mercredi 6 février 2008


Petits problèmes ménagers
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Hier, voulant regarder avec Madame la sitcom Arrested Development, je reçois de mon DVD-lecteur enregistreur HD ce message sibyllin : « ce disque HDMC ne peut être lu ». Ce DVD, évidemment, je l’avais lu la veille et l’avant-veille sur la même machine. Après différents essais avec d’autres CD, après avoir éteint et rallumé ladite machine, essayer de trouver la réponse dans la notice (pourtant volumineuse) : bernique.

Ce genre de problème électroménager me met hors de moi ! J’ai envie de tuer quelqu’un ! Alors justement, j’ai inséré un DVD pirate de Dexter (une histoire de serial killer), format DivX. Evidemment, ça marche immédiatement.

Morale de l’histoire : cette industrie est en train de mourir. Non seulement les lecteurs sont de moins en moins mécaniques et de plus en plus informatiques, donc buggés, mais en plus, quand on achète un DVD, on doit se coltiner 1 minute de chargement, 2 mn de film anti-piratage, le logo de la Fox, les 5 avertissements en néerlandais et en serbo-croate interdisant de louer ce CD dans un vidéoclub, ou pire, de le regarder dans un bus, puis à nouveau un logo de la Fox, puis l’affiche d’un menu ; vous l’aurez remarqué, l’ergonomie de ces menus pourtant basiques est à chaque fois différente, pour paramétrer pourtant toujours les mêmes choses : les sous titres (en VF), la langue (en VO). On peut enfin regarder un épisode : 10 mn d’attente pour 26 mn de plaisir. Pendant ce temps, les DVD piratés sont en VOST, d’accès direct, et sans pub !

Vive eMule ! Vive les disques durs portables !




dimanche 3 février 2008


Allez les petits !
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Il y a une seule chose qui puisse me distraire d’aller à l’UGC Cine-Cité, et c’est bien le Tournoi des V nations (je sais il faut dire VI, mais je ne m’y fais pas, même si j’aime le rugby italien).

Tradition filiale, déjà. Malgré l’absence de télé, mon père me traînait chez son beau-père pour voir France-Galles commenté par Roger Couderc. Je devais avoir 5 ou 7 ans ; Depuis, je ne dois pas avoir raté un tournoi.

Il faut dire que le Tournoi, c’est une production hollywoodienne, ou une mini-série digne de HBO : un superbe travail de réalisation (Ouh le bourre-pif en ralenti haute-définition, Oh la jolie cascade dans l’en-but), un chef d’oeuvre de chef opérateur (le Rouge gallois, le Bleu écossais, et bien sûr, le Blanc immaculé de l’anglais.)

Mais surtout, on ne sait jamais dans quel genre dramaturgique classer le rugby. Comédie dramatique (la dernière Coupe du Monde) ? Tragédie grecque (Durban, 1995 ? (les connaisseurs apprécieront)) Ou tragi-comédie, comme hier ??

A l’issue d’un match plié d’avance (19-6 à la mi-temps), et Jonny Wilkinson enquillant les coups de pied comme à son habitude, l’Angleterre allait triompher en son jardin de Twickenham. Comme tous les ans depuis 20 ans.

L’Angleterre règne sur ce sport, qu’elle a inventé. Et elle le fait savoir, en humiliant régulièrement ses adversaires les plus pugnaces. Mais les scénaristes gallois nous avaient réservé une petite surprise : profitant d’une erreur d’inattention de Jonny Wilkinson (même les blockbusters peuvent dérailler), les prolos, les mineurs de Cardiff ont décidé de coller deux essais en une minute aux aristos de St John’s Wood : 26-19 au final. Il restait 10 mn à jouer, 10 mn de cliffhanger absolu, pour enfin profiter du dénouement final, tout en violence débridée : le sang anglais coulant sur la pelouse de Twickenham.

Car le sommet de ce sport très particulier, ce n’est pas de brandir le Bouclier de Brennus, de gagner le Tournoi ou d’être Champion du Monde ! Laissons ça à Christian Clavier et Didier Barbelivien, aficionados d’un soir ! Non, la vraie victoire du peuple celte (irlandais, gallois, écossais et français unis autour de ce seul but), c’est de tuer la bête saxonne.

At home.

Et de venger à la fois Mers-el-Kebir, le Bloody Sunday, et renouveler l’Auld Alliance… en humiliant l’anglais orgueilleux, sûr de lui et dominateur, dans son joli jardin vert de Twickenham. Et tacher de sang son maillot blanc immaculé.

