samedi 15 novembre 2008
Mad Men, saison 1
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Le buzz, les Emmy, le Golden Globe et deux « T » dans Télérama ? Il faut jeter un coup d’œil à Mad Men, nouvelle série sur Canal+. Le pitch : la vie d’une agence de pub dans les annes 50, à New York, vu au travers d’un directeur de création, sa femme, et sa secrétaire.
Mad Men est à la hauteur de sa réputation, du moins après deux épisodes : reconstitution impec’, acteurs très bons – et pour la plupart inconnus – et ambiance étonnante : des Fifties à la fois exotiques et proches.
Il semble depuis quelques années que les américains veuillent regarder cette période sous un regard plus objectif, et ce phénomène a commencé avec Retour vers le Futur, où derrière la comédie, perçait une noirceur inattendue.
Ici, les réunions de travail de l’agence Sterling Cooper sont un prétexte pour explorer ce monde englouti. Dans le premier épisode, les fabricants de tabac sont furax : le gouvernement vient de leur interdire d’utiliser des arguments « Santé » pour vendre des cigarettes. Non, les lucky Strike ne guérissent pas les sinus bouchés ! Que dire, alors, si ce n’est « I Love Smoking ! » ? Dans le second épisode, on se demande ce que veulent les femmes, car – parait-il -, c’est elles qui achètent les déodorants pour hommes… mais est-ce que ça ne cacherait pas une question plus fondamentale « qu’est ce que veut ma femme ? », se demande le héros, Dan Draper, à propos de sa desperate housewive qui « pourtant, a tout ! » : frigidaire, télévision, voiture…
On pourrait croire que Mad Men est drôle, mais en fait pas du tout. C’est une série sérieuse. Aux commandes, Matthew Weiner, un ex-scenariste et producteur des Sopranos. A suivre.
Canal+décalé tous les dimanches à 22:40
Canal+cinéma tous les dimanches à 14:50
vendredi 14 novembre 2008
Bleu d’Enfer
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Un titre, une affiche, ça peut vous couper tous vos moyens. C’est le cas de Bleu d’Enfer, au titre nullissime (le titre américain n’est pas mieux : Into the Blue), et une affiche qui semble destinée à un ado que je ne suis plus.
Mais la magie du cinéma opère toujours : images Blu-Ray hantant les rayons « écrans plats » de la Fnac et de Darty (Oh les jolis poissons ! Oh la jolie mer bleue !), et puis le film sur Canal+. Que je rate. Et dimanche, voilà qu’il me tend les bras au vidéo-club.
Bleu d’Enfer, c’est un peu ce que les américains savent faire de mieux. Un petit polar aux faibles ambitions, mais qui vous laisse la banane trois jours après ! L’argument est archi -classique, vieux comme le polar : un petit couple gentillet (Paul Walker/Jessica Alba) gagne chichement sa vie aux Bahamas en faisant le promène-couillons en plongée sous-marine pour touristes ventripotents. Leur rêve : découvrir un de ces milliers de galions espagnols coulés là, par dix mètres de fond. Arrive un deuxième couple moins sympa, copains de notre petit couple sympa : un avocat et sa girlfriend de la semaine. Deux blondes sur un bateau, les ennuis commencent…
Lors d’une plongée, ils tombent sur les traces de ce galion tant désiré, mais aussi sur la carcasse d’un avion rempli de cocaïne. Dilemme : pour exploiter l’épave du galion, il faudrait du matériel, de l’argent, et on n’en a pas. Et si on revendait ne serait-ce qu’un kilo de coke ?
Évidemment, c’est ridicule, ils devraient déjà être en train de prévenir la police, mais le Grand Hitch nous a déjà expliqué que le spectateur est gros pervers à qui le réalisme importe peu, et qui par contre adore que le héros se mette tout seul dans le pétrin, pour voir, justement, comment il va s’en sortir…
Une fois cet enjeu, ce dilemme moral posé, le film est donc lancé: la coke ou l’honneur ? Le galion ou l’amour ? L’ami ou l’amie ? Bleu d’Enfer va passer deux heures à répondre à ces gentilles questions, tout en rajoutant obstacles et péripéties en tout genre.
