mercredi 14 janvier 2009


Le Diable S’Habille en Prada
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Incarnation des ambiguïtés américaines, Le Diable S’Habille en Prada nous endort, tout en proposant des interrogations intéressantes.

Paradoxe américain, qui vénère le fric mais hait l’idée même de classe sociale. Le patron et l’ouvrier mangent des burgers en matant Jim Carey à la Télé, confortables dans leur vieux T-shirt Gap.

A part Sex and the City, qui assume une fascination fashion, (mais bon, on est à New York), la mode reste une cible de choix du cinéma américain, comme dans Prêt à Porter de Robert Altman, ou Ugly Betty. Un personnage bien fringué, à la mode, c’est souvent le méchant de l’histoire. On se rappelle cet acteur préférant les rôles de bad guys, « mieux habillés » que les autres.

Le Diable S’Habille en Prada improvise donc sur cette même gamme, opposant Andy Sachs (Anne Hathaway), decent american girl, petite brunette mal habillée, à sa nouvelle patronne, la terrifiante virago de la mode Miranda Priestly (Meryl Streep). Andy veut devenir journaliste, et elle est entourée d’un parfait casting de copains (boyfriend au look arabisant (Adrian Grenier, héros de Entourage), et aussi d’un gros et d’une copine noire). Des copains qui n’hésiteront pas à remettre notre working girl dans le droit chemin, ce qui, vous l’avez deviné, finira par arriver.

L’histoire du Diable… serait donc parfaitement ennuyeuse, calqué sur le schéma biblique corruption/rédemption chère à nos amis américains, si un peu d’acide ne venait apporter un peu d’intérêt.

Car après 60 minutes de pilonnage serré sur la vanité et la supercialité (waouh ! la révélation !), surgit un plaidoyer aussi inattendu qu’un gag drôle au milieu de Bienvenue chez les Ch’tis. Un plaidoyer pédagogique, qui part du pull informe de Mlle Hathaway, un pull bleu « céruléen », selon Miranda… Et la Streep d’expliquer, cruellement, cliniquement, d’où vient ce bleu « céruléen ». Ce pull que notre héroïne croit avoir acheté, « par hasard, un jour de soldes dans le magasin du quartier pourri où vous habitez* », vient de bien plus loin. Qu’il y a un créateur qui a décidé ce bleu, que ce bleu est devenu tendance, puis s’est retrouvé dans le prêt-à-porter, etc. Et que nous sommes tous, un jour où l’autre, créatures de mode.

A partir de ce moment là, le film prend une autre tournure, rend le personnage de Miranda plus attachant, (et révèle concomitamment de sombres aspects de certains personnages apparemment sympathiques). Voilà Le Diable… brusquement plus intéressant. On n’échappera pas à la happy end de rigueur, mais avec une petite touche de nostalgie qui donne un joli bonus final au film.

« This… ‘stuff’? Oh… ok. I see, you think this has nothing to do with you. You go to your closet and you select out, oh I don’t know, that lumpy blue sweater, for instance, because you’re trying to tell the world that you take yourself too seriously to care about what you put on your back. But what you don’t know is that that sweater is not just blue, it’s not turquoise, it’s not lapis, it’s actually cerulean. You’re also blithely unaware of the fact that in 2002, Oscar De La Renta did a collection of cerulean gowns. And then I think it was Yves St Laurent, wasn’t it, who showed cerulean military jackets? I think we need a jacket here. And then cerulean quickly showed up in the collections of 8 different designers. Then it filtered down through the department stores and then trickled on down into some tragic casual corner where you, no doubt, fished it out of some clearance bin. However, that blue represents millions of dollars and countless jobs and so it’s sort of comical how you think that you’ve made a choice that exempts you from the fashion industry when, in fact, you’re wearing the sweater that was selected for you by the people in this room. From a pile of stuff. »




mercredi 7 janvier 2009


Statistiques
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

C’est l’heure des bilans, et, avant la parution imminente de mon Topten 2008, voici déjà quelques chiffres :

• 36 films vus au cinéma (mon plus bas score depuis des années),
• 21 films à la télé (mon meilleur score depuis des années).
• 7 films français, 4 films étrangers, le reste étant bien évidemment américain.

Quand on va peu au cinéma, on invoque la mauvaise qualité de la production : « y’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent cette année. » Eh bien, un rapide coup d’œil sur ces trente-six films montre exactement l’inverse. J’ai eu beaucoup de mal à départager les 10 meilleurs, et encore lus à trouver 5 mauvais pour faire le Bottomfive !