Les français, qui ne comprennent décidément rien à la dramaturgie, ont rendu l’antenne au coup de sifflet final, alors que nous nous attardions, avec un plaisir difficile à dissimuler, sur ces visages britanniques couverts de honte…




vendredi 1 février 2008


Merci Michel Denisot !
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Petite anecdote personnelle : si la rubrique « Pour en finir avec…» existe, c’est d’abord, bien évidemment, parce que nous aimons à CineFast dégonfler certaines baudruches du paysage cinématographique. Mais pour ma part, c’est surtout du à la lecture d’une interview de Michel Denisot dans un des premiers Studio (oui je le confesse, j’ai lu cette honorable brochure rutilante dans les années 80).

Or que disait l’homme du Grand Journal et du PSG ? Qu’il aimait le cinéma, bien sûr. Mais à la fin, il y avait une petite question piège : « Y’a-t-il un cinéaste que vous n’appréciez pas ? » Et qu’est-ce qu’il répond, notre consensuel Michel ? « Je n’aime pas Chaplin. Je n’ai jamais compris exactement où était le « génie » de Charlie Chaplin. » Qu’il ose démolir comme ça, dans un média grand public, une icône aussi évidente que Chaplin fut pour moi une révélation, qui m’inspire encore aujourd’hui…




vendredi 1 février 2008


Astérix aux Jeux Olympiques : la résistance s’organise ?
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Pour une fois, tout le monde est d‘accord : le public d’Allociné et les critiques ont décerné une seule étoile (le minimum) à la pharaonade mégalo de Monsieur Langman. Lequel, non content de vouloir signer lui-même le film (il n’est théoriquement que producteur*), se pavane dans les gazettes toute honte bue, et, chargé de l’arrogance de César, ne parle que de marketing : « film à l’humour consensuel », « drôle de Bruges à Marseille », « 10 millions d’entrées à faire pour être rentable », « 5000 salles », « budget record de 78 M€, et 20M€ de plus pour la promo ».

Il se trouve, semble-t-il, que le film est mauvais. Pas légèrement mauvais, comme une Grosse Connerie peut l’être, non, il a l’air très mauvais. Même la presse la plus amicale le démolit (les gratuits, Le Parisien…).

Malheureusement, le problème n’est pas là. Astérix aux Jeux Olympiques sera-t-il puni de sa médiocrité, that is the question ! Le verra-t-on se ramasser comme les derniers incidents industriels en date (Minor, Le Deuxième Souffle, L’Auberge Rouge ?) ; rien n’est moins sûr ! Car Astérix aux Jeux Olympiques ne teste rien de moins que notre force morale ! Irons-nous ? Résisterons-nous à l’appel des amis, enfants, parents qui nous enjoignent d’aller voir un film dont, au moins, le sujet est consensuel ? « Je ne voulais pas y aller, mais ça fait plaisir aux gosses » risque d’être la phrase culte en sortie de salle. Les enfants, pas dupes, trouveront ça beaucoup moins bien que Ratatouille, mais les 10€ seront déjà dans la poche de M. Langman, qui se gargarisera sur TF1 des « 11 millions d’entrées », du « succès public », et « de l’indigence de la critique ». Comme d’habitude.

* Je défends d’habitude la version US : l’auteur du film, c’est le producteur. Mais on n’a jamais vu Simpson ou Bruckheimer se faire créditer comme réalisateur à la place de Michael Bay.




vendredi 1 février 2008


Star Trek 11
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Séries TV ]

J’en vois déjà qui ricanent, au fond. Vous me copierez 100 fois votre leçon de Vulcain ! Il n’empêche que je défends, et je ne suis pas le seul (nous sommes deux), l’idée selon laquelle un baril de Star Trek vaut 2 barils de Star Wars.

Je ne parle pas des films, assez inégaux il faut bien le dire (et encore je suis de bon poil, ce soir). Non, je parle de la série, qui est bourrée de scénarios intelligents, petits contes philosophiques voltairiens de 52mn. En pyjama bleu, je le concède. Mais des scénarios fins, avec de l’humour, et des personnages supers. Ca ne courrait pas les rues à l’époque. Et en pleine guerre froide : un chinetoque, une black, un russe, et un bridé. Ca courrait pas les rues non plus.

Et pour votre culture, bande de morveux, la première navette spatiale fut baptisée Enterprise, ça vous en bouche un coin, non, ça vous rabat un peu le caquet, non ?

