mardi 27 septembre 2016
Brigadoon
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Gene Kelly. Cyd Charisse. Vincente Minnelli. Le gratin de la comédie musicale, à son âge d’or, 1954, deux ans après Chantons sous la Pluie, avec à peu près les mêmes (Stanley Donen et Gene Kelly aux manettes.)
Minnelli, c’est quand même Un Américain à paris, Tous en Scène !, Quinze Jours Ailleurs ou Gigi. Et bien ça ne suffit pas à nous emporter dans Brigadoon, un conte fantastique cucul la praline où Gene Kelly, parti à la chasse dans les highlands, découvre en même temps le village très endormi de Brigadoon et les jambes très éveillées de Cyd Charisse. Heureusement qu’elles les a, ces jambes, pendant une séquence dansée de cueillette de bruyère (sic) parce qu’à part ça, le pont de pierre joue de façon plus expressive.
Suite à une ancienne promesse, Brigadoon dort dans les brumes du temps et se réveille une fois par siècle ; pas de bol, c’est le jour où on a enregistré le Cinéma de Minuit. Puis le village se rendort, sauf si quelqu’un de très amoureux – suivez mon regard – cherche éperdument – suivez mon regard – son amour perdu.
Les chansons sont nulles, les ballets, de parfait mauvais goût, et les Ecossais sont laids.
Comme disait un ami, un gentleman, c’est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse et qui n’en joue pas.
Vincente Minnelli n’est pas un gentleman.
samedi 17 septembre 2016
Leftovers, saison 2
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
C’est le début de la deuxième saison de nos disparus et c’est déjà la perfection. Jusqu’à preuve du contraire, The Leftovers fait déjà partie de la top liste.
Incroyablement bien construite, extraordinairement filmée et interprétée, The Leftovers confirme les espoirs placés dans la saison 1. Ces disparus font bien sûr penser à Lost, et la patte de Cuse/Lindehof est extrêmement repérable dans les deux. Les deux séries jouent à fond la carte du mystère mais, contrairement à notre île chérie/haïe, on s’est engagé ici à ne pas le résoudre.
Ce pari peut-il être gagnant sur le long terme ? Là est la question. Car si ce que le spectateur vit en ce moment sur The Leftovers est tout simplement magnifique, on ne jugera, comme toute œuvre, que la fin… c’est la tragédie de Lost, qui a fait vibrer… jusqu’au moment où elle a cessé de nous faire vibrer.
Jusque-là, The Leftovers accumule les questions. Pourquoi le sudden departure ? Cet événement séminal pourrait rester, comme promis, sans réponse. Mais avec toutes les questions annexes qui se sont accumulées sur les personnages, – et qu’on ne va pas révéler ici –, si l’on restait sans réponse, la déception pourrait être immense. Comme dans Lost.
Par ailleurs, The Leftovers se refuse à toutes les putasseries habituelles. Au spectateur de relier les fils entre les personnages, de reconstituer la chronologie*. C’est aussi, une série sans fard. La vérité nue, à l’image des deux actrices principales** qui acceptent de jouer démaquillées. Et un motif visuel récurrent apparaît dans chaque épisode de cette saison 2 : un affrontement face à face entre deux personnages, en long gros plans champ/contrechamp, qui laissent aux acteurs la part du roi.
Car c’est bien ça, le cœur de Leftovers ; l’examen brut de tous les recoins de notre humanité. Le couple, la parenté, la famille, la communauté sociale ou professionnelle, sous le choc d’un drame extraordinaire, à savoir la disparition de 140 millions d’habitants. Mais est-si extraordinaire qu’à ça ? Dès le pilote de cette nouvelle saison, le débat est lancé : L’humanité a déjà été menacée d’extinction, et des gens disparaissent tous les jours, pour bien d’autres raisons que le sudden departure. The Leftovers est déjà une critique de cette compétition mémorielle, et semble dire que la question de savoir qui souffre le plus est un non-sens Une question qui ne motive finalement que les religions établies ou celles qui veulent le devenir, sans parler des états et les marchands du temple.
Non, la question n’est pas là. Comment chacun regarde l’abîme, telle est la vraie question. Et c’est ça qui fascine le spectateur, lui aussi confronté à ces questions existentielles.
