lundi 14 janvier 2019


Bloodline, finale
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Bloodline n’est au départ qu’une série du milieu, c’est-à-dire un produit de grande consommation plutôt bien fait, comme ceux que Netflix sort à la pelle. Il s’agit en effet de l’énième resucée du trauma familial, de la fratrie qui se déchire, trois frères et une sœur et les clichés habituels du loser, du bon petit gars et de la chaudasse…

Si l’on est vite séduit par la qualité de la fabrication de Bloodline*, plus on s’enfonce dans les épisodes, plus cette qualité devient fondamentale. Car le thriller fonctionne sur l’accumulation progressive d’intrigues et d’enjeux, qui, au bout de compte, peuvent finir par sonner creux. Comment tant de malheurs peuvent arriver à tel ou tel personnage de Prison Break, ou de 24 ? Mais ici, dans la Floride étouffante de Bloodline, chaque intrigue est parfaitement liée à la personnalité de chacun des protagonistes. Et c’est le secret de son succès.

Ces intrigues, assez classiques (trafic de drogue, magouilles locales et vieilles histoires familiales) ne brillent pas par leur originalité. Mais c’est le cadre de ces intrigues, un magnifique hôtel d’Isla Morada, villégiature luxueuse des Keys, et l’éternel recommencement des conflits familiaux -emmaillotés en une terrifiante matrice -, qui fait l’incroyable attrait de Bloodline. Le père et le fils, la mère et la fille, les frères et les sœurs et leurs inavouables (et pourtant si communs) secrets.

C’est là que c’est se niche le cœur battant de Bloodline, dans ses personnages formidablement conçus, et remarquablement Interprétés (Kyle Chandler, Ben Mendelsohn, Linda Cardellini, Norbert Leo Butz, Sissy Spacek, Sam Shepard, Jamie McShane, Chloë Sevigny).

Car ce sont nos frères, nos sœurs, nos parents et nos enfants.

Des fois, la fiction est une chose facile.

* par les auteurs de Damages




jeudi 10 janvier 2019


Friday Night Lights
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Séries TV ]

Avant Friday Night Lights, il y avait Friday Night Lights. Depuis que nous avons dit tant de bien cette série familialo-sportive, on était un peu inquiet à l’idée de découvrir le film originel.

Mais avoir lu le livre de H. G. Bissinger* aide néanmoins. Car Friday Night Lights est l’adaptation fidèle du livre, récit de l’épopée d’une véritable équipe de lycée de foot américain. La petite ville d’Odessa, Texas, vit depuis toujours, probablement trop, du football. C’est aussi le décor de la série, mais ce n’en est pas le sujet, beaucoup plus vaste**.

Le film est donc différent : très fort, très ramassé, très musclé. Il ne suit qu’une seule saison des Permian Panthers; l’arrivée du nouveau coach et les espoirs placés en lui. Regagner le state championship, c’est à dire redevenir la meilleure équipe lycée du Texas. C’est donc le même pitch. Mais le ton est diffèrent. On est dans un drame recentré sur le coach, interprété par Billy Bob Thornton ; un coach dur mais juste, mais pas très sympathique. A l’opposé donc de l’incroyable personnage de Coach Tyler*** (interprété Kyle Chandler) et sa famille.

Une différence de taille. Seul, FNL est un très bon film sur le foot US. Mais sa petite soeur, en 5 saisons, a eu le temps de lui faire de l’ombre. Beaucoup trop d’ombre.

*Friday Night Lights: A Town, a Team, and a Dream
**L’intrigue est d’ailleurs téléportée dans la ville fictive de Dillon.
*** C’est devenu une expression « Don’t coachtaylor me ! »




vendredi 4 janvier 2019


Le Sport Favori de l’Homme
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Le cinéma, comme les autres arts, est toujours en recherche de la martingale commerciale qui lui garantirait le succès. Cette quête chimérique de la formule magique ne marche pas. Et la meilleure façon de déceler une formule, c’est de regarder un film qui a échoué. OCS vous le propose sur un plateau : Le Sport Favori de l’Homme d’Howard Hawks.

