mercredi 18 février 2026


Baise en Ville  
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Prenez un shaker. Mettez un peu de Rohmer (pour les soucis de transports en commun), Almodovar (pour les couleurs flashy), Wes Anderson (pour les métiers fantaisistes). Secouez bien, vous avez Baise en Ville. Pourtant le cinéma de Martin Jauvat ne ressemble à aucun autre. Le réalisateur, qui a échoué à la FEMIS (premier bon point), développe un univers bien à lui. La banlieue, mais une banlieue middle class, loin des clichés culpabilisants ou misérabilistes.

C’est la suite de Grand Paris et, inexplicablement, ça plaît beaucoup ici. Inexplicablement parce que totalement naïf et gentil, mais pas gentillet. Une comédie franco-française, ou même plutôt Chello-Chelloise, puisque tout se passe à Chelles, en Seine-et-Marne.  

Jauvat nous touche peut-être parce que justement il n’a pas l’air d’y toucher. Il fait du cinéma avec pas grand-chose, en partant par exemple d’une galaxie tournoyante pour aboutir à une bonde de salle de bain, clin d’œil à son film précédent.

De même, avec un argument pas très sérieux (Sprite, le héros, doit passer son permis pour travailler, mais doit travailler pour payer son permis), porté par des acteurs qui sous-jouent volontairement, le réalisateur passe quelques messages. La déprime de la Gen Z, les petits boulots, les fausses startups, la banlieue enclavée, et évidemment, la complexité des relations sentimentales.

A la sortie, Notre-Dame de Nazareth n’arrivait pas à comprendre qu’on encense en 48 heures le beige The Mastermind et le coloré Baise en Ville.  

CineFast, terre de contrastes.