lundi 17 juillet 2006


Le retour des disparus (Lost)
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est reparti pour une vingtaine d’heures d’angoisse… C’est pas tant qu’on s’inquiète du sort de nos chers disparus (prévoyez un mort, tout de même, c’est le minimum syndical), mais c’est plutôt une histoire d’angoisse existentielle : Mais Où Sont-Ils Donc Tombés ?, Mais Qui Est Donc Ce… ? Que Vont-Ils Découvrir Dans ?

Et surtout : Mais Pourquoi ?

Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi le numéro gagnant du loto est le même que sur le caisson de quarantaine ? Pourquoi Jack ne couche pas avec Kate ? Oui, Pourquoi ???

Mais l’angoisse, c’est surtout que, si on s’intéresse un tant soit peu à la production hollywoodienne, on sait qu’il n’y a pas de réponse à cette question ! A l’instar de la fin de 24 heures (trois fins avaient été tournées), des X-Files (une fin remplissage-synthèse-bouche-trou), on sait que les télés s’en foutent ; Et que pour une fin géniale (Six Feet Under), on endurera le pire sur nos séries préférées…

Donc on imagine déjà la scène : JJ Abrahams pitchant Lost pour ABC :

– « Bon ben voilà c’est quarante gus qu’on survécu à un accident d’avion. Mais y’a des bestioles sur l’île, et puis une vieille folle très inquiétante… y’aura des histoires d’amours entre les persos, et surtout on découvrira dans chaque épisode la vie antérieure de nos personnages, qui ont des indices troublants sur ce qui se passe sur l’île… »
Au fond de la salle du comité de lecture, un gros ponte d’ABC se réveille :

« Ah bon… c’est pas mal ça ! Ca nous fait quarante épisodes, alors ? »
Jay, Jay, tout content :

– « Ben, oui ! »

Le gros ponte :

« Et, au fait pourquoi donc ils sont tous là ? C’est le Purgatoire ? Un rêve ? Une expérience extraterrestre ? »

Jay Jay, ménageant ses effets, tout en tirant une bouffée sur son Montecristo :

« En fait, boss, j’en sais diantre rien… Et je vais vous dire la vérité : on s’en fout ! Quand il faudra écrire la suite, je serais barré depuis longtemps… Et vous aussi ! Et pis de toutes façons la part de marché sera à 7%, alors, la fin, vraiment, on s’en balance !! Faudra faire vite et pas cher ! »




dimanche 16 juillet 2006


Le retour de l’homme sur la lune ?
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Ne ratez pas dès demain, la énième mais formidable rediffusion de l’excellente série de Tom Hanks, De la Terre à la Lune. Excellente car à la fois pédagogique, didactique, formidablement scénarisée, la série produite par HBO s’attache non pas à Neil Armstrong et consorts, mais surtout aux personnages secondaires : un épisode est consacré à l’ingénieur qui conçoit le LEM, un autre au journaliste qui couvre la saga Apollo, etc. Un épisode est même entièrement consacré à Louis Lumière !

A ne pas rater, donc.

Paris Première, 22h45 (deux épisodes)




mercredi 12 juillet 2006


Tournage dans un jardin anglais
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Il y a un genre qui marche presque à tous les coups, c’est le film sur le cinéma : Sunset Boulevard, Ca Tourne A Manhattan, The Player, ça donne toujours d’excellents films, comme si Hollywood avait toujours plein de choses (intéressantes) à raconter sur le sujet.

Ici, c’est l’anglais Michael Winterbottom qui s’y colle. N’étant pas un spécialiste de l’œuvre Winterbottomienne, je sais juste que c’est un garçon assez protéiforme, capable du pire comme du meilleur, du brûlot docu-drama (le récent Road To Guantanamo), du porno soft et rock (9 Songs) et du docu-fiction déjanté (le seul que j’ai vu, à savoir 24hr Party People). En tout cas, il y avait une patte dans 24hr, et j’y suis allé globalement pour ces raisons-là : la présence de Steve Coogan, (prodigieux dans 24hr), un casting british de haute tenue (un acteur de Black Books (série culte), Gillian Anderson), et enfin l’assurance que ca allait partir en free style.