A suivre…




mercredi 7 janvier 2009


Breakfast at Tiffany’s
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Dans l’industrie de prototypes qu’est le show business, Diamants sur Canapé, c’est plutôt le modèle de série, le moule originel de la comédie romantique, tendance acidulée : Pretty Woman et tous les autres.

Même si le ton de ce Breakfast a vieilli, même si le doublage en français nasillard est insupportable, le fond reste là, et le charme incroyable, insolent, ensoleillant, de Mademoiselle Hepburn nous éclaire pour toujours. Le starpower à l’état pur.

Ils sont très peu, sur l’Olympe hollywoodienne, à avoir un ainsi une influence si durable sur nos vies. Cinquante ans après, les jeunes bourgeoises veulent toujours, sans le savoir, capturer un peu de l’essence d’Audrey H.

Le cinéma a toujours eu cette vocation de modèle social, de guide fashion : dans l’exposition « Des Parisiens sous l’occupation », on faisait le parallèle entre un quidam à la Foire du Trône, clonant l’acteur à la mode du moment.

Aujourd’hui, pareil : toutes les filles veulent ressembler à Audrey Tautou, et tous les garçons à George Clooney.

Le cinéma, c’est notre miroir.




lundi 5 janvier 2009


Pseudo
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Les foules en délire me le demandent souvent d’où viennent ce nom exotique et ce titre. Que croient-ils, enfin ? Qu’il s’agit d’un vulgaire pseudo, paravent sur Internet d’opinions dangereuses pour une situation professionnelle, sociale ou familiale ?

Mais non ! Je suis bien Professore, et mon nom est Ludovico. Je suis l’inventeur d’une méthode qui porte mon nom, et qui est mentionnée – je l’en remercie pour cela – dans un petit film de Monsieur Kubrick, un film qui eut du succès dans les années 70.

La méthode Ludovico, qu’est-ce que c’est ? C’est un traitement pour les grands psychotiques, qui a pour principe de leur faire ouvrir grand les yeux.




lundi 5 janvier 2009


Hollywoodland
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Ça, c’est le menu-type du CineFaster : petit film US sans promo, bref, un bon truc à mâcher pour le snobinard que je suis.

A l’intérieur, deux cacahuètes « spécial Professore » : la première, c’est Adrien Brody, peut être le meilleur acteur de sa génération (La Ligne Rouge, Le Pianiste, Darjeeling Limited). Ici, il campe un privé à la Chandler, dans l’Hollywoodland corrompu des années 50. L’autre cacahuète, c’est ça, bien sûr, le sujet en or : Hollywood, grandeur et décadence de l’Usine à Rêves.

Based On A True Story, pourtant : celle de George Reeves (Ben Affleck, parfait), qui incarna Superman à la télé et finit par se tirer une balle dans la tête. Mais Allen Coulter (réalisateur TV dans le gratin des séries US) ne tombe pas dans le piège ; il ne raconte pas l’histoire de George Reeves, mais bien celle du privé, personnage auquel on peut s’identifier. Et il prend un malin plaisir à enchaîner les versions (suicide, accident ou complot ?), pour démontrer au final que cela a bien peu d’importance.

Si vous tombez dessus, vous savez ce qui vous reste à faire.




lundi 5 janvier 2009


Brokeback Mountain/Appaloosa
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Brokeback Mountain et Appaloosa, finalement, c’est la même nostalgie du Western qui est à l’œuvre, tout en se situant aux deux extrêmes de la production : l’un déconstruit, (deux cowboys qui s’enculent), l’autre remythifie (deux cowboys qui s’aiment).

Brokeback Mountain fait paradoxalement plus dans le chromo, la reconstitution soignée de son époque (les années 60-70). Comme obligé de respecter l’univers pour mieux raconter une histoire entièrement neuve.

Appaloosa, au contraire, se fiche un peu de la reconstitution, des zolies images de l’Ouest, parce que lui, il raconte l’histoire immémoriale du western : un brigand (Irons), deux copains shérif (Mortensen, Harris), la Loi, l’Honneur, et la conception toute particulière qu’ont les gens de l’Ouest de ces deux mots dans l’Amérique de 1870. Et à la fin (splendide), on est retombés sur ses pieds. Appaloosa vaut surtout pour cela, et son duo d’acteurs plutôt comiques.

On rigole pas beaucoup dans Brokeback Mountain, on est dans le mélo, c’est superbement bien joué, avec la fine fleur de cette génération (Heath Ledger, récemment décédé, et surtout le génial Jake Gyllenhaal). Ang Lee arrive même à gérer avec talent le passage des ans (l’histoire se déroule sur une vingtaine d’années), mais au final, il peine à faire décoller son film, trop scotché sur ces paysages du Wyoming.




samedi 3 janvier 2009


La Vengeance dans la Peau
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

L’opus final de la trilogie Jason Bourne est excellent, mais il faiblit sur la fin, ne fournissant qu’une conclusion rapide et baclée sur les motifs et modi operandi de l’organisation Treadstone.

