jeudi 14 octobre 2021


Le Dernier Duel
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

C’est la bonne nouvelle du jour : Ridley Scott est encore capable de faire un bon film. Sur la base d’un casting improbable : Ben Affleck et Matt Damon, les working class heroes de Boston, en chevaliers français du XIVe siècle, écrit et produit par eux. Mais c’est oublier que ce sont aussi de bons scénaristes (Will Hunting, Gone Baby Gone, The Town, Promised Land).

L’argument ici est relativement simple, et évidemment basé sur des faits réels. On n’ira pas questionner, de toute façon, la véracité d’une histoire qui a sept cent ans. Jean de Carrouges (Matt Damon), est un vaillant chevalier, loyal, au visage couturé par les batailles de la Guerre de Cent Ans. Son meilleur ami, Jacques le Gris (Adam Driver) est toujours à ses côtés. Carrouges finit par trouver une épouse, la ravissante Marguerite (Jodie Comer), fille d’un seigneur honni pour avoir collaboré avec les Anglais.

Mais voilà que Marguerite est violée, et refuse de se taire. Pour venger son honneur, son mari demande l’ordalie, c’est à dire demander à Dieu de décider qui dit la vérité, dans un duel à mort : sa femme ou son violeur.

Le génie de Ridley Scott est double. D’une part, ne jamais franchir la ligne rouge du réalisme de ce #metoo médiéval. Ensuite, ne pas chercher le chef-d’œuvre. Scott se contente de son programme de divertissement :  combats sanglants et reconstitution soignée*. En gardant ce bon niveau d’ambition, Le Dernier Duel s’approche du film parfait, qui avance vite sans pour autant perdre le spectateur. Son dispositif panoptique (la version de la femme violée, de son violeur et du mari) passe crème. Les acteurs, qui pourraient aisément sombrer dans le ridicule, tiennent la rampe, jusques et y compris Ben Affleck, qui propose dans cet univers hypocrite bardé d’honneur et de loyauté, un judicieux contrepoint, jouisseur et cynique…

A voir absolument.

* Même si le médiéviste acharné peut découvrir quelques incongruités, comme par exemple ce vitrail baroque au milieu d’une église médiévale.




lundi 4 octobre 2021


Seinfeld
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Seinfeld est sur Netflix. Est-il besoin d’en dire plus ?




lundi 13 septembre 2021


Serre-moi fort
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

À la fin, c’est toujours pareil avec Mathieu Amalric : il gagne. L’éternel Paul Dédalus d’Arnaud Desplechin, dont on est  tombé amoureux en 1996 (avec Comment Je Me Suis Disputé… (Ma Vie Sexuelle)), nous a rendu addict à sa voix narquoise, à son sourire de Quasimodo, et sa capacité inimitable à débiter des vacheries sur un ton égal.*

Devenu sur le tard cinéaste, les deux films que nous avons vus (Tournée et La Chambre Bleue) nous avaient déjà enthousiasmé.

Mais ici, le charme n’opère pas. Le sujet est intéressant (une femme disparaît, sa famille cherche à survivre), les acteurs, excellents (Vicky Krieps, Arieh Worthalter) et la forme est inventive.

Mais on reste derrière, en admiration devant la virtuosité de la mise en scène qui passe de personnage en personnage, et cette façon fantastique, presque quantique – où est-on, quand est-on – de raconter cette histoire.

Mais on n’arrive pas à être ému, malgré la tragédie évidente. Et à la dernière seconde, en quelques scènes de conclusion, Amalric nous cueille d’un bon coup de poing (cinématographique) dans la gueule. Et nous laisse là, évanouis, devant le générique.

 Trop fort.

*On va même le voir dans un James Bond, c’est dire.




mardi 7 septembre 2021


Ode à Michael K. Williams
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens ]

Il y a des gens qui n’ont jamais de chance. C’est le cas de Michael K. Williams, qui a eu la mauvaise idée de mourir le même jour que Jean-Paul Belmondo, notre patrimoine national. On n’entendra donc pas beaucoup parler de Michael K. Williams dans les journaux français aujourd’hui, ni demain d’ailleurs. Pourtant, c’est vers lui que se tourne aujourd’hui notre tristesse, immense, à la hauteur des émotions prodiguées par son rôle-phare, Omar Little.

