lundi 11 juillet 2016
The Knick
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Séries TV ]
Steven Soderbergh ne cesse de nous étonner. Il est, avec quelques autres, un des derniers innovateurs du cinéma. Au moment même où il annonce (après Liberace) vouloir renoncer à un cinéma qui ne permettrait plus de faire des films ambitieux, le cinéaste et producteur protéiforme* se tourne vers la télé, dernier refuge de l’audace, où personnages adultes et propos intelligents peuvent cohabiter. À croire qu’il lit CineFast !
Steven Soderbergh s’est donc lancé en 2013 dans l’aventure The Knick, grâce à Cinemax (une filiale de HBO), terrain fictionnel permettant d’étendre totalement ses ailes.
The Knick c’est ça. Ce Grey’s Anatomy steampunk part d’une idée toute bête : de la musique électro (signée Cliff Martinez**) pour illustrer un film d’époque. Une façon d’éviter les écueils d’une reconstitution aux petits oignons (ce qu’est The Knick par ailleurs). Ensuite la violence du propos, et la description sans fard de l’Amérique en train de se construire, avec ses immigrants. New York, 1900.
Steven Soderbergh a une certaine façon de regarder cela en biais, comme il l’a fait dans le reste de son œuvre. S’approprier un genre populaire (ici la série médicale) et le travailler sérieusement, socialement, politiquement. Ici, les progrès de la médecine, à pas de géant, mais aussi au forceps, ne sont qu’un prétexte pour attaquer les thématiques qui hantent l’opus soderberghien (en gros : sexe, mensonge, corruption). Avec une quatrième couche au millefeuille : le racisme, incarné par le parcours d’un médecin noir recruté par une famille progressiste, au milieu de l’establishment blanc.
Pour cela il faut un casting énorme, sans grande star, pour incarner cette galerie de personnages tous aussi passionnants les uns que les autres (le grand patron megalo (Clive Owen), la jeune infirmière carriériste (étonnante Eve Hewson***), les jeunes coqs prodiges (André Holland, Eric Johnson, Michael Angarano) et la sublime Cornelia, dame patronnesse de l’hôpital, l’héritière Robertson (Juliet Rylance)…
Le premier coup de génie du réalisateur, c’est à la fois d’avoir soigné la reconstitution (on se demande pendant tout le film où tout cela est tourné, tant on a le sentiment d’être physiquement dans le New York du début du siècle, sans la béquille habituelle de la 3D) et d’avoir filmé ça dans son jus, comme un reportage, caméra à l’épaule, sans éclairage supplémentaire.
C’est d’ailleurs Soderbergh qui tient la caméra, et le travail des éclairages est tout à fait extraordinaire. Prendre la caméra à l’épaule, ça permet de gagner beaucoup de temps et d’argent (pas de mise en place compliquée) ; mais ça permet surtout de mettre le budget ailleurs : dans un plan séquence incroyable (le bal, saison 2) ou dans un décor coûteux (la fête foraine).
Ce mélange d’esthétique est de naturalisme n’est pas à la portée de tous.
* Il suffit de jeter un œil – à rebours – à son incroyable filmographie : le film social caché dans un film de Chippendales (Magic Mike), les limites du porno (Girlfriend Experience), le biopic (Che, Liberace), le blockbuster détourné (Ocean’s 13, Erin Brockovich), la série ou le film politique (K Street, Traffic), le film SF élégiaque (Solaris), le film d’auteur (L’Anglais, Sexe, mensonges et vidéo)…
** Non content d’avoir été le premier batteur des Red Hot Chili Peppers, et d’avoir composé la musique des Soderbergh et des Nicolas Winding Refn, il travaille pour aussi Xavier Gianolli ou Harmony Korine…
*** Message personnel à Notre Agent au Kremlin : vous aviez raison, finalement…
samedi 9 juillet 2016
Jacques Rouffio
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les gens ]
Jacques Rouffio faisait partie de ces artisans méconnus du cinéma ; un simple coup d’œil à IMdB nous permet d’estimer la perte qu’il représente pour le cinéma français.
