mercredi 21 janvier 2026


La Bataille du Rail
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Mais quel film ! Documentaire, film de guerre, thriller, film d’action, propagande Eisensteinienne : les qualificatifs manquent pour genrer le film de René Clément.

La Bataille du Rail, cette exaltation à sens unique de la résistance SNCF (pas un seul collabo à l’horizon*), fut réalisé immédiatement après la guerre (en 1946) avec peu de moyens, sauf ceux de la SNCF. Celle-ci ne lésine pas devant ce film d’entreprise avant l’heure : on y jette un vrai train dans le talus pour une séquence d’anthologie.  

Le film suit une myriade de personnages, à tous les échelons de la compagnie ferroviaire : cheminots, gardes-barrières, cadres administratifs, qui œuvrent tous à ralentir voire détruire les convois de ravitaillement allemands pendant le Débarquement de Normandie.

Pas d’acteur connus, des images un peu floues, parfois accélérées pour donner de l’intensité aux cascades (George Miller fera pareil pour Mad Max), des dialogues doublés à l’arrache, mais aussi des séquences inoubliables. Le train qui déraille, la bataille finale qu’aurait pu signer Michael Bay s’il était né plus tôt, et des scènes poétiques que n’aurait pas reniées le cinéaste du Cuirassé Potemkine (les cheminots attendant leur exécution).

Le film oscille toujours entre le documentaire, le film d’action, et la poésie quasi expérimentale. Ainsi, pas un personnage allemand ne parlera français, ni ne sera sous-titré. Ce qu’on appelle au cinéma le transfert, c’est à dire la mise in situ du spectateur dans l’angoisse des protagonistes de ces heures sombres.

Un must, on vous dit.

* En fait, un seul : « Parle pas devant ce gars-là, il est pas sûr… »




mardi 13 janvier 2026


Des Hommes d’Honneur
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Incroyable mais vrai : on a oublié de chroniquer Des Hommes d’Honneur, un des films fétiches du Professore Ludovico, déjà vu et revu. Fétiche parce que Tom Cruise et Demi Moore au sommet de leur talent, fétiche parce que séquence-culte de Nicholson, fétiche parce que beaucoup de petits jeunes qui vont devenir grands y font un passage : Kevin Bacon, Kiefer Sutherland, Kevin Pollak (Usual Suspects), James Marshall (Twin Peaks), Matt Craven (un habitué des Michael Bay), Xander Berkeley (second rôle un peu partout), Noah Wyle (Urgences), Cuba Gooding Jr., Joshua Malina (The West Wing)…

C’est aussi les débuts de notre idole : Aaron Sorkin y écrit son premier scénario tiré de sa pièce ; il fait même un cameo en avocat.

On ne vous fera pas l’injure de raconter l’intrigue, mais simplement rappeler un des adages de CineFast : on peut critiquer ce que l’on aime, ici l’armée, le patriotisme, ce dont Sorkin ne s’est jamais privé.

Des Hommes d’Honneur a plus de trente ans et se déguste toujours comme un bon cheesecake.




lundi 12 janvier 2026


Los Angeles elegy
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Il y a un an, Los Angeles brûlait. Nous avions commencé ce post, jamais publié. Pour ce triste anniversaire, on se lance malgré une Amérique qui ne fait plus trop envie… Mais quand on suit Gavin Newson, le sarcastique gouverneur démocrate de Californie, et principal contempteur de Trump via des posts Instagram délirants et hilarants dans le plus pur style MAGA, c’est peut-être de là que viendra le salut.

Janvier 2025 : la Cité des Anges, l’Usine à Rêves brûle comme dans un action movie des années 80. Malheureusement, Bruce Willis ne viendra pas tirer Jamie Lee Curtis et son bébé de sa maison en flammes, aux commandes d’un hélicoptère des Navy Seals.

Si L.A. brûle, c’est en partie par la faute des idiosyncrasies américaines. Si le réchauffement climatique qui n’est pas dû qu’aux californiens, ils en sont l’exemple le plus évident : surconsommation (notamment de pétrole et de viande), place démesurée allouée à la voiture, frénésie immobilière sans plan urbanistique*, services publics en berne**, assurances annulant leurs clauses incendies, etc. 

