lundi 14 septembre 2026
Céline Dion et les frères Gallagher
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les gens ]
On ne croit plus à rien aujourd’hui. Ni à Dieu ni au communisme. Pourtant, au moment où l’on célèbre la « réconciliation » des frères Gallagher et la « guérison* » de Céline Dion, il reste néanmoins un mystère : la croyance dans le baratin du star system. Le spectateur de foot qui se gausse du discours d’après-match (« Il va encore falloir travailler ») acquiesce gentiment à la star américaine qui assure que « travailler avec James Cameron était un enchantement ».
Dès que l’on s’intéresse un tant soit peu à Hollywood / Tin Pan Alley (ou leurs équivalents français), on sait que l’Industrie est comme toutes les autres : des patrons et des ouvriers, des salaires et des contrats, des galères et des contraintes. Non, ce rôle n’a pas été écrit pour toi, il a été proposé à trois acteurs avant… Oui, c’était l’enfer sur le tournage de Titanic… Non, les fameuses cascades de Tom Cruise ne sont pas totalement « réalisées sans trucage » et sont même améliorées bien d’images de synthèse… Oui, Keith Richards méprise Jagger, et oui, il le lui rend bien…
En 1980, Malcom McLaren avait pourtant tout révélé dans La Grande Escroquerie du Rock’n’Roll, grand film situationniste démontant la fabrique artificielle du scandale, les enchères entre maisons de disque, l’assemblage hétéroclite des Sex Pistols, prêt à virer un bassiste correct (Glen Matlock) pour le remplacer par Sid Vicious, ue gueule de star inepte musicalement, mais bien plus bankable.
Tout est là depuis la naissance du showbiz et ne change pas. Egos surdimensionnés, guerres de pouvoir titanesques, pour gagner toujours plus de fric et avoir accès à toujours plus de sexe.
*Connaissez-vous une population aussi touchée par les maladies rares que le star system ? Nos amis du showbiz sont régulièrement atteints de maladies incroyables, au moment exact où leur carrière est à l’arrêt.
jeudi 10 septembre 2026
La Chute du Faucon Noir
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Ça commence très bien, image léchée, réalisme, sobriété. On avait vendu au Professore la qualité de ce Faucon Noir, parait-il un des grands films de Ridley Scott. Après une exposition minimale de vingt minutes (grosso modo les Delta Force viennent enlever de grands méchants somaliens), un hélico s’écrase et ça se gâte pour les soldats piégés dans Mogadiscio. Effet de transfert, ça se gâte aussi pour le spectateur, encerclé par Ridley Scott. Deux bonnes heures de Pan-Pan et de Comeonletsgo, c’est assez pénible. Et surtout, totalement irréaliste.
Les scènes, toutes semblables, s’enchaînent : on gueule des ordres (même quand il faut être discret), et tout le monde vide son chargeur. Et on recommence. On comprend mieux la défaite U.S. : la première chose qu’on apprend à l’armée, c’est d’économiser ses munitions.
Cette répétition d’idioties finit par suspendre l’incrédulité et le spectateur se met à réfléchir. Certes, tout est très beau, magnifiquement éclairé (S?awomir Idziak, qui a commencé chez Wajda et Kie?lowski mais a fini sur Harry Potter), musique orientale à tout va (Hans Zimmer, déjà), mais voilà c’est tout. Et malgré un cast impressionnant (Josh Hartnett, Sam Shepard, Eric Bana, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Jason Isaacs, Orlando Bloom, Tom Hardy, William Fichtner, Nikolaj Coster-Waldau) pas de personnage, pas de back story… et l’impression tenace que Ridley Scott veut faire son Steven Spielberg ou son Michael Bay.
Ce n’est pas la première fois que l’on met en évidence ces deux réalisateurs, deux pôles d’un même axe, gentil démocrate ou gros con républicain, qui avaient mis en commun leur talent pour Transformers. On en pense ce qu’on veut, mais, dans leurs films, ces gens-là proposent une vision. S’il avait réalisé La Chute du Faucon Noir, Spielberg aurait magnifié les souffrances de soldats, Bay, la grandeur de l’Amérique. Ici ça penche plutôt du côté du réalisateur d’USS Alabama (c’est co-produit par son mentor Jerry Bruckheimer), mais Ridley Scott est trop anglais, trop cynique pour faire avec cœur ce que Bay sait sincèrement faire : un film patriotique avec des punchlines, de l’humour, des personnages.