Mais surtout, c’est un saut qualitatif que fait effectuer Paul Greengrass à la franchise et à tout le cinéma d’action en général. Après avoir vu La Vengeance dans la Peau, difficile de voir les autres films d’actions du même œil.

Greengrass, connu pour ses excellents films à la limite du documentaire (Bloody Sunday, United 93) apporte ce regard « réaliste » à un scénario qui, dans le fond, l’est très peu. Greengrass n’est pas le premier à se la jouer « camera portée », mais dans La Vengeance dans la Peau, il porte cet effet de style à son paroxysme. On est juste derrière Jason Bourne, on est Jason Bourne à Madrid, à Paris, à Tanger. Tout le dispositif est cohérent : tourné en décors naturels, cascades réalistes, le film d’action est passé dans une nouvelle ère.

A voir, rien que pour ça.




samedi 3 janvier 2009


Mesrine, l’Ennemi Public n°1
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Décidément, le petit Richet me laisse dubitatif. On peut ne pas être passionné par les deux Mesrine, et en même temps, impossible de rester indifférent. Indubitablement, J-F. Richet est doué. C’est un bon metteur en scène, et même un bon directeur d’acteur. Bon dans Mesrine 1, Cassel est excellent dans Mesrine 2. Il joue le gros con, l’anar’ de droite beaufisant et macho, avec beaucoup d’application. Lanvin est moins convaincant, mais bon.

Le problème avec les Mesrine, c’est plutôt le fond : il n’y en a pas ! On ne saura rien, après quatre heures, du mystère Mesrine.

En 1979, à l’époque de la mort de Mesrine, j’étais au collège à Saint-Arnoult-en-Yvelines, un collège minable, en préfabriqué. Pendant six ans, on nous a promis un beau collège en dur. Finalement construit quelques années plus tard (j’étais parti), on consulta les élèves pour lui trouver un nom. Quelques petits malins suggérèrent « Collège Jacques Mesrine ». Scandale national ! Pour la première (et dernière fois), Saint-Arnoult-en-Yvelines eut les honneurs des medias.

A l’époque, je ne comprennais pas cet engouement naïf pour Mesrine, ni la stupide chanson de Trust, ni les dédicaces à deux balles des chansons de Renaud. Peut-être était-ce une façon de se révolter dans la France de Giscard ?

En tous cas, Richet non plus ne succombe pas au charme de Mesrine ; au contraire il charge la barque dans l’opus 2, montrant le Jââcques imbu de lui-même, donnant des interviews à Paris-Match, tabassant le type de Minute qui écrit un article déplaisant, etc. A aucun moment, il ne nous dépeint un Mesrine attachant, ou avec au moins des excuses. On survole l’épisode QHS, qui pourrait être le titre de gloire.

En face, c’est pareil : Broussard débarque d’on ne sait où, et on n’en saura pas plus sur « l’éxécution » de Mesrine Porte de Clignancourt. On esquisse un Broussard couillu, utilisant lui aussi les médias : là aussi, il y avait quelque chose à dire, mais ce n’est qu’esquissé.

Ce problème n’est pas unique, tous les films en ce moment semblent vouloir rester à la surface des choses, que ce soit pour L’Echange de Eastwood ou La Bande à Baader.

En tout cas, je retournerai voir Richet dans un « vrai » film, (peut être Assaut sur Central 13 ?) en tout cas, un film où il aura une vraie possibilité de s’exprimer.




jeudi 1 janvier 2009


Shaolin Soccer
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

La nuit du 31, je fais tout pour ne rien faire. C’est dès 20h30 que je me suis glissé sous la couette pour regarder Shaolin Soccer. J’ai donc raté le Gui, « la Bonne Année tout le monde ! », mais aussi Sebastien, qui apporte la Culture aux Masses Populaires sur France Télévisions.

Bon ben Shaolin Soccer, c’est pas terrible, ça donne même envie de dormir. Intrigue minable, personnage grimaçant à tout bout de champ, happy end attendue, il faut être très fan de cinéma asiatique pour trouver ça intéressant. A réserver uniquement le 31.




jeudi 1 janvier 2009


Le naufrage des BOATS
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

L’avalanche de biopics et autres BOATS, (Based On A True Story),nous oblige à nous pencher sur le phénomène : rien qu’en 2008, nous avons eu les bios de Mesrine, La Bande A Baader, Bush, Coluche, Charlie Wilson, Into the Wild, sans parler de L’Echange et de Gomorra (based on true stories) et encore, je ne parle que ce que j’ai vu.