Los Angeles brûle aussi pour d’autres raisons. Cette ville n’a pas d’eau, elle n’en a jamais eu et n’en aura jamais. La Los Angeles River qui a donné son nom à la ville est un filet d’eau grise (que l’on voit par exemple dans Tonnerre de Feu ou Grease). L’eau a été amenée de force, par l’aqueduc créé par William Mulholland au début XXe siècle. Un aqueduc volant l’eau des plateaux environnants et de ses paysans, pour nourrir une ville grossissant chaque jour à vue d’œil***.

Mais voilà, notre cœur est brisé, car cette ville, le plus souvent moche et vulgaire, a une âme, et une histoire.

Si la Cité des Anges est globalement moche, c’est qu’elle est le résultat de l’accumulation de quartiers sans queue ni tête, sans plan d’urbanisme, ce qui fait que l’on passe d’un bloc à l’autre, d’un quartier très chic à un quartier très pauvre. L’européen y perd ses repères : le centre-ville qui recèle quelques merveilles architecturales dont le Bradbury Hotel de Blade Runner, est plutôt mal famé, même s’il est en voie de gentrification. Au contraire, les banlieues pavillonnaires sont riches (à l’ouest), ou pauvres (au sud et à l’est). Le Hollywood Boulevard****, fréquenté par les touristes en quête de rêve hollywoodien est un quartier limite dangereux la nuit tombée.  

Pourtant cette ville a une histoire, et cette histoire n’est pas banale. D’abord celle des missions catholiques du Camino Real, le Chemin du Roi, qui relie toute la côte Pacifique jusqu’au Mexique. De sorte que toutes les villes ont des noms espagnols : San Francisco, Santa Monica,  San Diego. L’une de ces missions était celle de El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de los Ángeles, « ville » bâtie dès 1781. Ce pueblo, on peut le voir encore aujourd’hui, Mont-Saint-Michel pour touriste, presque à l’écart de la ville. C’est le Los Angeles de Zorro.

Puis les Américains ont repris la Californie et la ville a commencé à se développer. D’abord, par les vergers, plantations d’orangers qui couvraient les collines d’Hollywood, et qui étaient reliés par le train jusqu’au centre de la ville, Downtown L.A.… Et comme la ville ne cesse de se développer, il fallait de l’eau. L’aqueduc de Monsieur Mulholland fut la solution. La ville poursuivit son développement tentaculaire dans les années 20 avec un réseau de tramway et de train très conséquent*****.

Et puis il y a quelques merveilles comme Downtown L.A., et ses bâtiments Art Deco, souvent défraichis (le passé n’intéresse pas les Américains), la Villa Getty, les Tar Pits, les plages, Malibu. Et pour les plus curieux, la longue histoire criminelle de Los Angeles : le Dahlia, la Manson family, l’affaire OJ Simpson…

Il y a bien sûr – et c’est ce qui nous intéresse ici – l’histoire Hollywoodienne : les studios, les villas des stars à Bel Air, les cimetières emplis de stars (Hollywood Forever, Forest Lawn, Westwood Memorial Park) ou encore les multiples lieux de tournage qui rendent L.A. si familier au touriste, l’impression de vivre au milieu des films ou des séries…

Nul doute que la Cité se reconstruira, elle qui attend depuis toujours le Big One, le tremblement de terre qui détacherait la Californie du reste des Etats-Unis. A moins qu’elle ne fasse sécession autrement : une séparation politique de l’Amérique trumpiste, elle qui se sent si californienne avant d’être américaine…

* Ironie de la situation, pour une fois ce sont les ultras riches de Pacific Palisades, ceux qui ont des Tesla, des piscines et des mansions gigantesques qui ont été touchés par la catastrophe.

** La mairie a réduit le budget des pompiers de 17M$ sur 2024-2025.

*** Raconté en filigrane dans Chinatown

**** Le Grauman’s Chinese Theatre, le Dolby Theater des Oscars, la cinémathèque (L’Egyptian), le Cinerama de Once Upon a Time in Hollywood, ou le Walk of Fame, avec les étoiles sur le trottoir…

***** Et oui, on a du mal à le croire, mais il y avait beaucoup de transports en commun à L.A. Au début, pour inciter l’investissement, on donnait les terrains à droite et à gauche de la voie à ceux qui construisait les tramways, comme pour le train qui traversa les États-Unis au XIX° siècle. Ce fameux modèle là aussi vola en éclat dès lors que les terrains furent valorisés, construits et vendus. Plus aucun intérêt à supporter les charges de transports en commun peu rentables… Hollywood Boulevard est ainsi l’ancien tracé de la voie ferrée qui reliait les vergers au centre-ville.




vendredi 9 janvier 2026


L’Agent Secret
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Les gens ]

Au bout d’une minute, c’est facile de déceler un cinéaste. Au bout d’une minute, on sait que Kleber Mendonça Filho en est un. Une station-service au milieu des champs de maïs, une coccinelle VW qui s’approche, un fluide mouvement de grue qui descend, des pieds qui dépassent d’un carton à même le sol : est-ce le pompiste qui glandouille au soleil, ou un cadavre ? On a compris : on est au cinéma. Ou plutôt dans le cinéma de Kleber Mendonça Filho.