Ici, Scott ne fait qu’enfiler les clichés comme des perles : un général qui s’essuie le front quand il est angoissé, des sergents qui gueulent « Comeonletsgo » et autres « Eveythingsgonnabeallright » et des commandants qui « ne laisseront personne derrière ». Ben si, 19 rangers.
Sans parler des Somaliens, réduits à l’état d’une horde de zombies décérébrés qui tirent dans le tas… Une vision plutôt gênante et raciste, au vu de la branlée infligée au Greatest Country in the Entire World. Sauf que, comme dans tout bon film américain qui se respecte, le méchant la vérité. En l’occurrence, que la guerre se gagne en tuant l’adversaire*. Vingt ans plus tard, on ne peut s’empêcher de penser que le film est involontairement juste dans sa description de la réalité (le bombardement lourd comme théorie de la guerre, une constante US depuis 1941). Qu’il suffit d’avoir de gros hélicoptères et plein de munitions pour ramasser à la petite cuiller une dizaine de sauvages somaliens. Il est prophétique, surtout, dans l’idée erronée que se fait l’Amérique d’elle-même. Vietnam, Irak, Iran : visiblement la leçon ne rentre pas.
Bref, La Chute du Faucon Noir, c’est plutôt Le Jour le Plus Long.
* « You have the power to kill but not negotiate. In Somalia, Killing is Negotiation. »
lundi 7 septembre 2026
L’Odyssée
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Il n’y a plus de star à Hollywood.
Ou plutôt si : il reste Tom Cruise, Christopher Nolan et Denis Villeneuve : des gens qui font venir des gens en salle, quel que soit le film, sur la base de leur simple nom. Si Nolan adaptait l’annuaire, les gens courrait à la plus proche salle Imax.
Et si L’Odyssée était un jeu de rôle, on dirait que c’est un PMT, un Porte-Monstre-Trésor. Pas de personnage, pas d’histoire, mais juste des points d’expérience à gagner en visitant des pièces et en tuant des bestioles. L’enfance de l’art de Donjons&Dragons.
Ici, c’est Ile, Monstre, et pas de Trésor ! L’équipage d’Ulysse débarque sur une île, affronte un cyclope/une sorcière/des géants, fuit en courant, laisse quelques grecs sur le sable… Quand il n’y a plus d’équipage, c’est que le film est fini. Presque.
De personnage, il n’y a point. Ulysse est-il un soldat loyal et courageux ? Un époux infidèle ? Un père peu attentif ? On ne sait… Pas trop la faute de Matt Damon qui n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent, car aucun enjeu n’est posé, sauf pour les trois personnages secondaires : son épouse Penelope (Anne Hathaway), leur fils Télémaque (Tom Holland) et le prétendant numéro un, Antinoos (Pattinson abonné aux rôles de méchant, l’acteur vaut mieux que ça…)
On n’attendait pas grand-chose de cette Odyssée, et pourtant, c’est quand même spectaculairement raté pour un Nolan. On peut lui reprocher beaucoup de choses, mais c’est a minima un storyteller et un enlumineur de talent. Talents qui s’avèrent avoir disparu de L’Odyssée, comme si le film n’était qu’une ébauche attendant d’être polie. On est loin des narrations virtuoses (parfois un peu trop chantournées) d’Oppenheimer ou de Dunkerque. Et on reste bien en peine que trouver une belle réplique ou une image inoubliable à graver sur notre disque dur cinéphile.
Le film condense au contraire les défauts du réalisateur : intrigue bancale, musique belle mais omniprésente qui signalant quand avoir peur et quand pleurer, dialogues faiblards et descriptifs. Signe, comme le constate le Professorino, de sa faible confiance dans sa mise en scène*.
