dimanche 11 avril 2010


The Square
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

La magie du cinéma, c’est ça : il ma suffit de zapper dix minutes sur The Square pour avoir envie de voir le film (ce que je n’ai pas encore fait.)

Dix minutes magiques, quasi silencieuses, mais tellement bien filmées qu’on comprend tout : deux couples, un adultère, quelque chose de terrible entrain de se préparer… Un remords soudain, on veut tout annuler, mais c’est trop tard : le drame est en place…

Le tout impeccablement filmé, tout en retenue, en suspense, avec quelques regards échangés… Nash Edgerton a confiance dans le cinéma.

J’ai enregistré son film. Et je vais le regarder…




dimanche 11 avril 2010


La Dernière Escroquerie du Rock’n’Roll
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les films -Les gens ]

Malcolm McLaren is dead. On pourrait en faire un T-Shirt, comme Sid Vicious: Dead. Si McLaren a sa place dans CineFast, ce n’est pas en tant que Manager des Sex Pistols, mais bien en tant que producteur de cinéma, de l’OVNI filmique La Grande Escroquerie du Rock’n’Roll, le vrai-faux biopic des Pistols…

Vrai, car avec de vrais morceaux de Pistols dedans : le God Save the Queen sur la Tamise, les derniers concerts calamiteux au Texas, l’émission de Bill Grundy… Et le faux aussi, où le Malcolm, en bon situationniste, esbaudit la Société du Spectacle en réécrivant son histoire des Sex Pistols : j’ai tout fait, j’ai tout inventé, tout était prévu depuis le début…

Comme chacun sait, c’est « un petit peu plus compliqué que ça… », mais quand les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs…

Bref, le film est rigolo, varié, sûrement très bizarre à regarder aujourd’hui, submergés que nous sommes par les clips, et blasés par toute forme de provocation…

Si le grand mérite du Punk, c’est d’avoir dit : « Toi aussi, tu peux le faire : tu peux être chanteur, graphiste, écrivain. Prends ton stylo et fais-le… », son deuxième – et pas le moindre – c’est d’avoir démonté les rouages du rock’n’roll circus : après les Pistols, toute provocation a désormais un petit parfum marketing…

Malcolm McLaren était un grand déconstructeur, et même s’il n’était pas le seul, il a changé nos vies…




jeudi 8 avril 2010


Alatriste
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Bonne idée que d’adapter le D’Artagnan modernisé d’Arturo Perez Riverte, Capitaine Alatriste. Bonne idée, aussi, que ce soit des espagnols qui s’en occupent (on sait de quels massacres sont capables les américains quand ils adaptent l’histoire européenne). Ici, belle déco réaliste, belles lumières…

Bonne idée, enfin, de confier le rôle du spadassin désespéré à Viggo Mortensen, qui, cereza sur los gatos, parle très bien l’espagnol.

Mais bon, ça s’arrête là. Car le reste est très décevant. Alatriste, le film, se veut désespéré, à l’image des romans ; il ne fait pas bon vivre pauvre et honorable à l’époque de Philippe II. Okay, on a compris… mais le film aligne les scènes de désespoir : la guerre, la maladie, les galères, tout va mal.

Le spectateur veut bien ressentir cette ambiance désabusée, mais il faudrait, par exemple, que l’on passe de l’espoir au désespoir, comme l’impossible amour d’Archer et de la Comtesse Orlewska dans Le Temps de l’Innocence.
Dans Alatriste, tout va mal, et de mal en pis, du début à la fin. C’est le décor, la toile de fond d’Alatriste. On s’y fait et on attend la prochaine scène en reprenant un tapas.

Autre problème : les scénaristes ont cru bon prendre les trois bouquins* et n’en faire qu’un seul (C’est dire s’ils croyaient au potentiel économique de leur sujet !) Si les bouquins de Perez Riverte ne sont pas des chefs d’œuvre de littérature, ils sont bien écrits et dramaturgiquement bien conçus. Chaque livre (Capitaine Alatriste, Les Bûchers de Bocanegra, Le Soleil de Breda) ont une intrigue, un début, et une fin.) On y comprend pourquoi Alatriste est si … triste, pourquoi son ami pamphlétaire risque gros, pourquoi le jeune Inigo ne devrait pas tourner autour de la belle mais dangereuse Donna Angélica.

