vendredi 26 octobre 2018


American Horror Story, saison 1, La Maison Hantée
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est la série préférée de la Professorinette, issue du génie protéiforme de Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, Scream Queens, American Crime Story…) Mais mettons tout de suite les choses au point : American Horror Story, c’est du fast-food. Quand le soir dans Paname, vous avez une petite faim, et que vous êtes loin de vos bases, c’est ça que vous mangez, du Filet O’Fish.

C’est quoi un Filet O’ Fish ? C’est un sandwich dont on sait exactement ce qu’il va vous apporter : quelle goût sucré/salé ? Quelle texture ? Combien de temps ça reste en bouche ? American Horror Story, c’est le Filet O’ Fish de la série : vous ne serez pas surpris. C’est très bon quand même. Même si c’est filmé à la hache, et joué du idem.

Mais en même temps, AHS : MH est diablement divertissant et sexy. Dans cette première saison, on suit les déambulations de famille Harmon au bord de l’implosion (divorce + ado en crise) et qui essaye, comme de bien entendu, de retrouver un semblant de stabilité en emménageant dans une nouvelle maison. Très vite, on le comprend, les mânes de Shining, Amityville, et. al., seront invoquées. On est en terrain connu, même si Ryan Murphy rajoute la touche de sexe qui rend la série plus sucrée. Et montre, comme il le fait ailleurs, la face cachée de l’Amérique. Derrière un vernis de puritains qui aiment Dieu, leur femme, et leur famille (I love you, I love you too), les américain.es ne pensent qu’à baiser et abuser leurs prochain.es. Ni les vieux, ni le jeunes, ni les homos, ni les noirs, ni les hispaniques ne seront épargné.es.

Ce qui rend AHS, comme la sauce tartare du Filet o’ Fish, totalement réjouissant.




vendredi 26 octobre 2018


The First
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est toujours une question d’ambition. En avoir trop ou pas assez. The First démarre fort avec quatre premiers épisodes superbes sur la conquête de Mars et les préparatifs afférents. Et puis se permet soudain un épisode expérimental qui évoque le Dogville de Lars von Trier, avec son décor stylisé. Et comme une forme de conséquence virale à cet intellectualisme soudain, The Firsttourne au mélo trop appuyé et surjoué. Et Sean Penn, on le connait, il ne faut pas trop l’encourager dans cette voie. C’est le genre d’acteur qu’il faut plutôt brider.

On n’a rien contre le mélo, mais on n’était pas là-dedans au début. Mais voilà, Beau Willimon, l’auteur semble hésiter devant la série qu’il doit faire : un sequel de De la Terre à la Lune, une épopée centrée sur l’humain, comme l’illustre ancêtre biopic de Tom Hanks ? Un Newsroom / A la Maison-Blanche sorkinien pesant le pour et le contre de la conquête martienne ? Ou un mélo esthétisant façon Denis Villeneuve ?

Ce n’est pas inintéressant, mais il suffit de comparer avec le travail fait par Fincher & Co sur le même Willimon (House of Cards) pour comprendre ce que tenir une série veut dire.




mercredi 24 octobre 2018


Fargo, saison un
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Malgré les critiques élogieuses venant de toute part, ce n’était pas simple de regarder Fargo. La faute à un héritage très lourd : le chef-d’œuvre des frères Coen. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la série réussit l’exploit de marcher totalement dans les pas de l’ancêtre, tout en déclinant le concept et en créant une identité propre au format série…

On se régalera donc de cette saison une avec sa galerie des idiots, si typique de l’univers coenien ; des braves gens pas malins qui ont le bon sens près de chez eux, tandis que le mal absolu rode. Rien que pour Fargo, Netflix mérite d’exister…




dimanche 21 octobre 2018


The Blind Side
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Il y a des films qui vous tombent dessu comme ça, on ne sait pas trop pourquoi. Des films que l’on voit uniquement pour le sujet – ici le foot américain – sans connaitre un iota de l’intrigue, des acteurs ou du réalisateur. The Blind Side est de ceux-là. Et justement, le film ne devrait pas tenir la route. Un réalisateur inconnu, John Lee Hancock. Une déco à chier. Pas de mise en scène. Seul l’acteur principal, Quinton Aaron, Kathy Bates et Sandra Bullock semblent avoir déjà joué dans un film.