On l’a dit, on reregarde en ce moment sur Instagram des extraits de Game of Thrones, de Justified, de The Wire. La comparaison est cruelle – genre CP versus 6ème , le mot brut contre l’abstraction de la métaphore…
On retiendra quand même la fin, qui propose une critique morale de la guerre ; l’humanité ne faisant que multiplier les erreurs et oublier qu’il les a faites.
« La civilisation va renaître. Et l’aube se lèvera sur le monde obscur. Et nos erreurs seront une fois de plus oubliées. »
Et bien si, il y avait une réplique à retenir.
*D’où les gagesque « Envoyez les épées ! » « Envoyez les lances ! » « Envoyez les boucliers ! » suivi d’un plan éponyme, au cas où ça ne serait pas suffisament clair.
mardi 1 septembre 2026
Boogie Nights
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Hollywood Gossip -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les films -
Les gens ]
Revoir Boogie Nights, c’est replonger aux racines du talent d’un très grand auteur, Paul Thomas Anderson, aujourd’hui unanimement respecté, trop peut-être. Depuis longtemps, le Ludovico trouve le réalisateur d’Une Bataille après l’Autre un peu trop sûr de lui, un peu trop dominateur.
Ses films sont brillants, et ignorent la longueur. Ivre de son art, PT enchaine les scènes virtuoses en oubliant un peu le spectateur, comme cette scène de camion dans Licorice Pizza, spectaculaire mais absurde.
En revanche, le Professore a une passion secrète pour ses trois premiers films, quand le jeune Anderson se cherchait, faisait son Sidney Lumet (Hard Eight (Double Mise)), son Robert Altman (Magnolia), ou son Scorsese (Boogie Nights). Depuis, PTA a certes trouvé sa voie, mais il plait moins. Dans ces films-cerveaux (There Will Be Blood, The Master), son humanité s’est évaporée…
Boogie Nights, c’est le contraire. Une bande de bras cassés, brisés par la vie (divorce, infidélité, racisme…) qui ont échoué dans le Porno. Echoués ? Pas vraiment, c’est le coup de génie de PTA de montrer ce groupe comme une vraie famille unie, avec un papa (Burt Reynolds) et une maman (Julianne Moore, impériale). Chaque personnage a ses failles, ses défauts, mais reste indubitablement positif. En faisant le pari audacieux de situer son action dans cette industrie scandaleuse, tout en décidant de n’en rien montrer, mais de tout en dire (drogue, prostitution), le film semble d’abord éreintant de gentillesse et de bêtise. Ces personnages un peu neuneu, qu’est-ce que ça cache ? Rien en réalité, sinon créer l’affection du spectateur.
Situé au tournant des années 80, au moment où le Porno, qui espérait atteindre le niveau d’un cinéma respectable (intrigue solide et beaux décors) mais retombe avec la VHS de location dans sa vocation purement masturbatoire, le film ne cache rien de cela. Il bascule dans The Rise and Fall of Dirk Digger, héros TTBM de cette saga qui voit ses rêves de grandeur sombrer dans la cocaïne… La comédie neuneu laisse alors la place à un drame virtuose. En réalité, Petit Poucet Anderson avait semé tous ses petits cailloux dans la première partie.
Le film peut paraître un peu long, il n’a en tout cas pas vieilli. La maestria Anderson est toujours à l’œuvre (plan séquence, champ contre/champ), sertie de performances d’acteurs à tous les étages : un cast de luxe qui débute ou va confirmer (Mark Wahlberg, Heather Graham, Julianne Moore, John C. Reilly, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy, Don Cheadle, Alfred Molina…)
Hypocrites comme toujours, la plupart des acteurs désavouèrent le film par peur du scandale. Un film qui leur apporta pourtant reconnaissance (première nomination aux Oscar pour Burt Reynolds) ou fulgurante ascension pour Mark Wahlberg….
C’est l’écume Hollywoodienne des choses. Trente ans après Boogie Nights est toujours là, et bien parti pour rester.
vendredi 28 août 2026
La Fin d’Oak Street
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
On ne devrait jamais regarder une bande-annonce.