Ici, on aligne dix ans d’intrigue en 2h20 interminables. Belles, mais interminables…




jeudi 8 avril 2010


La Commanderie
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est rare, sur CineFast, de parler des films avant, mais ça arrive. C’est encore plus rare pour une série française, mais voyez plutôt ; c’est La Commanderie, une série sur le Moyen Age, sur le pèlerinage de St Jacques de Compostelle, sur le trésor des Templiers !

Une sorte d’obligation de jeter au moins un coup d’œil. En plus, c’est produit par la bande du Village Français, dont on a déjà dit le plus grand bien.

A essayer, pour le moins…

La Commanderie
France 3, 20h35, épisodes 1, 2 et 3 (sur 8 )




jeudi 8 avril 2010


Les Chèvres du Pentagone
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Fausse bonne idée, Les Chèvres du Pentagone tente le BOATS comique. C’est même pas drôle.

Point de départ de la bande à Clooney (les nouveaux cinéastes américains engagés) : un livre sur les expériences paranormales du pentagone (télékinésie, meurtre à distance, « visite » mentale de site top secret, etc.) Bon, nous, fidèles des X-Files, on sait tout ça depuis des lustres, mais qui nous croyait à l’époque, hein ?

Les Chèvres du Pentagone nous refait le coup des BOATS, version comique. Riez, les gars, puisqu’on vous dit que ça a vraiment existé ! Ben oui, mais le rire, c’est comme les pleurs, ça se commande pas. Il ne suffit pas de coller une pseudo-intrigue : Ewan McGregor qui tombe par hasard sur George Clooney, ex-agent « très spécial », et ces deux-là tombent par hasard sur Kevin Spacey, l’ancien méchant, et par hasard sur l’ancien gourou, Jeff Bridges, bouclant ainsi la boucle.

Bref, c’est pas drôle, et tous les gag sont dans la bande annonce, comme d’hab’ avec ce genre de comédie ratée…




mardi 6 avril 2010


Le Choc des Titans
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Le désir, c’est mystérieux… J’avais très envie de voir Le Choc des Titans avec mes potes, en sortie groupée (ce que je ne fais jamais, vu la difficulté à réunir trois quadras, même des semaines à l’avance…) Mais là, pour d’obscures raisons tenant à un jeu de société qui nous occupe actuellement (Cyclades, pour ne pas le nommer (même les jeux ont des bandes annonces, maintenant), je décidé de tenter le coup avec quelques spartes coupeurs de tête, un athénien adepte des satyres, et un éphésien philosophe.

A ma grande surprise : succès ! Tout le monde est partant… mais là, patatras, j’avais une semaine d’avance sur le chef d’œuvre (prévisionnel) de Monsieur Leterrier… qui a profité de ladite semaine pour casser la baraque aux Etats-Unis (63M$)

C’est donc partie remise pour les maudits des dieux…




jeudi 25 mars 2010


Eloge de Christian Clavier (le gâchis)
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens ]

Christian Clavier eut l’honneur d’être dans la première chronique de CineFast, le 22 juin 2005. Aujourd’hui quasi absent des écrans (ou en tout cas du premier rang), on ne l’entend plus que… tous les matins, sur l’antenne d’Europe 1, où il vante les mérites d’une grande chaîne de supermarchés.

Grandeur et décadence, me direz-vous ? Loin de là, c’est souvent les plus grandes stars qui trustent les plus mauvaises pubs. Il faut bien payer la réparation de la piscine.

Mais non, ce qui frappe dans ces trente secondes de Clavier, c’est l’incroyable talent – gâché – de l’acteur. J’en faisais déjà la remarque dans la chronique sur Papy Fait de La Résistance : Clavier est le plus grand comique de sa génération, mais il ne le sait pas (ou il le sait trop !). De fait, il s’enferme dans des choix catastrophiques. Dans ses pubs, il arrive pourtant à créer une ambiance, une histoire, et à ressusciter le personnage de loser prétentieux qui a fait sa gloire.

