samedi 25 décembre 2021


On n’arrête pas l’Eco(nneries)
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens -Pour en finir avec ... -Séries TV ]

« Il va falloir sortir de cette économie de l’attention. Cette addiction, il faut nous dire comment on s’arrête. » C’était sur France Inter ce matin, dans On n’arrête pas l’Eco, l’émission a priori sérieuse d’Alexandra Bensaid.

On avait pris la phrase en cours ; on se disait donc qu’on parlait encore des effets désastreux des réseaux sociaux sur la jeunesse*.

Point du tout. On parlait de séries télévisées. Valérie Martin, qui a écrit un livre sur le sujet**, venait nous expliquer combien les séries étaient formatées par le marketing : on cocha donc toutes les cases habituelles du Bingo Bullshit : Addiction, Neuro Marketing, Showrunners dictatoriaux et scénaristes esclaves***…

On s’apprêtait à pleurer devant le niveau pathétique du débat, imaginant les mêmes, en 1844, vilipender Alexandre Dumas et son Monte Cristo trop addictif.

C’est alors qu’un grand éclat de rire nous sauva. La spécialiste des séries nous offrait une solution pour éviter cette terrible addiction : arrêter la lecture au milieu de l’épisode (sic), pour éviter le terrible Gliffhanger. (Resic)

Après le MEUPORG, le Gliffhanger est le nouveau symbole du niveau journalistique. AEn anglais, et, en l’occurrence, de la Dramaturgie.

Voilà nous rassura immédiatement sur le sérieux de l’émission.

C’était en direct de l’Esprit de Noël, Live sur CineFast.

* Il est d’ailleurs toujours plaisant de voir ces boomers s’inquiéter de ce sujet, eux-mêmes rivés sur leur compte Twitter ou Instagram…

** Valérie Martin Le charme discret des séries

*** Valérie Martin expliqua ainsi que Orange is the New Black était une idée sortie d’un focus group. Elle oublia que c’était avant tout l’adaptation de l’autobiographie de Piper Kerman.




mardi 21 décembre 2021


Les Magnétiques
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Le visage de François Mitterrand s’affiche sur l’écran, à la consternation de Jean-Pierre Elkabbach. Tout le monde saute de joie dans le petit bar, sauf celui qui avait voté Giscard, et qui s’apprête à pénétrer dans les Neuf Cercles de l’Enfer, à savoir les Trois Jours, le Styx qui vous envoie faire votre Service National ou vous en dispense.

Quiconque de la génération du Professore ne peut qu’être titillé par ce pitch de départ, qui signe le début des Magnétiques, le premier film de Vincent Maël Cardona.

Petit film plutôt passé inaperçu – mais signalé par le Prince d’Avalon – il nous a fallu courir jusqu’à Saint-Cloud, au-delà de l’Enceinte Philippe Auguste, pour voir le film aux Trois Frérots. Pas grave : la salle était extrêmement confortable, on y retournera.

Quant au film – puisque c’est ce qui vous intéresse – il est magnifique ; c’est tout ce que le cinéma devrait être. Une histoire simple, mais terriblement humaine : un jeune homme aime la femme de son frère, lui-même au bord de l’autodestruction. Histoire éternelle, qui dépend uniquement du talent de conteur. Mais celui-ci, débutant (trois courts-métrages à son actif), a déjà tout compris.  

Alors que nous sommes habitués aux rebondissements rapides, aux dénouements obligatoires, aux astuces mélodramatiques toutes faites, Cardona dévide très lentement son cocon. Prenant le temps d’installer son décor (la campagne paumée de l’Orne, le garage du père), son époque (Talbot et cabines téléphoniques), et ses personnages, Vincent Maël Cardona déroule son plan, beau comme une ligne droite. Une bande d’amis qui fait de la radio libre, avec la musique de Joy Division et de Marquis de Sade comme chambre d’écho de ce désespoir rural.

Here are the young men, the weight on their shoulders
Here are the young men, well where have they been?