La confusion des genres, c’est rare parce que c’est dangereux. Mais comme tous les grands cinéastes, comme Lynch, Mendonça Filho n’a pas peur, et il s’y risque. Le Kleber va donc oser plein de défis casse-gueules. Un long thriller politico-familial, une course-poursuite, une séquence gore, un slasher-coup de pied au cul, et, le drame, la tragédie d’un homme, l' »agent secret »…

Formidablement porté par Wagner Moura, LE Pablo escobar de Narcos démontre toute la plasticité de son jeu. Mince, souriant, résistant à la dictature brésilienne des années 70, il inonde le film de sa lumière. 2h40 et on en redemande…  




mardi 6 janvier 2026


Pluribus
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Il reste encore un peu de temps de cerveau disponible à Hollywood. Vince Gilligan, dont nous avions peu goûté le macabre Breaking Bad, fait avec Pluribus un retour tonitruant.

E pluribus unum, « un parmi plusieurs », n’est pas un choix innocent pour une série. Référence à la devise du sceau des Etats-Unis (en souvenir de l’intégration des 13 colonies fondatrices), elle sous-entend que l’union fait la force…

Sans dévoiler l’intrigue, qui tourne autour de la fin du monde, la série décale dans les grandes largeurs le cliché en partant, comme il se doit, d’un formidable personnage principal. Carol Sturka (Rhea Seehorn, explosive) est une écrivaine spécialisée dans la chick-lit. Plutôt insatisfaite malgré son succès, plutôt en pétard quand arrive la catastrophe.

A partir d’un principe qui, s’il était dévoilé ici, gâcherait tout, Vince Gilligan inverse tous les tropes de l’invasion et dénoue ce personnage-pelote en prenant tout son temps. C’est à dire en allant contre tous les principes narratifs (aller vite, rebondir, changer de pied…) Au contraire, le showrunner installe toutes ses scènes dans la durée. Ainsi, on verra une femme charger un avion, s’installer aux commandes, faire la check-list, démarrer le moteur 1, puis le moteur 2, puis le moteur 3, avant de finalement décoller.

Pourquoi perdre tout ce temps ? C’est en réalité un vrai parti-pris d’artiste : ce temps n’est pas perdu pour le spectateur : il réfléchit, et les questions (et donc les enjeux ) surgissent : le malaise s’installe. Pourquoi cette femme qui ne ressemble pas à un pilote se retrouve aux commandes d’un quadrimoteur ? Pourquoi ne parle-t-elle pas à la tour de contrôle ? Et où va-t-elle ?

Ce sentiment d’étrangeté, de gêne, nous met exactement au même endroit que Carol face à l’invasion. Vince Gilligan, lui, fait confiance à l’intelligence et à la créativité de ses spectateurs pour inventer la suite.

L’autre intérêt du show, c’est l’amas de sous-textes possibles. Derrière ses airs de ne pas y toucher, Pluribus est une série éminemment politique sur la normalité, l’unité, et ce que veut dire vivre ensemble.

Et il y apporte une réponse plutôt ambiguë. Faut-il vraiment être parfaitement unis ? Et avec qui, avec quoi au juste, sommes-nous d’accord ?




mercredi 31 décembre 2025


Sabrina
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films -Les gens -Pour en finir avec ... ]

Les grands films meurent aussi. Qu’est-ce qu’il reste de Sabrina, soixante-dix ans après ? Pas grand-chose. Un Billy Wilder feignant, avec pourtant la crème de l’époque : Bogart, Holden et bien sûr Audrey Hepburn.

L’intrigue déjà ne tient pas la route, trop mollement traitée par Wilder. En gros, une histoire de Cendrillon 50s. Audrey Hepburn est la fille du chauffeur d’une grande famille de richards de Long Island. Elle est amoureuse du cadet (Holden), un playboy qui enchaîne les mariages et ne la regarde même pas. La jeune ingénue tente de se suicider, mais finit par aller à Paris pour (sic) apprendre la cuisine. Elle revient transformée en icone de l’élégance parisienne. Le bon vieux temps où la France rayonnait !!