Surtout celle d’un film de David Robert Mitchell, un des derniers auteurs en activité à Hollywood, qui ose prendre vingt minutes pour installer ses personnages et sa situation. En l’occurrence, une famille typique, un peu neuneu, des années 80. Papa et maman, la banlieue résidentielle avec grande fille, petit garçon, et gentil chienchien. Survient alors l’épisode Spielbergien, déjà connu des malheureux qui ont vu la bande-annonce : un grand flash lumineux et voilà le quartier téléporté dans le jurassique…
Comme nulle part dans le cinéma actuel, David Robert Mitchell amène par petites touches l’invasion des dinos, une queue par-ci, un étrange bruit par-là. Mitchell vient d’un autre cinéma, celui du Myth of the American Sleepover ou de It Follows. Il est un genre à lui seul. Instantanément, on est à nouveau plongé dans l’inquiétante étrangeté Mitchellienne.
C’est comme si le réalisateur avait importé sa weirdness dans le monde très policé du blockbuster. C’est immédiatement ce que le film dégage – et c’est sa grande force. L’intrigue est certes originale, mais classique dans le fond, et on voit très bien ce qu’un Spielberg ou un Michael Bay en aurait tiré (dinos, scènes d’action, rédemption familiale). Mais si Mitchell utilise tous les ingrédients habituels, il ne cuisine pas le même plat.
Un personnage de Under the Silver Lake le prédisait : « au milieu de la production Hollywoodienne actuelle de blockbusters, Monsieur Propre sauve le monde ». C’est tout le contraire que propose La Fin d’Oak Street. Par exemple, personne ne s’entraide. Un voisin est agressé, on ne lui offre pas de refuge. Une voiture démarre, inconsciente du dino qui la menace, les héros ne l’alertent pas. Tout cela choque le spectateur, habitué à la mécanique enjeu/résolution totalement scripté du genre. Le final lui-même, qui ressemble à une happy end classique, couvre quand on y regarde de près quelque chose d’absolument atroce. Il y a aussi des scènes, totalement absurdes (dans le sens noble du terme), qu’on ne verra jamais chez Spielberg.
A cela, le film superpose, au-delà des tropes mitchelliens (monstres, piscines, parents défaillants), quelques sous-textes bienvenus, illustrés à chaque fois d’une imagerie qu’on n’oublie pas. Un incendie, qui semble évoquer celui de Los Angeles. Un varan, qui s’insinue dans le foyer comme une métaphore chtonienne du ver qui serait dans le fruit de cette famille au bord du gouffre. Et une allégorie de l’air du temps : l’indicible horreur de retourner, à tous points de vue, à l’Age de Pierre …
Tout cela, on le voit, intéressera le CineFaster très au fait de l’œuvre du réalisateur. Mais quelle cible peut-il toucher ? Les Mitchelliens trouveront le film un peu falot comparé au reste de l’œuvre. Le grand public (c’était le cas au BNP Pathé Opéra) ricanera à deux ou trois gags sans vraiment se passionner pour ce Dino-movie mou du genou.
jeudi 27 août 2026
Tim Curry, une élégie
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les films -
Les gens ]
Le bétail meurt et les parents meurent,
Et pareillement, on meurt soi-même.
Mais je connais une chose qui ne périt jamais :
Le prestige des exploits d’un homme mort.
Comme le dit le poème norrois, Tim Curry n’était pas immortel, le professeur Frank’n’Furter, si.
On l’a déjà dit, le Rocky Horror Picture Show c’est quelque chose de plus qu’un simple film, plus qu’un fétiche 80’s de nos années de jeunesse, c’est une initiation consubstantielle, un rite de passage à l’âge adulte, quelque chose de bien plus important que le cinéma.
Cela devait arriver. On savait Tim Curry malade. On avait vu sur les Internets le flamboyant travesti de la planète Transylvania cloué sur un fauteuil suite à son AVC.
Tim Curry a eu plusieurs vies, cependant.
L’essentiel de sa carrière se fit au théâtre. Dans la comédie musicale, car Curry chantait très bien (de Hair aux classiques Gilbert et Sullivan et leurs Pirates of Penzance, en passant par Spamalot, la comédie des Monty Python pré-Sacré Graal…) Dans le théâtre plus traditionnel il fut Amadeus avec succès, ou interpréta des grands noms comme Stoppard, Brecht, Genet, et même le rôle du procureur dans The Wall au concert de Berlin).
