dimanche 23 mai 2010


C’est rare mais ça arrive…
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

J’ai vu la bande-annonce de Prince of Persia, la nouvelle production Bruckheimer, mais elle ne m’a pas du tout donné envie d’aller voir le film.

C’est d’habitude le contraire : des bande-annonces ultra-sexy, pour un film décevant au final. Soit parce quelle vend un film qui n’existe pas (le dernier Star Trek présenté comme un film sobre, révolutionnant la franchise, alors que ce n’était qu’un film d’action de plus), soit parce qu’elle révèle tout (la bande-annonce de Bienvenue chez les Ch’tis, avec tous les gags dedans)

Mais là, le film a l’air déjà tout pourri, avec des effets spéciaux pourraves, une intrigue et des méchants grotesques. Si la bande annonce est aussi nulle, qu’est-ce que va être le film ?




samedi 22 mai 2010


Lost 6, deuxième
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

La chute d’une série, c’est dans les détails qu’on la voit. On est pourtant prêts à pardonner beaucoup à la série d’ABC, tant elle nous a fait rêver, mais on voit bien que le cœur n’y est plus : décors tout pourris (mention spéciale au Temple, et au Phare, du plus beau carton-pâte), dialogues fantômes, et scénaristes aux abonnés absents.

Bien sur, on commence à comprendre des choses, le rôle de bidule et l’importance de truc, mais tout ça est amené avec une nonchalance coupable.

Comme nous l’avions dit, JJ est parti depuis longtemps, et ABC veut juste terminer le bouzin ; plus pour prouver, d’ailleurs, la fiabilité de ses produits (on vous avait promis la solution, la voici !)

Donc voilà les stagiaires aux commandes, et des acteurs qui ont soudain l’air vraiment prisonniers de l’île, de leurs rôles rabâchés jusqu’à l’ennui, avec encore 23 épisodes à tirer…

Vraiment perdus, pour le coup. Lost.




mercredi 19 mai 2010


No Country for Old Men, revoyure
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Après un premier avis mitigé à sa sortie, je suis retombé, dans l’océan d’images dont nous disposons aujourd’hui, sur la deuxième moitié du polar des frères Coen.

Et ma réaction a été beaucoup plus enthousiaste : pour parler, une fois de plus, de cinéastes qui ont confiance dans le cinéma, on devrait montrer ce film…

No Country for Old Men enchaîne les scènes d’anthologie, mais ne contente pas de les aligner ; au contraire, ce sont des briques, de couleurs différentes (comédie, parodie, drame, suspense, action, …) mais qui élaborent toutes un bel édifice dramaturgique.

Ainsi, les personnages se construisent peu à peu, subtilement, – alors qu’eux ne le sont pas, subtils – formidable Woody Harrelson, terrifiant Javier Bardem, etc.

Dans No Country for Old Men, les frères Coen se paient toutes les audaces : supprimer un personnage important sans montrer sa mort, faire une scène d’action quasi silencieuse, pendant dix bonnes minutes, entrer au contraire – in media res – dans une scène fondamentale qui vient de se dérouler, bref, nos gars expérimentent.

Le plus incroyable, finalement, c’est que ça ne se voit pas, car tout cela n’est jamais fait gratuitement : tous ces choix sont au service du scénario, implacablement.

Reste ce qui m’avait un peu gratouillé, la dernière fois : le brusque changement de ton (du thriller-humour noir au drame-existentiel-trop-vieux-pour-ces-conneries)

Cette fois- ci, ça passe comme une lettre à la poste.

Comme quoi.




mardi 18 mai 2010


La Commanderie
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

On voit très bien où les auteurs de La Commanderie veulent en venir : Un Village Français, mais en Bourgogne cette fois, et au XIVe siècle.

Mais ce qui manque à La Commanderie, c’est un peu d’ambition, et un peu de polissage qui rendait sa sœur aînée si passionnante.

Si les situations sont intéressantes (corruption, violences conjugales, armées mercenaires en déroute), le traitement de l’est pas. Dialogues plats, descriptifs, là où un peu de poésie ne ferait pas de mal. Car ce que veulent les auteurs, c’est bien nous faire comprendre la rusticité de ce monde, sa difficulté quotidienne. Plutôt que de le faire dire (mal) par un personnage, pourquoi ne pas essayer de le montrer par un plan large, captant la solitude de la Commanderie, isolée en pleine campagne ?

Encore une fois, il faudrait pour cela avoir confiance dans le cinéma…




lundi 17 mai 2010


Lost 6, deuxième partie
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

S’il reste un personnage (acteur) intéressant dans Lost, c’est Locke. Il vient sauver le quatrième épisode d’une season finale qui risque de s’avérer très longue, vu à la cadence d’escargot que tombent les « révélations ».

