dimanche 11 octobre 2009
L’affaire Polanski
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les gens ]
Un membre influent du conseil d’administration de CineFast me presse de prendre parti dans l’affaire pédophilo-médiatico-cinéphilique du moment. Je parle de Polanski, bien sûr, Lettres d’Amour en Somalie n’étant pas à proprement parler un film, et le Neveu, un cinéaste…
Non seulement, je ne céderai pas aux pressions de mes amis, mais pire : je déplacerai le débat. Polanski est-il un grand cinéaste ? Sûrement ! Est-il pédophile ? Il l’était probablement un peu à l’époque, quand d’autres histoires (avec Nastassja Kinski) vinrent corroborer les faits… Mérite-t-il ce traitement ? Probablement pas. Le temps a passé, et même la victime a pardonné (contre un arrangement secret de 600 000$, comme nous venons de l’apprendre). Sommes-nous juges ? Sûrement pas. L’affaire est américaine, et doit être jugée en Californie, qui jusqu’à preuve du contraire, n’est pas la Corée du Nord. En tout cas, elle ne se juge pas au Ministère de la Culture, ou sur CineFast !
Ce qui est intéressant là-dedans, c’est la Suisse. Voilà un pays qui vous décourage d’aller à ses festivals, surtout si vous êtes déjà propriétaire d’une résidence secondaire. L’enthousiasme suisse (en plein milieu du scandale) à extrader le dangereux terroriste Polanski fait peine à voir. Comme l’a dit avec humour Jay Leno, du Tonight Show : « Ça y est, on a enfin eu Polanski. Maintenant, Ben Laden ! »
Le deuxième enseignement, c’est qu’il faut différencier l’art de l’artiste…
Dans l’art, tout est permis. Huysmans, Lautréaumont, Sade, Burroughs, Dustan, Bunuel, Lynch, l’artiste est fou par définition ; il est dans la transgression. La réalisation des fantasmes dans la réalité, c’est ce qui pose problème. Pourquoi l’artiste serait-il traité différemment du commun des mortels ? La justice est faite pour cela : arbitrer les faits et les causes, les circonstances, le contexte. Ce qui amène au dernier enseignement de ces affaires : la défense corporatiste de la communauté cinématographique de l’un de ses pairs. Alors qu’on traque les pédophiles de par le monde, jusqu’à vouloir signaler leurs maisons et leurs employeurs, deux affaires concomitantes (Polanski, Mitterrand) montrent la différence de traitement qui prévaut en la matière. Non seulement cette corporation est particulièrement touché par ces problèmes, habituée qu’elle est de vivre depuis toujours dans l’excès : Fatty Arbuckle, Charlie Chaplin, Frank Sinatra, Don Simpson, et aujourd’hui, Roman Polanski…
Sans aucune barrière morale, sociale, ou patronale d’aucune sorte*, elle assure même le service après-vente en soutenant, via avocats, attachés de presse, patrons de studios (voir Hollywood Babylon sur ce sujet), ses brebis égarées… tout en prônant, dans le même temps, l’inverse dans ses films et ses œuvres caritatives…
Deux poids, deux mesures…
*JP Jeunet racontait que sur le tournage d’Alien:Résurrection, la production avait mis à sa disposition un chauffeur, qui, à son arrivée à Los Angeles, lui avait immédiatement proposé de la drogue et des putes… Mais qui, le lendemain matin, et les jours suivants, venait le chercher à 8h pile pour qu’il soit à l’heure sur le plateau. A Hollywood, tout est permis… Si tu fais le boulot.
vendredi 9 octobre 2009
Lost, Saison 5, finale
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
A quoi décèle-t-on le déclin ? A de toutes petites choses, comme ces méchantes petites rides qui viennent d’apparaître sur votre visage, ce matin, en vous rasant.
Dans Lost, qui terminait hier sa saison 5, also knowed as « Le Début Du Commencement De La Révélation, Part One », de petites rides sont apparues. Saison 4, il y avait déjà des signes avant-coureurs : le Gouvernail, ridicule, la disparition de Juliet et de Sawyer de l’intrigue, la poussivité générale.