Sinon, quelques albums rock à son actif peu connus en France, et évidemment, une tripotée de films. Là aussi avec des rôles marquants (le terrifiant le Seigneur des Ténèbres dans Legend, ou le clown de Ça), et beaucoup de seconds rôles (A la Poursuite d’Octobre Rouge, Annie, Maman J’ai Encore Raté l’Avion, Les Trois Mousquetaires, Charlie et ses Drôles de Dames, et énormément de doublage, même malade…)
Mais surtout, bien sûr, son premier rôle, le Professeur Frank’n’Furter. Un personnage qui lui apporta, selon ce qu’on en pense, stardom et malédiction. Le tournage du Rocky fut plutôt un mauvais souvenir pour tout le monde, et la célébrité culte qui suivit, plutôt encombrante*.
Mais voilà, un acteur a beau prétendre comme Viola dans La Nuit des Rois qu’il n’est pas ce qu’il joue, c’est pourtant ce qu’il fait. Il monnaie son image, il nous vend son âme pour toujours… Pour nous, Tim Curry est le professeur Frank’n’Furter.
Au-delà de sa tonitruante entrée en talons aiguilles dans un ascenseur hors d’âge « I’m not much of a man by the light of day, but by night I’m one hell of a lover », Curry/Furter s’est installé dans nos cerveaux comme le dépositaire de tout le message du Rocky.
Forever, donc : Don’t dream it, be it.
* Susan Sarandon, cinquante ans après, se fait encore traiter de slut (salope) dans la rue, comme son personnage Janet Weiss…
mercredi 26 août 2026
Don’t dream it, be it…
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les gens ]
On the day I went away (goodbye)
Was all I had to say (now I)
I want to come again and stay (oh my, my)
Smile, and that will mean I may
‘Cause I’ve seen, oh, blue skies
Through the tears in my eyes
And I realise
I’m going home
Everywhere it’s been the same (feeling)
Like I’m outside in the rain (wheeling)
Free, to try and find a game (dealing)
Cards for sorrow, cards for pain
I’m going home…
dimanche 16 août 2026
« We dug coal together »
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Séries TV ]
On a déjà dit tout le bien qu’on pense de Justified, la série Southern Ghotic de Graham Yost, tiré des livres d’Elmore Leonard. 6 saisons au fin fond du Kentucky (+1 à Detroit, City Primeval) et on se dit toujours qu’on se les reregarderait bien, ces 80 heures de Timothy Olyphant, mais on manque de temps. Heureusement, il y a Youtube, Instagram, qui passe des best of, comme Justified: All Raylan’s pistol duels ou Justified: The Coldest Lines and Deadliest Comebacks.
Ça fait notre bonheur…
Mais ce qu’on regarde en boucle, c’est le final, peut-être le plus beau final de toutes les séries. Un dialogue ciselé, porté par deux très grands comédiens. Les frères ennemis se retrouvent enfin face à face, et le Marshall Raylan Givens est venu apporter une mauvaise nouvelle à Boyd Crowder (Walton Goggins dans son plus grand rôle), en prison…
– Can I ask you one question? Before you go?
– As long as you understand if it annoys me, I’m just gonna hang up.
– Scouts honor! Tramble Penitentiary is a long way from Miami, Raylan. Now you could’ve call to warden, could’ve sent word through my lawyer…
– Asking why I came ? Thought it was news that should be delivered in person.
– That the only reason? After all these long years Raylan Givens, that’s the only reason?
– Well, I suppose if I allow myself to be sentimental, despite all that has occurred, there is one thing I wander back to.
– We dug coal together…
– That’s right.
vendredi 7 août 2026
La Gifle
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Drôle de film.
À l’époque, ça devait être une comédie. Aujourd’hui, c’est plutôt une comédie dramatique, sur le zeitgeist des années 70. Ou une représentation du Teen Spirit de cette génération post soixante-huitarde qui éclot. Libération de la femme, divorce, révolte estudiantine, le vieux monde de l’après-guerre contre la jeunesse dans la rue.
