vendredi 26 novembre 2010


Goncourt-Oscars, même combat
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

Pour la première fois de ma vie, je lis un Prix Goncourt. Peut-être parce que c’est Michel Houellebecq, et que j’ai tous ses livres sauf un. J’ai adoré Houellebecq, quand je l’ai découvert à ses débuts, avec Extension du Domaine de la Lutte et Les Particules Élémentaires. J’ai été déçu, puis énervé, par le systématisme porno de Plateforme… et je n’ai pas lu (ni vu) La Possibilité d’une Ile.

La Carte et le Territoire, pour sa part, est un livre distrayant, bien écrit, mais pas un chef d’œuvre. Pourtant, c’est lui qui a le Goncourt cette année. Ce qui me ramène à CineFast et qui valide ma théorie sur les prix – quels qu’ils soient -, ces autocélébrations professionnelles à qui l’on donne l’apparence de compétitions définitives.

On peut avoir son panthéon personnel (mon film préféré c’est Apocalypse Now…), un panthéon Critique (les films de l’année pour les Inrocks…) ou populaire (nos lecteurs ont voté, c’est Mes Amis, Mes Amours, Mes Emmerdes…) Mais l’idée qu’une bande de vieux croûtons (l’académie Goncourt), de starlettes (le « Jury » de Cannes) ou de techniciens et d’acteurs yankees (les Oscars) me disent qui est le meilleur livre, film, acteur, ou costumière de l’année me consterne.




mardi 23 novembre 2010


Whiteout
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

C’est l’étrange alliance du polar à l’ancienne (des meurtres sont commis sur la base US en antarctique, une US Marshall déjà traumatisée s’y attelle), d’un producteur habitué aux grosses machines, Joel Silver, Mr MatrixDie Hard, et d’un réalisateur survitaminé – pour ne pas dire plus – Dominic Sena, qui a déjà un beau parcours de GCA (Opération Espadon, 60 secondes Chrono)…

Tout cela, on le découvre un peu stupéfait au générique de fin, parce que pour tout dire, Whiteout est un peu mou de la fesse. Combat, angoisse, scène gore, révélation finale : tous ces éléments manquent de muscle. Ce qui fait qu’on a vraiment l’impression d’être dans un polar fifties, avec Lana Turner et Robert Taylor : pas trop de violence, pas trop d’angoisse, et pas de sexe.

Mais on ne boudera pas son plaisir pour autant : un avion russe écrasé, une mystérieuse cargaison à bord, et la nuit polaire qui va tomber… Quel CineFaster saurait résister à ça ?




lundi 22 novembre 2010


Espion(s)
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Rien de pire quand le fond ne colle pas à la forme. Ici, la forme fait croire à un film d’espionnage réaliste comme on les aime : beaucoup de psychologie, de manipulations, et pas de coups de feu ou de gadget à la 007. C’est pourquoi on a beaucoup aimé Le Tailleur de Panama, L’Espion qui venait du froid, La Mort aux Trousses, Les Patriotes

Espion(s) est donc filmé à la perfection, en décors réels (aéroport d’Orly, Londres la nuit), les acteurs sont bons (Guillaume Canet, Hippolyte Girardot, et ma chouchoute depuis Les Arcandiers, Géraldine Pailhas, (NDLR : pourquoi ne fait-elle pas plus de films ??), la musique est splendide. Bref, tout va bien.

Sauf que ce parti-pris réaliste est détruit par un scénario truffé d’invraisemblances (Canet qui sait tirer au pistolet en une semaine, les agents anglais qui sympathisent avec la source), mais aussi de répliques cultes : « Alors, la situation, en Syrie ? »

Bref, c’est énervant, une fois de plus, de voir le cinéma français pécher sur le scénario, c’est à dire là où ça coûte le moins cher.




mercredi 17 novembre 2010


GI Joe – La Revanche du Cobra
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

On avait onze ans et on jouait à GI Joe, Action Joe en français. Enfin, on rêvait d’y jouer, puisque ma mère m’interdisait de « jouer à la poupée ». Pas grave, on rêvait sur catalogue : Action Joe commando anglais, Action Joe Soldat Allemand, Action Joe parachutiste américain…

Dans les années 90, ces salauds du marketing l’ont relooké en GI Joe, super-soldat de science-fiction, avec hélico, roquettes bactériologiques, et cité sous-marines englouties.