Et puis on appris que c’était la fin. ABC avait mis les pouces à Desperate Housewives et à Lost, avec mission de terminer les séries en deux ans, avec des saisons raccourcies (information copyright L. Fulci).
La saison 5 a donc embrayé sur la solution du puzzle de 5 000 pièces de Monsieur Abrams, résolution d’autant plus difficile que celui-ci était parti Star Trekker, avec le résultat que l’on sait…
Cette saison fut donc pédagogique, et la pédagogie, c’est chiant. On apprend des trucs, mais c’est toujours plus marrant de poser des questions.
Hier, cette lassitude était prégnante, particulièrement dans les détails car, comme on dit, c’est là que se niche le diable.
En deux épisodes, on a soudain relié tous les principaux personnages au mystérieux Jacob. Quatre saisons résumées en deux heures : le procédé était pour le moins expéditif, car 1) c’était la première fois qu’on voyait le fameux Jacob et 2) cette révélation eut pu être saupoudrée plus subtilement tout au long de la saison (ce qui était d’habitude le cas).
Ensuite, des modifications radicales vinrent affecter certains personnages, viol majeur des conventions d’une série. (On définit d’habitude le personnage dans la bible de départ, et il ne change jamais. Mulder et Scully s’aiment, mais il ne se passe rien en eux. Ou quand il se passe quelque chose, c’est exceptionnel, et au contraire, les créateurs jouent un moment avec cette idée, mais reviennent vite à la situation initiale). Là c’est Juliet, qui s’est transformé en gentille desperate housewife. Crime de lèse-majesté pour un des plus beaux personnages de méchant que la télé nous ait donné ces dernières années.
Autre indice : le collage. On cherche à rabouter tout Lost, alors évidemment, les coutures se voient. Hier, c’était l’apparition inopinée de Rose et Bernard, couple improbable de retraités Robinson-Crusoë.
Malgré cela, la saison a fini sur de jolis cliffhangers, c’était bien le moins, et on attend donc la Saison 6 avec impatience…
Mais la magie est partie…
vendredi 9 octobre 2009
Sons of Anarchy
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Précédé d’une réputation à tout casser, Sons of Anarchy, la série « Hamlet chez les Bikers » débarque ce soir sur M6. N’écoutant que son courage, le Professore s’est acheté une Harley et prend l’avion pour Charming, Californie, afin de vérifier si la création M. Sutter est bien le Sopranos des années 2010.
Sons of Anarchy
M6, 23h10
jeudi 8 octobre 2009
Battlestar Galactica, bilan à mi-mandat
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Après avoir visionné le pilote et un bon tiers de la saison 1, il est temps de revenir sur l’événement SF de ces dernières années, j’ai nommé Battlestar Galactica.
Rappelons d’abord qu’un film, qu’une série, c’est un pari. L’auteur te défie, camarade spectateur : « je vais faire la suite d’Alien, mais je vais révolutionner le concept ! » et à la fin, tu regardes si c’est réussi (Aliens), ou pas (Alien:Resurrection). Ici, Ronald Moore fait le pari suivant : « Je vais prendre une série, la plus ringarde de tous les temps, et je vais la en faire une série intelligente, politique, moderne ». Ou, selon ses propres mots : « Il y a là un géant endormi, son nom est connu de tous, sa voix rappelle quelqu’un. Pendant un bref moment, il a fait bouger la Terre, racontant de grandes histoires de choses qui n’ont jamais eu lieu, puis a trébuché sur son renom et s’est endormi dans un sommeil profond… »
Alors, pari réussi, ou pas ? Eh bien, on pourrait dire que le verre est à moitié plein… Ou à moitié vide, c’est selon.
