dimanche 21 mai 2023


Showing up
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Retour à Portland, dans le KRCU, le Kelly Reichardt Cinematic Universe. En terrain connu, donc : petite maison de bois, héroïne ronchonne, bruits sourds de la ville, ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle. Pas de doute, on est à Portlandia, terre d’adoption, terre d’élection, de la floridienne Kelly Reichardt, ce qui se fait de plus doué dans le cinéma indépendant US aujourd’hui.

On a envie de dire – comme on dit des frères Coen – que même quand c’est raté, Kelly Reichardt, c’est quand même pas mal… Quelque chose manque en effet dans Showing up. Le pitch était pourtant très excitant sur le papier : Lizzie, sculptrice revêche, va bientôt exposer ses œuvres, mais elle recueille un pigeon blessé et son chauffe-eau est en panne ! On imagine tout le parti qu’aurait pu tirer un Tony Scott ou Michael Bay de tels prémisses !

Chez Kelly Reichardt, comme toujours, on patauge pendant vingt minutes. Qu’est-ce qu’on est venus faire là ? N’est-on pas les victimes consentantes de notre snobisme, à chercher du talent dans le vide apparent de Showing up ? Ou veut-elle en venir ? Aussi bien sur le plan de l’histoire que celui du propos, on reste happé dans le vide Reichardtien. C’est oublier qu’à chaque fois la dame prend son temps. Et qu’elle installe toujours ce vide fertile que le spectateur va remplir. A partir d’arguments minuscules, elle fait des films construits et intelligents*.

A la fin, on aura compris. Non seulement pourquoi Lizzie est une cocotte-minute vivante, mais aussi ce que raconte le film – peut-être le plus personnel – de Kelly Reichardt. car on peut imaginer que derrière cette artiste frustrée, coincée dans une famille dysfonctionnelle, sous-estimée autant par ses pairs que par sa parentèle, il y a un peu de Miss Reichardt.  

* Un couple essaie de fuit le Dade County (et n’y arrivent jamais) (River of Grass), une jeune femme cherche son chien (Wendy et Lucy), deux hommes se lient d’amitié pour faire des gâteaux (First Cow)




mardi 16 mai 2023


The Fabelmans
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Depuis le début de CineFast, on vous dit de vous méfier de la Valse à Trois Temps. Steven Spielberg, lui le cinéaste honni, trop américain, trop patriote, vilipendé par Le Canard Enchaîné, Libération, Télérama, oui Steven Spielberg devait devenir un jour leur cinéaste préféré. C’est fait avec The Fabelmans. Libé n’y consacre pas moins de cinq pages, en ayant l’outrance de faire amende honorable. C’est donc là, maintenant, qu’il faut se méfier.

The Fabelmans est un film raté, et raté par l’unique faute de Spielberg. Kubrick disait qu’il ne se sentait pas capable de réaliser A.I. Intelligence Artificielle ; il préférait que son ami Steven le fasse, parce que lui serait capable de filmer les bons sentiments.

C’est ici le contraire : The Fabelmans prétend explorer les traumas d’enfance qui ont fait de Steven le Spielberg que nous connaissons. Mais le cinéaste des Dents de la Mer* n’est pas assez méchant pour régler ses comptes avec des parents qui l’ont trahi. Car c’est bien de ça dont il s’agit ; une mère qui l’abandonne (virtuellement puis réellement) pour un autre homme ; un père impuissant – dans tous les sens du terme – qui ne sait pas quoi faire de son fils…

Ce trauma était connu depuis longtemps**, mais Spielberg veut le montrer lui-même pour la première fois. Il veut aussi pardonner à ses parents*** . Tout le film est donc plein d’une empathie assez niaise : où est le trauma, alors ?

Spielberg réussit comme par hasard une seule scène, une scène sans dialogue où le jeune Fabelman-Spielberg découvre à la table de montage la magie du cinéma, qui sait montrer les choses cachées : en l’occurrence, que sa mère trompe son père.

