mardi 27 juin 2006


Cars (L’Attaque des Clones ?)
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Voilà encore un film bizarre… D’un côté, c’est une évocation pleine de nostalgie pour ce que les européens imaginent être la vraie Amérique, c’est-à-dire la Route 66. John Lasseter, nous rabâche le service de presse, avait un père qui bossait pour Chevrolet. Il a toujours adoré les bagnoles. Ce versant-là de Cars est très réussi, montrant la désertification du territoire US. Après l’enthousiasme des années 50, la Route 66 fut abandonnée pour l’Interstate 40, (un gigantesque autoroute) et laissa sur le carreau toute une flopée de petits villages qui vivaient de la route 66 et de la bagnole. Pour ceux qui ont fait le pèlerinage, Kingman, Winslow, et tous les bleds de l’Arizona leur diront quelque chose. Cette évocation est très réussie : la 3D rend parfaitement hommage cette Amérique splendide, sauvage, déchue… On s’y croirait presque, comme s’il fallait du virtuel pour reconstituer cette réalité filmable pourtant à portée d’Hollywood (une journée de route, max).

De même, la présentation des courses Nascar est plutôt sympathique, et rappellera des souvenirs aux spectateurs survivants du pathétique Jours de Tonnerre*

Mais de l’autre côté, cela ne masque pas le fait que Pixar, encensée par la critique, est pourtant devenu le nouveau Disney, dans tout ce que cela suppose de matraquage scénaristique : Cars est une disneyerie de la pire espèce : c’est l’éternelle et insupportable histoire du type imbu de lui-même qui trouve la rédemption chez les péquenots (Toy Story). Pourquoi chez les pèquenots ? Parce que la ville c’est mal, la campagne c’est bien (Nemo). Parce que les années 50, c’était drôlement bien, et qu’aujourd’hui, mon bon monsieur, on sait plus vivre correctement (Toy Story II)…

Que ces histoires soient éternelles, nous n’en doutons pas. Mais le génie n’est-il pas de les transcender, d’étirer, de tricher, de jouer sur les bords avec cette trame usée ? Et c’est d’autant plus consternant que cette tendance peut s’appliquer désormais à toute l’animation, qui produit clone sur clone : L’âge de Glace 2 est bien pâlot face au premier opus, sans parler du consternant Robots. Les Shrek ne m’ont pas convaincu, c’est du Disney anti-Disney. Sans parler des sous-produits, type Chicken Little

*Oui, oui, du Bruckheimer avec Don Simpson, je sais…


2 commentaires à “Cars (L’Attaque des Clones ?)”

  1. FrameKeeper écrit :

    D’accord sur l’embourgeoisement de PIXAR suite à son PACS contre-nature avec DISNEY mais ne perdons pas de vue qu’il s’agit de films pour enfants que les adultes voient souvent avec plus de plaisir que les films qu’ils vont voir pour eux-mêmes… Mais sur Cars c’est vrai que le scénario est un décalque de Doc HOLLYWOOD avec Michael J. FOX qui à l’époque ne jouait pas les spin doctors cyniques mais plutôt les « gendre idéal »… Pour mémoire un brillant chirugien esthétique se rendant en californie pour prendre un nouveau job dans une clinique de luxe se retrouve condamné à un travail d’intérêt général dans une petite ville rurale.. Comme quoi Michael a suivi la route inverse de Pixar.
    Ceci dit la prouesse technique fait tout passer et j ‘ai passé un bon moment malgré tout… biz

  2. CineFast » Mort Pixar ! écrit :

    […] Apres le gerbant Cars, j’ai boycotté. Mais l’opportunité a fait que j’ai pu regarder Wall-E, le fameux « dernier chef d’œuvre de Pixar » Évidemment, il y a cette première demi-heure, apocalyptique, géniale, dans un New-York rouillé (la méchante ville, encore), envahie sous les déchets. Et une merveille de petit personnage, Wall-E, le petit robot compacteur. Une demi-heure qui réinvente le cinéma puisque entièrement muette : champ. Contre champ. Effets de profondeur. Pause. Accélération. On peut raconter beaucoup de choses sans dire un mot. […]

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