La formule Hawksienne est connue : des héros masculins confrontés à une situation désespérée qui prouvera leur courage, et des femmes puissantes, assumant pleinement leur sexualité. Cela a parfaitement marché dans la comédie (L’Impossible Monsieur Bébé, La Dame du vendredi, Chérie, je me sens rajeunir) ou la tragédie (Rio Bravo, La Rivière rouge, Seuls les anges ont des ailes). Mais voilà, en 1964, Hawks est à la fin de sa carrière, et, à 68 ans, toujours aussi libidineux. En perpétuelle recherche de jeunes femmes pointues qu’il transforme en stars (et, si possible, en compagnes), il en trouve pas moins de trois pour Le Sport Favori de l’Homme : Paula Prentiss, Maria Perschy, Charlene Holt, qu’on verra défiler dans toutes les tenues*. L’intrigue, même légère, est typiquement Hawksienne : un vendeur de magasin de pêche a écrit un bestseller sur le sujet. À la veille d’un concours, il est sollicité par Abigail et Easy, deux jolies jeunes femmes de l’organisation, qui veulent le voir participer. Le voilà obligé d’avouer qu’il n’y connait rien et n’a fait que mettre sur le papier les conseils… de ses clients. Duperie, allusions sexuelles dans les tous les sens, quiproquos, « héros » confronté à une situation légèrement « désespérée » : on est bien dans une comédie Hawksienne. Qu’est-ce qui ne marche pas alors ?

Pour comprendre, la lecture de la bible Hawksienne de Todd McCarthy s’impose. Hawks voulait Cary Grant, il aura Rock Hudson, énorme star de l’époque. Mais Hudson s’ingénie à « faire du Cary Grant », et ça ne marche pas. Il n’a ni l’élégance, ni la folie absurde de l’acteur de L’Impossible Monsieur Bébé. Et si pendant tout le film, on reconnait les gags habituels, ça ne fonctionne pas.

De sorte que se superpose alors une seconde lecture, impossible à l’époque, et accessible uniquement au spectateur d’aujourd’hui, qui connait l’homosexualité de Rock Hudson. Le sport favori de l’homme n’est pas la pêche, ça on l’avait compris, et c’est bien le sexe Le film est frontalement l’histoire d’un type à qui trois filles apprennent à être un mec, un vrai : comment tenir bien droite sa canne à pêche, comment embrasser, comment descendre une fermeture éclair. Mais ce mec n’en peut mais.

Aujourd’hui, on sait pourquoi.

* Pyjama, short, lingerie transparente, T-Shirt mouillé, et surtout combinaisons de plongée TRES ajustées qui ont coûté la bagatelle de 10000$




jeudi 3 janvier 2019


Gettysburg
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Dix années avant Gods & Generals, Ted Turner avait déjà sorti son portemonnaie de Civil War buff, sorti sa collection de soldats de plomb Bluues & Grays, et pour 20 millions de dollars, reconstitué in situ la plus grande bataille américaine : Gettysburg.

Rappelons-en le pitch : Lee, le grand stratège virginien, veut s’emparer de Washington pour faire plier Lincoln alors que la cause sudiste est de plus en plus mal en point. Il opère un grand mouvement dans la vallée de la Shenandoah, mais le général nordiste, Meade, l’attend à Gettysburg. Au bout de 3 jours, et suite à une (rare) grossière erreur de Lee, les sudistes sont défaits. Gettysburg, et ses 50 000 hommes perdus, est le tournant de la Guerre de Sécession. Quelques semaines plus tard, Lincoln fera son célèbre Discours : « à nous de décider que le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne disparaîtra jamais de la surface de la terre. »

Gettysburg, initialement prévu comme une minisérie fut repris et financé par Ted Turner. Il fit évidemment un four au Box-office (voir plus bas) mais connut beaucoup de succès sur le câble et devint un film scolaire, c’est à dire ce qu’il est foncièrement.