C’est l’autre succès du film : son rythme. Là où le cinéma Next Gen (Fast and Furious, Wanted, XXX) confond rythme et vitesse, vitesse et précipitation, énergie et confusion, Bleu d’Enfer va à son rythme.
Lentement tout d’abord, le temps pour le spectateur de faire le voyage jusqu’au Bahamas, monter sur le bateau, mettre le maillot de bain, et loucher sur les fesses de Jessica Alba ou le dos d’Ashley Scott. Mais petit à petit, le film va monter en puissance, pour finir dans cette apocalypse miniature qui clôt traditionnellement les polars.
Abasourdi, je me rue sur IMdB pour en savoir plus : qui est derrière cette petite perle des Caraïbes ? Bon sang, mais c’est bien sûr ! Into the Blue est réalisé par John Stockwell, qui nous avait déjà gratifié d’un Blue Crush parait-il excellent, et d’un Crazy/Beautiful qui fut, lui aussi, dans le genre romantique, une belle surprise.
John Stockwell, un garçon à suivre…
vendredi 14 novembre 2008
Mensonges d’état
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Quand on s’ennuie au cinéma, c’est toujours le moment de théoriser, ça fait passer le temps.
Incorrigible que je suis, et malgré les tombereaux d’insultes que je déverse sur lui, je suis allé voir le Ridley Scott, Mensonges d’état. Car il a un don, Papy Ridley, c’est de s’attaquer à des sujets toujours très excitants sur le papier : un film de gladiateurs ? J’y vais ! Un duo Russel-Denzel ? J’y vais ! Un duo Crowe-Di Caprio, j’y retourne ! C’est lui qui me fait lever à 8h du mat’ pour aller au cinéma, et sûrement ce qui le rend bankable aux yeux de la Warner, qui lui confie l’adaptation de ce thriller post-11 septembre de David Ignatius.
Alors c’est quoi la théorie ? Eh bien, quand on parle abusivement de « scénario », c’est en fait un ensemble qui fait ce scenario ; un film, c’est la somme d’une intention, d’une histoire, d’une caractérisation, et… d’un scénario !
L’intention, c’est ce qu’on veut faire passer à travers le film, montrer un contexte, dénoncer une situation, etc. L’histoire, c’est en quelques pages, la trame de ce qui va se passer pendant deux heures. Le perso, il va là, il découvre ça, et là, il tombe amoureux de l’infirmière. A ne pas confondre avec le scénario, qui lui comprend toutes l’histoire mais avec les dialogues*. Enfin, il y a la caractérisation, c’est à dire ce que les personnages sont, comment ils parlent, comment ils sont habillés, leurs tics, etc.
Pour en revenir à Mensonges d’Etat, tout est bon, sauf le scénario lui-même !
L’intention est bonne : montrer que les USA, avec toute leur technologie, leurs satellites, leurs drones, leur système Echelon, ont tout faux dans la Guerre contre le Terrorisme. Rien ne remplace la compréhension des problématiques locales, l’infiltration et le retournement des hommes eux-mêmes. Une opposition incarnée par le ventripotent et cynique Russel Crowe, et le jeune et ambitieux Di Caprio, épris du moyen-orient.
L’histoire, aussi, bien vue : Di Caprio est à la recherche d’un terroriste islamiste. Pour cela, il décide – contrairement aux ordres reçus – de collaborer avec les services secrets jordaniens. Une histoire d’amour avec une jeune jordanienne va compliquer les choses. C’est basique, mais ça permet de tisser quelques enjeux dramatiques : solidarité avec le patron bourru et cynique ? Ou avec l’ambigu mais efficace Hani, chef des services secrets jordaniens ? Choisir la voie du coeur (je vivrais bien ici, finit par dire Di Caprio), ou celle de la patrie ?