Le reste est interminable, insupportable de bon esprit, même face à l’antisémitisme Californien. C’est tout le contraire qu’il aurait fallu montrer, mais qui a la capacité d’interroger son propre passé, et ce, aussi consciemment ? Certains le font à leur corps défendant (Kubrick excluant l’antisémitisme de Rien qu’un Rêve, la nouvelle originelle d’Eyes Wide Shut). D’autres se refusent à la psychanalyse, comme Lynch. Ses traumas alimentent de visions dantesques ses films depuis quarante ans.

Spielberg est de ceux-là, ses blessures irriguent une œuvre protéiforme qui ne cesse d’étonner. Tout est déjà là, des nazis d’Indiana Jones aux parents défaillants de Jurassic Park

Il n’y avait pas besoin d’en faire un film…

* Si on était lacaniens, on aurait appelé le film Les Dents de la Mère (mais on n’est pas lacaniens…)
** Un article de L’Express sur Rencontres du Troisième Type l’évoquait déjà en 1978.
*** Il a même fait valider le film par ses sœurs.




lundi 15 mai 2023


La langue étrangère de Succession
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Séries TV ]

Au-delà de l’incroyable succès de Succession, ce Game of Thrones contemporain, ultra-réaliste, sur les milliardaires et leurs querelles d’héritage, le premier épisode de cette ultime saison nous a fait remarquer un particularisme jusque-là ignoré : la langue. En effet, ces dialogues incroyablement écrits… ne veulent rien dire ! La plupart du temps, on a du mal à comprendre de quoi parlent ces êtres vils. Chaque personnage s’exprime par métaphore, chacun dans son style : obscène et vulgaire pour Roman, le puîné priapique, bullshit entrepreneurial 2.0 pour Kendall, le pseudo manager, et anglais procédural pour Shiv, la décevante cadette.

Dans la scène d’ouverture de ce S04e01, nos héros essaient de monter un site web, c’est-à-dire – pour la première fois – travailler réellement : « The Hundred », site d’info, évidemment disruptif. Mais une autre opportunité se présente, un conglomérat à racheter, à coups de milliards : c’est plus simple. Et c’est encore mieux : c’est l’entreprise que Papa convoite…

Aucune discussion réaliste ne sera envisagée sur la valeur réelle de cette entreprise. Ces affaires-là se règlent à coups d’enchères téléphoniques, comme sur le marché aux poissons de Trouville-sur-Mer*.

Les dialogues, écrits le showrunner Jesse Armstrong, virevoltent comme d’habitude dans Succession. On se perd à saisir les allusions, les jeux de mots vernaculaires et à y comprendre quelque chose. En réalité, il n’y a rien à déchiffrer, si ce n’est le caractère des personnages. Ces enfants sont vides ; leur père, lui, ne l’est pas, même si c’est une ordure castratrice. Leur langue est complexe, châtiée, mais vide. Lui s’exprime par borborygmes, assaisonnés de fuck tonitruants, mais ce qu’il dit est clair, et net.

La scène finale, par opposition, vient démontrer ce propos ; deux personnages se séparent, et pour la première fois, parlent normalement. Et ils pleurent…

Humains, après tout.

* Pour s’en convaincre, il suffit de lire Milliardaires d’un Jour : Splendeurs et Misères de la Nouvelle Economie, l’incroyable livre de Grégoire Biseau et Doan Bui. Les auteurs racontent, avec force détails, comment Caramail, Lycos, ou Libertysurf ont roulé dans la farine des vieux crabes expérimentés comme Bernard Arnault, François Pinault, ou Jean-Marie Messier. Et vendu pour des milliards des entreprise qui ne valaient rien.




jeudi 11 mai 2023


Scream VI
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les films ]

Année après année, décennie après décennie, la saga Scream poursuit son chemin. Après avoir méta-analysé les films d’horreur, les copycats des films d’horreur, les médias, les réseaux sociaux, cette dernière itération ne s’intéresse à rien de moins que la mort d’Hollywood.

C’est à vrai dire le seul intérêt de ce film, dont la qualité décline : acteurs moins connus, moins bons, dialogues chétifs… Mais il reste toujours quelque chose à piocher dans Scream.

Ici, c’est la scène finale qui se tient dans un vieux cinéma désaffecté… transformé en musée, vous voyez la métaphore ? Dans ce hangar abandonné, toute une memorabilia de la saga. Photos, affiches, couteaux encore sanglants des véritables meurtres, et, évidemment, la collection complète des Ghostfaces, ces masques terrifiants qui signent le tueur, de film en film.  