Le playboy tombe immédiatement amoureux d’elle. Pas de chance, on est à l’aube d’un mariage qui arrange les affaires de la famille :  en gros, le roi du vitrage épouse l’héritière du roi du plastique.  

L’ainé, que rien n’intéresse à part diriger l’entreprise familiale (Bogart), prend l’affaire en mains. Il se dévoue pour sortir la belle et la réexpédier manu militari à Paris. Evidemment, in the process, il tombe amoureux d’elle.

Comédie amère ? Tragi comédie sociale ? Billy Wilder ne sait pas trop où il habite (c’est son dernier film à la Paramount, ceci expliquant peut-être cela) et les acteurs mâles cachetonnent, tandis qu’ Audrey Hepburn tente de jouer. Nous tenons cette information de Notre Dame de Nazareth : a-t-elle jamais interprété un grand rôle ? A part My FairLady, dans le panthéon personnel du Professore Ludovico, on ne voit pas. Elle tient sa place, mais uniquement grâce son incroyable beauté, son charme discret, et le modernisme de son look (entourée de grands couturiers et bijoutiers) qui l’érige en icône de la mode.

Elle l’est encore aujourd’hui. Il y a pire comme destin.




mardi 30 décembre 2025


Brigitte Bardot, le paradoxe à trois corps
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Les gens -Pour en finir avec ... ]

L’icône nationale est morte. Brigitte Bardot fut un paradoxe vivant, incarnant trois corps successifs. Bombe de sexualité libératrice dans les fifties (et le si bien nommé Dieu Créa la Femme). Fière Marianne, Bardot devint ensuite une pionnière de la protection animale, puis une boule de haine raciste et homophobe : on ne peut s’empêcher de penser que tout cela est lié.

Bardot fut utilisée, malmenée, maltraitée par le monde du cinéma et les médias. Elle fait partie de la longue liste de victimes de la machine à broyer qu’est l’Usine à Rêves. Abimée par les hommes, elle se retira en compagnie des animaux qui n’ont que leur fidélité à offrir. La haine des hommes avec un petit H devint la haine de l’Humanité, corsetée de déclarations à l’emporte-pièce…

Victime de star system ? Pas uniquement. Bardot n’a pas rencontré les bons réalisateurs, ou n’a tout simplement pas eu l’ambition de le faire.

Pour vérifier cette hypothèse, il suffit de revoir La Vérité. On comprend ce que Clouzot peut tirer de Bardot. Au-delà de plans putassiers sur ses seins ou sur ses fesses (« Tu les aimes, mes fesses ?* »), perce l’actrice, pendant un instant.  

* À ce sujet on peut se reporter à la vidéo édifiante où Godard explique, narquois, comment il a marché sur les mains pour obliger « Bribri » à mettre des jupes plus longues et des cheveux plus courts. Le Mépris, assurément.




mardi 23 décembre 2025


The Narrow Road
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Hollywood a fourni nombre de mélodrames mélangeant guerre et passion : Autant en Emporte le Vent, Tant qu’il y aura des Hommes, Un Eté 42, Pearl Harbour, Légendes d’Automne. Les spectateurs sont aujourd’hui bien en peine de trouver l’équivalent sur leurs écrans.

Mais voilà que Prime Video a la bonne idée d’adapter La Route Etroite vers le Nord Lointain, le chef d’œuvre de Richard Flanagan. Et Canal+, elle, a la bonne idée de l’acheter.

En cinq épisodes c’est l’adaptation réussie du roman fleuve qui coche toutes les cases. Beauté graphique et musicale, perfection de l’acting* et respect de l’histoire, et de l’Histoire.

A savoir, Le Patient Anglais meet Le Pont de la Rivière Kwai. La terrible construction du « chemin de fer de la mort » par des prisonniers britanniques et australiens, qui relia la Thaïlande à la Birmanie, à laquelle se superpose une histoire d’amour contrariée. Juste avant de partir au Front, Dorrigo Evans, un jeune chirurgien australien plein d’avenir (Jacob Elordi/Ciarán Hinds, tous deux au sommet), fait un mariage utile avec Ella, mais tombe en même temps amoureux d’Amy, la jeune épouse de son oncle.