Pire, ils ont décidé d’en faire un film, mais heureusement, c’est Stephen Sommers aux commandes, l’auteur des immortels La Momie et Le Roi Scorpion.

Donc on se passionne pas trop pour le scénario, mais plus pour la combinaison en latex de Sienna Miller, la Tour Eiffel qui se dissout (aucun symbole freudien liée à Miss Miller), et une séquence de poursuite dans Paris, Hummer contre Super-Soldier, plutôt rigolote.

A voir avec le Professorino, en mangeant des Pop Corn. On peut même aller pisser sans mettre sur Pause.




mardi 16 novembre 2010


Les Petits Mouchoirs
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Faisons court : il faut aller voir Les Petits Mouchoirs, un film sympa, drôle et émouvant. Ce qui ne l’exempt pas de toute critique.

C’est dur et peut-être méchant de le dire, mais Canet, qui s’impose déjà, en quelques films, comme un grand cinéaste français, n’a pas encore tout à fait la maturité pour tourner un grand mélo comme Les Petits Mouchoirs. Et pour être complètement franc – et brutalement honnête – les français (les européens) ne savent pas faire de mélo. Parce que pour le mélo, il faut une énorme dose de candeur, de naïveté, d’amour du prochain que le Vieux Monde a perdu.

Donc, notre ami Canet veut faire son Les Copains d’Abord à lui. Pour les âmes les plus jeunes qui fréquentent ce blog, The Big Chill est un film qui lança un grand mélodramaturge (qui s’est un perdu depuis), Lawrence Kasdan. Tant pis, les étoiles les plus brillantes sont celles qui brûlent moins longtemps : Kasdan eut quand même le temps d’écrire Les Aventuriers de l’Arche Perdue et de L’Empire Contre Attaque (le seul Star Wars potable), La Fièvre au Corps (le meilleur polar des années 80), et Grand Canyon (LE mélo sur Los Angeles)…

Et The Big Chill, donc. Argument : des copains se réunissent pour l’enterrement de leur meilleur ami, ce qui leur donnera l’occasion de vider leur sac et de se réconcilier. On le voit, quelques ressemblances avec Les Petits Mouchoirs. La différence, c’est que Kasdan assume son choix du mélo, et donc qu’il y va à fond. On est là pour sortir les mouchoirs et toutes les ficelles, (même les plus grosses) sont convoquées.

Ici, paradoxalement, c’est le manque de subtilité qui encombre le film. Tout est trop appuyé, tout est trop évident. On sent le scénario bien écrit sur le papier, mais mal dirigé côté comédiens. Certains acteurs sont parfaits (Benoît Magimel, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton), d’autres pas mal (Pascale Arbillot), ou, comme Lellouche ou Cluzet, bons de temps en temps. Ce qui donne l’impression que Canet est tellement content de ses dialogues, qu’il ne voit pas la caricature ou le jeu faux.

A l’image, par exemple, de la leçon de morale ostréicole assénée à la fin, qui montre que Canet n’a pas vraiment choisi son film. L’ostréiculteur sympa (forcément) reproche à la bande d’amis de s’entredéchirer au lieu d’appeler leur ami à l’hôpital. Cette tirade flotte comme un cheveu sur la soupe, parce qu’on ne sait toujours pas dans quel film on est. Si on est dans la comédie, ou la satire sociale, le film doit être plus saignant comme chez Klapish ou Bacri-Joaui (Le Goût des Autres) ou même carrément entomologiste (Kubrick dans Eyes Wide Shut). Mais si on est dans le mélo, on doit être dans l’empathie, l’amour des gens (Le Mariage de mon meilleur Ami, Pretty Woman, les films de Kasdan ou de Capra). Cette tirade moralisatrice n’a alors pas lieu d’être, et on doit être avec eux, pas contre eux.

Visiblement, comme il est un peu tendre, Canet n’a pas su choisir. Il est meilleur dans un genre plus établi (le polar, dans Ne Le Dit à Personne). S’il veut encore grandir, il doit choisir : Capra, ou Kubrick.




mardi 9 novembre 2010


Kramer contre Kramer
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

4 oscars, un succès retentissant à l’époque (100 millions de spectateurs, et « Mooon fiiiiils, maaa baataaaiiiillle »), Meryl Streep et Dustin Hoffman, tout m’incitait à voir enfin Kramer contre Kramer.

Bon.

