vendredi 31 juillet 2026


La Bataille de Gaulle – J’écris ton Nom
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Comment mieux différencier le cinéma de ce qui n’en est pas ? Quand deux films sortent à quelques semaines d’intervalle, écrits et réalisés par la même personne, sur le même sujet avec les mêmes acteurs, avec la même production value, et que l’un marche et l’autre pas ? Ça dit ce qu’est le cinéma : une histoire, et des personnages auxquels on s’attache…*

Rien de tout ça la 2ème partie de La Bataille De Gaulle. Dans la première, la trajectoire d’un jeune résistant nous sauvait du biopic, un personnage de chair et de sang. Ici, il n’y en a plus. Pourtant il y a bien Jean Moulin, et la jeune résistante du premier opus. Mais on la cantonne ici à servir – littéralement – le café : envoyer des messages, prévenir si la Gestapo arrive, et produire régulièrement des visages apeurés. On ne saura rien d’elle alors qu’il y avait tant à faire avec les graines semées dans la première partie : une jeune juive jetée dans la Résistance malgré elle, une famille probablement disparue, un ami mort en héros…  

Le reste est taillé dans le marbre du biopic ; les images d’Epinal s’enchainent : De Gaulle face à Roosevelt, De Gaulle face à Giraud, De Gaulle face à Churchill. Abkarian est toujours très bien, mais n’en peut mais. L’autre cliché, c’est Leclerc qui attaque la Ligne Mareth à lui tout seul. Niels Schneider était très bien quand il n’avait rien à dire, mais avec du dialogue, ça ne passe pas très bien.

Il n’y a jamais de mise en scène ou de direction d’acteur ; on est dans le cinéma historique sentencieux des années 60, façon Jour le Plus Long. Des gens debout qui parlent, fument une cigarette et boivent du whisky. On en peut s’empêcher de penser à Game of Thrones, qui mettait en scène ce genre de négociations politiques. La chaise trop grande pour Tyrion, ou le fameuse séquence Power is Power de Cersei.

Ici, ce n’est pas du cinéma, c’est une visite guidée pour collégiens d’une classe de 4ème.

*Qu’on « s’attache » ou qu’au moins on s’y intéresse, gentil ou méchant. On s’intéresse plus au Hitler de La Chute qu’à n’importe quel personnage de La Bataille De Gaulle


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