de savoir ce qui va se passer… Enfin, on sent une vraie apssion chez Michael Hirst, (réalisateur par ailleurs des deux Elisabeth) à reconstituer cette période… Donc, si vous ne connaissez rien à cette histoire, ça se laisse manger sans effort…




mercredi 14 mai 2008


Indiana Jones IV : fragile comme du cristal ?
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines ]

Il se passe quelque chose de bizarre à une semaine de l’Evénement du Mois de Mai (je ne parle pas du festival de Cannes). En effet, la faible promotion d’Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal laisse augurer du pire.

Rien à voir, en effet, entre la promo de Star Wars Episode One en 1999, et celui du quatrième opus du Docteur Jones. Le film serait-il mauvais ? Universal aurait-elle fait le choix de minimiser le budget pub/promo, vu l’échec attendu ? Ou joue-t-elle au contraire profil bas, comptant sur l’effet gratuit de Cannes ?

Réponse, pour le meilleur ou le pire, dans une semaine.




mercredi 14 mai 2008


La Palme des Alpes Maritimes (Ma Vie Aquatique)
posté par Professor Ludovico dans [ Pour en finir avec ... ]

Chaque année, à la même époque, c’est la même chose… Les gens qui me connaissent un peu viennent me demander, sourire en coin : « Alors, Cannes, tu suis ? T’as vu, Soderbergh, il a eu la palme… ! » Ils ne sont pas méchants, les gens, ils veulent partager un peu cette passion du cinéma… Mais ils me connaissent mal ! Car, sans vouloir les froisser, Cannes, les Cesars, les Oscars, tout ça n’a rien à voir avec l’art ou avec le cinéma. L’idée même de compétition n’a pas de sens.

Comment peut-on en effet « sélectionner » un film ? Prenons par exemple 1998, l’année de La Ligne Rouge, de Terrence Malick. Comment peut-on dire, cette année-là, que Sean Penn est meilleur qu’Adrian Brody ? Que Jim Caviezel est meilleur que Ben Chaplin ? Ils jouent tous dans le film, je précise, et c’est un chef d’œuvre ! Où serait, dans ce SEUL film (et on oublie les 1000 autres sortis en 1998 !!), quelque chose d’aussi stupide que le « Meilleur Second Rôle » de La Ligne Rouge ?

Non, en vérite, il n’y a que deux choix possible : le sien propre et celui du public dans son ensemble. Eyes Wide Shut ou Bienvenue Chez Les Chtis. Seuls ces deux choix sont respectables, parce que basés sur le seul véritable élan qui compte : celui du cœur. Pour le reste, la Palme, le César, l’Oscar, ne sont que des fêtes professionnelles, pas moins respectable que les Trophées des meilleures Sicav ou le Ballon d’Or de football : un moment où se réunit une profession, et où elle s’y congratule.




mercredi 14 mai 2008


Matrix, 37°2 Le Matin, même combat ?
posté par Professor Ludovico dans [ Pour en finir avec ... ]

Il est parfois utile de quitter le nid familial pour partir en déplacement professionnel, ou en vacances, et de s’arracher au doux cocon TV + Scope + Câble. On se jette alors dans des contrées qu’on croyait abandonnées : le réseau hertzien, ses rediffusions, sa VF, qui obligent le CineFaster à revenir sur ses films d’antan. Tiens, Matrix ! Regardons ça …

Disons-le tout de suite : je n’ai jamais aimé Matrix (mais je n’osais pas le dire trop fort à l’époque (10 ans déjà)… Dès le premier opus, je me suis senti complètement hors du coup : kung-fu, verbiage philosophico-religieux, courses-poursuites trop rapides pour moi.

C’est comme le rock, Matrix : c’est pas que c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux ! Et grâce à mon sens inné de la perspective historique, je me suis souvenu, que moi-même, aux alentours de mes vertes années, n’avais-je pas succombé aux mêmes égarements ? Dune, pour ne pas le nommer ? Qui n’a pas, comme moi, appris par cœur les répliques du plus mauvais Lynch : « L’Epice est le Ver, le Ver est l’épice ! » Qui n’a pas théorisé sur la « Force », ou « L’Empire » ? Qui n’a pas écouté en boucle la BO de Conan ou de Star Wars ?