Pour être gentil, et malgré l’immense talent des comédiens, dont le jeune Justin Henry, ça a quand même pris un sacré coup de vieux… Plaidoyers féministes lourdingues (Dustin ne sait pas faire le pain perdu, mais à la fin il sait : rédemption !)

Ca peut se comprendre, dans l’optique de l’époque.

Mais certains films vieillissent mieux, non ?




lundi 8 novembre 2010


L’Américain
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Quand on commence à rédiger la chronique CineFast dans sa tête pendant le film, c’est que ca sent le pâté pour L’Américain. Eh oui, il faut bien que toutes nos idoles tombent un jour, et aujourd’hui, c’est la Saint-Georges. Qu’est-il allé faire dans cette galère ? En fait, on le sait : passer trois mois au frais de la princesse (Focus Entertainement) en Italie, auprès du canon laser Elisabetta Canalis. Pour être parfaitement honnêtes, nous aussi on est allés voir L’Américain pour ça (du cul, du cul, du cul !)

Et il y en des très beaux, des culs dans L’Américain : deux que l’on voit (Irina Björklund et Violante Placido, (quel joli nom !)) et celui de la Tueuse (Thekla Reuten), que l’on devine. Mais le film est tellement mauvais, qu’on trouverait plus érotique le SAV des émissions.

Trois coupables à cela : Clooney, qui joue les faux durs facon de Niro dans Cape Fear (tatouages, pompes, et muscu), mais qui est loin – très loin ! – de Bob.

L’autre coupable, c’est évidemment Anton Corbijn, le génial photographe-cinéaste de Joy Division, qui tente ici son Cercle Rouge-Samouraï-Police Python 357. On est loin, malgré une photographie splendide, du plat pour saucer.

Et évidemment, il y a le scénario pitoyable, malgré ses louables intentions (le tueur à la croisée des chemins, le polar sombre, la pute au grand cœur, les Abruzzes, terres sauvages, etc.) Les dialogues, rares, sobres, sont tellement ridicules, les situations tellement invraisemblables, que ce ne serait même pas drôle de les raconter…

Si vous avez un vendredi à tuer, plutôt que d’aller voir L’Américain, sachez qu’un grand drame Viscontien se joue chaque semaine, et qu’il y a plus de morts que dans L’Américain : ça s’appelle « Qui veut épouser mon fils ? » et c’est sur TF1.




mardi 2 novembre 2010


Battlestar Galactica et Dylan
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Quand Battlestar Galactica se met à citer le Poète de Hibbing, on n’est pas loin du Saut de Requin. Mais pour vérifier cette intéressante hypothèse, il faudra regarder la quatrième saison.

On était dans les dernières minutes de Croisements, le double épisode final de la saison 3. C’est là qu’on s’est mis à se poser des questions : « There must be some way out of here… » Est-ce que Ronald Moore nous plaçait sa petite citation pour le fun, ou jouait-il simplement avec nos nerfs ? Nous, à qui l’on reproche de voir « trop de choses » dans les films ? Mais non, ça se confirmait, c’était même la solution de l’énigme qui traînait depuis deux ou trois épisodes, relançant BSG, par le plus grand cliffhanger depuis sa création, pour une quatrième saison qui promet d’être apocalyptique.

La troisième était à vrai dire un peu creuse (selon les standards BSG évidemment) : 4 premiers épisodes fabuleux, 3 ou 4 épisodes moyens, et 4 derniers épisodes fantastiques. Dont ce final-procès, sorti du diable vauvert. Cliché US s’il en est – le film de tribunal -, le dernier épisode réussit la performance d’éviter les stéréotypes habituels, d’asséner les leçons de morale habituelles (que doit être une démocratie en temps de guerre ?) et de lancer la quatrième saison.

« There must some way out of here » peut aussi être vu comme le message crypté, le SOS de scénaristes au bout du rouleau… Drôle d’histoire en effet que celle de Battlestar Galactica : la chaîne Scyfy n’avait promis qu’une saison, puis devant le succès, en avait demandé cinq de plus, pour finalement demander à ses géniteurs de jeter l’éponge à la quatrième.