On apprend plus de choses dans celui-ci que dans les trois précédents. Sawyer récupère un humour qu’il semblait avoir égaré dans sa Maison Témoin Dharma. On retrouve même un peu d’émotion avec une scène d’enterrement…

Bref, on est sur la bonne pente, mais pourvu que ça dure !




dimanche 16 mai 2010


Rio Bravo
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Pourquoi se replonger dans Rio Bravo, un film de 1959, et obliger les pauvres professorinets à se colleter un film sans orques, sans elfes, sans vampires, sans hélico, sans 3D ?

Probablement par nostalgie : il fut un temps, mes amis, où sur la seule chaîne de télévision, nous découvrions Rio Bravo en noir et blanc chez mémé. Mais aussi, parce que ce film, Rio Bravo, c’est la pierre de touche CineFastienne par excellence : scénar en béton, acteurs au top, et perfection du rapport mise en scène/histoire à raconter.

Cette histoire, elle est bibliquement simple. Dans la jungle du Texas, un shérif (on mettra une heure quarante à découvrir son nom : Chance), arrête pour meurtre Joe Burdette, un voyou issu d’une riche famille. Coincé dans la ville, espionnée par les hommes du frère de Burdette, John Wayne ne peut compter que sur un adjoint alcoolique (Dean Martin dans son plus grand rôle), Stumpy, un vieil éclopé blagueur, (le sidekick Walter Brennan). A cela viendront s’ajouter deux autres personnages secondaires : Colorado (Ricky Nelson), le loner, si indépendant qu’il mettra du temps à rejoindre la justice, et Feathers (magnifique Angie Dickinson), la southern beauty, qui a le feu aux fesses pendant tout le film, et rêve de mettre John Wayne dans son film.

Entre temps, il sera fait état d’un crachoir, d’un dollar en or, d’une petite culotte rouge. Mais dans l’affrontement final, tous nos amis feront corps pour nettoyer Rio Bravo des bandits.

Si Rio Bravo est un chef d’œuvre, c’est par la profondeur de ses thématiques : la rédemption, la justice face au pragmatisme, thèmes toujours autant d’actualité, ce qui explique qu’il résiste aussi bien à l’usure du temps.

Malgré sa lenteur (parait-il insoutenable à la génération actuelle), ses quelques petits redressements moraux incongrus vers la fin (Angie Dickinson remercie le mâle de l’arrêter d’être une allumeuse, comme si elle ne pouvait pas le faire elle-même), Rio Bravo est immortel : les deux scènes du crachoir (Dean Martin, alcoolique, s’abaisse à aller chercher une pièce au fond des molards), Deguello (l’air mexicain d’Alamo qui hante le film), les sourires en-dessous d’Angie Dickinson, l’air désabusé de John Wayne, et encore une fois, la performance de Dean Martin, Rio Bravo reste gravé dans les mémoires.

Et tout cela, sans indiens, sans poursuite en diligence, sans attaque du chemin de fer, le tout dans un huis clos étouffant (prison, rue, saloon…)

Si ce n’est pas déjà fait, il est temps de retourner à Rio Bravo.




samedi 15 mai 2010


Il Divo
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Il Divo fait partie de ces films qui n’ont pas confiance dans le cinéma. Ou alors, Paolo Sorrentino a voulu réaliser un « ciné-poème », vous savez, ces jolies images mises bout-à-bout avec une jolie musique.

Il Divo, c’est une suite de ciné-poèmes, tout aussi beaux les uns que les autres. Par exemple, Paolo Sorrentino peut faire un plan formidable avec une commode. On pense à Fellini, ou à Lynch, mais sans une histoire derrière.

Ou peut être, tout simplement, que Il Divo est destiné au public italien ; une rêverie sur ces années de plomb, Aldo Moro et les Brigades Rouges, Mani Pulite et le général Della Chiesa, la loge P2 et la voiture du juge Falcone bondissant dans le ciel de Sicile.

Si on est italien, on doit pouvoir assembler les pièces du puzzle, et Il Divo doit être magnifique, portées par ces images fortes et ses performances d’acteurs.

Mais on n’est pas italien…




mercredi 12 mai 2010


Leningrad
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

On peut faire avec Leningrad ce qu’on s’interdit toujours de faire : écrire la chronique, alors même qu’on na pas fini le film. Après une heure de cette pesante coproduction internationale, on sait déjà ce qui ne va pas, et que ça ne va pas s’arranger…

Comme toute les coproductions, c’est salade russe obligatoire : acteur irlandais (Gabriel Byrne, que viens-tu faire dans cette galère ?), américain (Mira Sorvino, pas au mieux de sa forme), et russes (illustres inconnus).