Matrix, c’est évidemment le Star Wars d’aujourd’hui, le bouleversement sémantique du XXI° siècle, la fin des images ou – en tout cas – de leur signification réelle. Bien sûr, il y a de quoi théoriser quelques heures sur ces sujets*, mais quid du film ? La trilogie est mauvaise, imbittable, et vieillit très mal (ce qui est la cas de Dune, mais pas de Star Wars)… Pourquoi, par exemple, ces combats de kung-fu interminables ? Quelle est leur signification dans le scénario, alors qu’on est censés être dans le virtuel ? Que veulent dire ces ennuyeuses discussions socratiques entre Neo et l’Oracle ? Entre Neo et le Mérovingien ? Entre Neo et la Matrice ? On ne comprend rien ; il faut avoir aujourd’hui le courage de le dire !

En parallèle, j’ai revu 37°2. Même motif, même punition, et ce n’est pas glorieux pour les Wachowski ! Le film est compréhensible, lui, mais extrêmement ridicule… Le romantisme échevelé qui nous avait tant séduit à l’époque, le cinéma pubeux, esthétisant, superficiel, tout cela est PA-THE-TIQUE
aujourd’hui ! (Beineix, Annaud, Jeunet, tout ça c’est de notre faute, ne l’oublions jamais)… Et même Béatrice Dalle, dont nous étions tous tombés amoureux, qui n’a pas envie, aujourd’hui, de la gifler dans 37°2 !

En parlant de mérovingien, sommes-nous donc Clovis, abjuré de brûler ce que nous avons naguère adoré ? Nenni. Mais grâce au temps qui, comme on le dit si bien « fait son oeuvre », nous voilà sommés de faire le tri, entre glorioles passagères et chefs d’oeuvres gravés dans le granit.

* Un prof de philo, semble-t-il, s’y est attaqué avec talent : Olivier Pourriol, « Cinéphilo », chez Haute Tension… chronique à suivre, Framekeeper ?




lundi 12 mai 2008


Iron Man
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Voilà un film-démonstration : comment, avec un thème riche (un vendeur d’armes, alcoolo, jouisseur, pris de crise de conscience va devenir superhéros au service de l’humanité), on peut faire une daube… Alors qu’avec un argument quasi nul (des robots, déguisés en camion de pompier et en radio cassettes, envahissent la terre) on peut faire un mini-chef d’œuvre !

La différence est très simple : le talent ! Talent des scénaristes, quasi nul dans Iron Man (qu’on prétend pourtant être le héros le plus intéressant de Stan Lee). Ici, les scénaristes (ils sont quatre), se contentent de dérouler les chemins balisés du film de héros en collant : première baston, deuxième baston, baston finale, redux…

Et talent de mis en scène : on aime bien Jon Favreau (acteur culte d’un personnage de Friends, millionnaire adepte du Freefight), mais on ne peut pas dire qu’il nous ait convaincu comme metteur en scène…




dimanche 13 avril 2008


Darjeeling Limited
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Bon, Wes Anderson, c’est un peu le chouchou. On a aimé La Famille Tannenbaum, on a adoré La Vie Aquatique, et quand il produit les copains (Les Berkman se Séparent), c’est toujours sur le même thème : la famille, la famille, la famille ! On aime bien ses marottes : le rock 70’s, la France (Joe Dassin, Jacques-Yves Cousteau), ses acteurs fétiches (Schwartzman, Wilson, Murray), bref, Wes Anderson est un cinéaste sympathique.

Darjeeling Limited, c’est bien. C’est formidablement joué, monté, mis en scène, décoré, etc. C’est toujours aussi barré, burlesque que le reste, mais à mon goût moins émouvant et moins drôle que La Vie Aquatique, et peut-être un peu moins profond, mais c’est bien.

Wes Anderson est un esthète Voltairien : il faut profiter de la vie, cultiver son jardin, et ressortir d’une salle de cinéma le sourire aux lèvres : mission accomplie.

Allez donc vous débarrasser de quelques bagages inutiles à bord du Darjeeling Limited…




samedi 29 mars 2008


Disco
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines ]

J’ai vu la bande annonce de Disco, et je crois que je vais y aller. Je sais, j’ai honte.




samedi 29 mars 2008


Formidable Juno !
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Autant le dire : ceux qui n’auront pas vu Juno n’auront pas le privilège de dire quels seront les dix meilleurs films de l’année 2008. Car Juno concourt en bonne tête de ce premier trimestre.

Juno est une jeune fille de 16 ans, qui tombe enceinte dès son premier rapport sexuel. Que faire ? L’annoncer à la meilleure copine, aux parents, au père (16 printemps aussi) ? Avorter ? Garder l’enfant ? Lui trouver des parents adoptifs, de préférence aimants, chaleureux, voire … riches ? Juno est une fille de son temps, un peu dessalée peut-être, pas vraiment pom pom girl, mais toute sa tête sur les épaules. Elle va trouver une solution.