Ces émotions ne sont pas artificielles ; elles remontent doucement à la surface, au fil du récit, portés par de jeunes comédiens formidables (Thimotée Robart, Joseph Olivennes, Marie Colomb Antoine Pelletier).

Mais la tragédie, intense, est en approche. Et elle ne vous lâchera plus…




lundi 20 décembre 2021


Un Héros
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Bienvenue au pays des mensonges, le royaume d’Asghar Farhadi. Rahim est en prison, et, selon la loi iranienne, ne peut pas sortir tant qu’il n’aura pas payé sa dette*. Il doit cet argent son beau-frère. Celui-ci, en apparence assez buté, ne veut pas qu’on lui rembourse un simple acompte.

Rahim doit alors se débrouiller, accumulant petits mensonges sur petits mensonges, qui mènent, comme on le sait, à la catastrophe. L’enfer chez Farhadi est pavé de bonnes intentions, de La Séparation jusqu’A propos d’Elly.

Mais c’est sur un nouveau terrain de chasse que le cinéaste iranien sort ses griffes : la médiatisation des bonnes actions par les organes de pouvoir (ici l’administration d’une prison, ou une association d’aide à la réinsertion), et le rôle dévastateur des réseaux sociaux, qui soufflent le chaud et le froid. Chacun se trouve bientôt piégé par les mensonges de l’autre, dans une surenchère de volonté affichée de bien faire, et de calculs politiques plus souterrains. La prison veut cacher ses problèmes, l’association s’est engagée un peu vite…

Mais comme d’habitude chez Farhadi, la vérité est ailleurs… Car comme d’habitude, chacun a ses raisons. Et comme d’habitude, Asghar Farhadi est le roi de cette horlogerie suisse qui marche à plein régime jusqu’à son dénouement tragique, car la tragédie – on le sait d’Eschyle à Hitchcock – c’est bien que le Héros fasse le contraire de ce qui lui serait le plus profitable.

Ici, justement, le héros au sourire si doux (Amir Jadidi, remarquable) laisse une drôle d’impression. Victime, forcément victime, d’un système qui l’entraine dans les abysses, Rahim affiche en permanence ce visage sympathique dont on finit par se demander s’il n’est pas une façade. Une métaphore de l’Iran Farhadien, qui révèle à chaque film plus d’ambiguïtés.

* Une mécanique déjà à l’œuvre dans Les Enfants de Belle Ville




samedi 18 décembre 2021


Le Critère Caviar
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

S’il y a bien un proverbe qui ne s’applique pas à la cinéphilie, c’est bien « à défaut de grive, on mange des merles ». À défaut de grive, un cinéphile ne mange pas ! Comme dans toutes les passions, qu’il s’agisse de cinéma coréen, de football, d’œnologie ou de Heavy Metal, le connaisseur ne peut apprécier rien d’autre que la qualité.

De sorte que l’on pourrait – après la Loi d’Olivier, le Théorème de Rabillon, de la Théorie de l’Etiquette de Bouteille -, énoncer un nouveau théorème, à savoir le Critère Caviar, que l’on pourrait exprimer ainsi : plus on voit de films, plus nos critères de choix deviennent élitistes…

Il suffit pour cela d’observer n’importe quel loisir. Quand encore jeune Footix, Ludovico s’extasiait sur un PSG-St Etienne d’anthologie, Christophe le Shogun me fit judicieusement remarquer que ce 5-0 était dû à l’absence du goal stéphanois habituel. Moi, j’avais vu un très beau match, et lui un très mauvais. Je regardais le foot depuis cinq ans, lui depuis quarante.