A quand un nouveau Claude Berri pour Christian Clavier ? Où est le Manon des Sources qui transformera Clavier en grand acteur, comme Daniel Auteuil le fut ?




mercredi 24 mars 2010


Le Prisonnier
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Reprendre le Prisonnier, la série culte de Patrick McGoohan, voilà une idée casse-gueule ! Avec la cohorte de fans en transe (dont le Professore), fallait oser…

Et si la Professorinette, qui découvre le principe du Cliffhanger et de l’intrigue-mystérieuse-de-la-mort-qui-tue (ça la change de La Famille Delajungle) ne m’avais pas forcé à regarder Le Prisonnier, je ne serais pas resté jusqu’au bout.

Dois-je l’avouer ? C’est pas mal, finalement. Super bien fait (décor, photo, montage, on est chez AMC, la télé Mad Men), bien joué (Ian McKellen, Jim Cazievel, et la sculpturale Hayley Atwell, qui sait mettre sa plastique plus en avant que chez Woody Allen…)

Bon, c’est un brin compliqué, un brin précieux, la révélation finale un peu tarabiscotée, mais la conclusion est intéressante et ça meuble aussi bien un Lundi soir qu’un match nul du PSG…




mardi 23 mars 2010


Pat Garrett & Billy The Kid
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

En 1970 pour son film More, Barbet Schroeder confie la musique à un petit groupe qui monte : Pink Floyd.

Quand on s’étonna, à la sortie du film, de la quasi absence de la musique au montage final, Schroeder rétorqua : « Ce qu’ils ont fait était trop bon. Leur musique bouffait mon film… »

Peckinpah, lui, est de la génération précédente. Il ne sait pas encore, comme Coppola trois ans plus tard, mixer The End et Apocalypse Now. Non, Peckinpah ne connaît pas grand’ chose au rock quand il confie en 1973 à Bob Dylan non seulement la musique, mais un rôle, dans Pat Garrett & Billy The Kid. Grave erreur. La musique de Dylan bouffe le film, et contrairement à Schroeder, Peckinpah ne sait pas où la mettre, quand la mettre, à quel volume la mettre.

Par tout vous dire, Peckinpah n’a jamais été pour moi un grand cinéaste, juste une sorte de pré-Tarantino qui aime le sang et la violence : Osterman Week End, Les Chiens de Paille, Croix de Fer, la Horde Sauvage, tout ça ne me fait ni chaud ni froid.

On serait tenté de dire que Pat Garrett & Billy The Kid c’est pareil : mal joué, mal filmé, monté à l’arrache, Il ne reste que la superbe photo de John Coquillon, le chef op’ attitré de Peckinpah.

Mais Pat Garrett, c’est plus que ça : une ode à la liberté, une réflexion sur la l’âge de la maturité, et une page d’histoire américaine.

Pat Garrett et Billy The Kid sont deux anciens hors-la-loi, et deux amis. Mais Pat Garrett, le plus vieux, (James Coburn) est devenu Shérif, et a reçu l’ordre des gros propriétaires terriens d’arrêter Billy (Kris Kristofferson). Il le fait à contrecoeur, mais Billy s’évade. Tant pis, il le poursuivra jusqu’au Mexique s’il le faut. Entre les deux, l’énigmatique Alias (Bob D.), fera le choeur grec.

Mais l’intelligence du film, c’est que si Pat Garrett représente la loi, c’est de manière bien lâche, et si Billy, représente la révolte, alors celle-ci est bien faible.

Car nous sommes dans une période clef de l’histoire de l’Amérique : 1880. La Conquête de l’Ouest se termine, et les États tout franchement réunis après une guerre de Sécession dévastatrice, cherchent à devenir un état normal. C’est donc ce moment crucial que filme Peckinpah, quand l’espace, la liberté, qui n’avaient pas de limite, incarnaient les valeurs fondamentales de la frontier : America, land of opportunity.

Mais la liberté totale, même au Paradis terrestre, c’est le chaos. « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable », comme disait Staline. Billy prend ce qu’il veut, pensant exercer une sorte de liberté inaliénable.