Réalisateur et scénariste de L’Orchestre Rouge, La Passante du Sans-Souci, Le Sucre, 7 Morts sur Ordonnance. Il avait commencé comme assistant dans les années cinquante pour Georges Franju, Henri Verneuil, Gilles Grangier : Le Gentleman d’Epsom, Le Rouge Est Mis, La Tête contre les Murs, Des Gens sans Importance…
Ses films étaient simples et bons, bâtis sur des scénarios solides, écrits avec Georges Conchon (scénariste de L’Etat sauvage de Francis Girod, notamment)… et avec des personnages consistants, interprétés par le gratin du cinéma français : Jacques Rouffio a travaillé avec Romy Schneider, Jacques Dutronc, Jean Gabin, Louis de Funès, Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Michel Serrault … une paille !
jeudi 7 juillet 2016
Game of Thrones, saison 6
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Séries TV ]
Après un passage à vide en saison cinq, les dragons sont de retour pour une sixième saison. Avec une certaine émotion, vu que l’on sait qu’il ne reste plus que deux saisons, et une douzaine d’épisodes pour terminer cette immense saga. C’est donc la nostalgie qui prévaut, car on voit bien que la série est en train de replier ses ailes. Les personnages se regroupent, prennent des décisions plus tranchées, et des personnages mineurs (générateurs d’intrigues annexes) sont éliminés purement et simplement.
C’est son premier défaut. On ne devrait pas voir la technique scénaristique à l’œuvre. Le magicien doit cacher la main qui fait le tour. Mais à côté de cela, c’est beaucoup mieux que la cuvée 2015. Même s’il y a peu de rebondissements, la saison avance inéluctablement. On s’opposera – suivant le regard que l’on porte à chacun des personnages – sur le réalisme de tel ou tel rebondissement. Les spécialistes des batailles moyenâgeuses, de la portée d’un arc, du rôle d’un vassal, s’affronteront avec les tenants de la dramaturgie ou de la technique cinématographique (ah, le hors-champ dans Game of Thrones !) mais l’on s’accorde sur le fait que la saison 6 est une bonne saison. Pas excellente, néanmoins, car il lui manque le sens de la repartie, les dialogues mouchetés qui ont fait le succès des quatre premières.
Mais on voudrait déjà être en avril. Une fois que l’hiver sera passé.
mardi 5 juillet 2016
Michael Cimino vs Abbas Kiarostami
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens -
Pour en finir avec ... ]
Les deux viennent de mourir, mais tout les oppose dans le cœur du CineFaster. On a vu (presque*) tous les films du premier, certains plusieurs fois. On n’a vu qu’un seul du deuxième, Au Travers des Oliviers**, et ça nous a largement suffi.
L’un était un rebelle de la génération Nouvel Hollywood, un chien fou dans un jeu de quilles, mais qui faisait des films d’architecte d’abbayes romanes (pas un gemme de graisse, tout dans les fondations) ; l’autre travaillait à plein temps comme metteur en scène de festival (75 récompenses sur Wikipédia, soit bien plus de statuettes à poser sur la cheminée que de passages télé). On ne s’attardera donc pas sur Kiarostami, qui nous a dégoûté du cinéma iranien pendant vingt ans, avant qu’Asghar Farhadi nous y ramène avec des films de plus belle facture.
On pleurera Cimino, pas l’artiste maudit qui a tué United Artists***, ni le cinéaste moyen de la fin (1987-1996 : Le Sicilien, La Maison des Otages, The Sunchaser). Non, on pleurera le génie de deux films, Voyage au bout de l’Enfer, trois heures de perfection absolue, et L’Année du Dragon, l’apex de Mickey Rourke, tous les problèmes de l’Amérique concentrés en deux heures.
Ces films-là, on les chérit tendrement, parce que Cimino prenait le temps de bâtir des personnages complexes qu’on ne pourrait oublier**** : Linda et Steve, le couple maudit par une goutte de vin au mariage ukrainien du Voyage au bout de l’enfer, la folie de Nick et l’humanité de Mike, le chasseur de cerfs qui ne voulait plus tuer. Et dans L’Année du Dragon, un flic odieux, Stanley White, capable de fêlures, opposé à un séduisant gangster, implacable mais trop rigide pour gagner (John Lone).