Même si la saison trois se révélait décevante, on conviendra qu’on voit rarement ça à la télé.
* Même quand ses auteurs se permettent des flash-back pour le moins étonnants. Ce qui rappelle les acrobaties de Lost avec la chronologie, et ses fameux flash forwards
** Amy Brenneman (Heat) ou Liv Tyler (Armageddon, Le Seigneur des Anneaux)
jeudi 15 septembre 2016
The Program
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Pour avoir longtemps fréquenté le Tour de France de près – notamment pendant l’Age d’Or de Lance Armstrong -, pour tout simplement l’avoir regardé depuis ma plus tendre enfance, j’ai eu envie de regarder The Program.
Le film de Stephen Frears n’est pas si encourageant que ça ; on sait la difficulté d’aborder le sport au cinéma. Mais voilà, c’est l’été, pas de foot à la télé, et une indolence qui empêche, ou plutôt qui encourage, à regarder n’importe quoi. Donc The Program.
Et bien The Program, c’est pas mal du tout. Hormis la reconstitution cycliste assez faible (peu de moyens), mais ce n’est pas vraiment le sujet du film. On est plutôt à mi-chemin du film à thèse et du biopic. Les Hommes du Président meet Ali.
Première bonne idée : un point de vue, en la personne du journaliste David Walsh, auteur du livre LA Confidential et du scénario. On regarde Lance par ses yeux ; d’abord admiratif, puis suspicieux, avant d’être carrément excédé par le personnage. Reflet exact de ce qui est arrivé dans la réalité.
Deuxième bonne idée, c’est de faire non pas un personnage, mais deux. Le tricheur, Lance Armstrong, et le traitre, Floyd Landis. Tous deux également travaillés, ambigus, passionnants. La tragédie humaine d’un homme sorti du cancer qui veut tout gagner, contre la mort. Et celle tout aussi touchante, du petit amish qui ne peut plus continuer à mentir, d’autant plus qu’il se sent méprisé et floué. Les deux incarnés par deux grands comédiens, Ben Foster et Jesse Plemons.
Autre réussite, Le Programme est tout aussi fictionnant que réaliste : si ça n’avait pas été une histoire de gros sous (un assureur demandant le remboursement d’une prime versée pour ses Tours victorieux), Lance Armstrong n’aurait jamais perdu ses sept tours de France. Ce que le film montre très bien.
lundi 12 septembre 2016
Claude-Jean Philippe
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Une paire de demi-lunettes sur le front. Une voix douce, généreuse, gentille… Un souci de concision et de pédagogie : cinq minutes pour vendre Welles, Hawks ou Hitchcock. On a vu Macbeth à cause de lui. On s’est couché tard pour Asphalt Jungle (et on l’a regretté). On a découvert Kurosawa avec lui.
Nous devons tout – ou presque – au Ciné-Club de Claude-Jean Philippe. Un passeur, comme on dit. Notre Henri Langlois à nous. Il y en a eu d’autres ; le paternel pour les films de guerre, la marraine pour Tron et Bernard et Bianca, Patrick Brion et ses insupportables introductions du Cinéma de Minuit. Et Monsieur Eddy, bien sûr, le père de la GCA fifties dans sa Dernière Séance. Mais celui qu’on aimait le plus, c’était Claude-Jean Philippe.
Adieu l’ami.
mardi 6 septembre 2016
Mission Impossible : Rogue Nation
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Petit, on passait les mercredis après-midi à regarder Mission Impossible, puis à jouer à Mission Impossible. Dans la Rémarde, un fleuve de 3 m de large et de 20 cm de profondeur qui irrigue les vastes plaines du sud des Yvelines, on refaisait la mission en en dynamitant le pont, à l’aide de télécommande de train électrique comme détonateur, et de la pâte à modeler en guise de C4. Avec les talkies-walkies qu’on avait eus à Noël, et le télescope grossissement x60, on observait les allées et venues des voitures sur le parking, et on notait les plaques d’immatriculation. On ne sait jamais. C’était le temps de la Guerre Froide, une réalité tangible pour les enfants des années 70.