Au final, on est pas déçu du voyage, entre les prétentions des acteurs, la régisseuse fan de Fassbinder, la prod’ qui veut savoir où sont passés les sous, et les histoires de cul multiples du narrateur-star (ou co-star , that is the question) , le tout malignement entremêlé avec l’adaptation de Tristram Shandy, (semble-t-il une œuvre prestigieuse en Grande Bretagne)

Comme le disait un voisin sortant de l’UGC Odéon : y’a que les anglais qui savent faire ça…




mardi 4 juillet 2006


La Colline A Des Yeux
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Il y a deux films dans La Colline A Des Yeux, l’un raté, l’autre non.

Le film débute comme un film d’horreur classique : une famille type : le père « ronchon–républicain–RA », la fille « gentille », le gendre « démocrate-suspendu-à-son-portable, pro-gun control », la mère « coincée mais ex hippie », le petit jeune « nerveux ». Et puis il y a deux chiens… Très important, les animaux dans le film d’horreur : se rappeler le chat dans Alien, par exemple.

Malheureusement, c’est pas Ridley Scott derrière la caméra, c’est juste un élève de la Ridley’s School for Beginners. Alors, le petit Aja, il rate complètement son entrée : son suspense fait même pas peur (il nous prévient en SoundSurround que les mutants, y sont derrière le petit jeune, là, à gauche ! environ 15 secondes avant…

Et puis il sait pas jouer avec le cadre. Très important le cadre, il aurait du faire un stage chez Carpenter, période Vendredi 13. Parce que là, avec le cinémascope, le vieux il te fait recracher ton esquimau chocolat-noix de pécan.

Pourtant, il essaye, Aja, il balance la purée. Le père et le gendre partent chacun de leur côté chercher de l’aide… Le petit jeune part tout seul chercher les toutous qui se sont perdus… La fille se met à bronzer pour exciter les mutants… A croire qu’ils ont jamais vu Scream ???

Mais non, ça se traîne. On voit pas très bien où il veut en venir, le Aja. On sait pas si on doit rigoler ou avoir peur… Comble de l’hérésie, il nous montre même les méchants ! Qui sont moches mais intelligents, qu’ont même une stratégie pour se taper la petite famille : du grand n’importe quoi, vous dis-je !

Et puis au bout d’une bonne heure, ça commence à cogner, et là, là, on change de film, on passe au slasher.

Et là, c’est du tout bon. Parce que le film d’horreur, c’est un genre. Le slasher, c’est un autre genre. Et ça se respecte le film de genre ! C’est même là qu’on fait les meilleures soupes !

Mais pour ça, il faut respecter les Lois du Genre. Si tu fais de la sitcom, il faut respecter les règles de la sitcom. Si tu fais du film d’horreur, faut respecter les règles du film d’horreur. Et si tu fais dans le slasher, faut respecter les règles du slasher, hache dans la gueule, mutant transpercé à coup de drapeau américain, doigts coupés, je t’en passe et des meilleures. Et surtout passer en mode humour 35 000° degré!

Là, le petit Aja, il exprime enfin tout son talent. Ca y est, on sait où on est, on est rentrés à la maison !




dimanche 2 juillet 2006


Le Retour de la Bonne Nouvelle
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Clerks est de retour ! Clerks, pour les non initiés, c’est le premier film de Kevin Smith qui raconte les déboires hilarants d’une bandes de glandeurs qui travaillent dans un magasin vidéo.

Depuis, Monsieur Smith a alterné les chefs d’œuvres méconnus (Méprise Multiple) et les catastrophes artistiques et commerciales (Jersey Girl)

Que va donner la suite ? réponse à la fin de l’année, mais la bande annonce de Clerks 2 est là.




vendredi 30 juin 2006


Nouveau site internet pour la Bifi
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

La Bifi, c’est la Bibliothèque du film, qui regroupe tout ce qui s’écrit sur le cinéma. Sur son site, on trouve notamment :

– le catalogue des collections, répertoires documentaires, biblio-filmographies…

– L’actualité cinématographique avec, chaque mercredi des informations documentaires sur les films qui sortent en salle (génériques, affiches, photos, florilège et synthèse critiques, bientôt bandes-annonces), et chaque mois de la documentation pour accompagner les grandes rétrospectives de la Cinémathèque française.