Dans ce film plein de bon sens et de bons sentiments (dans le sens noble du terme), on ne s’ennuie pas une seconde, on rit, on pleure et on réfléchit. Filmé simplement, mais avec élégance, Juno ne fait aucune faute ; Double-boggey, Strike, Fanny au comptoir ! Jason Reitman, réalisateur, confirme l’essai de Thank You For Smoking. Il bénéficie en plus d’un casting parfait, tiré de la Première Division de la Série Américaine : le père J.K. Simmons, vu dans Oz, la mère, Alison Janney, attaché de presse dans A la Maison Blanche, Jason Bateman le père (adoptif) et Michael Cera, le père (biologique), stars d’Arrested Developpement, et Jennifer « Alias » Garner dans le rôle de la mère adoptive. C’est évidemment sans évoquer la performance d’Ellen Page, Miss Juno herself.

Le film a fait un carton en France, et un carton aux USA.

Que demande le peuple ?




samedi 29 mars 2008


Dexter
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Autant le dire tout de suite : je n’ai pas fini la Saison Un, et je ne regarderai pas la Saison Deux. Dexter est une série assez ignoble, et fait partie de ces mystères critiques qui font qu’une fois passé l’Océan Atlantique, par les mystérieuses circonvolutions de l’esprit français, ces œuvres se trouvent parées par la presse de gauche (Libé, Télérama, Les Inrocks) de qualités qu’elles n’ont pas.

Comme 24, pour ne pas la nommer, Dexter est une série extrêmement réactionnaire. Elle se cache, contrairement aux pérégrinations de Jack Bauer, derrière une prétendue malpensance.

Dexter est un expert du sang dans la police de Miami le jour et… serial killer la nuit. Jusque là, on se dit Miam Miam ! On pense à The Shield, ou à Damages, avec ces héros ambivalents qui caractérisent la Nouvelle Série Américaine.

Et Dexter s’acharne effectivement à démonter quelques mythes : la famille, les relations homme-femme, la police embarquée dans des querelles médiatico-politiques. Tout cela est banal, mais fonctionne à peu près. Mais c’est le coté serial killer qui fait plonger l’ensemble. Car Dexter est un tueur d’exception : son père adoptif a décelé très vite ses pulsions, et plutôt que de faire soigner son fils, a décidé de canaliser cette énergie en l’autorisant à tuer… des coupables qui échappaient à la justice des hommes, grâce au laxisme de la justice américaine !

Moralité, Dexter est devenu un Justicier Dans la Ville, un Charles Bronson gay qui débarrasse la surface de la terre de tous les pédophiles, marchands de sommeil, psys dérangés. Serial Killer, oui, mais utile à la société !

Que ce genre d’arguments séduise occasionnellement le lecteur de Présent ou National Hebdo, pourquoi pas. Mais que cela n’interpelle pas la presse normale, cela dépasse l’entendement.




samedi 29 mars 2008


Wild Wild West
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD ]

Dans un genre plus léger, j’ai enchaîné sur Wild Wild West, film que j’avais détesté à sa sortie. Et bien, sur TF1, il ne s’en est pas mal tiré (comme quoi il existe bien un format télé pour certains films, qui ne méritent pas la salle, mais passent très bien le dimanche après-midi devant votre canapé).

Au rang des réjouissances, quelques scènes d’anthologie : le discours du lynchage de Will Smith devant une assemblée de blancs médusés, la parodie de la Voix de Son Maître Pathé Marconi, la paire de fesses hallucinantes de Miss East* (Bai Ling), la performance hallucinée de Kenneth Branagh en Arliss Lovelace (et un brit’ de plus dans ma liste des méchants de cinéma américain !).

J’ai même finit par trouver que WWW respectait au moins la lettre de la série : humour et délires steampunks. Je dis bien « à la lettre », car je ne leur pardonnerai jamais d’avoir remplacé Robert Conrad, l’Homme le Plus Sexy du Monde, par Will Smith, sexy mais PAS James West. James West est BLANC, les gars ! On peut faire beaucoup de choses contre le racisme, mais ça c’est vraiment du politiquement correct de bas étage…

Et puis ils n’ont utilisé la formidable musique qu’une fois…

Et puis globalement, le fim était assez nul, non ?

* qu’on comparera avec plaisir à la demi-seconde de nichons de Salma Hayek dans Frida. Comme quoi 12 images de film peuvent suffire à la plupart des spectateurs mâles de ma génération…