vendredi 25 septembre 2009


Les Six Samouraïs
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

« Lis ça, ça va te plaire ! » Sous cette admonestation, l’ami Guillaume venait de me livrer un lingot d’or : une histoire du nouvel « Nouvel Hollywood ». Marchant dans les pas de leurs glorieux aînés (Coppola, Bogdanovich, Spielberg), une nouvelle génération d’auteurs s’attaquait à la forteresse blockbuster érigée dans les années 80, entre autres, par Simpson et Bruckheimer.

Dans le livre de Sharon Waxman, Les Six Samourais, Vous trouverez des réponses aux questions existentielles, telles que :

• Comment Dans la Peau de John Malkovitch passa au travers des mailles du filet des Studios…
• Comment David Fincher réalisa « un film expérimental » de 63M$…
• Comment George Clooney, star méprisée de la télé, obtint le rôle titre des Rois du Désert et grilla son réalisateur, David O’Russel, à Hollywood…
• Comment Steven Soderbergh réalisa Traffic – un film auquel personne croyait – qui devint malgré tout un immense succès critique et public, installant définitivement Steven S. dans la cour des grands…
• Comment Tarantino, volant ici et là, des bouts de scripts à ses copains, et les oubliant dans la foulée, construisit Miramax…
• Comment Paul Thomas Anderson, le mégalomaniaque – mais génial – auteur de Boogie Nights, comprit qu’il fallait faire des films chers pour avoir l’attention (et le soutien promotionnel) des studios…
• Comment Fight Club devint l’Orange Mécanique des années 2000…

A toutes ces questions, et à bien d’autres encore, le livre de Sharon Waxman répond brillamment. Avec comme d’habitude, le style inimitable des essais américains sur le cinéma : bien écrits et documentés, sérieux sans être pédants, avec juste ce qu’il faut de people et d’analyse.

Si vous aimez leur cinéma, lisez ce livre !

Les Six Samouraïs, Hollywood somnolait, ils l’ont réveillé
Sharon Waxman
Calmann-Levy




vendredi 25 septembre 2009


Rencontres du Troisième Type
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Un vaste programme d’éducation du Professorino et de la Professorinette ayant été lancé cet été (cycle John Hughes, suivi d’une interro écrite), hier soir c’était Rencontres du Troisième Type.

En 1978, j’avais treize ans, et tout le monde parlait de Star Wars, et de ce film incroyable qui venait de sortir, par le type qui avait frissonner tout le monde avec Jaws. Moi, j’adorais la SF, je ne lisais que ça, mais j’étais terrorisé à l’idée d’en voir au cinéma. J’avais eu très peur en regardant au Ciné-Club du dimanche soir La Chose Venue d’un Autre Monde, ou Les Araignées Géantes Attaquent, tandis que ma petite sœur, 7 ans, se marrait comme une baleine. J’ai donc lu Rencontres du Troisième Type, Star Trek, Alien (les novellisations d’Alan Dean Foster chez J’ai Lu), avant de voir les films. Et puis un jour neigeux de 1980, j’ai vu Shining, et je n’ai plus jamais eu peur au cinéma.

J’ai pu voir alors Rencontres du Troisième Type, dans une convention de SF à Rambouillet. C’était en vidéo, sur une toute petite télé, nous étions assis sur des chaises d’école, c’était les débuts de la vidéo.

Le film était impressionnant, mais un peu long vers la fin. Et surtout, je detestais Spielberg, figure de proue des cinéastes « gentils ». E.T. triomphait, avec sa vision consensuelle à la Frank Capra.

Trente ans ont passé. Spielberg a mûri, a fait La Couleur Pourpre et La Liste Schindler, et j’ai révisé mon jugement. Reste que les qualités (et les défauts) de Rencontres du Troisième Type sont toujours là.

Le début du film est exceptionnel, mélange de Hitchcock et du Nouvel Hollywood. Spielberg installe une ambiance incroyable, faite de nuit étoilée du Midwest. Avec un parfait sens du rythme, Spielberg joue sur tous les tableaux : le mystère (les avions dans le désert), l’angoisse (la voie de chemin de fer), la comédie (les scènes familiales), le merveilleux (les premières arrivées de vaisseaux). Mais après cette première heure, ça se gâte. Francois Truffaut joue comme un pied, John Williams se prend pour Ligeti, et Spielberg essaie de faire un 2001 gentillet. Moralité, la fin est interminable.

Rencontres du Troisième Type reste néanmoins un jalon dans l’histoire du cinéma populaire : d’un côté, les derniers sursauts des seventies (la peinture grinçante de la famille dysfonctionnelle du héros, très inspiré par le père de Spielberg, et la passion du petit Steven pour faire dérailler des trains électriques), de l’autre, la consécration des films chers pour des résultats tout aussi pharaoniques…




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