Quand le premier film Mission Impossible est sorti, ce fut une horrible déception, comme théorisé par El Baba : faire de Monsieur Phelps le grand méchant de l’histoire n’était pas juste une trahison, c’était empêcher la transmission de la série aux générations suivantes. Car quelqu’un qui découvre aujourd’hui Mission Impossible, la série, sait que le héros, Monsieur Phelps lui-même, va trahir, vingt ans plus tard, dans Mission Impossible, le film.
Si on oublie ça, il est toutefois possible de regarder la franchise. Ce dernier épisode, Rogue nation, est dans les standards : un James Bond amélioré, toujours plutôt bien fait. C’est agréable, peu crédible, mais on passe un bon moment.
Pourquoi ? Probablement parce que c’est drôle, toujours bien joué, ce qui fait oublier les rebondissements Bondesques (le fichier caché dans une clef USB au fond d’une centrale énergétique en Tunisie dans un bassin qu’on accède seulement par un ventilateur qui ne peut être coupé que…) et l’inanité du scénario (le Professore Ludovico est bien incapable d’en faire un résumé).
Mission Impossible faisait peur (nous étions enfants, en même temps), les films ne sont que distrayants. Est-ce nous ou Mission Impossible qui a changé ? Peu importe.
lundi 29 août 2016
Nerve
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
La bonne surprise ! Un film d’ados, pour ados*, qui tient la route, avec – enfin – un vrai sujet et un vrai propos.
Le sujet c’est Internet, sujet casse-gueule s’il en est quand les adultes essaient de parler du Web aux jeunes, alors qu’ils n’y comprennent rien. C’est la première réussite de Nerve, qui maîtrise les codes de Snapchat, Instagram, et consorts. Car le pitch, c’est justement Nerve, cette nouvelle application ultra cool qui permet d’être soit joueur soit voyeur, c’est-à-dire d’accepter des défis contre récompense, ou de payer pour défier des joueurs. Très vite, la jeune héroïne (Emma Roberts) va accepter (sous les yeux consternés de ses meilleurs amis) des défis de plus en plus dangereux…
Quant au propos c’est tout simplement la critique de cette société de voyeurs que nous sommes en train de devenir, spectateurs à distance (TV, réseaux sociaux) de nouveaux jeux du cirque.
L’intelligence de Nerve, c’est de montrer cela de façon très innocente au début (se faire un peu d’argent dans une famille qui n’en a pas, se prouver qu’on n’est pas la coinçouille de service) et que tout cela est plutôt excitant. Quand peu à peu, les challenges vont tourner vinaigre (en moto à 100km/h les yeux bandés), Nerve décentre son propos. Le mal n’est pas là, dans l’éternelle quête d’adrénaline de la jeunesse, mais bien dans l’œil de celui qui regarde.
Pas seulement des ados décérébrés, mais nous tous, spectateurs de la télé réalité, followers Facebook ou Instagram de Chasing Rooftops (des ados qui se prennent en photo les pieds dans le vide en haut des gratte-ciel) et qui assumons intérieurement notre ricanement sordide ou notre désapprobation morale, bien protégés derrière l’écran de notre iPhone.
Tout en restant un objet très fun, le film propose donc une critique sévère. Même si tout est loin d’être parfait (on peux même dire sans doute que le film est formellement assez mal fait), ça reste une très grande surprise dans le paysage actuel du cinéma américain.
* Adapté du livre Addict, pour ados également
jeudi 25 août 2016
Star Trek : Sans Limites
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Depuis 1966, le Trekkie est habitué à avaler beaucoup de couleuvres. Les pyjamas multicolores, les extraterrestres à tête de chou-fleur, les vaisseaux spatiaux en plastique, et la fin du monde à chaque épisode.
Le reboot avait beaucoup promis et peu donné. Il est vrai que JJ Abrams est coutumier du fait. Mais depuis qu’il a été transféré en Ligue 1 (au Star Wars Football Club), l’homme de Lost n’est plus que producteur. Il a donc confié les clés de l’Enterprise à Justin Li, qui n’a jusque-là conduit que des Acura Integra avec néon sous le châssis. L’Enterprise, c’est un camion un peu plus gros.