Mais voilà, si dans Gettysburg, tout est authentique, jusqu’à l’emplacement exact des canons confédérés, il n’y a pas de film. Pas de personnages, pas d’histoire. On pourrait gagner une heure rien qu’en enlevant les scènes de salut au garde-à-vous, une autre heure quand les canons tirent, et encore une heure quand les fusils tirent… Le seul intérêt réside dans le personnage de Joshua Chamberlain, le jeune colonel héros de Little Round Top (Jeff Daniels), chargé de représenter le point de vue nordiste et d’incarner le bon officier, généreux et attentionné. Mais comme tous les officiers sont vénérés par la troupe (même quand ils les envoient dans une boucherie sans nom), il n’y a aucune aspérité dans le film. Anecdotique pour le passionné, Gettysburg est totalement inutile au néophyte.




mardi 1 janvier 2019


Bilan 2018
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Playlist -Séries TV ]

Bon la tendance s’accélère : de moins en moins de films en salle (mais beaucoup de bons films (El Presidente, Under the Silver Lake, The Guilty, Wildlife, Les Veuves, Les Frères Sister), de plus en plus de films « cinéphiles » à la télé (Arte/OCS Géants), de plus en plus de séries… Voilà la bilan, désolant pour UGC et le Marvel Universe, mais très encourageant pour HBO, Netflix et consorts : 18 films en salle, 47 films télé et 31 saisons de séries !

Les chocs de l’année : El Presidente, Under the silver Lake, Wildlife, Les Veuves, mais aussi Belle de Jour, Grave, Persona, The Blind Side, La Vérité.

Et en séries : Bloodline, American Crime story, Big little lies, Sharp Objects, Godless, Fargo, et la fin de Girls et de Casual.

Le détail est là :

1 el presidente
2 l’ultime razzia
3 le baiser du tueur
4 l’insulte
5 jusqu’a la garde
6 hostiles
7 nos voyages invisibles
8 ready player one
9 l’ile aux chiens
10 2001 l’odyssée de l’espace
11 the last movie
12 mission impossible fallout
13 under the silver lake
14 the guilty
15 les frères sister
16 kursk
17 les veuves
18 wildlife

Films TV
1 Fleurs d’équinoxe
2 Southland tales
3 tygra la glace et le feu
4 shining
5 el bar
6 the cloverfield paradox
7 théorême
8 heat
9 belle de jour
10 mute
11 grave
12 the thing
13 man on the moon
14 fantastic mr fox
15 le dossier Odessa
16 Baywatch
17 cold hell
18 problemos
19 angélique marquise des anges
20 persona
21 all eyez on me
22 le point de non-retour
23 le grand cirque
24 la communauté de l’anneau
25 les deux tours
26 uss alabama
27 le retour du roi
28 seven
29 le christ s’est arrêté à eboli
30 dans ses yeux
31 Le clan
32 prédestination
33 apocalypse now
34 the blind side
35 les figures de l’ombre
36 la fiancée de frankenstein
37 la nuit des généraux
38 popstar célèbre à tout prix
39 fog of war
40 le parrain II
41 the big Lebowski
42 myth of the American sleepover
43 les infiltrés
44 la bûche
45 la vérité
46 gettysburg
47 Friday night lights

Séries

1 Black mirror S4
2 The wire S3
3 American Crime story : the assassination of gianni versace
4 big little lies s01
5 godless s01
6 the wire S4
7 girls 6
8 rome s2
9 le bureau des légendes s1
10 corpus christi
11 l’origine du christianisme
12 unsolved tupac et notorious B.I.G.
13 the wire s5
14 the good place s1
15 the handmaid tale s2
16 casual s4
17 black mirror S1
18 black mirror S2
19 sharp objects s1
20 fargo s1
21 au service de la france
22 american horror story s1
23 mindhunter s1
24 bloodline s1
25 bloodline s2
26 the first s1
27 Sherlock s1
28 black mirror s4
29 the expanse S3
30 the civil war
31 bsg s01