Il ne faut pas prendre la saga Scream à la légère. Les six films sont quelque part l’annonce du monde qui vient. La gadgetisation de la terreur, le rôle délétère des médias, l’omniprésence des réseaux sociaux : derrière d’aimables et terrifiants divertissements, Scream a toujours dit des choses sérieuses, sans avoir l’air d’y toucher.  

Or, depuis quelques mois, Hollywood enchaîne les films de nostalgie Hollywoodienne : Babylon, The Fabelmans,  Scream VI. Ce que dit celui-ci, c’est qu’Hollywood est mort, enterré sous le poids de ses propres franchises (dont Scream fait partie) …

C’est évidemment un sentiment que nous partageons ici. Depuis les années 2000, Hollywood est incapable de créer de nouvelles franchises originales qui ne soit pas inspirées de livres ou de comics*. Comme dans les années 50, où la télé prenait le pouvoir, et ne sortaient que des péplums ou des westerns… Hollywood is dead, et c’est peut-être une bonne nouvelle.

*Hormis de rares exceptions (Fast & Furious, Pirates des Caraibes), et des sagas d’horreur (Conjuring, Saw, American Nightmare, Rec, Insidious…)




mercredi 10 mai 2023


The Vampire Diaries
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Séries TV ]

Le Professore Ludovico a fait un pari stupide. Il s’est engagé à regarder Vampire Diaries, huit saisons, 171 épisodes, si la Professorinette se mettait enfin à réviser The Wire, ce qu’elle promet de faire depuis dix ans.

Aussitôt dit, aussitôt fait : après avoir eu la confirmation que la demoiselle savait qui était Snot, on a attaqué la série teen-com, vampire bit-lit de CW.

À vrai dire c’est une expérience intéressante. D’abord en tant que Rôliste… The Vampire Diaries a tous les codes de la Mascarade, le code de ce que font les vampires, ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, les coutumes et la la hiérarchie vampirique, et les différentes façons de les tuer… En clair tout ce qui a été défini par Ann Rice et le jeu de Mark Rein-Hagen, Vampire : The Mascarade. Ces vampires ne viennent clairement pas de Twilight, dont la série se moque à plusieurs reprises.

Et puis il y a le plaisir de regarder une série légère, dont on se fout un peu ; argument avancé par la Professorinette elle-même. On peut regarder The Vampire Diaries en faisant la vaisselle, parce que de toute façon un truc va vous être répété trois fois, au cas où vous n’auriez pas tout compris… On peut même écrire la chronique CineFast de The Vampire Diaries en regardant The Vampire Diaries, c’est dire… Tout cela choquera le cinéphile hardcore, mais c’est le concept même de la Série Hamburger. La Série Hamburger ? Un concept sur lequel nous reviendrons bientôt…




mardi 9 mai 2023


L’étoffe des rêves
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les films ]

L’étoffe dont sont faits les rêves. Quelle plus belle définition du cinéma ? C’est pourtant du Grand Bill, William Shakespeare lui-même, que vient cette expression, tirée de La Tempête*.

Cette phrase a eu une belle postérité au cinéma. C’est une des répliques culte du Faucon Maltais, et même sa conclusion morale. De quoi est faite cette statue de faucon qui accumule la convoitise – et les morts ? Réponse de Bogart-Sam Spade: « The, uh, stuff that dreams are made of** ».

Mais La Tempête a eu aussi d’autres adaptations, dont la plus étonnante est probablement Planète Interdite, avec Leslie Nielsen. Oui le futur Flic pour Sauver la Reine ! L’argument est lointain mais semblable, un vaisseau spatial arrive sur Altaïr, une planète habitée par un seul savant et sa fille, comme Prospero et Miranda. Mais la planète est aussi peuplée de rêves, qui prennent une forme très physique.

Le Ludovico a vu La Tempête récemment, dans une toute petite salle, La Huchette, avec trois acteurs pour jouer tous les rôles***. C’était magnifique. Le metteur en scène, Emmanuel Besnault, n’avait gardé que la moëlle, et avec deux planches et trois bouts de chiffon, reconstituait une île, des bateaux échoués, une grotte…

Le théâtre, c’est aussi l’étoffe dont on fait les rêves.