Le scénario, signé Simon Pegg (qui joue Scotty, ceci expliquant peut-être cela) est totalement insignifiant : une énième histoire de vengeance. Le reste, comme le dit joliment Dimitri from Paris*, n’est qu’une looongue suite de batailles finales, du début à la fin. Ça laisse peu de place à la construction d’une intrigue et de personnages forts.
Il est facile de comparer ce que JJ Abrams est capable de faire avec une idée toute aussi mauvaise (la vengeance de Kahn, dans Into Darkness). Avec aussi peu de matériel narratif, il fait au moins une course poursuite mémorable (en jumpsuit dans les débris spatiaux), un moment émouvant avec Spock, etc. Il sait tirer, comme Spielberg, beaucoup de peu.
Justin Lin, dont on apprécie les Fast and Furious, ne sait rien faire de ce très peu qu’est la trame Peggienne de Sans Limites.
Qu’on se comprenne bien : on ne reproche pas à Star Trek d’être Star Trek, c’est à dire ce qui fait son charme depuis cinquante ans. C’est bien que ce Sans Limites, si justement nommé, n’est pas digne de la franchise.
* Bon sang de CineFaster Malakansarien ne saurait mentir…
vendredi 19 août 2016
The Company Men
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Il y a un truc que les Américains ne savent pas faire, c’est le film de gauche. Le film qui va décrocher Cannes ou Locarno, le Ken Loach, le Frères Dardenne. Le film social, le film contre le système, qui va faire pleurer dans les chaumières (enfin, les chaumières du sixième arrondissement).
Si certains réalisateurs y parviennent, c’est de manière extrêmement détournée comme le Fincher de Social Network (les pauvres gagnent contre l’aristocratie, s’ils se comportent comme des voyous) ou chez Cameron (les pauvres gagnent moralement s’ils séduisent la princesse). Mais le film ouvertement social, que peuvent réussir les Européens, est une impossibilité ontologique chez les américains. Company Men de John Wells (Un Eté à Osage County, A la Maison Blanche) en est la vibrante démonstration.
Trois cadres sont renvoyés de leur groupe de construction navale. Le petit con, directeur marketing qui ne se prend pas pour de la merde (Ben Affleck, décidément parfait dans les rôles de con), Bob, le vieux patron grincheux qui en a vu d’autres (Tommy Lee Jones, caricatural), et le mec parti de la base, ancien ouvrier devenu directeur, probablement le plus fragile (Chris Cooper, oui bon, ouais…) Comment vont-ils vivre leur chômage, eux qui se croyaient sur le toit du monde ?
Parti pour dénoncer un capitalisme de fonds de pension, le film tombe vite dans une morale à deux balles. Rien ne vaut en effet la rédemption par le travail manuel. Obsession américaine avec l’expiation des péchés à la campagne (voir Le Juge, Cars et à peu près tout Pixar)
Notre ami Ben Affleck va donc tomber de Charybde en Sylla (il a déjà vendu sa Porsche et sa belle maison que ses enfants aimaient tant mais tant pis, il faut faire des sacrifices to born again).
C’est là que tombé du ciel, ou plutôt du toit, la Providence intervient en la personne de son gauchiste de beau-frère (Kevin Costner), qui depuis le début du film est la voix du réalisateur sur les méfaits du capitalisme (je résume, ça ressemble plus à Springsteen qu’à Friedrich Engels).
Et la Providence a LA solution : un job de charpentier. Oui, vous avez bien lu, le directeur marketing ne peut pas trouver un autre job que charpentier… Ben Affleck va-t-il, par les vertus du travail manuel, se redécouvrir lui-même et devenir un gars bien ? Devenir sympa avec sa femme, comprendre son fils adolescent ? Tout cela est parfaitement gerbant. De très bons acteurs, et un très bon réalisateur, tout cela ne suffit pas à sauver un scénario indigent.
jeudi 18 août 2016
The Expanse
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
On a déjà lu le livre, ce qui explique probablement pourquoi on a déjà un a priori négatif sur la série. Le livre, écrit avec les pieds, est ce genre de page turner insupportable qui sort tout droit des ateliers d’écriture dont sont friands les – mauvais – écrivains américains. Pire, il se veut un crossover malin de deux vaches sacréees : Alien et Blade Runner.