mardi 1 janvier 2019


Wildlife
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Un couple des années 50. Le Montana. Un feu de forêt. La fin de l’été. Avec ces quelques éléments, (et le roman de Richard Ford) Paul Dano, acteur chéri sous ces latitudes (Prisoners, 12 Years a Slave, There Will Be Blood, looper, La Dernière Piste) sort un très beau premier film. Avec l’aide, il est vrai de trois immenses acteurs Jake Gyllenhaal, Carey Mulligan et la révélation Ed Oxenbould, un acteur de seize ans qui tient le film sur ses épaules.

Car c’est par son regard d’ado, et de photographe débutant, qu’on va comprendre ce qui se passe dans ce drame minuscule – mais si représentatif de la Mad Men era – ; un homme désespéré et têtu, une femme qui se libère, un incendie qui couve, tout aussi réel que métaphorique : il n’en faudra pas plus pour poser la fin des fifties rigoristes et le début de la libération sixties.

Il faut beaucoup de finesse et de maturité pour réussir ça sans se transformer en film à thèse ; il faut une grande retenue, qualités que possède Paul Dano. On attend la suite avec impatience.




mardi 1 janvier 2019


The Myth of the American Sleepover
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

En regardant ce film de David Robert Mitchell, juste pour une sombre histoire de complétude, on se dit que la cinéphilie fait faire de drôles de choses. Que vient-on faire dans cette galère (un film sur les soirées pyjama) ?

Mais comme d’habitude, la petite musique de D. R. Mitchell s’impose lentement mais sûrement : ces chansons inconnues en background, ces jumelles mystérieusement habillées de noir et enrose (haut noir, rose pour le bas pour l’une, et vice-versa). Et ce lac noir qui préfigure le lac d’argent d’Under The Silver lake, et ces blondes aux cheveux mouillés qui sortent en souriant de la piscine, dans les trois films de David Robert Mitchell.

Pourtant il n’y a pas grand’chose : un ado cherche la jolie blonde qu’il a croisée au supermarché, une fille découvre la vérité sur son boyfriend, et un sophomore plus âgé qui prend sa voiture pour une quête absurde.

À partir de ses petits riens qui font l’enfance, David Robert Mitchell déploie son film su cette seule nuit/ Mais au final, et trois films après, The Myth of the American Sleepover commence à ressembler à la première pierre d’une une œuvre. It Follows restant le chef d’oeuvre indiscuté, mais, même quand c’est un peu raté comme Silver Lake, son cinéma reste passionnant et sensible.




dimanche 30 décembre 2018


La Bûche
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

On apprécie ici beaucoup Danièle Thompson, son sens de l’intrigue bien menée, des dialogues ciselés et ses personnages bien campés. Il manquait La Bûche à notre répertoire, mais elle a pris un petit coup de vieux.

Ne subsiste que la prestation rigolote de Sabine Azéma en chanteuse russe et le grand Claude Rich. Le fiston (Christopher Thompson) joue déjà comme cochon face à une Charlotte Gainsbourg déjà très douée. Par ailleurs les intrigues amoureuses, les révélations, semblent aujourd’hui très évidentes aux spectateurs habitués.

Mais bon, avec ce film, le système Thompson se mettait en place…




jeudi 20 décembre 2018


Les Veuves
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Quand il ne restera plus sur terre qu’un seul cinéaste sérieux, Steve McQueen sera celui-là. Après un film quasi expérimental sur l’IRA (Hunger), un film sur l’addiction sexuelle (Shame), un film-chef d’œuvre sur l’esclavage (12 Years a Slave), McQueen tente le polar de genre. Mais pas n’importe quel polar, et pas n’importe quel genre. Les Veuves est un polar féministe, afro-américain, qui aurait pour modèle Heat, Usual Suspects, The Town, et qui aurait condensé Sur Ecoute en deux heures. Comme David Simon, Steve McQueen découpe la ville de Chicago en tranches : les politicards, les églises, les riches et les pauvres, les blancs et les noirs. Les hommes et les femmes. Et les gangsters.