Symptomatiquement, ces deux acteurs n’ont jamais retrouvé aucun rôle à leur démesure…
* Sauf Le Canardeur
** A cause d’Olivier, d’ailleurs…
*** Tout simplement parce qu’on s’est bien ennuyé pendant Les Portes du Paradis.
**** « Ce ne sont pas tellement les événements qui importent, mais les personnages »
samedi 2 juillet 2016
L’Assaut
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Le DVD, obligeamment prêté par Mon Lieutenant, a traîné très longtemps sous ma télévision. Il y a pris la poussière, et j’ai été obligé de le nettoyer à plusieurs reprises. Décidé un jour à le rendre, un autre ancien militaire m’a très fortement conseillé d’y jeter un œil. Je ne voulais pourtant pas regarder ce film, que je soupçonnais d’être purement esthétique et sans intérêt.
On met quand même le DVD dans lecteur*, et là, surprise, L’Assaut est un film est musclé sans un gramme de graisse. Ou alors très peu. En l’occurrence, quelques finasseries sur émotionnelles (ma fille, ma femme, ma famille).
Mais le reste est vrai. Rappelons que L’Assaut raconte la prise d’otages, le 24 décembre 1994 de l’avion Air France à Alger par le GIA. Et l’assaut par le GIGN sur l’aéroport de Marseille ; on craignait alors que les terroristes ne veuillent jeter l’avion sur la Tour Eiffel. A l’instar du Vol93 – chef d’œuvre s’il en est – les terroristes sont aussi réussis, plausibles et même émouvants, que les services secrets français. Comme le disait quelqu’un, un grand James Bond réussi, c’est un grand méchant réussi.
* Rien qu’en lisant cette phrase, on se sent déjà vieux.
vendredi 1 juillet 2016
Love & Friendship
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Si l’on en croit la pub du film, « Jane Austen n’a jamais été aussi drôle ». La pub cinéma n’a jamais peur, il faut le dire, d’autoproclamer le génie : « le grand retour de Steven Spielberg », « le chef d’œuvre de Christopher Nolan », on en passe et des meilleures… Et on était prêts à la croire, cette pub, après le fabuleux Damsels in Distress…
Las ! De Love & Friendship, on se contentera de dire que Whit Stillman a rarement été aussi chiant.
Et ce n’est pas de la faute des acteurs, excellents, à commencer par une Kate Beckinsale extraordinaire en Lady quadra de Jane Austen, loin des nanars Hollywoodiens où elle se cantonnait habituellement (Underworld, Whiteout, le reboot de Total Recall). Ni de la faute du scénario, éblouissant quoiqu’un peu confus et retors. A l’instar de la Beckinsale, dont le personnage, Lady Susan, sème la confusion autour d’elle, et, telle un boa, étreint ses protagonistes de subtils détours ; le seul but étant d’arriver à ses fins, c’est-à-dire épouser un homme riche tout en continuant à coucher avec des hommes beaux.
Quant aux dialogues, censés (sic) évoquer le meilleur de la comédie des années 40, n’est pas Ben Hecht qui veut. Ni Howard Hawks. La mise en scène est plate, interminables champs/contrechamps censés évoquer le ping-pong upperclass des différentes personnages.
Symbole de cet échec cinématographique, une musique omniprésente essaie d’apporter du rythme.
Robert McKee, le grand manitou du scénario, disait qu’il faut toujours partir de ses expériences personnelles pour écrire un personnage, fusse-t-il un extraterrestre.
Whit Stillman devrait retourner à ses bourgeois Ivy League de Metropolitan, Barcelona, des Derniers Jours du disco : c’est ce qu’il connaît de mieux.
jeudi 23 juin 2016
Allez Coucher Ailleurs
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
On poursuit l’exploration de l’œuvre de Maître Hawks avec Allez Coucher Ailleurs (I Was a Male War Bride dans la langue de Louis B. Mayer) que la Filmothèque du Quartier Latin a le bon goût de restaurer en version 4K.
Bon, c’est pas Seuls Les Anges Ont Des Ailes mais par contre c’est plus drôle. Comme d’habitude chez Hawks, le film joue d’une inversion sexuelle ; une fille au caractère bien trempé (Ann Sheridan) qui passe cent minutes à humilier son galant (Cary Grant) ; la galant faisant mine de ne pas s’intéresser à elle, et vice versa.