Dans un futur proche, trois planètes s’affrontent : la Terre, planète privilégiée, Mars, en pleine terraformation, et les Planètes Extérieures (au delà de la Ceinture d’astéroïdes, c’est à dire Jupiter, Saturne, etc.). Ces dernières se battent pour leur survie, plus difficile que sur Mars ou la Terre. Deux intrigues s’entremêlent : un appel de détresse est lancé par un vaisseau inconnu, l’équipage du vaisseau, piloté par son jeune capitaine James Holden, est obligé d’y répondre (hmm…) De l’autre, sur la station surpeuplée de Cérès un flic quadra désabusé (hmm hmm…) doit enquêter sur une des occupantes dudit vaisseau. L’ironie dramatique est au maximum, ça n’ira guère plus loin… Si ce n’est qu’on est au bord d’un conflit général.
Ce qui est passionnant par contre, c’est ce décor de space opera glauque peu utilisé au cinéma (Alien et Outland, à notre connaissance). Si Star Wars et et ses guerriers en jupettes a raflé la mise, la SF sérieuse, proposant une préfiguration réaliste de notre avenir proche a peu droit de cité.
Mais l’intrigue est à la fois trop classique et pas très claire*. C’est renforcé par la série qui tente de se glisser (très difficilement) dans les chaussons de production de Battlestar Galactica : grandes ambitions et petits moyens, malheureusement sans le talent de Ronald D. Moore. Ici, contrairement au majestueux cuirassé du Commandant Adama, les combats spatiaux ne sont ni fluides ni compréhensibles. L’intrigue elle même est découpée en multiples scènes dont le seul objectif semble de faire monter artificiellement la pression à coup de cliffhangers bidons. Vont-ils survivre à la panne d’antenne ? à la dépressurisation ? À la crise cardiaque ? (dans la même scène..)
De cliffhanger en cliffhanger, on veut voir la suite mais on ne s’attache pas aux personnages. Il faut dire qu’ils sont joués par des soucoupes en porcelaine, abonnés aux séries de quatorzième catégorie. Il ne suffit pas de ressembler à Jon Snow…
Bref, Théorème de Rabillon oblige, on va continuer notre voyage au-delà de la Ceinture. Sans espoir que ça décolle réellement.
* Le livre n’était pas très clair non plus.
mardi 16 août 2016
Suicide Squad
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Le pire n’est jamais décevant. On s’attendait avec cet Escadron Suicide – titre québécois du film – à un de ces films nihilistes, amoraux, dont Hollywood semble décidé à nous abreuver désormais, comme succédané absolu du cool : Deadpool, etc.
C’est en tout cas le pitch : 4 überméchants sont sortis de prison par la CIA pour lutter contre un énigmatique danger imminent. Guérir le mal par le mal, voilà la propos nietzschéen du film. Et c’est là que ça commence à coincer. Pas sur le plan moral, non, sur le plan cinéphilique. En effet, ce grand méchant reste mystérieux pendant une bonne heure de film. Puis on nous révèle – Twist Ultime – qu’il est en fait un des personnages présentés au début (Cara Delevingne dans le rôle du méchant le plus pitoyable depuis les Frères Lumière).
Voilà nos personnages coincés de toutes façons par une terrible menace (une puce explosive insérée dans l’aorte) et obligés à combattre l’un des leurs pour sauver – guess what? – la méchante chef de la CIA. À ce niveau de consternation, il ne reste qu’à sucer le bois de son esquimau Magnum Vanille Chocolat jusqu’à la corde en regardant sa montre.
Mais Suicide squad nous réserve une dernière surprise. En fait, ces grands méchants ont un cœur, ils ne rêvent que de mariage, de famille ou d’enfants. Nous nous attendions à un film amoral, à une orgie pornographique de violence cachée sous un pseudo message révolutionnaire, et c’est une horrible bluette que nous sort Zack Snyder de sa mauvaise poche de producteur*.
Plus que toc, Suicide Squad est complètement con. Et c’est un gars qui vénère Tranformers qui vous dit ça.
* Mon petit Zack, il va falloir se reprendre, sinon ça sent l’exclusion pure et simple de Cinefast !