– L’actualité patrimoniale avec des articles sur des documents tirés des collections conservées par la BiFi




mardi 27 juin 2006


Cars (L’Attaque des Clones ?)
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Voilà encore un film bizarre… D’un côté, c’est une évocation pleine de nostalgie pour ce que les européens imaginent être la vraie Amérique, c’est-à-dire la Route 66. John Lasseter, nous rabâche le service de presse, avait un père qui bossait pour Chevrolet. Il a toujours adoré les bagnoles. Ce versant-là de Cars est très réussi, montrant la désertification du territoire US. Après l’enthousiasme des années 50, la Route 66 fut abandonnée pour l’Interstate 40, (un gigantesque autoroute) et laissa sur le carreau toute une flopée de petits villages qui vivaient de la route 66 et de la bagnole. Pour ceux qui ont fait le pèlerinage, Kingman, Winslow, et tous les bleds de l’Arizona leur diront quelque chose. Cette évocation est très réussie : la 3D rend parfaitement hommage cette Amérique splendide, sauvage, déchue… On s’y croirait presque, comme s’il fallait du virtuel pour reconstituer cette réalité filmable pourtant à portée d’Hollywood (une journée de route, max).

De même, la présentation des courses Nascar est plutôt sympathique, et rappellera des souvenirs aux spectateurs survivants du pathétique Jours de Tonnerre*

Mais de l’autre côté, cela ne masque pas le fait que Pixar, encensée par la critique, est pourtant devenu le nouveau Disney, dans tout ce que cela suppose de matraquage scénaristique : Cars est une disneyerie de la pire espèce : c’est l’éternelle et insupportable histoire du type imbu de lui-même qui trouve la rédemption chez les péquenots (Toy Story). Pourquoi chez les pèquenots ? Parce que la ville c’est mal, la campagne c’est bien (Nemo). Parce que les années 50, c’était drôlement bien, et qu’aujourd’hui, mon bon monsieur, on sait plus vivre correctement (Toy Story II)…

Que ces histoires soient éternelles, nous n’en doutons pas. Mais le génie n’est-il pas de les transcender, d’étirer, de tricher, de jouer sur les bords avec cette trame usée ? Et c’est d’autant plus consternant que cette tendance peut s’appliquer désormais à toute l’animation, qui produit clone sur clone : L’âge de Glace 2 est bien pâlot face au premier opus, sans parler du consternant Robots. Les Shrek ne m’ont pas convaincu, c’est du Disney anti-Disney. Sans parler des sous-produits, type Chicken Little

*Oui, oui, du Bruckheimer avec Don Simpson, je sais…




vendredi 26 mai 2006


The Da Vinci Code
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

« Oh la la ! Le Da Vinci Code ! Qu’est ce qui va lui mettre, le Professor ! »

Au risque de décevoir mes millions de fans en furie, j’ai aimé ce film. J’avais bien entendu refusé de lire l’ouvrage, pour la bonne et simple raison que tout le monde le lisait, y compris dans mon propre lit ! Je n’allais pas m’abaisser à lire ce que le commun des mortels avait lu. Raison de plus pour aimer le film que soudain, tout le monde vilipende.

Audrey Tautou joue comme une pioche ? Ben oui, depuis Amélie Poulain, non ? Tom Hanks est mal coiffé ? Certes ! C’est un Ron Howard mineur ? Sûrement !