Il m’arrive la même chose quand des amis abonnés à Canal+ (et seulement Canal+), me conseillent « d’excellentes séries » comme Le Bureau des Légendes ou Engrenages. Me voilà traité de snob insupportable, car je réponds par une moue dubitative. Comme disent les Anglais : « Been there, done that ». Déjà vu, déjà fait. Je n’ai pas vu ces séries ou alors un peu, mais le problème, c’est que j’ai déjà vu tellement mieux*. Et que je n’ai pas envie de perdre mon temps sur quelque chose qui n’est pas exceptionnel…

Vous ne croyez pas le Professore Ludovico ? Prenez le temps d’examiner votre propre passion, vos propres loisirs, et osez dire que c’est faux. Si vous êtes un gros lecteur, voulez-vous vraiment lire ce Katherine Pancol que je vous recommande chaudement ? Si vous connaissez par cœur les impressionnistes, irez-vous voir cette expo de peintres régionaux ? Si vous jouez depuis quinze ans de la guitare, voulez-vous jouer sur cette Paul Beuscher?  Si vous êtes gastronome, est-ce que ça vous dit d’aller à La Taverne de Maître Kanter ? Puisque vous aimez le théâtre, est-ce que ça vous dit de regarder cette pièce à la télé ? Si vous jouez souvent au Poker, est-ce que ça vous dit de miser seulement des allumettes ?

Non. Vous êtes passés du côté des amateurs de caviar. Vous ne mangerez plus jamais des œufs de lump.

*Concernant spécifiquement ces séries, La Petite Fille au Tambour ou Sur Ecoute.




jeudi 16 décembre 2021


Arcane
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est le pari fou de l’année : adapter un jeu vidéo mondialement connu, League of Legends, et en faire une série animée. Riot Games, qui produit le jeu et la série, n’est pas le premier à tenter le coup ; mais adapter des jeux vidéo a toujours été une catastrophe esthétique et scénaristique (Super Mario, Street Fighter, Assassin’s Creed…)

Et là, miracle ! Que le Professorino me pardonne – lui qui m’a conseillé Arcane -, mais à partir de cette très basique Battle Arena, où des combattants s’affrontent pour « détruire le Nexus », Riot games parvient à tirer une série émouvante, brillante, et esthétiquement époustouflante de près de six heures.

Dès la première scène, Arcane est une claque graphique : les décors font penser au meilleur de Miyazaki, l’animation est bourrée d’idées, chaque plan contient au moins une idée.

Scénaristiquement, ensuite, en prenant le petit bout de la lorgnette (plutôt que les Combats-Titanesques-pour-s’emparer-du-Nexus), et en repartant en arrière, à l’origine des personnages. Gros avantage : contrairement à des jeux « à héros » (Metal Gear Solid, Lara Croft), le background des personnages est peu développé dans LoL, ce qui laisse beaucoup de latitude aux scénaristes. Mais ça ne suffit pas. Dans Arcane, on sent un cœur qui bat. Si la série s’appuie sur les clichés habituels (la ville riche sur les hauteurs et ses princes marchands dédaigneux, la ville basse et son lumpen prolétariat qui n’a que la violence pour survivre), Arcane transcende très vite son ADN animé. Il y a de la violence : c’est presque contractuel, vu le sujet et le public visé. Mais cette violence n’est en aucun cas glorifiée, jamais jouissive. Elle n’amène que le drame et le chaos : on est plus chez Scorsese que chez Tarantino.

Arcane est la divine surprise de cette fin d’année.




mercredi 15 décembre 2021


Succession
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Par extraordinaire, nous avions oublié de parler de Succession, rien de moins que la meilleure série des années 2020. La série qu’HBO voulait installer sur le slate – le créneau –de Game of Thrones, et qui y parvient.

Le pitch est encore une histoire de succession. Le roi n’est pas encore mort, mais on se bat bien pour un trône, celui de Waystar-Royco, conglomérat de médias et d’entertainment. Logan Roy en est le patriarche, et il veut passer la main. Problème : ses enfants ne sont pas à la hauteur. Connor, l’aîné est un quinqua idiot qui rêve de politique. Kendall est déjà à la tête de l’entreprise, mais trop tendre aux yeux du père. Shiv, la fille, pourrait faire l’affaire mais elle s’est déjà engagée en politique. Et Roman, le petit dernier, est un lutin priapique totalement déjanté.