Mais là où ça se gâte, c’est dans le scénario lui-même, et dans la caractérisation des personnages. Si les deux personnages centraux sont formidables, le reste n’est pas terrible : les terroristes portent le turban, le chef des services secrets jordaniens ressemble à un Andy Garcia classieux, tout cela est très caricatural. Le scénario est à l’avenant : pour indiquer une cible, les terroristes cachent un mot dans une poubelle, écrit en arabe… Et en hollandais ! Lorsque l’amie de Di Caprio est enlevée, celui-ci se propose en échange, et non seulement elle n’est pas libérée, mais ils vont le tuer, lui ! Ces terroristes arabes sont vraiment fourbes !
Non, tout cela est bien dommage, car il y avait matière. Il reste deux belles prestations d’acteurs, un message politique fort, et une belle love story interculturelle…
* Donc à ne pas confondre : Star Wars, scénario de George Lucas, L’Empire Contre Attaque, story de George Lucas, scénario de Lawrence Kasdan. C’était donc ça…
vendredi 14 novembre 2008
The Visitor
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Les films ]
Joli film, un peu dépressif, et donc déprimant.
Sur un thème d’actualité – les sans-papiers -, Thomas McCarthy réussit un film honnête et droit. Pourtant, il manque quelque chose. Le personnage principal (Richard Jenkins, le père dans Six Feet Under), est un prof neurasthénique qui accueille, un peu involontairement au début, des sans-papiers chez lui. Mais le personnage est tellement triste, replié à l’intérieur de lui-même, qu’on a du mal à s’identifier à lui. On comprend que le réalisateur veuille jouer de ce contraste (ce renfermement puritain, si profondément WASP, opposé à la volubilité, et aux excès méditerranéens du jeune percussionniste syrien qu’il abrite chez lui. Mais, en contrepartie, le film met une bonne heure à décoller, au moment où, enfin, le jeune homme se fait arrêter. Là, un enjeu est enfin posé, et un deuxième film commence, plus musclé, moins consensuel.
C’est ce film-là qu’il faut aller voir.
vendredi 7 novembre 2008
Quantum of Solace
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films -
Pour en finir avec ... ]
« James Bond will return » nous informe le dernier plan du générique de fin ; comme si nous étions inquiets ! Comme si, après 22 films de la franchise, la famille Broccoli s’était lassée de se faire des Goldenballs !
Mais pour le Professore, James Bond vient de naître ! Depuis Dr No, le Professore a vu 4 films brocolis*; depuis Casino Royale, il les a tous vu !
Cet article pourrait d’une certaine manière se retrouver dans la rubrique « Pour en Finir Avec », qui, je le rappelle, est l’appareil critique sophistiqué où CineFast démonte les boursouflures cinématographiques. Mais comme il n’y a pas consensus au sein du conseil d’administration de CineFast, et notamment à cause de la motion A (dite « Framekeeper ») fait ressembler cette noble institution à un avatar du Parti Socialiste. Donc je ne m’exprime ici qu’en mon nom, bien sûr.
Je n’aime pas James Bond parce que j’adore les vraies histoires d’espionnage : La Maison Russie, Scorpio (un film des années 70 avec Delon et Burt Lancaster), Spy Game, Raisons d’Etat. Bref peu d’action, mais des coups tordus, de la manipulation, du cynisme. Pas de gadget, pas d’Aston Martin, et pas de roucoulade au champagne comme générique de fin.
Mais force est de constater, depuis le virage Casino Royale, que la franchise a pris un énorme coup de jeune. Moins de gadget, un contexte géopolitique crédible, des scènes d’action qui font physiquement peur, et le tout – miracle ! – sans perdre son âme. Mais surtout, c’est le personnage qui y a énormément gagné : un très bon comédien, Daniel Craig, qui incarne parfaitement l’ambiguïté de la virilité et de la fracture interne…
Ce Quantum of Solace (moment de répit) n’en est pas vraiment un, puisque ça bastonne de bout en bout. Il y a bien sûr quelques invraisemblances, mais globalement on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Alors, quand est ce qu’il return, ce Bond 23 ?
