lundi 14 octobre 2013


« De quoi vous plaignez-vous ? »
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Dans Le Nouvel Hollywood, Paul Schrader, ex-cinéphile devenu cinéaste, interpelle les cinéphiles d’aujourd’hui, c’est à dire vous et moi : « De quoi vous plaignez-vous ? Quand nous, nous voulions voir un vieux film de Jean-Luc Godard, il fallait trouver une copie 16mm quelque part, un projecteur, et tendre un drap blanc sur le mur d’un copain. Vous, il vous suffit d’aller au vidéo club ! »

Je me suis posé la même question hier, devant l’incroyable programmation télé de ce dimanche soir. J’ai pu ainsi surfer de The Town en VO sur TF1 (que je n’ai pas voulu regarder puisque j’avais manqué le début), rire aux éclats devant le Bambino d’OSS 117 Le Caire Nid d’Espions, revoir les dix dernières minutes – magiques – de Deep Impact, l’Armageddon mélo de Mimi Ledder, éviter La Belle et Bête sur Arte ou Thelma et Louise sur 23, jeter un œil à Beignets de Tomates Vertes, changer d’avis sur La Reine Margot, dont je n’avais pas su apprécier la mise en scène arty à sa sortie, et même revoir en replay les 6 buts de l’équipe de France face à l’Australie. On se plaint souvent de la médiocrité de la TNT (« thirteen channels of shit on the T.V. to choose from » comme on dit dans The Wall), pourtant, il y a du choix.

Que demande le peuple ?




lundi 14 octobre 2013


Le Faucon Maltais
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Jouer à LA Noir, le GTA raté à la sauce Ellroy, c’est l’occasion de faire découvrir aux jeunes les fabuleux films noirs qui en sont l’inspiration principale. À tout seigneur, tout honneur : Le Faucon Maltais, le chef d’œuvre du jeune John Huston.

Si ce Faucon est le parangon du polar, c’est que les qualités du livre de Dashiel Hammett se retrouvent projetées dans le film. Cette poursuite rocambolesque d’un faucon en or massif ayant appartenu aux templiers, et excitant les convoitises d’une femme et de trois hommes, n’est que le prétexte d’une étude de caractère. La menteuse égoïste (Mary Astor en Brigid O’Shaughnessy), le levantin oblique (inoubliable Peter Lorre), le bouffi dégénéré (Sydney Greenstreet) et évidemment, le privé hard boiled : Humphrey Bogart.

On se désintéresse vite de comprendre quoique ce soit à l’intrigue (dans Le Grand Sommeil, personne, de l’écrivain au scénariste, ne fut capable d’expliquer l’intrigue) ; mais on se passionne pour ces êtres vils, poussé par l’avidité et la violence, qu’aucune justification psychologique ne vient légitimer. Il n’y a pas de héros dans les bas-fonds, seulement des bêtes qui veulent sauver leur peau dans la jungle, à l’image du retournement final.

Entre temps, on se sera préoccupé de la température d’un slip féminin, on n’aura pas pleuré la mort d’un associé – mais on cherchera à le venger par principe (et par principe seulement) – et on balancera le maillon faible aux flics, le pédé, comme l’appelle Sam Spade, pour sauver la peau des autres voyous.

A la fin, le spectateur contemple ce champ de ruines, où – selon la célèbre dernière réplique qui plagie Shakespeare – il ne reste que l’étoffe dont on fait les rêves.




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