samedi 2 août 2008


Hypocrisies
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

L’article sur L’Ile de la Tentation, et une récente conversation entre collègues, m’ont rappelé, s’il le fallait, l’écart entre « ce que je dis » et « ce que je fais ». Et encore, « ce que je dis », c’est plutôt « ce que je voudrais montrer de moi ».

Télé 7 Jours a interrogé récemment les français sur les émissions de télé-réalité ; ils les rejettent en bloc : 73% ne veulent pas d’une saison de plus de L’Ile de la Tentation, 50% refusent de supporter une année de plus les steaks aux chenilles de Koh Lanta, et 69% refusent de découvrir les secrets idiots de Secret Story une fois de plus. Même chez les 15-24 ans, cible de ces émissions, les scores sont sans appel, bien que plus faibles : 61% de cette tranche d’âge ne peut plus supporter Céline Géraud et ses tentateurs une année de plus.

Et pourtant, qu’y aura-t-il l’année prochaine : très certainement L’Ile de la Tentation et Koh Lanta, peut-être pas Secret Story, si l’audience ne se redresse pas. Car l’hypocrisie de tout ça, c’est bien sûr que ces programmes sont en tête de leur tranches horaires, et donc plébiscités par un public qui se compte en millions de personnes.

Lors d’une réunion récente avec des collègues de bureau, j’ai évoqué ma fascination pour L’Ile de la Tentation : cris d’orfraies, évidemment ! Après une désapprobation générale, basée sur l’idiotie du concept, et sa scénarisation, la salle a enchaîné sur les programmes qu’eux regardaient : « Il y a des choses très bien sûr Arte » « J’aime beaucoup la Cinquième, le Dessous des Cartes » « Ushaia, ça c’est une bonne émission » et tutti quanti.

Personne ne semblait regarder le foot ou Joséphine Ange gardien… Mais ai-je fini par dire, « Avec autant de téléspectateurs potentiels comment se fait il que TF1 fasse 30% de part de marché et Arte 4% ? »

Il y a là aussi matière à réflexion pour CineFaster, car c’est bien le même débat qui nous occupe ici. Il y a deux visions du cinéma, qui ne sont absolument pas contradictoires, mais complémentaires. Le cinéma est un art (Kubrick, Welles, …), et c’est aussi un divertissement (Spielberg, Simpson-Bruckheimer, …) Les USA gèrent mieux cette différence, ils l’acceptent mieux. Ils se réjouissent bêtement devant Armageddon, tout simplement parce qu’ils ne cherchent pas à la comparer à Mulholland Drive. Nous, par prétention, nous nous croyons beau parce que nous disons aimer Lynch, Woody Allen et Cassavetes ; mais si ces films font plus d’audience que dans leur pays d’origine, cela reste minoritaire : et nous nous ruons sur les Disney et sur les Spiderman

Il y a quelques années, des amis travaillant dans le milieu m’avaient proposer de réflechir avec eux à des concepts d’émissions. L’idée était de trouver des concepts innovants, mais de qualité, sur les sujets qui nous intéressaient : la Grande Guerre, le Moyen Age, la Justice, etc. Nous avons brainstormé toute la soirée sur les concepts les plus rigolos et haut de gamme qui nous venaient en tête (je me rappelle d’un Cluedo géant pour expliquer le fonctionnent d’une enquête et d’un Retour vers le Futur pour explorer les grandes dates de l’Histoire de France).

Mais nous avons fini la soirée découragés : la plupart de ces concepts existaient déjà sous une forme ou sous une autre ; soit ils n’avaient pas marché, soit nous en ignorions l’existence. Mais surtout, nous aurions adoré travailler dessus.

Mais de là à les regarder !




samedi 2 août 2008


Des Serpents dans l’Avion
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Les recettes, à Hollywood comme ailleurs, ça ne marche pas. Tout le monde croit que ça marche, mais ça ne marche pas. Si ça marchait, on le saurait, et on ne raterai plus jamais un film. Top Gun, ça marche, et Jours de Tonnerre (Top Gun chez les Nascar), ça marche pas. Il en va de même pour Des Serpents dans l’Avion ; on croit qu’en mettant deux films catastrophes en un (des serpents, un avion), on fait un super film catastrophe. On croit aussi qu’en faisant dans la démocratie participative (les internautes pouvaient proposer des scènes qui ont été ajoutées dans le film), on écrit un scénario. Eh ben c’est pas vrai. Faut un type derrière, qui écrit. Et pas un cabinet de marketing.

Moralité, on ne sait pas avec Des Serpents dans l’Avion si on doit rire ou si on doit pleurer. Ca commence potache, avec critique adolescente et esprit slacker : tu baises dans les chiottes ? Tu te fais mordre ! Tu vas pisser, tu parles à ton petit serpent personnel pour l’encourager ? Tu vas t’en prendre un gros, de serpent ! Tout ça pourrait marcher, ou faire sourire, mais le film se prend aussi au sérieux et essaie de nous faire peur… Et là ça marche plus, parce que les serpents en 3D sont aussi peu crédibles que Samuel L. Jackson en acteur. Les rebondissements sont rigolos, mais on peut aussi regarder Airport pour rigoler. Non, Des Serpents dans l’Avion est une vraie perte de temps.




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