Car Michael K. Williams a eu de la chance, finalement, en se voyant offrir ce rôle dans The Wire – peut-être le plus grand rôle de la télévision américaine. Robin des Bois de Baltimore, gangster, homosexuel et drogué, consacré meilleur personnage de fiction par Barack Obama. Oui, l’Amérique avait changé. Oui, l’Amérique pouvait changer.

Ce n’est pourtant pas le seul rôle de Michael K. Williams. Il a interprété d’autres gangsters, sans jamais refaire Omar : stylé comme Chalky  White de Boardwalk Empire, dangereux comme Freddy dans The Night Of. Il a trainé son sourire, à la fois triste et carnassier, dans pléthore de rôles au cinéma et à la télévision, avant et après Sur Ecoute : Lovecraft Country, Dans leur Regard, SOS Fantômes, Assassin’s Creed, Inherent Vice, Gone Baby Gone, Twelve Years a Slave…

Mais c’était trop tard. Nous avions découvert ce diamant dans la trentaine. Il ne serait jamais jeune premier. Michael K. Williams avait débuté comme danseur chez Madonna et Missy Elliot. Une carrière artistique qui, comme il le disait, l’avait sauvé de ses pires tourments*.

Mais on n’y échappe jamais réellement, à l’instar de son emblématique cicatrice au visage, qu’il portait comme une bannière de sa jeunesse agitée. Ces tourments l’ont rattrapé dans l’appartement de Flatbush, Brooklyn, la ville qu’il n’avait jamais quitté : retour à la case départ.

C’est aujourd’hui avec tout l’égoïsme du spectateur que l’on souhaite que Michael K. Williams repose en paix. Non pas dans la réalité, près de ses proches, mais dans son univers de fiction. Qu’il retrouve au paradis des gangsters Brandon, Dante et Renaldo, ses amants, Butchie, son mentor, et tous les autres incroyables personnages dont la mort fictive nous a ému dans la magnifique cité de Baltimore.

Car comme il est dit dans la Nuit des Rois, « Je suis un acteur : je suis ce que je joue. »

* « Les arts m’ont donné quelque chose qu’aucune somme d’argent, aucune statue ne pouvait me donner – une vie, une voix, un but. » Vanity Fair, 2017




lundi 6 septembre 2021


Jean-Paul Belmondo
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

– « Quelle est votre ambition dans la vie ?
– Devenir immortel et mourir. »

A Bout de Souffle




mardi 31 août 2021


La Loi de Téhéran
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Depuis que Notre Agent au Kremlin nous a orienté vers Asghar Farhadi, on regarde toujours avec intérêt les propositions du cinéma iranien. La Loi de Téhéran arrive avec une réputation flatteuse de polar de l’été, sur un sujet a priori trash : la consommation et le trafic de drogue en Iran, un pays qu’on n’imaginait pas totalement gangrené par l’addiction.

 « Quand j’ai commencé dans ce métier, il y avait un million de junkies. On arrête tous ces types, et on les pend depuis des années, mais maintenant ils sont six millions et demi* ? Comment tu expliques ça ? » lance un des flics à son supérieur, mais aussi, à l’évidence, au spectateur.

Evoquant aussi bien Sur Ecoute que Heat, La Loi de Téhéran nous fait suivre le quotidien d’un groupe de policiers remontant la filière pour s’attaquer au gros poisson, Nasser, le trafiquant de drogue, dans une République Iranienne où la simple possession peut vous valoir la peine de mort.

On assistera donc à des scènes dantesques que ne renieraient pas le cinéma américain : course poursuite, évacuation de taudis, interrogatoire musclé, prison nauséabonde, et corruption tous les étages. Film coup de poing, La Loi de Téhéran ne vous lâchera pas, ni pendant, ni après.