Tout cela serait fort classique s’il n’y avait la patte raffinée de Justin Kurzel**, sa vision éthérée de la brumeuse Birmanie, et son traitement (affreusement réaliste) de(s) histoire(s) d’amour.

Car s’il a la poésie pour lui (jungle mystérieuse et plages australiennes) rien n’est à l’eau de rose chez Kurzel. Ni l’histoire d’amour, déroulée sur quarante ans, ni la vie au camp de prisonniers.

On pense immédiatement au meilleur Malick. Sa Ligne Rouge aussi explorait simultanément – comme un flux de conscience – le présent et le passé. On pense évidemment au Pont de la Rivière Kwai, qui serait ici modernisé. Car l’héroïsme est impossible : il n’y a au fond de la jungle, comme chez Primo Levi ou Lanzmann pour la Shoah, que de la chair humaine en bouillie qui tente de survivre.

Certes le roman était fabuleusement bon, mais traiter ces deux aspects avec la légèreté d’une plume n’est pas donné à tout le monde.  

* Jacob Elordi (Euphoria), Ciarán Hinds (Rome, Game of Thrones), Olivia DeJonge, Heather Mitchell, Odessa Young, Show Kasamatsu (Tokyo Vice), Simon Baker (Mentalist, Margin Call)

** Réalisateur jusque-là peu remarqué d’Assassin’s Creed et d’un Macbeth avec Marion Cotillard




vendredi 19 décembre 2025


Rob Reiner, une vie
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

Rob Reiner vient d’être assassiné par son fils, dans une de ces tragédies Hollywoodiennes dont on croyait le gentil Reiner exclu.

Rob Reiner, c’est IMdB qui le dit, a réalisé 35 films dont il ne reste que quelques chefs-d’œuvre, essentiellement dans les années 80. Mais quels chefs d’œuvre ! Car Reiner a su nous toucher au plus profond, dans des genres pourtant différents. Au cœur de l’enfance (Stand by Me, Princess Bride) ou de nos émois de trentenaires (Quand Harry rencontre Sally). Mais aussi notre soif de justice, avec Des Hommes d’Honneur, probablement son plus grand film*…

Y’a-t-il plus grande ambition pour un artiste ? Toucher le cœur des gens pour toujours n’est pas donné au premier faiseur venu. Rob Reiner l’a fait quatre fois, s’inscrivant pour toujours au panthéon Hollywoodien.

*Avec Aaron Sorkin au scénario




mercredi 10 décembre 2025


Fade to Gray
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens -Pour en finir avec ... ]

Et si James Gray avait raison ? C’est vrai, les mauvais cinéastes (Tarantino, Woody Allen, Godard) font souvent de très bons critiques…

Tourne en ce moment sur Instagram une courte interview du réalisateur de Little Odessa et de The Yards, que nous avons perdu depuis La Nuit Nous Appartient. Gray y ébauche une analyse très pénétrante de la situation actuelle, intuitant que la stratégie « tentpole » des majors est suicidaire. S’il ne critique pas la nécessité pour l’industrie de faire du profit, il en dénonce l’avidité. En ne se concentrant que sur les films les plus coûteux qui rapporte le plus d’argent, l’Usine à Rêves ne fait rien d’autre que saper sa base et assécher les terres fertiles de la cinéphilie…

Il y avait avant, dit-il en substance, un cinéma pour tous les publics, les enfants (Walt Disney & Co), les teenagers (La Fureur de Vivre ou Twilight), les adultes (Rom Com, film d’action ou Art&Essai). Un art pour les riches comme les pauvres, pour les gens de droite ou les gens de gauche. Il y avait toujours un film pour vous dans la programmation.

Mais aujourd’hui, l’offre se réduit. Les studios mettent tout dans le même panier des Franchises (Avatar, Marvel, Star Wars…) et négligent les films difficiles (façon Dardenne ou Sundance) ou les films du dit du milieu, (Desplechin et consorts).

L’effet ne se verra qu’à long terme, mais il est sûr et certain : de moins en moins de gens iront au cinéma. Seuls ceux qui veulent du Justice League iront encore manger du popcorn. 

En réduisant la cible, poursuit James Gray, on réduit d’autant l’impact culturel du cinéma, sa place dans la psyché mondiale : « Je vais lui faire une offre qu’il ne peut pas refuser » ; tout le monde identifie aujourd’hui cette citation du Parrain, passée dans la culture populaire, conclut James Gray. Mais qui est capable de citer une réplique d’Aquaman ?