Adapté d’un récit célèbre à l’époque, le réalisateur se régale à mélanger dans son shaker les habituels alcools forts hawksiens : la satire de la bureaucratie tatillonne**, la guerre des sexes, et l’inversion métaphorique (et vestimentaire) masculin/féminin.
Pour des raisons budgétaires, le film fut tourné en Allemagne en 1948, dans un pays encore dévasté par la guerre. Cet effet de réel ajoute encore du contraste aux scènes comiques, qui sont servies par des répliques bien senties***, chargées de sous sous-entendus graveleux, des histoires de petites culottes oubliées et un final hystérique avec un Cary Grant travelo.
Même si tout cela a un peu vieilli, on a vu plus coincé …
* Celui d’Henri Rochard, un militaire belge ayant subi des tracasseries sans fin pour épouser son infirmière américaine, dans les Etats Unis de l’immédiat après-guerre
**Cary Grant, imperturbable, obligé de répéter cent fois son mantra, à cent interlocuteurs différents : « I am an alien spouse of female military personnel en route to the United States under public law 271 of the Congress. »
*** A un homme jaloux qui prétend que Rochard (Cary Grant) est peut-être très beau, c’est un homme mauvais, qui battrait Ann Sheridan, d’ailleurs on a vu des traces, une jeune femme répond : « He could leave marks on me anytime. I’d bring the stick! »
dimanche 19 juin 2016
Snow Therapy
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Snow Therapy fait partie de ces films qui font envie sur le papier, et qui finissent dans la poubelle des « J’ai pas le temps d’y aller ». Celui-ci nous avait été chaudement recommandé lors du Top Ten. Snow Therapy passe sur Canal+, c’est bien, on regarde.
La difficulté à vendre Snow Therapy, c’est qu’il ne faut quasiment rien dire du pitch, car c’est là sa très grande subtilité. Une famille suédoise part au ski, dans les Alpes. Un événement arrive. On ne dira pas lequel, même si la bande annonce, la presse, ou les amis s’en sont déjà chargés.
Cet événement – plus subtil que tout ce qu’on aura pu vous dire – dérange l’équilibre de la famille. On ne peut en dire plus, car on perdrait là l’essentiel.
La subtilité, la délicatesse, la finesse des situations, c’est ça le charme de Snow Therapy. Qualités, vous l’avez compris, que cherche le Professore Ludovico et qu’il a de plus en plus de mal à trouver dans le cinéma contemporain.
Car le film de Ruben Östlund est finalement un mélange étonnant de Festen et d’anti-Festen. Un film sur la famille, et ses conflits internes qui couvent sous la surface. Mais là où Festen est destroy et foutraque, et en plein trip Dogma95*, Snow Therapy est dictatorialement beau, léché, en accord avec son propos. Sous la surface blanche immaculée de la famille nucléaire archétypale (papa fort, mère protectrice, charmants bambins), le magma est prêt à exploser.
Snow Therapy atteint une forme d’abstraction qui va se nicher dans les moindres détails. Östlund enlève par exemple – et ce ne peut être un hasard – toute notion de marque sur les skis, les anoraks, ou les télécabines**, comme si le réalisateur ne voulait pas qu’on puisse s’accrocher à un quelconque détail… et donc nous obliger à se concentrer sur les visages, voir ce qui se passe à l’intérieur de ces âmes. A l’évidence la chose la plus dure à filmer.
Ruben Östlund joue aussi avec les codes du ski, qui parleront à toute personne ayant déjà fréquenté une piste verte. Les télésièges, les téléskis, et la descente elle-même deviennent prétexte à de majestueux travellings.
Le bruit d’un remonte-pentes devient une inquiétante musique concrète, le tunnel sur tapis roulant, une source d’angoisse à la Shining, les hôtels chaleureux, d’inquiétants HLM sans vie. Et c’est sans parler de ce blanc immaculé, omniprésent, qui entoure la plupart du temps des personnages. Les acteurs de cette tragédie minuscule s’agitent sur des pistes étonnamment vides : un grand blanc, brouillard ou de neige poudreuse les encerclent en permanence.
