jeudi 23 juin 2005


Armageddon, ou le goût de l’Amérique
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

En guise d’apéritif, je vous propose un film que j’ai détesté, et qui pourtant me fascine à plus d’un titre : Armageddon, de Michael Bay, produit par Jerry Bruckheimer*

Rappelons, l’argument – très classique – d’Armageddon. Un météore menace la terre. Une équipe d’ouvriers américains est désignée comme doublons des astronautes de la NASA pour planter sur sa surface une bombe atomique, qui, en explosant, sauvera la planète. Outre le titre biblique, et la fascination américaine pour l’ancien Testament. (NDLR : Le Frame Keeper devrait nous proposer une chronique sur le sujet, c’est dans son domaine de compétence), Armageddon est un véritable condensé de la psyché Américaine.

Tout d’abord, par l’intention. Dans l’excellent ouvrage consacré à Don Simpson, High Concept, Jerry Bruckheimer affirme que « le sujet de ses films doit tenir sur le dos d’une pochette d’allumettes », et qu’il ne fait pas de film pour la critique ou le spectateur new-yorkais, mais bien « pour les gars de l’Oklahoma » On y reviendra.

Commençons par les héros du film, véritables Village People d’une l’Amérique telle qu’elle se fantasme… Bruce Willis est foreur sur une plate forme pétrolière. Un chef, certes, mais avant tout un ouvrier autodidacte. Resté fidèle à des valeurs pragmatiques et efficaces, il met la main à la pâte… et ses réactions sont basiques : il protége la virginité de sa fille au fusil de chasse, à tirer sur des militants de Greenpeace à coup de balles de golf, et dit tout haut ce que le peuple pense de la NASA et du gouvernement. Il y aussi un lonesome cow boy, joué par Will Patton, poursuivi symboliquement par des voitures gyropharées tandis qu’il s’enfuit à cheval dans le soleil couchant… Il y a la touche transgressive et paillarde : Steve Buscemi, qui est moche et qui aime baiser… ce qu’est l’américain moyen, non ? Et il y a Liv Tyler, la beauté du Sud, pure et authentique, qui attend son Ben Affleck au cœur pur qui veut l’épouser dans les formes, malgré son Bruce Willis de père…

Nos héros s’opposent à l’Empire du Mal. Ce n’est pas Ben Laden, ce ne sont pas les russes, (on y reviendra, encore)… c’est la Tentaculaire Administration Américaine, représenté par la NASA. Dans la mentalité US, l’Etat a tout faux. L’Etat coûte, et ne sert à rien. L’Etat complote contre nous (X-Files), l’Etat est un incapable. Tout cela se retrouve dans Armageddon, symbolisé par les astronautes officiels : des ingénieurs sans âme, sans couilles, volontairement sous-castés par Bruckheimer. Pas la moindre tête connue : ça n’a pas d’importance, ces types-là sont des nuls… Sauf leur chef, Billy Bob Thornton, une gueule, comme par hasard, qui comprend nos héros, et serait bien à leur place s’il pouvait. Un accident l’a laissé boiteux, mais il est avec eux, avec le cœur, tout au moins. D’ailleurs, que demandent ces outcasts, ces real McCoy**, comme récompense ? Des femmes ? De l’alcool ? De l’argent ? Que nenni. Leur seul souhait : ne plus jamais payer d’impôts, ne plus jamais rien devoir à cette Washington honnie…

Armageddon, leçon de géographie simplifiée
Le film est aussi une formidable synthèse de la vision du monde vu, encore une fois, de l’Oklahoma ; un petit traité de géopolitique à lui tout seul. Dans le film on ne verra que des skylines*** reconnaissables de tous. Aux Etats-Unis, trois paysages sont représenté : Los Angeles, New York et un village du cœur de l’Amérique, du Heartland originel, l’Oklahoma, encore.

Los Angeles et San Francisco sont détruites. Ainsi va le sort de Sodome et Gomorrhe… Pour le cœur de l’Amérique, la Californie, c’est l’empire du vice, de l’homosexualité , de la drogue, de la confusion sociale.

New York, symbolisé par un jeune coursier noir qui fait la folle, ne va guère mieux. Normal , c’est une ville de pédés, de mixité raciale, d’exubérance trash. Les météores tombent partout, détruisent les buildings, mais pas sur notre coursier… on ne tue pas le bouffon, on lui fait peur. (au passage, les météores détruisent aussi la concurrence, sous la forme d’une poupée Godzilla).