Sandra Bullock, parlons-en. Julia Roberts ayant refusé le rôle, Bullock l’a accepté du bout des lèvres, trouvant son rôle « trop républicain » pour elle. Elle a bien fait, elle a eu l’Oscar, et c’est peut-être le rôle de sa vie.

Mais le pitch ne tient pas debout non plus : une décoratrice d’intérieur, Leigh Ann Tuohy (Sandra Bullock), blonde, vulgaire, hyperfriquée, de Memphis, Tennessee, recueille Big Mike (Quinton Aaron), un gros garçon noir SDF, limite autiste, en provenance des mauvais quartiers de Memphis. La famille Tuohy, invraisemblable assemblage de do-gooders (le fiston à taches de rousseurs, la fille pom-pom girl mais gentille au fond, le mari aimant), va accepter la situation sans moufter.

Comment se fait-il, alors, qu’on ait pleuré pendant tout le film ? Parce que voilà, ça a beau être invraisemblable, c’est la réalité. Comme on dit dans tous les mauvais BOATS, The Blind Side est la véritable histoire de Michael Oher, Offensive Tackle des Carolina Panthers, recueilli par les Tuohy. The Blind Side n’est pas Sur Ecoute, et ce n’est même pas Friday Night Lights, mais le film a la force de ses convictions : l’élémentaire charité chrétienne, le sens inné du bien, de ce que le mot famille veut vraiment dire (et de ce qu’elle n’est pas, la plupart du temps), et aussi le sens d’un certain rêve américain, perdu dans les limbes des banlieues pourries des grandes cités américaines. Le blind side de l’Amérique.

De sorte qu’au bout de vingt minutes, sur le simple regard embué de la Bullock, et de la grande décision qu’elle prend à ce carrefour, vous savez que The Blind Side va vous emmener jusqu’au bout de la terre.

Pur mélo à l’américaine, The Blind Side ne plaira pas à tout le monde. Au contraire, il ne plaira qu’à une minorité. A Miss Mamina, qui partage cette passion irraisonnée pour Julia Roberts (et tout ce qui y ressemble), ou le Prince d’Avalon qui, comme le Professore, sait ce que bon mélo veut dire.




lundi 8 octobre 2018


Bloodline
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Il y a dans Bloodline toute l’excellence de la série américaine. Scénario en béton, mise en scène millimétrée, narration intriquée et acteurs évidemment au top. Autour des patriarches Rayburn (Sissy Spacek et dernier grand rôle de Sam Shepard), qui tiennent un magnifique hôtel dans les Keys, évolue la famille nucléaire type : John (Kyle Chandler), le puîné responsable, Danny (Ben Mendelsohn), l’ainé, et brebis galeuse par qui le malheur arrive, Meg, la séduisante cadette qui trompe son futur mari (Linda Cardellini) et Kevin, le petit dernier, réparateur de bateau à la ramasse. Le retour de Danny pour la célébration des patriarches va évidemment ouvrir les portes de l’enfer.

Sur cette feuille de route connue, les auteurs de Damages, ici aux commandes de ce Roi Lear tropical vont dérouler l’essence du thriller familial made in USA : un contexte ethnographique fort ; la Floride des Keys, entre paradis terrestre et enfer sur terre. Les multiples maux de la société américaine ; le mensonge, l’hypocrisie de la sacro-sainte structure familiale. La drogue, les painkillers à haute dose, la bière et les shots obligatoires. Les immigrants illégaux. Et bien sûr le sexe, qui rode comme un gator sous la mangrove d’un puritanisme de façade.

