lundi 16 juin 2008
Phénomènes
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Qu’est-il arrivé à M. Night Shyamalan ? Où est passé le nouveau Spielberg (Le Sixième Sens, Le Village, Incassable, Signes) ?
Phénomènes est – ne perdons pas notre salive – l’un des films les plus ridicules qu’il m’ait été donnés de voir, au moins récemment. Mal écrit, mal joué, Phénomènes est un incroyable gâchis.
Car le sujet, lui, est bon : dans New York qui s’éveille au petit matin, des habitants se suicident de manière inexpliquée. Attentat terroriste ? Accident nucléaire ? Virus ? Shyamalan va répondre à cette question, de la manière la plus ridicule qui soit.
Dès le début, ça cloche. Mark Wahlberg joue mal. Oui, vous avez bien lu, l’acteur époustouflant chez Scorcese, P.T. Anderson, et James Gray, joue mal. Il a l’air absent, comme le reste du cast, comme à l’évidence le scénariste-producteur-réalisateur M. Night Shyamalan.
Les scènes les plus improbables s’enchaînent (celle ou Wahlberg communique avec une plante en plastique restera dans les annales), scènes volontairement comiques puis scènes involontairement comiques.
Petit à petit, la salle se lâche, et éclate en fous-rires nerveux, tandis qu’a l’écran, on se pend, on se jette dans le vide, ou on passe sous le motoculteur.
M. Night Shyamalan avait une belle fable écologique à se mettre sous la dent, et il bousille la tarte aux fraises alors qu’il a acheté la meilleure farine, les meilleurs fruits, et que sa grand-mère lui a préparé sa fameuse crème au beurre.
Dans vingt ou trente ans, les historiens du cinéma nous expliqueront les raisons de la mauvaise passe du wonderboy Shyamalan : dépit amoureux ? Attaque cérébrale indétectable ? Producteurs coincés dans un embouteillage ? Jusque là, le mystère restera entier…
Un seul indice, peut-être : Shyamalan se réserve dans chacun de ses films un petit cameo, une apparition à la Hitchcock. Ici, il s’est écrit un rôle invisible : celui de l’amant de la femme de Mark Wahlberg, éconduit par celle-ci dès les premières minutes du film. Tout un symbole ?
dimanche 15 juin 2008
Sex and The City
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -
Séries TV ]
Pas facile d’adapter une série au cinéma ; tout est différent ! Format de l’image (cinemascope vs 4 :3), focales (plutôt zoom et gros plan que plans larges), durée (26’ au lieu de 120’), et des saisons qui durent un an et permettent de déployer toute une palette d’intrigues et de personnages secondaires…
Adaptation, trahison : c’est si complexe que presque tout le monde s’est cassé les dents sur l’équation (un X-Files* trop alambiqué, un Avengers ridicule, un Mission Impossible sacrilège, un Mystères de l’Ouest too much, etc.) ; la liste est longue. Seuls Starsky et Hutch et les Star Trek ont trouvé grace à mes yeux, car ils avaient trouvé le bon ton et la nostalgie qui allait avec.
Fan de Sex and The City, je m’y suis donc pris deux fois avant d’aller jeter un coup d’œil. Et à vrai dire, je ne fus pas déçu. Mission impossible accomplie. Sex and The City (le film), n’est pas le chef d’œuvre télévisuel qu’est Sex and The City (la série), mais un très agréable add-on.
Les comédiennes sont toujours aussi bonnes (dans tous les sens du terme), les dialogues ont toujours la langue aussi pendue, et l’intrigue, longue comme cinq épisodes (2h30), tient la route…
Ce qui fait toujours la force de Sex and The City, c’est la subtilité dans le scénario, qui souvent suggère plutôt qu’appuyer à coup de dialogues convenus… (Desperate Housewives, suivez mon regard !*). Hautement recommandable donc.