New York fait partie aussi d’une phobie, qui méritera probablement aussi une autre chronique. Cette phobie, c’est l’Est du pays. L’Est, c’est ce pays étrange où se prennent les décisions, le plus souvent contre l’Amérique d’En Bas… Le pays des avocats, des politicards de Washington, de Wall Street ; leur Bruxelles à eux. En plus, l’Est représente le passé honni de l’Amérique : l’Angleterre, la culture du vieux monde. Boston, Philadelphie peuvent être détruites. Aucun météore ne tombera dans le Heartland paradisiaque du film, filmé au ralenti entre vieilles voitures nostalgiques des années 50, entourées de gamins portant des drapeaux américains…

Il en va de même pour le reste du monde. Que connaît notre Oklahomien ? La France, bien sûr ! Paris ! La capitale est à moitié détruite dans Armageddon, mais le pays, courageux, patriote, se relève : tout le monde a un béret, porte une baguette et des drapeaux, roule en 2 CV, et on voit le Mont Saint-Michel, au loin…

L’Oklahomien sait aussi que l’Asie existe, et c’est un continent mystérieux : on le représentera de nuit, car là-bas, il fait toujours nuit. Bientôt, ce peuple s’éveillera, mais pour le moment il vit sur des jonques, dans une baie indéterminée : Hong Kong ? Shanghai ? Autour d’une misérable bougie, il écoute religieusement le discours du président américain… Comme dans Independance Day, où il faisait jour dans le monde entier, quand le président prononçait son discours…

Et puis il y a la Russie … Depuis la Chute du Mur, les américains ne peuvent taire plus longtemps leur authentique amour des russes. Car dans le fond, qu’est ce qui ressemble plus à un russe qu’un américain ? Même culture pionnière, même mythologie de conquête et de valorisation du territoire, même esprit fermier. Comme par évidence, il y a un véritable héros russe dans Armageddon. Joué par le suédois Stellan Skarsgard, l’astronaute russe est sympathique. Rien à voir avec les gars de la NASA ! C’est d’ailleurs le négatif (ou plutôt le positif) des astronautes. Il n’a pas d’argent, ils en ont trop. Il se débrouille, ils sont incompétents. Il est solidaire de nos héros, la NASA les bat froid. Une anecdote révélatrice éclairera mon propos : malgré les milliards de dollars dépensés, les astronautes de la NASA sont incapable de réparer l’électronique de bord. Le russe palliera à l’insuffisance américaine, avec le pragmatisme typique du film d’action : un bon coup de pied dans le bordel ! Il aura cette phrase définitive : « American components ? Russian components ? All made in Taiwan ! »
Taiwan… Voilà donc où étaient nos pagodes…

Un final biblique
Une fois sur l’astéroïde nos héros vont passer d’épreuves en épreuves, comme les 7 Cercles de l’Enfer de la Divine Comédie. On croit que Ben affleck est mort, mais non, il fait du Monster Truck sur l’astéroïde. Les trépans cassent, la NASA trahit les siens en voulant déclencher à distance la bombe atomique, des gens meurent, et surtout on invoque Dieu à chaque ligne de dialogue : « Que Dieu le prennent avec lui » ? « Amen ! » « Que Dieu me file un coup de main – ça tombe bien, tu es près de chez lui ! »

Derrière ce déluge d’épreuves vient le véritable sacrifice, œdipien celui-là. Bruce Willis se sacrifie pour que Ben Affleck vive et le remplace auprès de sa fille. Non pas pour la baiser, l’aimer ou lui faire des enfants, mais pour « s’occuper d’elle ».

Après la destruction de l’astéroïde et le retour des gentils, la morale sera sauve, se concluant par un navrant étalage de valeurs positives : le mariage, la réconciliation du couple de Will Patton, et le retour sur le droit chemin de Steve Buscemi, qui passe de baiseur de putes à futur père de famille « je veux avoir des enfants ».