A moitié plein, parce que le pari est tenu. Moore a réalisé l’exploit de lifter Battlestar Galactica, et de la transformer en série sérieuse, abordant de grands sujets de société. (Rien que ça, ça pique les yeux…)
Même au cinéma, ces thèmes sont rarement abordés ; pour parodier le générique de Star trek, Battlestar Galactica va où « personne n’était encore allé ». Terrorisme de survie, machiavélisme gouvernemental, choix politique cornéliens, Battlestar Galactica est la première série à poser ces questions dans le futur, et surtout, à imaginer l’impact d’un événement épique (la destruction de la race humaine) sur le quotidien des quelques survivants (Collaborer ou périr ? sacrifier les prisonniers de droit commun ou sacrifier des innocents ?)…
A ce titre, Battlestar Galactica est un peu la version démocrate de 24…
Mais la série est aussi à moitié vide, aussi, parce qu’elle n’atteint pas le niveau du Golgotha sériesque (rappelons – pour les âmes simples -, la Sainte Trinité TV : The Wire, Les Sopranos, Six Feet Under.)
Battlestar Galactica est bien, même très bien, mais elle « n’a pas tout d’une grande ». Elle innove, mais ne va pas jusqu’à la révolution : les situations, les intrigues sont classiques (problèmes de couple, relations père-fils, aventures spatiales, tout cela est finalement commun, seul le contexte les rend exotiques).
Graphiquement, la série souffre des maux endémiques de la SF américaine : des moyens, mais pas d’ambition : le design, les décors, les costumes sont moches et sans saveur, pour ne pas dire peu crédibles.
A leur décharge, la qualité dans ce domaine, c’est l’exception : décors de Blade Runner, Alien, costumes de Dune, mais sinon, quoi d’autre ? Il faudra chroniquer ça un jour…
Enfin, il manque une touche personnelle. Ronald Moore a finalement peu de choses à dire à travers sa série, il fait de l’entertainment (et il le fait très bien). Mais il faut la rage et l’amour de Baltimore pour faire Homicide ou The Wire, il faut la grande frustration d’être homosexuel en Amérique pour écrire Six Feet Under, il faut l’humiliation d’être italo- américain pour faire les Sopranos. David Simon, Alan Ball, David Chase, mettent leurs tripes sur la table, et cela se voit.
Ronald Moore est juste là pour nous distraire (rien de mal à ça), et il nous fait en plus réfléchir : qui s’en plaindra ?
lundi 5 octobre 2009
Picasso
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]
Un tour à l’expo Picasso d’Helsinki (oui, je sais, ça pose son homme, mais il s’agit de la collection du musée Picasso de Paris, à votre disposition toute l’année…), cette expo m’a amené aux réflexions suivantes : où est le Picasso du cinéma ? Réponse : nulle part. Picasso est un génie, qui a non seulement guidé son art avec au moins dix ans d’avance sur ses contemporains, mais qui a aussi su se renouveler (période bleue, période rose, cubisme, surréalisme), et qui s’est en plus attaqué à d’autres arts avec succès : sculpture, céramique, etc.
Dans le cinéma, c’est tout bonnement impossible. Le 7ème art est un art collectif, et un art cher. Le réalisateur/producteur est un chef d’entreprise, à la manière des artistes de la renaissance,qui esquissent l’œuvre. Ensuite, l’équipe sculpte, fond le métal, retouche, recommence jusqu’à ce que Laurent le Magnifique ou Jack Warner soit satisfait.
D’où la liberté immense du peintre, ou de l’écrivain d’aujourd’hui ; leurs œuvres ne coûtent rien à fabriquer. Elles n’ont pas forcément une vocation commerciale, et si elles en ont, peuvent se contenter de peu. Les découvreurs de talents, dans ces arts-là, prennent peu de risques : l’éditeur, le galeriste investit peu ; une fois sur mille, il gagnera beaucoup : le docteur Gachet avec Van Gogh, Maurice Nadeau avec Houellebecq…
D’où la possibilité, la liberté totale d’expérimenter, de casser les propres frontières de son art. Comme William Burroughs réclamant la révolution surréaliste du roman (et la réalisant lui-même avec son Festin Nu), comme la peinture et ses multiples révolutions du XXème siècle, comme la musique et les expérimentations Stravinsko-Reicho-Boulezienne…
Au cinéma, point de tout cela. Les génies multicartes se comptent sur les doigts d’une main, et leurs révolutions ont souvent échoué, ou en tout cas, n’ont laissé que des traces minuscules (mais superbes) dans le paysage cinématographique : Orson Welles, Luis Bunuel, Jean-Luc Godard. Leurs révolutions ont tourné à la simple révolte, et n’ont pas fait école.
