lundi 21 janvier 2013


Django Unchained
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Et voilà ! On s’est encore fait avoir par Quentin T., le roi du pitch, comme deux autres grands escrocs : Luc Besson, ou Ridley Scott. On a beau savoir ce que c’est, une escroquerie à grande échelle, un faux chef d’œuvre, on y va quand même. Comme quand Luc B. nous proposera un super film sur Valerian, on ira, ou Ridley S., le film définitif sur Alien ou Blade Runner, on s’y rendra pieds et poings liés. C’est inexplicable, c’est comme ça.

Le Professore a beau dire pis que pendre sur ce diable de Tarantino, mais pour autant, il y va quand même ! Un film « double feature » de bagnole ? Il y va ! Un film sur la seconde guerre mondiale ? Avec Brad Pitt ? Allez on y va ! Sur le western spaghetti (le Professore n’a vu aucun western spaghetti : on y va aussi !

Pourquoi ? Parce que l’on sait que le gars est sincère, qu’il y aura beaucoup d’amour dans le film de QT, un amour irréductible pour le cinéma, mais malheureusement rien que ça.

Pendant la première heure, pourtant, on croit que le mec a grandi, qu’il s’est acheté une conscience, qu’il veut faire un film sur les horreurs de l’esclavage, lui le petit rital blanc qui aime tant les noirs et leur culture (Jackie Brown, Pulp Fiction). C’est plutôt réussi, ça avance pas mal, mi-comédie, mi-pastiche. Mais QT ne peut résister à une bonne scène de cinéma : quand il récupère Leonardo di Caprio au mitan du film, il lui confie les clefs du camion et l’autre les prend, dans une performance extraordinaire.

À partir de là, le film devient n’importe quoi, mais Tarantino s’en fiche, parce que lui, son truc, c’est le pastiche ! Peu importe que l’histoire ne tienne pas debout, que les gags ne soient pas terribles, que ça commence à traîner en longueur. « Je suis dans le PASTICHE, vous dis-je ! » semble-t-il hurler au spectateur. Et comme à chaque fois, on commence à s’ennuyer… tout simplement parce qu’il est impossible de regarder quelque chose qui ne veut rien dire. Même les films les plus ringards de Michael Bay ont un petit quelque chose à dire, ce ne sont pas juste des jouets de cinéma. Même quand Spielberg s’amuse avec des dinosaures, ou la bio de Lincoln, il raconte quelque chose. Ça peut être ridicule (les messages républicains de The Rock, chronique à venir), prétentieux (Le Lincoln de Spielberg pèse déjà très lourd, et on n’a vu que la bande annonce), mais au moins il y a un adulte derrière, qui essaie de nous raconter quelque chose.

Un jour, j’étais dans un taxi marseillais ; il ne cessait de crier sa vindicte sur ses congénères automobilistes « Regardez moi ces côônards, monsieur ! Espèce de côônard, qui roule à 120, dans le tunnel du Vieux Port !!! Si c’est pas un côônard ! » Comme je lui fais remarquer que lui-même roule à 110, il me répond, dans un grand sourire : « C’est que moi aussi, je suis un côônard ! »

Et bien moi aussi, je suis un côônard qui va voir les films de Tarantino.