Bon, Star Trek 11, c’est un film, et les films sont toujours assez rigolos. C’est pas des chefs d’œuvre, mais c’est rigolo. Le 11ème, c’est pour noël, mais il faut réserver ses places dès aujourd’hui, parce que même si ça fait un carton aux USA, en général à Paris ça reste 3 jours en salles (authentique !).

Cette fois-ci, c’est JJ Abrams (Lost, Alias), qui s’y colle ; et M. Steve Jobs nous offre une jolie bande annonce sur son site perso.

Qu’est-ce qu’on dit au Père Noël ? Merci Père Noël !




vendredi 1 février 2008


Charlie Wilson’s War
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

…est tout le contraire de No Country For Old Men : la fin sauve un film limite quant au propos, mais par ailleurs drôle, et plaisant à regarder.

En bref, le pitch est basé sur une histoire vraie, celle du député Charlie Wilson, baiseur, buveur, cocaïnomane, qui finança secrètement la guerre en Afghanistan et contribua ainsi à la chute du communisme, aidée d’une rombière texane chaudasse mais catho (Julia Roberts) et d’un espion à la ramasse (Philip Seymour Hoffman).

Pourquoi limite ? Pendant tout le film, tout est très premier degré : le communisme c’est mal, les communistes en Afghanistan se conduisent comme des tueurs sans pitié (c’était vrai), et grosso modo, heureusement que les américains sont là pour préserver la démocratie et aider le Pakistan à faire le sale boulot.

On se pince en pensant que c’est Tom Hanks qui a produit ça.

Et puis dans les dix dernières minutes on comprend, en une seule scène : Charlie Wilson a gagné la guerre, mais il tient une ultime réunion pour lever des fonds ; après avoir réussi à doubler et doubler encore les subventions US secrètes jusqu’à 500M$, il demande encore… un petit million de dollars pour bâtir des écoles ! On lui refuse. « On s’en fout !» lui répond-on en substance. « La guerre est finie ! Les USA ont fait leur part du boulot ! » Et Charlie Wilson de supplier : « Ces enfants ont 14 ans ! Ils ne savent pas que les USA les ont sauvé du communisme ! Il faut maintenant reconstruire le pays ! »

En fait c’était un film pé-da-go-gi-que, à destination du public américain, toute ressemblance avec des faits récents n’étant absolument pas fortuite…




vendredi 1 février 2008


No Country For Old Men
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

J’aime les frères Coen. J’aime leur folie et leur talent. Des fois c’est génial (Fargo, Miller’s Crossing, O’Brother, The Big Lebowski), des fois pas terrible (Arizona Junior, The Barber, Hudsucker Proxy), mais ça vaut toujours le dérangement.
Et puis les Coen ont ce sens du cinéma régionaliste (le branleurs midwest de Fargo, le Texas de Blood Simple, le Mississipi bluesy de O’Brother, le LA cool du Big Lebowski). Ils savent faire de l’authentique, de l’accent qui tue, de l’idiotisme…

Avec No Country For Old Men, on ne passe pas loin du chef d’œuvre : ça commence très fort, thriller sans parole, formidablement cinématographique. Puis s’installe cet humour très particulier presque british, notamment entre le shérif (Tommy Lee Jones) et son adjoint, entre le tueur fou (Javier Bardem) et ses victimes… De bout en bout, les Coen tiennent la performance d’osciller entre humour glacé et sophistiqué et vrai thriller. Et puis c’est la baisse de régime ; dans les dix dernières minutes, rebondissement, changement* de ton, on semble passer dans un autre registre, plus grave, plus profond, quasi philosophique, et ça casse un peu le film. Mais il faut l’avoir vu…

*Les Coen sont coutumiers du fait : Big Lebowski avait aussi des faiblesses du même genre, notamment avec la scène des tueurs norvégiens déguisés en fans de Devo…




jeudi 31 janvier 2008


Hommage au Framekeeeper
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD ]

Pas au nôtre, bien sûr, mais à l’original. Quoique…

Lors d’une séance mémorable de CineFast, le Framekeeper (le nôtre, vous suivez ?) nous fit découvrir Framekeeper (l’autre, le cadreur-chef op’, le souffre-douleur d’Ozu) en nous projetant Le Goût Du Saké. On rit beaucoup, mais je gardais l’envie d’en savoir plus sur le Maître. Depuis, j’ai vu Gosses de Tokyo, muet noir et blanc, 1932, et c’était très bien.

