mardi 4 août 2026


Sharp Objects, deuxième
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

CineFast avait oublié de chroniquer Sharp Objects, ou plutôt n’avait fait que s’extasier devant le pilote, avec la crainte que ses magnifiques promesses ne soient pas tenues.

Depuis, on a oublié de dire à quel point c’était un chef-d’œuvre télévisuel, bien plus fort que le coup d’essai Big Little Lies du même Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Dallas Buyers Club)

La série a tout d’une grande ; formidablement écrit d’après le livre éponyme de Gillian Flynn (Gone Girl), mis en lumière contrastée et filmé de toute beauté, et casté d’un trio familial, mère et filles, incarnées par d’extraordinaires comédiennes (Amy Adams, Patricia Clarkson, Eliza Scanlen)

Avec – pour une fois le cliché n’est pas usurpé – une lead actress qui se met en danger. Amy Adams monte sa carrière à petites marches depuis trente ans, entre cinéma intelligent (The Master, Her, American Bluff et Premier Contact) et Loislaneries dans le DC Universe de Zack Snyder. Elle accepte ici d’abandonner sa beauté (souvent le principal capital des stars) à Camille Preaker, un personnage cassé par l’alcool, l’automutilation, et une parenté plus que douteuse.

Le spectateur qui revient voir Sharp Objects a beau savoir la fin de ce polar southern gothic, il ne peut que constater que tous les indices avaient été déposés devant lui. Et il ne les a pas vus.

C’est  comme si, à l’instar de Camille, il évoluait dans un brouillard alcoolisé où chaque mot est un présage.

Sharp Objects est sûrement la série la plus sous-estimée de HBO. Mais ne le dites pas à maman…