*James Bond contre Dr NO, Dangereusement Vôtre, L’Espion Qui M’aimait, Rien Que Pour Vos Yeux
lundi 3 novembre 2008
Il Était Une Fois
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Les films ]
Sur le conseil de Madame Framekeeper (eh oui, il existe une madame Framekeeper), j’ai regardé aujourd’hui Il Était Une Fois, malgré ma détestation bien connue de l’oeuvre de Walt Disney (et de tous les Pixar de la terre, bien sûr). Mais là, c’est forcément bien, c’est Disney qui se moque de Disney. Pas l’escroquerie vulgaire de Shrek, non, mais une véritable mise en abîme du conte de fées as we know it. Bon, je vous rassure, ca ne va pas très loin et c’est gentillet, mais ça le fait quand même.
Le pitch : une princesse de dessin animé va se marier au Prince Charmant, quand la méchante belle-mère décide de l’envoyer ad patres, euh… plutôt en chair et en os, à New York City. Comment survivre dans la Babylone négativiste, l’enfer de l’Amérique (selon les critères Americana) ? Eh bien, elle s’en tire pas mal la princesse, en trouvant une autre sorte de prince charmant, un Patrick Dempsey avocat à la ramasse. Tout l’intérêt de Il Était Une Fois est là : dans la moquerie des clichés du conte de fées, mais aussi dans un certain désenchantement du monde, synthétisé dans une réplique : « Mais qu’est-ce que vous avez tous ici ? Vous dites tout le temps « Non ! » ».
Eh oui, si on disait un peu « Oui » ? La boucle est bouclée, la morale est sauve… Assez logiquement, Il Était Une Fois jouera de cette inversion des valeurs jusqu’au bout, où une princesse charmante devra, au fil de l’épée, sauver le prince en danger. A conseiller, et pas seulement aux enfants…
lundi 3 novembre 2008
W.
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Les films ]
Y’a pas à dire, quand il s’agit de faire un biopic -genre casse-gueule par excellence -, Monsieur Stone, c’est le plus fort. Nixon, Larry Flint, et maintenant deubleiou, Oliver « Platoon » Stone ne recule pas, il saute sur l’objectif.
Pourtant ça marche pas, le biopic, on l’a maintes fois expliqué ici : Piaf, Cash, même combat. Pourquoi ça marche chez Stone, alors ? D’abord, parce que Stone est avant tout un scénariste : même quand il n’écrit pas de scénario, comme ici, il reste avant tout un grand raconteur d’histoires*.
Il a aussi un propos, une thèse à défendre : Nixon, le pauvre type envoyé au carton par les puissances occultes de l’argent, George Bush le vilain petit canard, la mal aimé d’une famille à qui tout réussit. On peut trouver cette thèse pitoyable, contestable, mais ça donne au spectateur quelque chose à suivre, un fil rouge, et même deux, puisqu’on suit en parallèle la prise de décision de la guerre en Irak.
Bref ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais c’est plaisant à voir.
* Le monsieur a seulement écrit Midnight Express, Conan, L’année du Dragon, Scarface, avant d’écrire ses propres films…
dimanche 2 novembre 2008
Demonlover
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Brèves de bobines -
Les films ]
Assayas, c’est une sorte de caricature Inrocks : musique de Sonic Youth, narration cyberpunk, mise en scène lysergique, et casting beautiful people (Connie Nielsen, Chloe Sevigny, Gina Gershon).
Eh bien bizarrement, la premier moitié du film est séduisante, dans sa description glacée du capitalisme moderne : business class, Evian, et amphétamines. On finit par trouver crédible (et terrifiant) le golden boy Charles Berling, et ces histoires de rachat de sites pornos japonais.