Après avoir fait l’artiste, McQueen fait l’auteur. Le propos, l’intention, sont plus importants que l’intrigue. L’argument est assez faible : des veuves de gangsters qui n’y connaissent rien sont obligées de monter un braquage. Mais là n’est pas le propos. Les Veuves est une variation sur le #metoo et #blacklivesmatter, mais une variation subtile, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Les bons ne sont pas très gentils, et les méchants sont partout. Même les femmes, même les noirs.

Steve McQueen filme tout cela au même niveau, le suspense musclé et la critique sociale longitudinale. Il est aidé, c’est vrai, d’un casting aux petits oignions sorti de la cuisse de la meilleure télévision (Orange is the New Black, The Wire, A la maison Blanche, True Detective). Et le toujours génial Robert Duvall.

Avec ça, difficile d’échouer.




vendredi 14 décembre 2018


Retour vers le Futur
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

 
Plus qu’une pépite nostalgique, Retour vers le Futur est un chef-d’œuvre du cinéma, à la manière des films de Hawks. Mais en revisitant les chouchous de la cinéphilie, il y a toujours un petit pincement au cœur ; le film aurait-il vieilli ? Nous étions-nous fourvoyés ?*
 
Bien sûr que Retour vers le Futur a vieilli. La comédie est le genre le plus exigeant, le plus référentiel, et donc le plus difficile à maintenir dans le temps**. Cette fabuleuse mécanique est un peu trop mécanique justement, elle souligne un peu trop les gags. On a parfois l’impression que les scénaristes (Robert Zemeckis et Bob Gale***) flèchent l’histoire pour le spectateur. Ainsi, quand Doc demande à Marty ce que faisait ses parents pour s’amuser quand ils étaient jeunes (ce qui est un gag en soi), on voit apparaître l’affiche d’Enchantment under the sea. Cela suffirait aujourd’hui, mais Zemeckis montre l’affiche et Marty la commente. 

Hormis ces péchés véniels, Retour vers le Futur reste un authentique chef-d’œuvre. La construction des enjeux vue comme une mécanique de précision, qui s’accumule minute après minute pour exploser dans un tonnerre final, à l’écran et dans le cœur du spectateur. 

Mais derrière la comédie screwball, deux sous-textes (au moins) viennent écailler le vernis fifties. Le racisme, le sexisme, la violence larvée de cette période prétendument dorée fait l’objet de nombreux gags doux-amers. Le sommet culminant avec le gag Chuck Berry, un paradoxe temporel à double tranchant où les petits blancs comme Zemeckis payent leurs dettes à la musique noire, tout en sous-entendant qu’elle vient du futur, et donc des blancs. 
 
Et puis l’incroyable sous-texte freudien ? Quand on aura dit que Marty doit éviter de coucher avec sa mère pour pouvoir naître, on aura dit beaucoup. Que le père, adolescent, était un voyeur frustré qui volait des petites culottes, et que la mère était une alcoolo un peu chaudasse, on aura tout dit. La morale de l’histoire, ce sont les fils qui rendent les pères virils. Et que le salut de la vieillesse viendra – comme toujours – de la jeunesse.
 
En revanche, ce qui n’a pas vieilli, c’est l’extraordinaire performance des acteurs ; le Doc (Christopher Lloyd), Marty (Michael J. Fox), mais surtout George McFly, le père de Marty, interprété par l’incroyable Crispin Glover. Être crédible à ce point dans un ado de 15 ans et un père de 50, le coinçouille des fifties et le raté des eighties, puis l’écrivain à succès dans ce futur alternatif, peu de comédiens sont capables de faire ça. 

* En tout cas, moins que la presse de l’époque
** Les blagues sur Ronald Reagan ne fonctionnent plus avec le Professorino, par exemple.
*** Qui ont dans leur contrat l’interdiction de produire une suite de leur vivant, sans leur accord.

 




janvier 2019
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