samedi 2 novembre 2013


Gatsby le Magnifique
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Baz Luhrman a toutes les cartes en main pour tenter, après 4 tentatives (dont une avec Robert Redford dans le rôle-titre), d’adapter l’inadaptable, à savoir le chef d’œuvre maudit de Scott Fitzgerald : The Great Gatsby. 100M$ de budget, 3 super-acteurs (Di Caprio, Maguire, Mulligan), une chef déco qui a dû vivre dans les années 20 (Catherine Martin, aka Mme Baz Luhrman), un producteur plein aux as et teen credible (JayZ), et Sim City 1925 pour récréer le Long Island des Années Folles.

Dès le départ, Baz Luhrman marque déjà un point : son Gatsby est compréhensible. Après avoir lu le livre, et vu le film de Redford, il m’a fallu enfin celui-là pour comprendre l’intrigue de Gatsby le Magnifique. Certes, celle-ci est écrite au crayon gras et surligné au stabilo rose par le cinéaste australien ; c’est lourdement pédagogique, signifiant et sursignifiant. Au cas où vous n’auriez pas tout assimilé, Carraway (Tobey Maguire) vous explique en voix off ce qu’il y a à comprendre : « Là, Gatsby est triste, et là, ma cousine est triste aussi. » Mais comme chacun sait, Baz est un athée du cinéma ; il ne croit pas que le cinéma ou les comédiens peuvent dire des choses en silence dans un plan fixe de plusieurs secondes, et il cache donc son manque de foi derrière un montage saccadé estampillé djeune.

Certes, Luhrman s’est assagi par rapport au roller coaster Moulin Rouge, et il faut avouer que cette énergie convient ici parfaitement au propos swing du film et à ses héros surexcités de ces roaring twenties. Sex, whisky and jazz. Car c’est bien de cela dont parle Fitzgerald, cette jet set qui se défoule d’une Première Guerre Mondiale à laquelle – dans sa grande majorité – elle n’a pas participé. Sauf Gatsby, justement.

Luhrman aime filmer des fêtes orgiaques, et ça, il sait faire (Moulin Rouge). Il sait aussi coller de la musique actuelle (rap, funk, techno) sur ces fêtes jazz, et ça ne passe pas mal du tout.

Le design est parfait – comme d’habitude – mais oblige Luhrman à filmer chaque cafetière en gros plan, ce qui lui fait évidemment qu’il y a des personnages derrière ces tasses de café. Comme chez Ridley Scott deuxième période, ou chez Jean-Pierre Jeunet, autre accessoiriste maniaque, on est dans du cinéma de décorateur.

Que reprocher alors ? Le simple sentiment que le film ne m’est pas adressé. Une sorte de film pédagogique pour ado, Gatsby le Magnifique expliqué aux teenagers. Un film pour les écoles.




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