* « We are such stuff dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep » : « Nous sommes de la même étoffe que les songes et notre vie infime est cernée de sommeil. »

** Une anecdote rigolote en direct d’IMDb : il existe encore 3 statuettes du film de John Huston, et elles valent 1M$ chacune, soit trois fois ce qu’a coûté le film, et en fait au passage l’un des accessoires le plus chers du cinéma…

***La Tempête, de William Shakespeare
Mise en scène d’Emmanuel Besnault
Avec Jérôme Pradon, Marion Préïté ou Juliette Marcaillou, Ethan Oliel




mercredi 3 mai 2023


1776
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

1776, c’est bien sûr la date de la Déclaration d’Indépendance, du 4 Juillet, la Révolution Américaine, Independance Day, Roland Emmerich et Bruce Springsteen, mais je m’égare…

1776, c’est le nombre de critiques atteint ce jour sur Cinefast par le Professore Ludovico (avec Ted Lasso, voir ci-dessous) …

Ça se fête.




mardi 2 mai 2023


Ted Lasso
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

C’est le mystère du moment, une série que le Professore Ludovico qualifierait volontiers de gentillette, et qui pourtant le scotche à son téléviseur Sony, sans vraiment savoir pourquoi il est scotché d’ailleurs. Le Sage de la Belle Côte dirait qu’il est juste et bon d’aimer sans raisons, et même, qu’il est peut-être un peu fou de chercher ces raisons.

Pourtant, on est accro, on a envie de connaître la suite du truc. Un truc, par ailleurs, pas très original : Ted Lasso, un coach de foot américain est engagé pour entraîner l’AFC Richmond, une équipe de Premier League. Derrière cette bizarrerie se cache en réalité une vengeance : la propriétaire du club veut punir son ex-mari en rétrogradant son club fétiche. Les rebondissements sont convenus, mais les personnages sont très attachants, ce qui renforce l’idée qu’une série, c’est avant tout des personnages, et un film, avant tout une intrigue.

Il y a néanmoins quelque chose de mystérieux dans le charme de Ted Lasso, qu’on n’arrive pas à s’expliquer. On va continuer à chercher… ou pas !




vendredi 28 avril 2023


Donjons & Dragons : L’Honneur des Voleurs
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les films ]

Né du croisement improbable de la littérature de Fantasy* et du wargame napoléonien avec figurines, ce loisir était – quand nous l’avons découvert au début des années 80 – dans sa plus tendre enfance.

On créait un personnage sur une feuille de papier, en lui attribuant des caractéristiques chiffrées (sa force, son intelligence…), et on partait explorer des « donjons », sa plus simple expression ludique. Explorant virtuellement un ensemble de couloirs souterrains, nous y tuions à coup de dés le plus de monstres possibles… 40 ans plus tard, le Jeu de Rôles a bien évolué. Comme toute forme d’art, il a mûri. Des dizaines d’univers, des centaines de scénarios, bien plus subtils qu’une simple exploration de souterrains, ont été produits et joués. Et aujourd’hui, on incarne un personnage, on lui donne un passé, des dilemmes moraux : c’est un véritable personnage de fiction…

Tout ce que ne fait pas – somme toute – Donjons & Dragons, le film. Au-delà d’être un patchwork kitsch particulièrement laid, L’Honneur des Voleurs est une histoire ultra classique, sans personnages ni émotions. Des voyous à la ramasse, pitchés en une phrase (le père de famille négligent, la barbare en rupture de ban…) se retrouvent à lutter contre un mal antique qui veut détruire l’humanité… aka le scénario Copytop des studios hollywoodiens (Marvel & Co.) depuis des années…

Sur le plan visuel, pas mieux. En cela, le film respecte le matériau original : D&D a toujours été graphiquement atroce. Cinq éditions et quarante ans plus tard, il est toujours aussi laid : guerriers cheveux en brosse de quarterbacks texans, sorcières MILF peroxydées, châteaux dessinés par Disney… Normal pour un pays qui n’a jamais vu de châteaux forts… Le film fait de même en mélangeant allègrement des Marie-Antoinette, des Martin Luther et des épées antiques à la Conan le Barbare : tout ça est, pour les américains, est médiéval !