*On ira voir le deuxième sans barguigner, néanmoins, dès le 30 juillet…
**Reprenons la comparaison avec Desperate Housewives : même décor (4 copines qui affrontent les petits soucis de la vie), même qualité télévisuelle (forts bien écrits, forts bien joués), mais résultat critique à l’opposé. Là où Desperate Housewives brode, avec une misogynie rare, autour des pires clichés sur les femmes (la salope, la mère de famille, l’étourdie, la coincée), Sex and The City dresse un portrait juste et chaleureux sur les mêmes clichés (l’obsédée, l’executive woman, l’amoureuse, la chic fille coincée)…
dimanche 1 juin 2008
Mon Sidney Pollack
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens ]
J’ai raté le coche mardi, et je viens seulement d’y repenser: je voulais faire un petit truc sur Sidney Pollack. J’aimais bien Sidney Pollack, sans trop savoir pourquoi. Peut être est ce parce qu’il représente à mes yeux le parfait artisan d’Hollywood, metteur en scène classique, dévoué, homme des studios.
Sidney Pollack était probablement plus que ça, producteur, excellent acteur dans Eyes Wide Shut. Et on n’oubliera pas Out of Africa, Tootsie, Yakusa…
Au revoir, Mr Pollack…
dimanche 1 juin 2008
Indiana Jones et le Canard de cristal
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
25 ans après, le Canard Enchaîné se trompe toujours. En 1984, l’hebdomadaire démolissait Indiana Jones et le Temple Maudit (et encensait Rambo II dans la même page), il démolit aujourd’hui Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal.
Ce n’est pas tant que ce film mineur ne le mérite pas un peu, mais le Canard, comme d’habitude, se trompe de cible ; il attaque la meilleure scène du film, à savoir la zone 51, l’accusant d’antisoviétisme primaire et d’apologie de l’arme nucléaire.
C’est n’avoir rien compris au sens du film, à l’esprit de la saga, et à la signification de la scène en question.
samedi 31 mai 2008
Like a Sharon Stone…
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip ]
Ah, nos amies les stars ! Toujours aussi pimpantes, imprévisibles et donneuses de leçon dès qu’elles sortent de leur sphère de compétence (à savoir jouer la comédie, mettre en scène ou pousser la chansonnette…)
Dernière boulette en date : Sharon Stone à Cannes. Oui, madame Stone, celle qui affirmait déjà, sans rire, qu’elle ne savait pas que Paul Verhoeven la filmerait quand elle oublia malencontreusement sa culotte La Perla (ou Petit Bateau, on ne saura jamais) dans une des scenèes mémorables de Basic Instinct.
Cette fois-ci, Madame Stone fait dans la politique internationale. « S’il y a eu autant de morts en Chine lors des derniers tremblements de terre », a-t-elle déclaré, « c’est probablement une histoire de karma, une vengeance pour tout ce qu’ils font au Tibet !»
Réaction immédiate de Dior Chine, condamnant vigoureusement la déclaration « hâtive » de l’actrice, qui représente des produits anti-âge de la marque. Dior Siège, en France n’a pas réagi. Seraient-ils un peu d’accord ?
Après une première réaction (la consternation), peut-être devons nous poser quelques saines questions.
• Sharon Stone n’a-t-elle pas le droit de dire des conneries ?
• Doit-elle s’interdire de les dire à télé ? En serions nous capable, personnellement ?
• Pourquoi vouloir transformer des artistes et des sportifs, en penseurs, guides moraux, en philosophes ? N’avons-nous pas une grande part de responsabilité dans cette affaire ?
Je laisse les CineFasters à ces questions sans réponse, ou plutôt à une seule réponse.
Zidane, à qui l’on demandait après le France-Espagne 2000, à quoi il avait pensé au moment de tirer le penalty mémorable qui nous expédia en demi-finale, répondit simplement :
– « J’ai juste pensé à tirer très fort »
dimanche 25 mai 2008
Reviens, Jimmy Dean, reviens…
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Vous souvenez vous d’il y a seulement quelques années ? Deux chaînes du Câble faisait la pluie et le beau temps sur nos séries préférées. Canal Jimmy ne découvrit rien de moins que Dream On, Seinfeld, Friends, les Sopranos, Six feet under, The Shield et The Wire. Série Club nous amena Homicide, Oz, The West Wing.