Au contraire, ceux qui restent sont les grands traditionalistes (Kubrick, Hitchcock, Spielberg, Truffaut, Scorcese). Leurs propres expérimentations restent coincées dans un coin de leur filmographie, souvenirs nostalgiques d’une époque révolue…
dimanche 4 octobre 2009
Lost saison 5, part six
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Les méchantes ont des gros nichons (Juliet, Eloise). Les gentilles n’ont pas de poitrine (Kate, Charlotte, Shannon). Voilà ce qu’on apprend dans Lost en ce moment. De là à déduire que les mères sont méchantes, il n’y a qu’un pas. En tout cas, des histoires de filiation commencent à traverser la série, en nombre si important qu’on ne peut penser au hasard. On se croirait dans Star Wars, ou Œdipe Roi, au choix : « Je suis ton fils », « Il est ton fils », « C’est mon fils, aussi ! »
Les claques volent… En fait, on est juste en train de réunir la grande famille de Lost. Depuis qu’on vous dit que tous ces gens-là sont con-nec-tés ! L’astuce du flash-back-forward élevé au rang d’Art Premier par messieurs Abrams, Lindelof, Cuse permet des mises en perspectives intéressantes. La terrifiante Eloise était assez gironde, trente ans plus tôt. Et peut être pas aussi méchante…
Et puis ça permet aussi quelques situations ubuesques, dont John Locke est devenu le héros. C’est lui maintenant qui torture – psychologiquement mais gentiment – Ben Linus et le beau ténébreux Richard Alpert, en leur assenant des phrases absconses du genre : « Ça , c’est quand j’étais mort ! », ou « Maintenant vous irez me voir dans le passé, et vous me direz que je dois mourir ». Le pauvre Locke, dans l’accident, il a perdu le chapitre « Concordance des Temps » de son Bescherelle ! Comme dit Ben, « Vous devez vivre un moment psychologique intense… »
Et nous donc !
Mais surtout, l’humour est revenu dans Lost : on a retrouvé « bad boy » Sawyer, et on a retrouvé Hurley-La-Gaffe. Et leurs successeurs se bousculent : Faraday, et le petit chinetoque, avec son humour sarcastique, n’est pas mal non plus.
Tout ça en recollant les morceaux du Lego, et en lançant même de nouveaux enjeux, c’est quand même de la belle ouvrage, cette saison 5.
mardi 29 septembre 2009
District 9
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]
Dès les premiers plans, District 9 donne le ton: « On veut bien accueillir les gens, mais des étrangers, ça va cinq minutes ! Maintenant, il faut qu’ils rentrent chez eux ! » La scène se passe à Johannesburg, et la femme qui dit ça est… noire ! On n’est donc pas dans un film classique de SF US, comme l’indique le plan suivant : « Les aliens auraient pu se poser à New York, à Washington, mais non, ils ont choisi Johannesburg ! »
« Ils », ce sont les extraterrestres, dans une histoire peu commune : non, ils ne viennent pas coloniser la terre (comme dans La Guerre des Mondes), ni apporter un message de paix (comme dans Rencontres du Troisième Type), non, ils sont en panne, affamés, en détresse. Facilement mis au pas par les humains, ces aliens en forme de crevettes humaines, les « Prawns » font peine à voir ! Difficile de ne pas penser aux camps de réfugiés qui parsèment actuellement notre beau pays…
Avec District 9, Neill Blomkamp, son réalisateur va jouer sur tous les tableaux : film d’action, film sentimental, film gore, tout en restant incroyablement politique et… politiquement incorrect…
Autre problème : dans quel genre est-on ? Ça commence comme du Michael Moore, documentaire alter-mondialiste caméra portée, réaliste jusqu’à l’incroyable : le film a été tourné à Soweto, ce qui prend tout son sel. Non seulement on ne peut s’empêcher de penser que ce n’est pas un décor (vrai ghetto noir ou décor pour faux ghetto alien ?) mais, en plus cela génère un renversement copernicien : toute l’humanité (blanche et noire) contre les nouveaux untermenschen.