Mais le pire reste à venir : l’omniprésence du fan service, même pour le fan qu’est le Professore. Que le film cite visuellement des monstres (Mimic, Displacer Beast, Cube Gélatineux…), ou des objets magiques iconiques (Bag Of Holding , Horn Of Beckoning Death, Helm Of Disjunction…) fait plaisir. Mais le fan service sature littéralement les dialogues. Un name dropping totalement insupportable : Mordenkainen, Neverwinter, Baldur’s gate, etc., on cite même des règles du jeu…

Tout cela donne l’impression d’un gâchis (qui n’est pas immense, parce qu’on n’en attendait pas grand-chose), mais un gâchis tout de même. C’est mieux que le premier film de 2000, bien sûr, mais ça reste très loin de Game of Thrones, ou même de licences plus kitsch comme The Witcher ou Conan.

Et c’est dommage, car il y avait de la matière. D’une part, la partie comique est assez réussie, avec 2 ou 3 scènes cultes, et toute une série de blagues tongue-in-cheek pour initiés… Mais doublement dommage car Donjons & Dragons, le jeu, aurait pu s’appuyer sur les scénarios qui servaient de support à nos parties. Ces « modules » proposaient de belles aventures, mille fois plus originales que la lutte éternelle contre le grand méchant**… Hasbro n’avait qu’à se baisser pour les ramasser…

*Le Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien, le Cycle des Epées de Fritz Leiber, Elric de Michael Moorcock, Conan le Barbare de R.E. Howard, Terremer, de Ursula Le Guin…

** The Sinister Secret of Saltmarsh, où un repaire de pirates mène à complot d’homme-lézards
Castle Amber, où l’on explore la maison hantée d’une antique famille
The Secret of Bone Hill/The Assassin’s Knot, où l’on explore une ile pleine de mystères et où l’on résout un meurtre étrange
The isle of Dread, où l’on explore une ile peuplée d’antiques créatures
Expedition To The Barrier Peaks, un donjon qui se révèle être… un vaisseau spatial

etc.

Chronique publiée également sur Planet Arrakis




mercredi 26 avril 2023


The Last of Us
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Bien sûr il y a la hype, « la meilleure adaptation de jeu vidéo de tous les temps », Pedro Pascal et Bella Ramsey époustouflants dans Game of Thrones, et un showrunner top gun : Craig Mazin.

Tout ça est très excitant, mais maintenant on peut juger la bête sur pièce, merci Prime Vidéo, plus maline que HBO*…

Le résultat est mitigé… Certes, c’est probablement la meilleure adaptation de jeu vidéo, mais il faut dire que la concurrence est assez faible en matière. Les acteurs sont très bien, avec une opposition originale de deux badass (50 et 14 ans), assez inédite à ce niveau.

Mais pour le reste, The Last of Us est pèse son poids de clichés habituels du post apocalyptique version US. C’est l’apocalypse, mais seul un enfant pourra sauver le monde. C’est l’apocalypse, mais il y a quand même des endroits où on peut trouver des blousons neufs et du whisky on the rocks… C’est l’apocalypse, mais tout le monde n’est pas retourné à l’égoïsme…**

On est aussi un peu décus par l’aspect visuel du film, qui enchaine décors magnifiques et matte paintings au couteau, sans parler des monstres, conceptuellement géniaux, mais qui font un peu plastique. On attendait mieux, plus réaliste, plus trash, de la part de Craig « Chernobyl » Mazin…

Le genre post-apo mérite (un peu) mieux (dans la littérature : La Route, Je Suis Une Légende, La Vérité Avant Dernière…) ou au cinéma : Mad Max, Le Règne du Feu, Le Dernier Combat, Stalker…

*HBO incapable de proposer son service de streaming en France, alors qu’elle avait retiré les droits à OCS, après des années de bons et loyaux services

** Il est intéressant de noter que quand une résistance s’organise, elle est plutôt de tendance socialo-communiste. On partage tout, et, au final, ça finit en purée. Comme quoi, le Marché, ça a du bon…