On mettra un bémol néanmoins, car le film n’est pas exempt de tout défaut. L’exotisme de la situation tente parfois à les éclipser. Souvent verbeux, il sort facilement de son réalisme foncier pour le plaisir d’un bon mot. On pourrait être dans un Maigret, avec Gabin dans le rôle du flic et Ventura en dealer. Si on y regarde de près, le comportement de certains personnages ne tient pas forcement la rampe. Dans le cas des flics, ce serait de l’incompétence crasse. Certaines péripéties sont également un peu téléphonées, car Saeed Roustayi, perdu dans son rythme infernal, ne prend pas le temps d’installer ses intrigues secondaires.

En dernière extrémité, si le film glorifie les flics et la justice – en tout cas, ceux qui ne sont pas corrompus – la question n’en demeure pas moins : nous pendons les junkies haut et court, et il y en a toujours plus. Comment expliquer ça ?

À Téhéran comme à Baltimore, personne n’a encore trouvé la réponse.

* 6,5 millions : c’est le titre iranien du film, gros succès là-bas.




mardi 31 août 2021


Drive my Car
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Un metteur en scène japonais qui fait répéter du Tchekov à des acteurs japonais, chinois, coréens et sourds-muets. Une voiture rouge, et des allers et retours. Des tunnels et des ponts. Uniquement des plans fixes. Malgré ce programme alléchant, on ne s’ennuie pas une seule seconde pendant les trois heures de Drive my Car. Inspiré d’une (courte !) nouvelle d’Haruki Murakami, on retrouve dans le film la subtilité de l’écrivain dans la description des tourments intérieurs, incroyablement incarnés ici par les acteurs et la mise en scène.

Au Masque et la Plume, Jérôme Garcin a pour habitude d’annoncer dans sa présentation la durée du film* ; la plupart du temps d’un air las, si le film dépasse les deux heures fatidiques. Cela m’a toujours semblé stupide. Il y a des films de quatre heures qui sont passionnants, et les films d’une heure trente un peu longs.

Cette fois-ci, Jérôme Garcin à la fois noté la durée (3h) et l’incroyable réussite du film de Ryūsuke Hamaguchi. Nous sommes on ne peut plus d’accord.

Drive my Car, c’est du cinéma.

* Il fait la même chose pour les livres. Comparer favorablement les cent cinquante pages écrit gros d’Amélie Nothomb avec les quatre cent pages d’un écrivain comme Franzen est tout aussi absurde.




samedi 28 août 2021


« N’oubliez jamais les petites villes »
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

En 1936, auréolé du succès de Mayerling, Joseph Kessel est accueilli en grande pompe à Hollywood. Déçu par les contraintes qu’on lui impose, il en tire néanmoins un petit livre assez bien vu sur l’Usine à Rêves, Hollywood, film mirage.

Ce qu’il écrit à l’époque est encore valable aujourd’hui. Voilà par exemple ce qu’il fait dire à un producteur :  

« N’oubliez jamais les petites villes d’Amérique, si vous faites des scénarios pour nous. Ne pensez plus que vous travaillez pour les spectateurs évolués d’Europe. Ce n’est pas de New York dont nous vivons, ni de Chicago, ni d’aucun des grands centres. Nous dépendons des cités sans joie, des bourgades où habitent les gens les moins cultivés, les moins informés, les plus primitifs, les plus enfantins, et les plus naïvement sentimentaux du monde. Il faut les faire rire du ventre et non de la gorge. Il ne faut pas les faire pleurer, mais tout juste humecter gentiment leurs paupières. Il faut éviter tout ce qui suppose une connaissance quelconque géographique, historique, ou scientifique. Il faut éviter tout effort de l’intelligence, toute égratignure aux conventions. Songez à cela, et tâcher de nous être indulgent. »

Ça pourrait être du Michael Bay ou du Jerry Bruckheimer…




jeudi 26 août 2021


Le Questionnaire de France Culture
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Playlist ]

L’émission de Michèle Halberstadt, Les films qui ont changé nos regards, se termine par un questionnaire façon Proust. Le Professore adore ce genre de gadget, donc voici ses réponses…  

La première séance vous vous souvenez ?
J’hésite entre Les Aristochats sur les Champs Élysées avec parrain et marraine, ou à Dourdan avec mon père, pour un film de guerre. Peut-être Le Jour Le Plus Long. Dans le premier cas, c’était mon dernier Disney, dans le second, le début d’une longue série.