Ces chaînes, aujourd’hui, sont en perte de vitesse : Série Club s’est fait piquer Battlestar Galactica (nouvelle version) par NRJ 12, et Jimmy est devenue une machine à passer de la série allemande et irlandaise (en journée) et du porno-réalité (en soirée). La faute à qui ? Aux grandes chaînes (TF1, France 2, Canal+), qui on compris que trois Experts d’affilée coûtaient moins cher – et rapportaient plus – que Julie Lescaut ou les Rois Maudits.
dimanche 25 mai 2008
Ma Vie Aquatique II
posté par Professor Ludovico dans [ Les gens ]
Ca y est, j’y suis allé ! Où ? Mais à Caaaannes, voyons !!! Par le plus grand des hasards, j’étais en déplacement à Nice mardi, et alors que j’espérais dîner d’un petit aïoli en terrasse, mon collègue nous proposa d’aller faire un saut à Cannes. A Cannes !!??? Haut lieu de la Palme des Alpes Maritimes ??? Après une longue introspection (27 sec.), j’acquiesçai.
Drôle d’effet que de visiter Cannes en plein festival, mais à l’heure creuse (entre 20h et 22h). La montée des marches est là, déserte, quelques badauds attendent, et les photographes font le pied de grue en espérant choper Brad Pitt à la sortie de la projection du dernier Eastwood. La Promenade des Anglais est devenue un passage piétons, et parait bien petite. Le plateau de Canal+ ressemble au radeau de la Méduse, abandonné les pieds dans l’eau. Aucune star en vue, of course. Elles sont sur les yachts titanesques que l’on voit mouiller dans la baie, et ne font leur apparition qu’à 19h30 pour parcourir 50 m en Velsatis, du Majestic au Palais des Festivals, encadrées par des men in black.
Tout à l’air plus petit, en fait. Sauf le marché du film, LE véritable enjeu de la quinzaine. J’ai récupéré un exemplaire du Film Français et j’ai compté : 224 films étaient projetés, et à vendre, ce seul jour-là, de 8h30 à 23h45. C’est ça, Cannes : de la série B, du court métrage, Disco et Aquele Querido Mes De Agosto, Shaolin Girl et Che. Des panneaux publicitaires partout, vantant des films à venir, voire des films qui ne sont même pas encore financés.
Mais pour être tout à fait franc, il y avait quand même un frisson : à vingt mètres de là, dans ce tout petit périmètre, il y avait Eastwood et Brad Pitt, Harvey Weinstein et son petit frère, Benicio del Toro et Alain Chabat, Natalie Portman et Scarlett Johansson, Despléchin et Amalric.
dimanche 25 mai 2008
Spiderman 3
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
J’avais boudé le troisième épisode à sa sortie, sur les mauvais échos que j’en avais eu (si, si, le Professore est un garçon influençable). Pour faire plaisir à mon fils, je l’ai loué ce week end, et je me suis surpris à aller jusqu’au bout.
Ce qui fait la force de la franchise est toujours là : une mise en scène impeccable, « classique », au sens où elle ne cherche l’épate visuelle que lorsque cela le mérite, i.e. les combats.
Un casting impeccable, qui humanise Spiderman, mais aussi Sandman et le fils du Bouffon vert, et des combats fort bien chorégraphiés, chose rare dans le cinéma contemporain, où l’on cache le manque de talent par des plans hachés et des caméras portés (Troy, le Seigneur des Anneaux, etc.)
Une agréable surprise, donc.
vendredi 23 mai 2008
Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Difficile de dire du mal d’un film qui nous a bien fait rire ! Le plus simple, c’est peut-être de dire la vérité : Indiana Jones et le Royaume de Crâne de Cristal est un mauvais film. Les bons moments (nombreux) qu’on y passe ne sont que le reflet, en creux, de nos vertes années de l’Arche perdue. Et comment se résoudre que cette Arche (notre jeunesse à tous) soit perdue à tout jamais ? Indy IV gère intelligemment ce patrimoine, en le déclinant à chaque plan : clins d’œil, répliques culte, scènes identiques aux trois précédents opus (poursuite, piège, insectes, reptiles)…
Mais bon, tout ça ne fait pas un film. Le scénario est indigeste, incompréhensible. Malgré trois ou quatre versions du scénario, (qu’on imagine pires !), on voit bien que David Koepp (l’un des grands manitous du scénario US (Spider Man, Panic Room, Jurassic park, Snake Eyes, L’Impasse)) ne sait pas quoi faire d’Indy, des russkoffs, de la zone 51 et de ses extraterrestres mayas.