Tout cela est très bien fait, diablement addictif, et joué par des vieux routards (Friday Night Lights, Cogan Killing them Softly, Urgences, The Place beyon the Pines) ; on va donc se jeter sur la saison 2.




mardi 2 octobre 2018


Les Frères Sister
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Ce n’est peut-être pas le meilleur film de Jacques Audiard, mais Les Frères Sister restent très bons quand même. Une sorte de bulle d’air dans la filmographie de réalisateur de Regarde les Hommes Tomber, Un héros très discret, De battre mon cœur s’est arrêté, et du Prophète. Film de genre, film picaresque, western, comédie, Les Frères Sister est un OVNI ; il semble de prime abord ne correspondre en rien avec le reste de la filmographie de Jacques Audiard.

L’histoire de ces frères tueurs à gage qui poursuivent leur cible au fin fond de l’Oregon, au mitan du XIX° siècle, semble très éloigné des prétentions naturalistes d’Audiard dont le cinéma n’avait visé jusque-là qu’à restituer, avec un regard acéré, la réalité de notre monde contemporain.

Pour autant, on va retrouver dans Les Frères Sister les mêmes obsessions Audiardiennes ; le père absent (et cette phrase – autobiographique ? – du fils de Michel Audiard : « sommes-nous condamné par le sang pourri qui coule dans nos veines ? », la fratrie, la violence, l’innocence perdue…

Mais cette fois-ci, c’est drôle, bien vu, extrêmement bien joué (en particulier Jake Gyllenhaal), et peut-être un peu bavard, et peut-être un peu trop long…

Mais comme d’habitude, le talent d’Audiard réside dans sa capacité à filmer des choses habituelles de façon inhabituelle. Montrer le quotidien comme on ne l’a jamais vues. Le handicap dans Sur Mes Lèvres, la Côte d’Azur dans De Rouille et d’Os. La vie dans les cités dans Dheepan, ou une fusillade dans la nuit dans Les Frères Sister… A la fois auteur et esthète, Audiard reste pourtant un conteur de talent ; malgré les défauts, malgré les « message », malgré la volonté de réalisme, on s’ennuie rarement dans son cinéma. C’est encore vrai ici.




vendredi 14 septembre 2018


The Guilty
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Recommandé une fois de plus par Notre Agent au Kremlin, mais également par le fameux Rabillon, on finit par aller voir ce coupable. Encore un titre inutilement traduit en anglais, puisque le film est danois. Mais peu importe, car The Guilty est très réussi. Avec un dispositif minimal (un bureau, un personnage, un téléphone), Gustav Möller arrive à nous tenir en haleine pendant 1h30.

Le Pitch : Asger, policier à Copenhague, plutôt désagréable, et dont on comprend qu’il a été puni, travaille au 112, le service des urgences. Travail monotone : accident de vélo, rixe dans un bar, fêtard aviné à la dérive… Asger prend l’appel, reroute vers un policier de terrain, et déborde même un peu en commentant, goguenard, les méfaits de ses interlocuteurs. Quand soudain un appel plus sérieux se présente ; une femme, visiblement kidnappée. Que va-t-il faire ? On n’en dira pas plus, car tout le film est là, dans cet effet de transfert qui met le spectateur dans le même état d’impuissance que le héros. En un mot, la base même du cinéma.

Il faut beaucoup de talent pour faire ça, d’autant plus que Den Skyldige est un premier film. Gustav Mölle use donc de toutes les ressources que le cinéma, et le hors champ propose.

Et au moment où cela pourrait tirer un peu trop sur la corde de la dramaturgie, le film, intelligent, s’arrête.




vendredi 14 septembre 2018


Fantastic Mr Fox
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

On avait raté le seul Wes anderson qui manquait à notre collection. Une nouvelle rediffusion télé nous a permis de combler ce terrible déficit, et faire la preuve de l’efficacité, une fois de plus, de la recette Anderson : traitement enfantin pour des sujet sérieux (les pères défaillants, l’écologie, l’avidité des hommes), casting All-Star (George Clooney, Meryl Streep, Bill Murray…) et réalisation au cordeau…

Comme d’habitude, à ne pas rater.




mercredi 5 septembre 2018


Under the Silver Lake
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Que dire d’un film pareil ? Qu’il est incroyable ? Pas complètement réussi ? Ambitieux mais désordonné ? Passionnant mais trop long ? En tout cas, on ne voit pas ce genre de films tous les jours, encore moins « aujourd’hui, comme le dit un de ses personnages, au milieu de la production Hollywoodienne actuelle de blockbusters où Monsieur Propre sauve le monde ».