La dernière séance qui vous a marquée ?
Titane, un film à la fois brillant et horripilant.

Votre film de chevet ?
D’un point de vue « technique », Apocalypse Now, le film parfait. D’un point de vue « narratif », Titanic. Si c’est sentimental, le Rocky Horror Picture Show…

Le film dans lequel vous aimeriez vivre ?
Le Rocky, bien sûr : sexe, drogue, et rosbif toute la journée. Mais le proprio est un petit peu susceptible.

Le classique qui vous laisse de marbre ?
Ce sont plutôt des cinéastes qui me laissent de marbre : Tarkovski, Chaplin, Woody Allen…

La pépite que personne ne connaît ?
Pulp, A Film About Life, Death & Supermarkets, un film qui est plutôt sur la vie, la mort, et les supermarchés que sur la tournée d’adieu de Pulp.

Votre voix de cinéma préféré ?
Jean-Louis Trintignant, et Kathleen Turner

Votre salle préférée ?
Une salle qui a disparu, le Gaumont Grand Ecran Italie, le plus grand écran de Paris… J’y ai vu Titanic à sa sortie, et mon plus beau 2001.

Votre prochaine séance ?
La Loi de Téhéran.

Votre vœu cinéphilique ?
Un vœu impossible : le retour du cinéma américain.




mercredi 25 août 2021


Le Veau d’or (le Godard) est toujours debout
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Playlist -Pour en finir avec ... ]

L’occasion était trop belle. Sur France Culture, Michèle Halberstadt – la voix la plus sensuelle du PAF – animait cet été une émission intéressante*, Les films qui ont changé nos regards.

Le concept : les grands films du répertoire (Vertigo, 2001, Le Mépris…) vus par des spectateurs français de renom (Isabelle Huppert, Bruno Podalydes, Arnaud Desplechin…), passionnés par le film en question.

A la fin de chaque émission, Michèle Halberstadt demandait l’avis de l’Oracle. L’oracle, quel oracle ? Mais l’Oracle, voyons ! Jean-Luc Godard himself. L’homme dont la pensée rayonne – au sens radioactif du terme, nous y reviendrons – sur le cinéma français depuis 70 ans. Et là, évidemment, c’est un défilé : « Le Parrain ? pas un film qui a changé le monde ! » « Kubrick ? Un faiseur…» « Hitchcock ? beaucoup de faiblesses… » Etc., etc.

Venant d’un cinéaste, dont, le moins qu’on puisse dire, aucun film n’a eu le retentissement ou la longévité de Vertigo ou de 2001, ça ne manque pas de sel. Comme on sent la jalousie d’un nonagénaire aigri, qui a beaucoup aimé le cinéma, mais qui brûle ce qu’il a adoré, on se rue sur la dernière émission qui lui est intégralement consacrée. Une heure de pure pensée godardienne sur le cinéma, la vie, et le reste.

Que dirait-on aujourd’hui de quelqu’un qui trouve tout le monde nul, à commencer par ses amis (Truffaut, Goupil, Cohn-Bendit) ? Qui râle sur tout ce qui est moderne ? Qui répond par la négative à toutes les questions** ? Un facho ? Un vieux con ? Mais non, c’est Jean-Luc Godard, l’Ermite de Rolle. Dont nous écoutons, masochistes béats, les « leçons », diverses et variées, depuis 1950***…

Hormis quelques fulgurances connues****, le génie godardien est essentiellement composé de réponses négatives (indiquant que vous avez tort, quelle que soit la question) basées sur des jeux de mots lacaniens : « Dans la peinture moderne, il y a toujours des titres aux tableaux. A la banque aussi. » « La représentation ? Mon avocat dit aussi qu’il va me représenter, mais comment peut-il me représenter ? » Etc. Essayez vous aussi, avec quelques huîtres et un bon petit Muscadet, vous verrez, c’est pas très compliqué…

Ce n’est pas pour rien que le Snake – le Chief Technical Officer de CineFast – a créé la rubrique Pour En Finir Avec. Finissons-en donc avec Jean-Luc Godard, le veau d’or du cinéma français, l’homme par qui tout est arrivé, et par qui tout fut détruit.