On reconnaîtra aisément la famille Dassault, Maxwell, ou Lagardère dans ce portrait acide, avec ces géants, capitaines d’industrie autodidactes, entourés de nains. Quand on a construit soi-même un empire qui porte son nom, on a probablement passé peu de temps à s’occuper de ses enfants, encore moins à les former au poste. C’est ce que démontre Succession*.

Mais une bonne idée ne suffit pas. Il faut du talent pour la mettre en œuvre. Justement, Succession a du talent à revendre… Dès le scénario et les dialogues, tout sonne juste. On se sent vraiment au cœur de cette biosphère des ultra-riches. Et si la critique est implacable, elle ne sombre jamais dans la caricature. Car une fois de plus, tout est extrêmement documenté : décors, costumes, villégiatures…

Pourquoi parler spécifiquement de cette saison trois, alors ? Probablement parce que ce qui tue une série, c’est rarement le manque de talent, mais l’endurance. Six Feet Under s’est écroulée saison 3, Friday Night Lights en saison 2 pour remonter ensuite, et Battlestar Galactica a connu ses passages à vide.

Dans le cas de Succession, c’est pile au moment où tout ce Monopoly familial dysfonctionnel devient répétitif que Jesse Armstrong, le showrunner, a la bonne idée de passer de la comédie au Drama. Initiative bizarre mais indispensable, qui ne tiendrait pas sans l’extrême qualité des comédiens (et de l’ensemble du cast, pour tout dire), ni la finesse de l’écriture. Car ces idiots incommensurables, sculptés dans l’argile, se métamorphosent en sculptures marmoréennes capables d’engendrer l’émotion. Eux, qui n’avaient jusque-là obtenu que ricanement et mépris, déclenchent soudain larmes et compassion.

Enorme retournement ; chapeau l’artiste !

Succession est entièrement disponible sur OCS, probablement la plateforme de streaming la plus qualitative du PAF. Les autres brillent par la quantité, et souvent par la qualité. Mais sur OCS, pas beaucoup de déchet…

* Avec des fortunes diverses : la succession Dassault s’est finalement plutôt bien déroulée, celle de Maxwell a fini par la mort étrange du pater familias, quant au groupe Lagardère, le feuilleton est en cours…




mercredi 15 décembre 2021


Friday Night Lights sur Canal+
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Les excuses, c’est pour les perdants. Vous n’avez plus d’excuses : la meilleure série sur la famille, le football, le racisme, le dopage, l’hooliganisme, les sponsors, l’éducation, les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les noirs, les texans, les hommes, les femmes, la guerre en Irak : Friday Night Lights est sur Canal+.

Vous n’avez plus d’excuses.




vendredi 10 décembre 2021


Les Olympiades
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Depuis Regarde les Hommes Tomber, on n’a jamais raté un film de Jacques Audiard. Parce qu’on n’a jamais cessé d’être émerveillé devant ce cinéma rigoureux, inventif dans la forme et respectueux du fond. Là où le cinéma s’égare le plus souvent dans les bons sentiments du Film de Festival, Jacques Audiard privilégie la documentation et la préparation ; en un mot, il travaille.

De sorte que ses films ont toujours cette rigueur et cette justesse. Son œuvre est l’une des rares capable de représenter la banlieue, les immigrés, les migrants, comme des personnages normaux, sans les étiquetter des clichés habituels : victimes de l’injustice ou trafiquants de drogue.

C’est le cas de ces Olympiades, qui suit quatre Français normaux. En l’occurrence un professeur noir, une serveuse asiatique, et deux autres « française de souche » agent immobilier et camgirl. A aucun moment, ces personnages ne seront définis par leurs origines. Ce qui est si rare dans le cinéma français ou américain.