Under the Silver Lake est même difficile à décrire. Les mots buttent. Un Mulholland Drive comique ? Un Inherent Vice moderne ? Le Grand Sommeil meet La la Land ? En deux mots, on dira qu’un trentenaire à la ramasse, Sam (Andrew Garfield) dont on ne sait pas trop bien ce qu’il fait, mais qui travaille à Los Angeles, donc dans la musique ou le cinéma, tombe amoureux de sa jolie voisine blonde. Qu’il la mate à la jumelle de sa fenêtre. Et qu’évidemment elle disparaît.

Ça y est. On déjà cité deux Hitchcock : Fenêtre sur Cour et Une Femme Disparaît. Et ce n’est pas fini. Hitch, Lynch, Chandler, vont apparaitre en filigrane des tribulations tragi-comiques de notre héros.

Le film est long (trop, sur la fin), mais il est aussi éclatant d’intelligence. Dans cette nouvelle ode à la grande ville incomprise qu’est Los Angeles, babylone tentaculaire et magique, on pense aussi au Londres de From Hell, au Paris psychogéographié par Guy Debord, au Paris secret et magique de ses catacombes. Car c’est de cela dont il s’agit : les codes secrets des initiés, les forces obscures qui nous entourent, la passion et la raison. Lynch n’explique rien, et montre. David Robert Mitchell joue avec son escape game à hauteur de ville. Il ne sert donc à rien de vendre ce film : soit vous ferez ce voyage, soit vous n’êtes pas fait pour Silver Lake…

Et si vous avez adoré It Follows, le film précédent de David Robert Mitchell, beaucoup plus abouti, beaucoup plus musclé, celui-ci est aussi à voir. Comme une promenade dans Los Angeles où vous accepteriez de vous perdre.

Et soudain, dans la nuit, la Cité du Quartz.




mardi 4 septembre 2018


El Clan
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Perdu sur une île au milieu de l’Atlantique, surprise ! le Professore Ludovico tombe sur Dans Ses Yeux et force immédiatement la Professora à découvrir le chef d’œuvre de Juan José Campanella. Mission accomplie, on s’apprête à se coucher quand soudain Arte nous prévient que, dans le cadre de sa soirée « cinéma argentin », on va nous passer El Clan, recommandé de longue date par un cinefaster dont on a oublié le nom (écrire à la rédaction, qui transmettra). Comme quoi le dieu des cinéphiles fait parfois bien les choses.

Nous voilà donc obligé d’aligner deux films de suite, ce qui ne se fait pas, vous en conviendrez. Mais ce Clan est pourtant très bien. Passionnant de bout en bout, El Clan est un BOATS proprement hallucinant sur la famille Puccio, dans l’Argentine post-dictatoriale. Ou comment le patriarche, Arquímedes Puccio, un ancien barbouze du régime, aidé de sa femme et ses cinq enfants, a séquestré, puis rançonné quatre personnes avant de les assassiner froidement.

Les personnages sont bien esquissés, du fils joueur de rugby des Pumas sous la domination du père, de la mère, discrète mais semant la terreur, des frères et des sœurs qui n’en peuvent mais. Pablo Trapero tisse avec dextérité la toile d’araignée de sentiments contradictoires qui obligent chaque Puccio à commettre l’irréparable ; l’intérêt, la fidélité, la peur…

Bien évidemment, c’est le genre de BOATS qui marche particulièrement ici, puisqu’on ne connait rien, nous, de cette lamentable histoire. A voir, donc.




janvier 2019
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