Mais la deuxième partie enfonce inexorablement le film : rebondissements incompréhensibles, violence injustifiée, et conclusion moralisatrice à deux balles (qui vit de l’épée périt par l’épée). Pire, on découvre l’incroyable naïveté d’Assayas sur son sujet (le porno SM, c’est pas bien !)
Ce film n’a que 6 ans, et il est déjà vieux…
dimanche 2 novembre 2008
Coluche, l’Histoire d’un Mec
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Les films ]
Antoine de Caunes est un garçon sympathique, mais ce n’est pas un cinéaste. Son film est sympathique lui aussi, mais ce n’est pas du cinéma. C’est plutôt une suite d’images, au demeurant bien faites, une « illustration » de cette période particulière de notre histoire où un seul comique fit peur à toute notre classe politique. Est-ce la fonction du cinéma que d’ « illustrer » ? Sûrement pas.
On a l’impression, parce que le film est bien fait, bien joué, que de Caunes n’est pas allé assez loin, qu’il aurait pu creuser les thèmes qu’il aborde (Coluche manipulé par le PS, Coluche abandonné par sa femme pour ses excès, Coluche le comique face au sérieux de la politique). Il y avait là des potentialités, mais elles ne sont pas exploitées. Dommage.
samedi 1 novembre 2008
Le « pauvre » cinéma français face à l’Ogre Américain
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Pour en finir avec ... ]
Il est une légende française bien répandue, et qu’il nous plait beaucoup à CineFast de démolir : celle du pauvre cinéma français, qui manque traditionnellement de moyens, face au bulldozer américain, qui lui « aurait tout ». Comme si le cinéma n’était qu’affaire de gros sous ! On le sait, pour n’observer que la planète Hollywood de notre petit observatoire, que c’est déjà faux : un Lynch de 15M$ vaut souvent mieux que trois blockbusters à 100M$. C’est l’équation que cherche à résoudre au quotidien les executives d’Hollywood ; trouver la formule, le coup sûr ! Julia Roberts+George Clooney+le réalisateur qui monte+le mec des effets spéciaux de matrix+la BO de Britney Spears, ben oui, mais ça marche pas ; quoiqu’on en dise, le cinéma reste un art, avec son lot de ratés, et aussi sa magie.
Juste deux chiffres pour illustrer ce faux débat (© FrameKeeper) : deux films sortis en 1995 : à ma droite, Usual Suspects, blockbuster américain virtuose, superbe musique, comédiens excellents, action, suspense. A ma gauche, Le Garçu, de Maurice Pialat, drame intime à la française, Depardieu, Géraldine Pailhas, et une cuisine et une salle de bains.
Budgets : Usual Suspects 6M$, Le Garçu, 10M€.
Je ne comparerai pas les box offices respectifs, parce qu’évidemment, ce n’est pas le même cinéma, la même ambition, le même public. Disons simplement que Usual Suspects est, et reste un énorme succès public et critique, et que Le Garçu fut un succès critique et un échec public. On peut même dire que c’est un film quasi oublié aujourd’hui, ce qui n’est pas le cas de tous les Pialat. Mais là n’est pas la question : derrière l’argent, où est le travail ? La créativité ? Avec 6M$, la production des Suspects tire le meilleur de cet argent, en termes de talents : scénariste, décorateur, musicien, acteurs… mais où sont les 10M€ du Garçu, à part dans la poche de Gérard ?
Ce qui est intéressant, ici, ce n’est pas un échec, mais bien que les moyens existent dans le cinéma français, il y a de l’argent, et notamment l’argent de l’Etat, notre argent. La question, c’est comment est-il employé ? Qu’en fait-on ? Pour éviter, à l’avenir, l’argent fainéant, comme ici…
PS Dans la série « Les Chiffres Qui Font Plaisir », il y a aussi ça.