Les BOATS, c’est le dernier avatar de la déroute scénaristique hollywoodienne, et, par effet de ricochet, française. Après avoir, au mitan des années 70, abandonné les thématiques adultes suite au tsunami Lucas-Spielberg, après avoir cherché le « renouveau » (sic) dans les remakes, sequels, prequels, les franchises, les adaptations calamiteuses de séries TV, puis de superhéros, désormais, le puits de pétrole Hollywood est à sec. Ses auteurs sont partis sous des cieux artistiquement plus cléments : la télévision.

Que reste-t-il alors, sinon la réalité toute nue ?

Au début de Mesrine, il y a cet avertissement de Jean-Francois Richet : « Tout film comporte une part de fiction ». Hein ? seulement une part ??? Mais, mon petit JF, tout ton film est une fiction ! À 100% !

Croyant se protéger de tout reproche futur sur la véracité de son film, Richet abdique là ses droits inaliénables de conteur. Un film, ce n’est QUE de la fiction. Rendre la vérité est impossible, et le réalisateur doit au contraire s’emparer de cette réalité, et la contraindre à ses propres désirs.

Même si elle succombe, elle aussi, aux joies du biopic, la télé l’a compris : elle s’est emparée de l’actualité ; et de la réalité. Offrant aux téléspectateurs toujours plus de télé-réalité, elle a aussi induit encore plus de réalité dans ses séries. Mais elle n’a pas abdiqué ses droits de raconter une histoire. Au contraire, elle utilise la « vérité », pour la tordre à ses histoires. L’histoire de Baltimore aujourd’hui (The Wire), l’histoire d’un commissariat (NYPD Blue), l’histoire d’une famille (Nos Enfants Chéris, ou les Sopranos), tout ça est évidemment basé sur des histoires vraies, mais au service d’une histoire fictive. Les personnages y sont rois, l’intrigue prime sur la soi-disant réalité, le soi-disant « réalisme », mot dévoyé pour éviter de réfléchir à son intrigue.

Le phénomène, en vérité, n’est pas si nouveau que pas : les années 60 ont subi un enthousiasme délirant pour les films sur la seconde guerre mondiale, souvent adaptés de récit d’histoire vraies, de vétérans ou de correspondants de guerre. Le Jour le Plus Long (adapté du best seller de Cornelius Ryan) est un exemple extrême de BOATS, puisqu’il s’appuie sur une myriade d’histoires vraies. Evidemment, au final, c’est un bien mauvais film, très éloigné d’une quelconque réalité. Les allemands sont des gens stricts qui ne croient pas au débarquement, et qui sont empêtrés dans leur discipline de fer, les américains des gars cools et courageux. On sait que la réalité fut un peu plus complexe, mais le film fut un énorme succès. Il n’est quasiment plus regardable aujourd’hui, et on peut aisément le comparer à un vrai classique : Les Canons de Navaronne. Voilà un grand film, basé sur une île et des canons qui n’ont existé que dans l’imagination de l’écrivain Alistair Mc Lean. Mais les personnages, l’enjeu terrible, la trahison, en font une grande histoire.

Il est notable par ailleurs, que la mention « inspiré d’une histoire vraie » n’ouvre jamais une comédie, genre, Le Dîner de Cons. Pourtant ce film-là, comme plein d’autres, est très probablement basé sur des histoires vraies. C’est probablement que la comédie n’a pas pour objectif de « kidnapper » la volonté du spectateur. Elle laisse le spectateur rire, ou non, des péripéties.

Il y a quand même un BOATS qu’on peut recommander, c’est Une Histoire Vraie, de David Lynch. Un film qui ironiquement selon Lynch, commençait par la mention honnie : « inspiré d’une histoire vraie ». C’était pour mieux s’en débarrasser, puisque le titre originel, A Straight Story, une histoire droite, faisait référence au héros véritable de cette « story », Alvin Straight. Chez Lynch, il y avait à la fois la volonté de faire ce pied de nez à la réalité, avec une histoire tout sauf straight (un type traverse les USA en tondeuse à gazon), mais aussi de raconter une histoire simple, hors de l’univers lynchien habituel, sans se trahir lui-même.

C’est tout ce qu’on souhaite aux BOATS en 2009 : parler de la réalité si vous voulez, mais gardez-nous cette part de rêve qui nous fait encore aller au cinéma…