Pourquoi alors cette petite déception à la sortie du film ? Peut-être que pour la première fois, Audiard semble un peu à côté de son sujet. Co-écrit avec Céline Sciamma et Léa Mysius, le scénario ne semble pas toujours juste* : un défaut inédit chez Audiard. Certains dialogues sont pontifiants, sur l’école, sur le handicap… Quant à la sexualité de cette génération de trentenaires qui semble être le sujet principal, (et donc l’intérêt du metteur en scène), on ne peut s’empêcher d’y voir le regard d’un sexagénaire  qui ne comprend pas bien les us et coutumes (Tinder/Youporn) de cette nouvelle génération.

Néanmoins le film reste graphiquement magnifique et tout à fait visible. Il est juste un peu en-deçà de nos attentes…

* Et le pompage d’une vanne de Seinfeld, au passage…




jeudi 9 décembre 2021


Us
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Après Get out, Jordan Peele enchaîne un nouveau grand film, dans son style si particulier d’horreur sociale. Le cinéma d’horreur a toujours porté en lui une petite part de critique de la société, de la folie de la consommation chez les zombies de Romero, aux teenagers bourgeois 80’s punis dans d’innombrables slashers

Mais on pourrait dire aujourd’hui, comme le fait Michel Ciment, que la part est inversée*. En effet, ce sont les films de genre qui tiennent le haut de l’affiche, même dans les festivals : Titane (Cannes), Parasite (Oscars), etc.

Le cinéma de genre n’est plus contraint dans de petites productions cheap, mais au contraire réalisé avec qualité, et des budgets afférents**. Personne ne va s’en plaindre.

Dans Us, Jordan Peele tisse à nouveau sa toile autour de personnages noirs projetés dans l’horreur pure. Une famille aisée se trouve soudain confrontée à ses doubles, qui lui ressemble trait pour trait. Pourquoi sont-ils là ? Que veulent-ils ? Le film passe alors au slasher, avec beaucoup de talent et d’humour.

La seule faiblesse du film réside dans la scène d’explication sur l’origine des doppelgangers, pas très claire et, pour tout dire, un peu inutile. Pour paraphraser Hitchcock, on aurait aimé que rien ne soit dit.

Mais hormis cela, c’est la perfection.

* Ciment se plaignait plutôt de la primauté donnée désormais aux films de genre (Titane Palme d’Or), versus des films plus conventionnels.

** Us a couté 20M$, La Nuit des Morts Vivants avait couté 114 000$ en 1968.




mardi 7 décembre 2021


House of Gucci
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

D’où l’intérêt de ne pas spoiler : quand on ne connaît pas une histoire, elle est toujours intéressante. On déteste les biopics, ici, mais comme on ne connaît pas cette affaire Gucci, il suffit de ne pas s’intéresser au film pour arriver frais comme un gardon au MK2 Bibliothèque.

Et on se passionne pour cette histoire de mariage entre une pauvre petite secrétaire (Stefani Germanotta, aka Lady Gaga) et un riche héritier Gucci (Adam Driver). Car ces deux-là font vraiment la différence, deux énormes performances d’acteur. Lady Gaga est épatante en Patrizia Reggiani, épouse possessive et/ou amoureuse arriviste, et reste suffisamment subtile pour qu’on n’arrive pas à choisir entre ces deux options. Le talent d’Adam Driver n’est pas une surprise, mais on suit avec intérêt l’évolution de Maurizio Gucci. Héritier gauche, amoureux coinçouille, employé débutant chez Gucci coaché par son épouse, jusqu’à l’homme d’affaires carnassier et insensible. Ces deux-là volent le film, et c’est tant mieux.

Le reste malheureusement est très faible. Al Pacino n’a pas grand’ chose à jouer, Jared Leto en fait des tonnes dans une prestation totalement ridicule, Salma Hayek n’est pas bonne non plus. Seul Camille Cottin, à qui on donne peu de choses, mais qui en fait beaucoup, sauve la fin du film.

Mais encore une fois House of Gucci est intéressant, distrayant, et donne envie de lire le livre de Sara Gay Forden.

On a connu pire au cinéma.