Car Godard n’a réalisé qu’une poignée de films réellement intéressants, les premiers surtout (À Bout de Souffle, Pierrot le Fou, Masculin Féminin)*****. Donnant corps à la diatribe d’Orson Welles (« Si vous voulez faire du cinéma, faites-en ! Volez des caméras ! Volez de la pellicule ! », la Nouvelle Vague apportait cette idée neuve dans le cinéma des studios : une révolution technique, en tournant avec de simples caméras 16 mm, qui permettaient de s’affranchir de la lourdeur des studios. Et une révolution narrative, en filmant ainsi dans la rue, sans décor, des choses nouvelles. En un mot les aspirations de cette jeunesse 50’s étouffant dans la pesanteur sociale d’après-guerre…

Si ce bouleversement a engendré de beaux bébés (Godard, Truffaut, le Nouvel Hollywood), elle a aussi détruit le cinéma français. Car ces jeunes Turcs ont pris le pouvoir en fustigeant le « cinéma de papa » : le cinéma populaire, de qualité, des années 30 à 50. Ecartés les Duvivier, Marcel Carné, Claude Autant-Lara…

La Fatwa des Cahiers du Cinéma a duré trente ans. Un peu comme Boulez imposant son joug dodécaphoniste sur la musique contemporaine, Godard&Co ont imposé les sujets chichiteux de la bourgeoisie de Saint-Germain des Prés, son refus du scénario, et ses pré-requis techniques low cost (son direct, éclairages hésitants, acteurs improvisés…)

Cette révolution obligatoire de la forme a contaminé tout le cinéma français comme des rayons gamma. Son aura intellectuelle a été relayée par le système des subventions du CNC, qui valide les bons sujets/le bon goût du moment (il y a vingt ans, les banlieues, aujourd’hui, les problématiques de Genre). De facto, l’État oriente le type de sujets de films qui peuvent se tourner et ceux qui ne peuvent pas se tourner. Cette pensée se retrouve parmi les techniciens (formés aussi par l’Etat, via la FEMIS). Autant dire qu’un film d’action, un thriller politique, une comédie romantique n’a pas lieu d’exister dans ce système.

Mais les gens meurent, leur influence s’estompe, et le système s’écroule lentement. Notamment grâce à quelqu’un comme Luc Besson, un autodidacte, qui pris lui aussi Welles au mot. Bricolant en 1983 son Dernier Combat tout seul, et prouvant que le cinéma de genre pouvait fonctionner en dehors du système. On peut penser ce qu’on veut de Besson (à vrai dire, le Professore n’en pense pas beaucoup de bien), mais il a remis le cinéma populaire (et au passage toute une industrie) au centre de la table.

Citons donc Yves Montand :  il est temps de mettre la statue du Commandeur, « le plus con des maoïstes suisses » au musée.

* Quoique non dénuée d’erreurs factuelles : le casting de 2001, par exemple …
** Halberstadt pose pourtant des questions très consensuelles, comme « Quel est votre film de chevet ?»
*** Miss Halberstadt valide elle-même cette théorie, racontant sa rencontre avec Godard, qui l’avait insulté direct : « Depuis quand votre journal, Première, se préoccupe de cinéma ? ». Quarante ans après, la journaliste devenue distributrice est toujours en transe…
****« Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse. »
***** Et les partie musicales de certains films (One Plus One avec les Stones et Soigne ta Droite avec les Rita Mitsouko)…




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