Plus qu’une, Boss ! says the Joker to the Thief. Too much confusion, I can’t get no relief…

On verra ça très prochainement, dans le lecteur DVD du Professore.




mardi 2 novembre 2010


Retour vers Retour vers le Futur
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

J’adore ce genre de voyage dans le temps, qui nous est proposé par Allociné cette semaine : relire les critiques de l’époque sur Retour vers le Futur. Le film, devenu une référence aujourd’hui, y est éreinté par Libé, ce qui n’est pas vraiment une surprise ; et encensé… par France Soir !

Je vous laisse lire :

Première : « Cette mouture comédie s.f.-pop-corn a beau avoir battu des records d’entrées aux Etats-Unis, elle a beau être un pur produit de l’école Spielberg-Zemeckis, on a bien du mal à y voir autre chose qu’une exploitation facile de l’imagerie rock’n’roll et (encore) une glorification un peu bêta de l’Amérique, une ! » (Stella Molitor)

Le Monde : « On accepte ou non, on vibre ou non à cette charge démente concoctée par ces purs cinglés de cinéma que sont ceux de la bande à Spielberg, le producteur du film. Ne projetons pas notre moralisme sur ce conte déchaîné franchement drôle, témoignage paroxystique d’une société qui ne doute de rien. » (Louis Marcorelles)

Le Quotidien de Paris : « Un exploit enchanteur qui s’accompagne aussi d’un retour aux « fifties », très habile, à une ancienne fureur de vivre qui fait rêver aujourd’hui, sans oublier l’hommage au rock et à ses pionniers. (…) Il faut donc saluer l’intelligence des prouesses de la mise en scène, qui ne se résume pas aux effets techniques, aux trucages époustouflants, mais réussit le mariage du style futuriste et rétro comme au temps fabuleux des surréalistes. » (Anne de Gasperi)

Le Matin : « Back to the future, dites-vous ? On a plutôt envie de dire « No Future ». Pour l’instant, entre la guimauve faussement nostalgique et l’hémoglobine communiste, vous n’avez que l’embarras du choix. » (M.P.)

Libération : « … un des plus consternants navets qu’ait produit la bande à Spielberg… (…) « Retour vers le futur » est le ramassis d’images le plus inoffensif que l’Amérique nous ait envoyé depuis des années. Quant à Bob Zemeckis, son amour des mouvements d’appareils pour rien, son manque de temps absolu dans la direction d’acteurs, sa conception hystérique de la mise en scène en font d’ores et déjà le prétendant idéal de Tavernier américain. » (L.S.) (Louis Skorecki, qu’on a connu plus inspiré ?)

France-Soir : « Retour vers le futur, spectacle agréable et délassant, risque, avec le temps, de devenir un film de référence. » (Robert Chazal)

Merci Allociné !




dimanche 31 octobre 2010


Courageux légalistes
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Il faut un certain courage pour être légaliste, en ces temps hadopiques. Exemple avec Battlestar Galactica. Une fois le DVD inséré, vous devez :
• Ouvrir le magnétoscope (20 secondes)
• Charger le CD, lire le CD, générique avec logo Universal (50 secondes)
• Les differents messages d’avertissement (20 secondes)
• Un pseudo générique à deux balles 40 secondes)

Ca y est, vous êtes sur la page titre. Maintenant, vous devez sélectionner la langue, et les sous-titres (comme si ce § ?.£$$£ de lecteur DVD ne pouvait pas mémoriser mes préférences : VO, sous-titres français !)

Vous accédez enfin, après 3 mn de manipulations diverses, aux épisodes, et vous pouvez regarder vos 40mn de Galactica.

Et les séries, ce n’est pas le pire. Pour les films, on peut avoir droit au fabuleux clip « Le téléchargement, c’est mal », avec musique rythmée et adolescent voleurs (alors que je ne connais que des quadras téléchargeur) et parfois en plus (chez Disney/Pixar) des bandes annonces…

Mais putain, nous, on a payé ! On n’est pas des pirates ! Pourquoi c’est nous qui devons supporter tout ce bazar ???

Car pendant ce temps, l’infâme pirate, qui détruit la création audiovisuelle (comme le rappelait récemment un contradicteur à un lobbyiste pro-Hadopi, les ventes de CD ont chuté, mais pas les revenus généraux de l’industrie du disque), l’infâme pirate, disais-je, a accès directement au film, dans la version qu’il souhaite…

C’est à ce genre de choses qu’on voit que l’industrie des médias a complètement raté sa révolution numérique, là où elle avait précédemment réussi à intégrer les évolutions précédentes : le gramophone, la radio, la cassette, la TV.