* Vous l’apprendrez à vos dépens : pour le Professor Ludovico, l’auteur d’un film américain, c’est le Producteur.
** les vrais de vrais
*** la silhouette reconnaissable d’une ville américaine, au soleil couchant.




jeudi 23 juin 2005


Who is the best living film’s Director ?
posté par FrameKeeper dans [ Les gens ]

Réponse évidente: David FINCHER

Palmarès :  » Alien 3, Seven, The Game, Fight club + Panic Room » 5 films = 5 chefs- d’œuvres ?

Mais au fait, comment peut-on avoir réalisé 5 films apparemment de pure commande, sauf peut-être Fight Club, et néanmoins être ainsi titulaire d’une œuvre (appelons un tigre un tigre) dont la cohérence donne littéralement le vertige ?

A ce stade de l’exposé quand il est oral, généralement un de vos amis vous interrompt et vous dit

a) Ouais mais non pas The Game, la fin est vraiment trop catho ,
b) Ouais mais non, la fin de fight club, c’est vraiment débile, on n’y croit pas une seconde
c) Ouais mais non, Se7en c’est vraiment trop complaisant
d) Heu Alien 3, t’es sur que c’est de lui ?
e) Panic room, je l’ai revu l’autre jour à la télé, aucun intérêt,

Ok Guys, on se fixe un RV chez moi, je loue tout ça, on se les passe en boucle et on discute….

CinéFirst ne reculant devant aucun sacrifice a tenté l’expérience et dans mon souvenir, mais je suis partial, après trois films et quelques extraits, certes tout le monde était crevé mais plus personne ne mouftait… et la proposition « FINCHER est un génie » sans nécessairement provoquer une adhésion immédiate n’amènait plus ce sourire amusé et interrogateur si souvent affiché sur le visage des mes interlocuteurs.

Alors je repose la question : quel autre candidat au titre envié et enviable de « Best living film Director ? »

En attendant la réponse et d’éventuels contradicteurs … un petit jeu à vous proposer..

Prenez le DVD de Se7en, calez-vous sur la scène quasi-finale de la voiture pie où Morgan et Bratt emmènent John Doo vers le lieu du dénouement … Pour les besoins de la cause, imaginez un instant qu’ils ne discutent pas des crimes commis mais du film Se7en et des critiques suscitées..

Vous y êtes…. ? Alors ? Amazing isn’t it ?

Biz




jeudi 23 juin 2005


Actu au 23 juin 2005
posté par FrameKeeper dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Choses vues:

Sahara: vous n’êtes pas obligé d’y aller. C’est gentil tout plein avec des acteurs et actrices sympas comme tout mais c’est vraiment faible… remarquez ça permet de prendre conscience que « Benjamin Gates et le Trésor de Templiers » était réellement très réussi

Sin City: c’est vraiment bien, bon c’est un peu un film à sketch et celui de Tarantino n’est pas le meilleur mais c’est plus que sympa à regarder. Au surplus c’est une vraie rédemption pour Mickey et une belle reconversion pour Bruce..

L’interprète: Sydney a perdu la main.. je sais les 3 jours du CONDOR c’était bien.. mais là c’est beaucoup moins bien.. Sean Penn est très beau, Nicole est très liftée ou très jeune, l’ONU c’est beau et c’est vachement utile.. L’Afrique, c’est vraiment pas facile.. à part ça, les flic New-yorkais font encore des filatures et des planques…. Pas très rassurant pour la Sky Line.

BatMan Begins: le meilleur de la série, tant pis pour Tim mais Christian Bale est The interprète of Bat Man, de loin et les scénaristes ont vraiment bien bossé sur l’origine de ses pouvoirs, qui pour moi a toujours été le point faible de Bat Wayne. Non sincèrement « the American really did a good job.. » et puis bon avec Rutger HAUER, Michaël CAINE et Morgan FREEMAN, difficile de se planter… quoique .. ça c’est déjà vu.. (the Score par exemple)

Voilà Bonne fête du Cinéma

Biz..




mercredi 22 juin 2005


Pourquoi ?
posté par snake dans [ Les gens ]

© Warner Bros. France

  • Pourquoi Christian Clavier s’est-il ramassé avec L’Antidote ?
  • Pourquoi Christian Clavier ne jouera-t-il pas dans le prochain Astérix ?
  • Pourquoi Christian Clavier est-il plus drôle que Napoléon mais moins drôle que Jean Reno ?
  • Pourquoi Christian Clavier ?

Y aurait-il une association des gens que Christian Clavier ne fait ni rire, ni pleurer ?