C’était donc juste pour prévenir qu’Arte nous proposait, Mercredi 6 à 22h45 Il Etait Un Père (Chichgi Ariki, pour les intimes)

Tentez votre chance, gaijins. Vous tomberez peut être aussi sous le charme…




lundi 28 janvier 2008


30 Jours de Nuit
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Si vous cherchez un mode d’emploi pour saboter un sujet en or, vous pouvez aller voir 30 Jours de Nuit, qui fait fort dans le salopage à gros budget. Le pitch, sur une idée toute bête, fait pourtant saliver : quel meilleur endroit pour des vampires que… la nuit éternelle ? Pas de petit matin qui déchante, pas besoin de se ruer à la pharmacie pour se dégotter de la crème anti-UV protection 60… Mais où trouver ça ? Tout simplement à Barrow, Alaska, qui offre chaque année 30 jours de nuit sans fin.

Ca commence donc très fort, par petites touches subtiles : des portables volés qu’on retrouve brûlés, des chiens égorgés, un générateur qui tombe en panne… Tout ça sent le nouveau The Thing… Mais c’est le moment où brusquement (un peu trop brusquement) on passe en mode slasher. Je n’ai rien contre, mais ca mériterait un peu de lien pour passer du thriller au découpage systématique de gorges et d’avant-bras…

De là, on déchante rapidement, il n’y a plus de pilote dans l’avion. David Slade, le réalisateur, enchaîne les scènes de genre : le-type-qui-veut-sortir-sauver-son-père-alors-que-c’est-sans-espoir, le-copain-qui-est-contaminé, le-brave-type-qui-se-sacrifie. Encore une fois, je n’ai rien contre, mais il faut que ce soit amené avec talent, ou avec humour… Ni l’un ni l’autre dans 30 Jours de Nuit, les dialogues consternants sont chargés de faire passer la sauce…Il ne manque pourtant qu’un petit fil rouge, qui pourrait mettre un peu plus la pression que le compte à rebours (« encore 10 jours, encore 3 jours… »)

Pour couronner le tout, les vampires sont traités de manière ridicule, baragouinant une sorte de slovaque incompréhensible, et perpétuellement couvert de sang autour de la bouche, alors que leurs costards restent nickels par -30. On augurait de mieux puisqu’au début apparaît un cargo noir et sinistre (on suppose que les vampires viennent de là, mais on n’en saura jamais plus*).

Bref une sensation de gâchis, parce que les comédiens ne sont pas mauvais, le réalisateur a une vraie patte, et les décors sont très réussis… mais il manque un petit supplément d’âme.

* alors que la BD, de mémoire, apportait une explication plus détaillée.




dimanche 27 janvier 2008


Into The Wild
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Voilà un film ambitieux, qui ne vise pas moins que de nous amener à réfléchir sur notre condition, sur notre tentation du confort et du conformisme, mais aussi à notre irrépressible besoin de liberté…

C’est aussi, pour le Professore Ludovico, un film qui part a priori avec un très gros handicap : le trip écolo, Allons vivre dans la nature, quittons la ville, fuyons familles, amis, et civilisation… tout ça est en général très suspect à mes yeux ! Il fallait donc le talent d’un Sean Penn pour ne serait-ce que m’inciter à aller voir ce film. Le talent est là, doté d’un scénario habile et d’un jeune comédien hors pair.

Tout d’abord, Sean Penn évite l’écueil numéro un : le manichéisme. S’il filme la beauté de la nature, la pureté des intentions de Christopher McCandless, la désagrégation de la famille McCandless, il n’hésite pas à placer une contre-argumentation : la voix off de la sœur (porte parole de Christopher), les « parents » qui parlent au travers de Catherine Keener ou d’Hal Holbrook. En bref, le film ne plaide pas qu’à charge. Ensuite, en alternant flash-backs et séquences en Alaska, il donne un vrai rythme au film, créant un suspense, là où il n’y en a pas vraiment, autour de l’enjeu : Christopher survivra-t-il à cette aventure extrême ? Il évite aussi le trip écolo, parce que si le film enlumine la nature, Sean Penn ne sombre pas dans l’angélisme : il faut tuer pour survivre, et se nourrir seulement de baies peut s’avérer dangereux…

Quant au comédien, Emile Hirsch est tout simplement fabuleux, alternant justement plusieurs registres, entre sa vie d’avant et celle d’aujourd’hui. Il engendre une véritable sympathie, qui transformerait, sinon, le film en pensum.

On pardonnera donc à Sean Penn de loucher un peu trop du côté d’Easy Rider, et les quelques (légères) longueurs du film, et on se ruera à Into The Wild avec plaisir, ne serait-ce que pour réfléchir un peu…