jeudi 9 juillet 2009


Good Morning England
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

La photocopieuse à scénario a encore frappé ! Working Title, qui mérite de plus en plus son nom, récidive dans la feelgood comedy la plus crasse qui soit. Retour sur une escroquerie.

Au départ, il y a l’excellent 4 Mariages et un Enterrement : comédie fine, gags drôles, fin feelgood mais pas trop, parce que la vie, c’est plus compliqué que ca…

Surfant sur le carton, les angliches remettent le couvert, et là ça dégénère, enchaînant le pire au pire : Coup de Foudre à Notting Hill, Love Actually, Bridget Jones, comédies de plus en plus sucrées, de moins en moins acérées. Et voilà aujourd’hui, Good Morning England.

Sur la base de l’histoire vraie de Radio Caroline, une radio pirate qui forma les goûts rock de millions d’anglais, Français, Belges, Allemands, Good Morning England brode une histoire qui ne tient pas debout : le « héros », jeune adulte, est envoyé sur le bateau pour faire son éducation. Il y rencontre une galerie de disc-jockeys improbables : pourquoi pas. Il y apprend un Terrible Secret Familial qu’il n’est pas difficile de deviner, il y perd un élément très important de l’adolescence (je vous laisse imaginer). Ensemble ils affrontent d’horribles censeurs britanniques (bêtes, laids, méchants, coincés)… Seul justement Kenneth Branagh, dans une performance hallucinante de ministre fasciste, arrive à nous sortir d’un irrémédiable ennui…

Bon, c’est caricatural, ce qui, vous me direz, est logique dans comédie. Mais le pire n’est pas là. Ce qui manque à Good Morning England, c’est une (ne serait-ce qu’une seule !) once d’originalité. A chaque scène, vous devinez la fin. A chaque tirade d’un personnage, vous devinerez la réplique.

Quand le héros sort de la chambre où il vient de perdre son pucelage (ah zut je l’ai dit !), et ferme doucement la porte : surprise ! Tout le monde est là ! Etonnant, non ? Quand les deux DJs ennemis se lancent un défi : oh, ils montent au mât du bateau ! Toujours plus fort, le premier se jette à l’eau, eh bien, l’autre, il fait pareil ! A aucun moment, la moindre surprise ne vient rompre le monotone tic-tac du scénario, d’autant plus pénible qu’il est englué dans les bons sentiments, la gentillesse dégoulinante, les réparties toujours aussi brillantes, glacées, et sophistiquées de la fameuse « comédie britannique » dont on nous rebat les oreilles…

Ce n’était pourtant pas le cas de 4 Mariages, où le mauvais esprit venait en permanence titiller cette belle mécanique.

Mais dans la salle, tout le monde riait : quel affreux sentiment, d’être le vilain petit canard, de ne pouvoir participer à cette messe chronométrée…




lundi 6 juillet 2009


Very Bad Trip
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Ah, Vegas ! Poubelle de l’Amérique, égout de ses turpitudes refoulées (sexe, drogues, mafia) ! Source d’inspiration pour Hollywood, mais pas tant que ça : Showgirls, Leaving Las Vegas, Very Bad Things, et maintenant, Very Bad Trip, en plus clair The Hangover (la gueule de bois)*.

Avoir piqué le titre du déjà excellent (mais noir) Very Bad Things, n’est pas forcement une bonne idée, car contrairement à son aîné, c’est une excellente comédie dont il s’agit ici.

Le pitch, sans trop en dévoiler** : trois copains vont enterrer la vie de garçon d’un quatrième, jeune bourgeois friqué, qui se marie le lendemain à une toute aussi bourgeoise héritière. Les copains ? Un beau gosse, prof à la ramasse, qui n’aime pas trop ses élèves, un dentiste en couple avec une virago castratrice (ce qui l’oblige à camoufler sa virée vegassienne en stage œnologique dans la Napa Valley !), et le troisième, frère de la marié, limite idiot du village. Le cocktail promet, et ça va se confirmer !

Car au petit matin, douloureux réveil : la chambre est ravagée façon Led Zeppelin : de la lingerie féminine traîne de ci de là, des fauteuils brûlent encore, le dentiste a perdu une dent et… bien sûr, le fiancé a disparu !

Nos compères ont donc 24 heures pour retrouver, dans leurs souvenirs très embrumés, ce qui s’est passé pendant la nuit, et, partant, la trace du marié…

Si ce pitch ne tient pas forcément la distance, et devient un peu mécanique vers la fin, le film tient par l’excellence des comédiens, la finesse des personnages, et l’inventivité du scénario…

A tel point qu’Hangover 2 est déjà dans les tuyaux !

Si vous alliez déjà voir le premier ?

* L’immense défouloir que représente Vegas, ou la tradition du Spring Break sur la Côte Est, reste un grand sujet d’interrogation pour les latins en général, et les français en particulier.

** La bande annonce dit tout, malheureusement…




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