Quelques secondes après, on se croit dans une comédie, puisqu’il y a ce héros, Wikus van der Merwe, sorte de Poelvoorde sud-af’, chargé du transfert des Prawns du District 9 au District 10. Un pauvre rond de cuir manipulé par le complexe militaro-industriel. A l’évidence, Wikus est là pour nous faire rire. Mais on enchaîne très vite vers un film d’action, extrêmement réussi, avec bagarres, et explosions dans tous les sens. Avec un soupçon d’humour gore qui relève la sauce… C’est là que Neill Blomkamp révèle l’étendue de son talent : on a rarement filmé aussi bien, et de manière aussi variée, des combats.
Alors bien sûr, l’histoire s’étiole au milieu, et révèle quelques faiblesses : très linéaire, très classique (aller chercher la fiole, retrouver – comme par hasard – le personnage-clef de l’histoire, mais à la fin, Neill Blomkamp a réussi son tour de force : transformer ces aliens-réfugiés, gluants et chitineux, en héros, et notre rond de cuir, en Bruce Willis à moustache…
Un grand bravo à Peter Jackson, d’avoir su dénicher ce petit génie de Blomkamp, un réalisateur à suivre…
*une prière que nous formulons depuis des siècles : que les aliens s’achètent enfin une carte du monde…
samedi 26 septembre 2009
Lostpedia
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]
Comme le dit la Professora, « le dernier suspense, dans Lost, c’est savoir si les scénaristes vont réussir à finir. » Une façon de le savoir, ou de les aider, c’est d’aller consulter l’incroyable mine d’or à ciel ouvert qu’est Lostpedia, le wikipedia dédié à Lost.
Évidemment, on rentre là-dedans comme Locke dans le bunker : avec circonspection. Car on risque le spoiler, c’est à dire de terribles révélations sur la suite de la série. Pour ma part, je ne lis que ce qui précède, c’est à dire des infos sur la Saison 4. On retrouve ainsi des informations oubliées, comme l’enfance étrange de John Locke, dans l’épisode 4×11. Mais aussi, en picorant ça et là, des informations moins centrales mais tout aussi intéressantes, comme le rôle de l’étrange Mr Abaddon. Vous trouverez dans Lostpedia probablement toutes les réponses à vos questions, et sûrement, d’autres questions sans réponse, ce qui fait le sel de la série depuis toujours.
Le site est très complet : guide détaillé des épisodes, théories diverses et variés (comme par exemple l’omniprésence du chiffre 108 dans la série), bio des acteurs, etc.
Un must pour tous les fans des disparus.
PS ce qui n’est pas le cas du site Lost de TF1.fr, qui propose des webisodes de la saison 5 : des résumés en 5 mn de chaque épisode réalisé avec des figurines : l’idée est certes rigolotes, mais les épisodes ne sont pas assez drôles….
vendredi 25 septembre 2009
Les Six Samouraïs
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -
Le Professor a toujours quelque chose à dire... -
Les gens ]
« Lis ça, ça va te plaire ! » Sous cette admonestation, l’ami Guillaume venait de me livrer un lingot d’or : une histoire du nouvel « Nouvel Hollywood ». Marchant dans les pas de leurs glorieux aînés (Coppola, Bogdanovich, Spielberg), une nouvelle génération d’auteurs s’attaquait à la forteresse blockbuster érigée dans les années 80, entre autres, par Simpson et Bruckheimer.