C’est incarné par les aventures rocambolesques des différents personnages : Lino Ventura est prof de fac. Il se fait virer en s’interposant dans une bagarre d’étudiants. Adjani, sa fille, ne sait pas trop ce qu’elle veut. Faire médecine ou ne pas faire médecine ? Emménager chez Francis Perrin ou faire un tour de moto avec Jacques Spiesser ?*
Et la mère qui a disparu depuis une dizaine d’années réapparaît soudainement, c’est Annie Girardot. Hop ! Un petit tour d’hovercraft, et tout ce petit monde la rejoint en Angleterre.
Le film n’est pas très clair, parce que les personnages changent d’avis à chaque scène. Mais on comprend que c’est cela que veut illustrer Pinoteau. Une sorte d’intranquillité. L’époque ne sait plus où elle habite, en plein pompidolisme réformateur. On sort du Gaullisme, mais la Gauche est loin d’être au pouvoir. On ne sait pas si on doit être autoritaire ou libertaire. On regarde par exemple avec empathie les atermoiements d’Adjani. Aujourd’hui, elle énerverait. Justement, Ventura lui met une gifle.
Au-delà du Paris 1970, le film vaut pour cela, l’évocation d’une époque perdue.
*Si on me demande, c’est assez rapide. Je prends l’ange blond des années 70, qui a ici un petit air de Jean-Louis Aubert. C’est plutôt Téléphone qui a tout piqué à Spiesser mais bon…
jeudi 6 août 2026
Le Client
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
La quête des trésors perdus des années 80/90 se poursuit ; mission éternelle de CineFast comme chacun sait.
Ici, malgré une intrigue abracadabrantesque* et des invraisemblances tout au long du chemin, c’est une perle. Une pure perle cinéphilique puisqu’elle permet de revoir une flopée d’acteurs adorés. Le principal intérêt du film est de deviner qui a joué dans quoi. La fille de Weeds (Mary-Louise Parker), le gars de FBI : Portés disparus (Anthony LaPaglia), l’ami des réplicants de Blade Runner (William Sanderson), Goose sorti de Top Gun (Anthony Edwards), l’officier honnête des Hommes d’Honneur (J. T. Walsh), le divorcé d’Armageddon (Will Patton), notre chouchou Josh Lyman d’A la Maison Blanche (Bradley Whitford), le mari paumé de Fargo (William H. Macy), le dernier repas d’Hannibal Lecter (Anthony Heald) et même Jacques Renault égaré de Twin Peaks (Walter Olkewicz).
Ce jeu de piste est très amusant et nostalgique, car c’était la belle époque : les femmes se font remettre à leur place, les gamins fument des cigarettes, et le juge, évidemment noir, évidemment sympa, bricole ses hameçons.
Pour le reste c’est joué comme des pieds par l’ensemble du cast, même les vedettes (Susan Sarandon/Tommy Lee Jones). Les mafieux sont interprétés par n’importe qui, du moment qu’ils ne sont pas italo-américains.
Joël Schumacher adapte John Grisham à la tronçonneuse, mais 1/ le bouquin ne devait pas être du Verlaine, et 2/ Schumacher n’a jamais fait dans la finesse (Chute Libre, Batman Forever, Le Droit de Tuer). Seul easter egg inexpliqué, des bondieuseries partout : crucifix, statuette de la Vierge Marie, graffiti biblique, chapelets…
A l’époque, le film fit un carton et permit de décrocher 4 nominations aux Oscars, dont deux pour les interprètes féminines, totalement injustifiés.
Mais bon, on est sur CineFast et on sait que ce n’est pas ça qui compte.
Trente ans après, il ne reste pas grand-chose du Client.
* Deux gamins white trash surprennent un avocat de la mafia qui va se suicider car il sait où est enterré un sénateur récemment assassiné. Inexplicablement, les gamins refusent de révéler où est le corps (?). Quand débarque la grosse artillerie, à savoir un procureur ambitieux qui rêve de poste de Gouverneur (Tommy Lee Jones), une avocate (Susan Sarandon) s’interpose et défend les droits du jeune garçon (??). Son client invoque le 5ème amendement (???). Voilà le gamin très justement coincé entre son avocate, la mafia et un procureur qui semble encore plus terrifiant (????)… Tout finira pour le mieux, néanmoins.