Garrett, lui a compris (comme Dylan !) que les temps changent. « Peut-être, mais pas moi ! Maintenant, tu es sheriff, et avant, moi je travaillais pour Chisum. La loi, c’est un drôle de truc » rétorque le Kid. Garrett est passé du côté du manche, même si ça le dégoûte, de travailler pour les gros propriétaires terriens qui posent des barbelés dans la prairie. C’est triste, mais c’est aussi le début des lois, de la justice. Quelqu’un doit faire le job. Garrett sera là pour le faire*.

Peckinpah, semble, comme Alias, regarder cette Amérique mourir (dans de splendides soleils couchants), tandis qu’une autre va naître, à la fin du film, dans un petit matin ensoleillé.

*Suprême ironie, présenté dans l’intro de PG&BTK : Garrett périt vingt ans plus tard, de la même épée : il conteste le coût des baux de location, et on l’abat à l’ancienne dans une embuscade…




lundi 15 mars 2010


Brothers
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Et voilà, le boulot s’accumule et on oublie de parler de Brothers, sûrement le film le plus intéressant du trimestre, hormis l’ébouriffant Shutter Island, plus rigolo mais sûrement moins profond.

Brothers, c’est un garage à Ferrari : les meilleurs acteurs de la génération trentenaires, plus Sam Shepard en beauf vétéran du Vietnam. Aux commandes, Jim Sheridan, monsieur Au Nom du Père. Et en plus un sujet qui décoiffe.

De quoi s’agit-il ? De la parabole du Bon et du Mauvais Fils, tout simplement. Sam, le bon fils (Tobey Maguire) est parfait : capitaine respecté des Marines, marié à Grâce, la plus belle fille de la ville (Natalie Portman), et père de deux mignonnes petites filles. En face, son noir opposé Tommy, le frérot qui a mal tourné (Jake Gyllenhaal) : alcool, drogue, braquage et taule. On pense évidemment à l’Indian Runner de Sean Penn, et à la chanson de Springsteen,Highway Patrolman*

Quand le film débute, le gentil frère va chercher le mouton noir à sa sortie de prison. S’ensuit un dîner familial à couper au couteau, où le père démontre un parti-pris terrifiant pour Sam.

Là-dessus, notre bon soldat part en Afghanistan… Et meurt. S’ensuit probablement la meilleure part de Brothers : l’impossible deuil de Grace*, le remord insurmontable de Tommy, qui donnerait volontiers sa vie ratée pour celle de son frère, et du père qui – aveu terrible – serait prêt à l’accepter. Mais voilà, la vie reprend ses droits, il faut élever les enfants et réapprendre à vivre, et à aimer. Ce qui doit arriver arrive : un peu éméchés, Grace et Sam se rapprochent.

C’est le moment où réapparaît Sam, pas mort, mais prisonnier échappé des talibans, et chargé d’un lourd secret.

C’est la que le film commence, car le bon fils est revenu transformé en monstre, un monstre comme seule la guerre peut en produire.

On ne racontera pas la suite, mais c’est ce propos-là qui rend Brothers passionnant : nous ne sommes pas, en effet, le produit de la génétique (et d’un quelconque gène criminel), ni des traumatismes parentaux… Au contraire, selon les circonstances, (et sous l’influence de notre passé, certes), mais surtout selon nos actes, chacun peut devenir un monstre, ou s’amender.

Une fois qu’il a trouvé un rôle possible, Tommy peut faire le bien, car il le souhaite. Et son frère Sam, le militaire (trop) parfait, peut suivre, de manière incompréhensible un code de l’honneur que l’Armée elle-même ne lui a pas demandé, ce qui l’amènera à la folie…

Le talent de Jim Sheridan, c’est de poser ses gros clichés, puis de nous prendre systématiquement à contre pied, et justement de nous amener à réfléchir sur nos propres préjuges…

On oubliera seulement la dernière minute de Brothers, qui ne gâche pas le film, mais le conclut par trop brutalement, en oubliant de résoudre quelques éléments au passage. Les 103 premières minutes les compensent aisément…

*Brothers est en fait le remake de Brodre, un film danois de Susanne Bier