Dans le livre de Sharon Waxman, Les Six Samourais, Vous trouverez des réponses aux questions existentielles, telles que :
• Comment Dans la Peau de John Malkovitch passa au travers des mailles du filet des Studios…
• Comment David Fincher réalisa « un film expérimental » de 63M$…
• Comment George Clooney, star méprisée de la télé, obtint le rôle titre des Rois du Désert et grilla son réalisateur, David O’Russel, à Hollywood…
• Comment Steven Soderbergh réalisa Traffic – un film auquel personne croyait – qui devint malgré tout un immense succès critique et public, installant définitivement Steven S. dans la cour des grands…
• Comment Tarantino, volant ici et là, des bouts de scripts à ses copains, et les oubliant dans la foulée, construisit Miramax…
• Comment Paul Thomas Anderson, le mégalomaniaque – mais génial – auteur de Boogie Nights, comprit qu’il fallait faire des films chers pour avoir l’attention (et le soutien promotionnel) des studios…
• Comment Fight Club devint l’Orange Mécanique des années 2000…
A toutes ces questions, et à bien d’autres encore, le livre de Sharon Waxman répond brillamment. Avec comme d’habitude, le style inimitable des essais américains sur le cinéma : bien écrits et documentés, sérieux sans être pédants, avec juste ce qu’il faut de people et d’analyse.
Si vous aimez leur cinéma, lisez ce livre !
Les Six Samouraïs, Hollywood somnolait, ils l’ont réveillé
Sharon Waxman
Calmann-Levy
vendredi 25 septembre 2009
Rencontres du Troisième Type
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -
Les films ]
Un vaste programme d’éducation du Professorino et de la Professorinette ayant été lancé cet été (cycle John Hughes, suivi d’une interro écrite), hier soir c’était Rencontres du Troisième Type.
En 1978, j’avais treize ans, et tout le monde parlait de Star Wars, et de ce film incroyable qui venait de sortir, par le type qui avait frissonner tout le monde avec Jaws. Moi, j’adorais la SF, je ne lisais que ça, mais j’étais terrorisé à l’idée d’en voir au cinéma. J’avais eu très peur en regardant au Ciné-Club du dimanche soir La Chose Venue d’un Autre Monde, ou Les Araignées Géantes Attaquent, tandis que ma petite sœur, 7 ans, se marrait comme une baleine. J’ai donc lu Rencontres du Troisième Type, Star Trek, Alien (les novellisations d’Alan Dean Foster chez J’ai Lu), avant de voir les films. Et puis un jour neigeux de 1980, j’ai vu Shining, et je n’ai plus jamais eu peur au cinéma.
J’ai pu voir alors Rencontres du Troisième Type, dans une convention de SF à Rambouillet. C’était en vidéo, sur une toute petite télé, nous étions assis sur des chaises d’école, c’était les débuts de la vidéo.
Le film était impressionnant, mais un peu long vers la fin. Et surtout, je detestais Spielberg, figure de proue des cinéastes « gentils ». E.T. triomphait, avec sa vision consensuelle à la Frank Capra.
Trente ans ont passé. Spielberg a mûri, a fait La Couleur Pourpre et La Liste Schindler, et j’ai révisé mon jugement. Reste que les qualités (et les défauts) de Rencontres du Troisième Type sont toujours là.
Le début du film est exceptionnel, mélange de Hitchcock et du Nouvel Hollywood. Spielberg installe une ambiance incroyable, faite de nuit étoilée du Midwest. Avec un parfait sens du rythme, Spielberg joue sur tous les tableaux : le mystère (les avions dans le désert), l’angoisse (la voie de chemin de fer), la comédie (les scènes familiales), le merveilleux (les premières arrivées de vaisseaux). Mais après cette première heure, ça se gâte. Francois Truffaut joue comme un pied, John Williams se prend pour Ligeti, et Spielberg essaie de faire un 2001 gentillet. Moralité, la fin est interminable.
Rencontres du Troisième Type reste néanmoins un jalon dans l’histoire du cinéma populaire : d’un côté, les derniers sursauts des seventies (la peinture grinçante de la famille dysfonctionnelle du héros, très inspiré par le père de Spielberg, et la passion du petit Steven pour faire dérailler des trains électriques), de l’autre, la consécration des films chers pour des résultats tout aussi pharaoniques…