Il y avait de quoi faire pourtant. Le film propose même des piste intéressantes :
– Il y a d’abord un film sur le temps qui passe, l’âge, la maturité. David Koepp l’esquisse, puis finit quand même par retomber dans l’équation « coup de poing + cascade » qui peut passer quand le Dr Jones a quarante ans, pas quand il en a soixante.
– Il y ensuite un film politique : la Guerre Froide, le Maccarthysme, c’est même la partie la plus intéressante du film, une partie presque noire et désespérée. Mais encore une fois, le film retombe sur ses pattes.
– Il y a enfin le côté pulp, à la Captain Sky et le Monde de Demain, qui est LE fonds de commerce d’Indy depuis toujours, et qui aurait bien sonné bien avec l’espionne russe, son look bondage, rapière à la ceinture. Mais là aussi, on ne pousse pas cette logique jusqu’au bout.
Car ces alternatives ne peuvent mener qu’à des impasses, car elles sont inenvisageables dans le business plan d’Indiana Jones. Tout est fait pour que le film marche, qu’il ne déçoive pas les fans de la franchise : c’est parce qu’on veut tellement que ça marche que ça ne marche pas ! On voudrait retrouver la magie, et donc, elle disparait.
Pire, ce qu’il y a de terrible dans cet échec, c’est qu’il finit par révéler la faiblesse ontologique d’Indiana Jones, sa pitoyable recette de cuisine depuis 25 ans : poursuite+ romance + squelettes + trésors + énigmes… Ça…. Et seulement ça ! Essentiellement, la franchise reposait sur le charisme ravageur d’Harrison Ford. Il faut bien avouer que cette partie-là a disparu : le sourire en coin est essoufflé, ses cascades sont ridicules, et pire, c’est que l’on voit bien qu’il s’ennuie !! On aurait pu jouer sur la passation de pouvoir à Shia LeBeouf, comme avait si bien réussi le duo Sean Connery-Harrison Ford du troisième épisode, mais là aussi, ce n’est qu’esquissé. On pense alors aux James Bond de trop (Jamais plus Jamais, A View to a Kill), aux John Wayne de trop (Les Bérets Verts), aux Burton de trop (Les Noces funèbres)…
Dans ces circonstances (scénar indigent, acteurs peu convaincus, producteur (Lucas) aux abonnés absents, on laisse le film aux mains de cet enfant farceur qu’est Steven Spielberg. Et là, gare à la porcelaine ! Il fait littéralement joujou avec le film, le triturant dans tous les sens, pour le meilleur (la zone 51) et pour le pire (le reste du film)… Donc soit vous êtes fan de la franchise, et vous pouvez y aller, vous passerez un bon moment. Si vous êtes juste cinéphile, passez votre chemin…
dimanche 18 mai 2008
Les Tudors
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Comme quoi la cinéphilie n’est pas une science exacte. Ma copine Alex n’arrête pas de me répéter que les Tudors, c’est quand même assez faible (et elle a bon goût, l’Alex : Six Feet Under, The Sopranos, The Wire, c’est plutôt la Premier League), eh bien ça ne m’empêche pas d’être accro à cette version actualisée et anglaise des Rois Maudits.
De quoi ça parle, les Tudors ? Evidemment de la vie d’Henri, « Monsieur Barbe Bleue » en personne, et comment les anglais renoncèrent au catholicisme pour une bête histoire de fesse…
Reconstitution minable (sauf les costumes, splendides), raccourcis historiquement faibles (un personnage se suicide, par exemple, parce que c’est plus chic que de mourir en carrosse), personnages glamourisés (Henri VIII, normalement, c’est plutôt Carlos que le supersexy Jonathan Rhys Meyers…) Etc., etc.
Mais, bon, il y a de la fesse (ce qui semble être la marque de fabrique de Showtime, producteur aussi de Californication), et surtout, c’est très pédagogique, on a envie de savoir ce qui va se passer… Enfin, on sent une vraie apssion chez Michael Hirst, (réalisateur par ailleurs des deux Elisabeth) à reconstituer cette période… Donc, si vous ne connaissez rien à cette histoire, ça se laisse manger sans effort…