La nouveauté, c’est qu’avec l’image de synthèse, les effets spéciaux, le cinéma « progresse ». L’image, dans Leningrad, bénéficie de toutes ces avancées (images ultra-saccadées, explosions grandioses, Messerchmitts en flamme, etc.)

Le problème, c’est que ces belles images ne sont au service de rien. On essaie de nous émouvoir sur le sort de la ville (son siège dura 800 jours et tua un million et demi d’habitants), on essaie de personnifier cette histoire au travers d’une courageuse policiers russe et d’une journaliste americaine solidaire (et l’inévitable « Everything’s gonna be alright », ben non, chérie…), mais c’est trop gnangnan pour qu’on y croit une seule seconde.

Quand deux jours plus tard, on achève – c’est le mot – Leningrad, le réalisateur semble si peu croire à son intrigue-prétexte « Gabriel Byrne retrouvera-t-il Mira Sorvino ? », que la fin du film arrive sans même que l’on s’en rende compte.

PS Sur le même sujet, lisez plutôt Central Europa, le chef d’oeuvre de William T. Vollman




mardi 11 mai 2010


Lost, jugement dernier
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Ca y est, c’est reparti pour un tour, les petites aventures de Jack, Kate, Sawyer, Hurley et tous les joyeux drilles de la Dharma Initiative ! Namasté tout le monde !

En fait, on exagère un peu, c’est reparti pour le dernier tour. Le bout de la route. La Fin. The End. Judgement Day.

Ça y ressemble beaucoup, d’ailleurs, au jugement dernier, puisque les morts reviennent. Les vivants meurent, puis renaissent, puis remeurent, et cette foutue statue, qui est détruite ou en parfait état, on ne sait plus très bien.

A tel point, d’ailleurs, que ABC s’est fendu d’un épisode zéro, que TF1 a eu la bonne idée de mettre sur son site. Attention, pas un petit épisode : quarante et une minutes, rien que pour résumer les cinq précédentes saisons ! Même un spécialiste es Lost comme le Professore avoue y avoir appris (ou du moins, compris) deux ou trois trucs, et je ne saurais donc trop vous conseiller d’y jeter un œil.

Une fois remis dans le bain, on peut s’attaquer aux deux premiers épisodes, qui ne brillent pas par leur génie, mais où le souffle est encore là, notamment avec cette idée de sideways episodes, où on joue à « Qu’est-ce qui se serait passé si l’avion ne s’était pas crashé ». Et puis on a droit à une ou deux révélations, ce qui ne mange pas de pain, permet d’épicer la soupe et, pourquoi pas, d’en redemander pour mercredi prochain.

Lost, TF1, tous les mercredi à 23h.




lundi 10 mai 2010


Iron Man 2
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

A-t-on le droit de dormir au cinéma ? Ça m’arrive rarement, à vrai dire : pendant Stalker (les dix dernières minutes de plan séquence ayant eu raison de ma résistance), Solaris (un bon Soderbergh, pourtant), Les Aventures de Winnie l’Ourson (no comment), et maintenant, Iron Man 2.

J’y emmenais le Professorino, qui trouva cela « bien » – l’équivalent de « passable » chez le CineFaster moyen -, et son parrain, grand spécialiste de Marvel, qui a bien aimé, notamment les références aux comics.

Des références qui, comme d’habitude, me sont passées par dessus la tête. Je n’ai pas eu d’enfance, moi Mossieur ! Je ne lisais pas Strange, mais Pif Gadget. En clair, il me manque un pan entier de culture geek, ce qui peut gravement vous handicaper dans une soirée de quadra.

Je n’ai jamais compris, par exemple, cette passion du superhéros pour le collant moulant*. Je trouve le concept de superhéros idiot, ce qui explique que j’aime les films déconstreurs du mythe : Incassable, ou les Watchmen

Donc, pour revenir à Iron Man 2, c’est pas tant que c’est mal fait (il y a toutes ces jolies bagarres, des explosions, et Miss Johansson en petit tailleur noir (à côté, Zahia a l’air d’une bonne sœur), mais c’est un peu brouillon, plein de trucs en désordre et des fameuses références-aux-comics.

Mais la vérité, c’est que je m’en fous. Royalement.


*James Malakansar a osé me rétorquer que « techniquement, Iron Man n’était pas en collant, mais en armure ! » Sans commentaire.