Nous avons là affaire à un très grand film, et un auteur.
* On aime beaucoup Festen.
** Dans un univers de frime intense, ou chaque skieur se jauge sur la marque de son matériel, des lunettes aux chaussettes, tout au plus reconnaitra-t-on la mention « Les Arcs » sur une télécabine, à un moment du film…
mardi 14 juin 2016
Purple Rain
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
On a enfin vu Purple Rain. À l’époque de sa sortie, nous étions restés de glace devant ce phénomène de mode, ces garçons et filles habillées de violet avec chemises blanches à jabot, et ce funk étrange. C’était surtout trop populaire pour être honnête. Puis la Princesse de Suède nous convertit aux accords princiers, le temps d’une K7 BASF. Sans jamais aller voir le film, car pas vraiment recommandé par la Princesse. Le film n’était paraît-il pas terrible. Mais aujourd’hui, il passe à la télé en haute définition et en VOST. Et Prince est mort.
On est alors envahi par une drôle d’impression : si on pouvait racheter les droits, on voudrait le refaire, Purple Rain. Car il n’est pas mauvais, le film, il est même assez original. Il est juste très mal fait, limite film amateur. Très belles images, très bonne musique évidemment, mais cadrage incohérents, changements de lumière entre deux plans, éclairages irréalistes…
Mais derrière tout cela, il y a une idée intéressante, la bataille de deux groupes pour la suprématie dans un club, une femme au milieu (Appolonia) qui joue parfaitement la gourdasse*. Prince en est amoureux mais il est encore plus amoureux de lui-même. Et il y a une serveuse qui est amoureuse de Prince, et le groupe The Revolution* (et les sublimes Wendy et Lisa) au bord de la rupture. Et le background compliqué, violence familiales et paternel musicien frustré, tout cela aurait été bien meilleur avec un vrai réalisateur et de véritables comédiens.
* Le traitement des femmes est incroyablement choquant, trente ans après : on jette une femme dans une poubelle ; on laisse une fille prendre froid après l’avoir laissé plongé dans le mauvais lac ; et les femmes qu’on tabasse finissent toujours par revenir
** Qui démontre au passage qu’il était un putain de groupe…
samedi 11 juin 2016
Berberian Sound Studio
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Après avoir vu Duke of Burgundy, on s’était jeté sur IMDb pour en savoir plus sur Peter Strickland, le réalisateur qui signait un tel OVNI. Et on s’était juré de voir ses deux autres films, Katalin Varga, et celui-ci, Berberian Sound Studio. Et voilà qu’une petite négo avec le Service Client de Canal+ nous offre OCS pendant quatre mois, ce qui nous permet entre autres de voir Game of Thrones live, et plein d’autres choses, Mozart in the Jungle, Ballers ou les premiers Jodo… Et, bingo, ce film : voilà l’occasion de continuer notre collec’ Strickland.
Le pitch est tout aussi étrange que celui des Ducs de Bourgogne. Un timide ingénieur du son anglais (Toby Jones, vu déjà un peu partout (Captain America, Hunger Games, Frost/Nixon, W…)) débarque en Italie pour mixer et bruiter ce qui se révèle être un film d’horreur. Plus le film avance, plus les scènes sont horribles. Dans la tête du spectateur en tout cas, car tout est filmé un contrechamp et on ne verra aucune image du film Vortex Equestre.
Mais surtout l’ambiance dans le studio se dégrade, l’ingénieur du son est un peu perdu face à l’évolution du film (les deux héroïnes font l’amour dans une ancienne abbaye ayant hébergé des sorcières (vous l’avez compris, nous sommes en plein Giallo)) ; les doubleuses sensées faire les voix langoureuses sont mal payés, d’autres doubleuses arrivent…
Et comme dans Duke of Burgundy, l’étrange impression que ce que nous voyons n’est pas exactement la réalité. Inutile de raconter la suite, car tout l’intérêt es films de Strickland est de s’y immerger, de découvrir petit à petit des univers étranges, passionnants et beaux. Décidément Peter Strickland a un univers tout à fait personnel, mystérieux, érotique, et terrifiant.
Un auteur, en somme.