Mais au-delà de ça, Da Vinci Code est l’honnête représentant américain du film de genre, sûrement meilleur qu’un Benjamin Gates, sûrement moins bon qu’Indiana Jones et la dernière Croisade, mais il ne fait nullement honte à son rang…

Pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, l’histoire est très pédagogiquement raccourcie et expliquée. Les séquences historiques illustrent de façon gentiment kitsch le background de l’histoire. Les rebondissements rythment correctement les 2h30 parfois un peu longues du film. Les personnages tiennent la route, à la limite de la caricature sans jamais y sombrer (on peut même trouver que les français s’en tirent pas mal dans un production américaine)

Et la polémique, me direz-vous ? Elle est tout bonnement ridicule, dans le livre comme dans le film… Je ne vois pas comment on peut être choqué en étant catholique (sauf si on est Opus Dei, (là, on s’en prend plein la tronche !)) : cette œuvre est une œuvre de fiction, et de toutes façons, l’humanité n’a pas attendu Dan Brown pour penser que l’Eglise Catholique lui cachait des choses… De plus, le « complot » présenté dans le Da Vinci Code est parfaitement ridicule, et on a du mal à comprendre pourquoi l’église aurait caché ce secret, pendant que ses adversaires (les coptes, les orthodoxes, les protestants) en auraient été complices !??

Donc il faut se prendre au jeu, accepter l’idée du « Et si … » et gober tout le reste (Templiers, de Vinci, le Prieuré, etc.) Tout ça se mange bien chaud, comme un X-Files, et ne supporte pas le réchauffé.

Mais surtout, Da Vinci Code propose son propre antidote à la fin du film, sous une forme un peu gnan-gnan (on ose pas dire catho), à savoir une leçon de morale de Tom Hanks lancée à Audrey Tautou : au fond, tout ce complot a peu d’importance, ce qui compte c’est que l’on a au fond de soi. Qu’on peut appeler Foi, si on le souhaite…




mardi 23 mai 2006


Transamerica
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Un road movie sympathique, sur une transsexuelle qui découvre quelques jours avant son opération qu’il (elle) est papa (maman) d’un ado prostitué à problèmes. Ils vont traverser ensembles les USA et bien sûr en apprendre plus sur eux-mêmes. Un peu classique mais agréable, avec quelque perles dans le dialogue. Par ex :

Le fils :
– La maison de tes parents était mieux !
La mère :
– Oui, mais la maison de mes parents est livrée avec mes parents.




mardi 23 mai 2006


Le pacte des loups
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. J’ai donc vu en DVD le dernier gros Opus du cinéma Français (30M€, tout de même).

Soyons clair : que Christophe Gans soit un cinéphile acharné, nous n’en doutons pas. Nous fûmes un jour adorateurs de Starfix, qui on peut le dire partageât peu ou prou les mêmes valeurs que Cinefast.

Néanmoins, est-ce que cela fait un bon cinéaste ? On est tenté de dire non. Les exemples de grands théoriciens du cinéma devenus exécrables derrière la caméra pullulent (Woody Allen, Jean-Luc Godard sont ceux qui me viennent immediatement à l’esprit).

Skorecki dit aussi dans Libé qu’il ferait un piètre cinéaste, car il est un grand cinéphile. Je crois qu’il y a du vrai là-dedans. Le Pacte des Loups confirme, en créant l’épigone français des films survitaminés qui font – malheureusement – le cinéma d’aujourd’hui.

En quoi consiste ce cinéma ? Il part du principe que les « djeunz » s’ennuient dès qu’un plan dépasse deux secondes. Aussi quand le héros ouvre une porte, on sort la Louma. On simplifie au maximum les personnages (le méchant est en rouge, vous me suivez ?) Ce qui laisse peu de place à la progression dramatique, vous en conviendrez…

Ajoutez à cela un casting fabuleux (les Cassel-Bellucci, Jean Yanne, Jean Francois Stevenin…) qui malheureusement, joue comme dans un court métrage réalisé par la Terminale S de Coulommiers : Bellucci roucoule à outrance, Cassel est un méchant très méchant etc. On a en outre confié le premier rôle à Samuel Le Bihan qui joue, comme d’hab’, comme une olive morte. On a beau être dans le film de genre, ça pourrait être plus subtil.

Pourtant le scénario recèle de nombreuses idées qui aurait pu mener loin, si elles n’avaeint pas été noyées sous le rouleau compresseur de C. Gans : la mort de Mani, le complot politique, la société secrète. Mais cela n’est pas amené, on découvre tout ça dans le désordre, on a peine le temps de se découvrir un élément de l’intrigue que gans est déjà passé à autre chose. Un ratage selon mes critères, qui ne sont visiblement pas ceux du public.